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Une académie d'espionnage pour pénétrer la Maison Blanche : les grandes heures de la Guerre froide

Publié le 11 mai 2013
Dans l'ombre de Staline, Beria fut pendant 15 ans le chef de la police secrète soviétique et d'un vaste réseau d'espionnage. Thaddeus Wittlin revient sur son histoire sulfureuse. Extrait de "Beria : Chef de la police secrète stalinienne" (1/2).
Thaddeus Wittlin
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Historien américain d'origine polonaise et spécialiste du système soviétique, Thaddeus Wittlin est le premier biographe du sulfureux Beria. Son œuvre est le résultat de plus de six années de recherche de part et d’autre du rideau de fer.
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Dans l'ombre de Staline, Beria fut pendant 15 ans le chef de la police secrète soviétique et d'un vaste réseau d'espionnage. Thaddeus Wittlin revient sur son histoire sulfureuse. Extrait de "Beria : Chef de la police secrète stalinienne" (1/2).

Beria organise également un vaste réseau d’espionnage en Amérique. Il pénètre jusqu’à la Maison-Blanche. Dès avant l’entrée en guerre des États-Unis, Beria est parvenu, grâce à ses agents, à entrer en contact avec un des conseillers du président Roosevelt. En 1940, ce personnage, Alger Hiss, a déjà été reconnu comme un indicateur et dénoncé par Walter Krivitski. Mais à l’époque, il n’existe aux États-Unis aucun offi ce comparable au Central Intelligence Agency (Agence centrale de renseignements) et le Federal Bureau of Investigation (Bureau fédéral de recherches) s’occupe exclusivement de la surveillance des émissaires nazis résidant dans le pays. La révélation faite à Washington par Krivitski a été tournée en plaisanterie. Peu après la liquidation de Krivitski, les autorités américaines déclarèrent qu’il s’agissait d’un suicide de névrosé et elles s’empressèrent d’oublier toute l’affaire.

Un autre transfuge, plus important encore que Krivitski se trouve aux États-Unis. C’est une ancienne haute personnalité soviétique réfugiée aux États-Unis en 1938. Mais sa vie n’est pas en danger, même si ce transfuge devient informateur des autorités américaines. Il a réussi à assurer sa sécurité par un moyen exceptionnel. Alexander Orlov, qui était le représentant plénipotentiaire de Staline en Espagne pendant la guerre civile en 1938, s’est enfui à l’Ouest après avoir appris qu’il était l’objet d’une purge organisée par Iejov. Le commissaire Orlov réussit à échapper à ses tortionnaires et, passant par la France et le Canada, il demanda l’asile politique à Washington. Beria supprimerait cet homme avec beaucoup plus de plaisir que n’importe quel autre individu, car il hait personnellement Orlov. Celui-ci fut d’abord collaborateur de la Guépéou, puis commandant du NKVD en Transcaucasie, chargé des troupes qui gardaient les frontières perse et turque. Personnalité importante du Caucase, Orlov entravait la carrière de Beria. Mais lorsque Orlov fi t défection,Lavrenti ne put agir. Bien que l’assassinat de Trotski ait montré qu’il n’éprouvait aucune diffi culté à liquider un transfuge en quelque point que ce soit des deux hémisphères, dans le cas d’Orlov il ne put pas faire montre de ses talents. C’était un ordre spécial de son patron, le grand camarade Staline, qui empêchait Beria d’atteindre Orlov. Après avoir atterri en Amérique, Orlov, qui connaissait personnellement Staline, décida de le faire chanter. Dans une lettre envoyée au Kremlin, il annonçait qu’il avait déposé chez son homme de loi des documents qui pourraient discréditer Staline aux yeux du monde entier. Orlov avertissait son ancien supérieur que, au cas où il serait assassiné par les hommes de main du SMERCH, les papiers seraient immédiatement publiés. Orlov avait acquis beaucoup d’expérience en tant que fonctionnaire du NKVD et il connaissait fort bien le dictateur. Le stratagème réussit parfaitement. Staline le laissa tranquille.

L’établissement aux États-Unis d’un cercle d’espions vaste, puissant et effi cace requiert de Beria un travail épuisant et un plan méticuleux, soigneusement préparé jusque dans les moindres détails. Il faut beaucoup d’énergie, de ruse et d’adresse pour reconnaître l’homme susceptible de recevoir l’entraînement spécial. Cela exige aussi énormément d’argent. Beria sait que ce travail doit être accompli avec suffi samment d’attention pour que ne se produise aucune erreur, même infi me, qui pourrait provoquer un scandale international ou qui aurait des répercussions désagréables au point de ruiner les relations entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union soviétique. Le premier objectif consiste à intercepter les appels téléphoniques et autres conversations personnelles des ambassades américaine et britannique à Moscou. Des agents soviétiques doivent y être placés pour contrôler les clefs de déchiffrement des codes et pour enquêter sur la vie privée du personnel des ambassades. On place donc des majors et des colonels du NKVD comme concierges, chauffeurs ou cuisiniers, ainsi que des servantes, des préceptrices et des nurses. Tous rendent compte une fois par semaine de leurs observations. Ils doivent faire rapport sur tout ce qui se passe au domicile de leurs employeurs, notamment sur le contenu des lettres qu’ils reçoivent.

Beria installe à Bykovo, à une soixantaine de kilomètres de Moscou, une académie spéciale pour espions. Les officiers les plus doués de la police secrète, ainsi que les étudiants les plus brillants de l’université de Moscou, les meilleurs acteurs de la scène et de l’écran sont appelés à résider à Bykovo pour y recevoir leur instruction. Le programme des cours est l’oeuvre de Beria. Outre la culture physique, la lecture des cartes, la technique radio, le déchiffrement et le sabotage, il comprend un cours intensif d’anglais en deux classes, l’une avec l’accent britannique, l’autre avec l’accent américain. On traite aussi de sujets tels que les habitudes britanniques et américaines, le style de vie ou même le sens de l’humour. Les étudiants sont initiés à toutes les formes de subversion et apprennent à découvrir le point faible des gens qui pourraient être utiles : leur tendance au jeu, à la boisson, leur penchant pour les fi lles ou pour l’homosexualité. Ils étudient aussi l’art d’attirer et de séduire les femmes employées par le gouvernement US, pour les utiliser ensuite comme espionnes. Ils apprennent encore à entrer en contact avec d’autres agents et à faire passer les informations en URSS. Ces hommes, pourvus de faux passeports à de faux noms, sont ensuite envoyés en Grande-Bretagne et aux États-Unis par l’Angleterre et par le Canada. Beria résout de deux manières le problème que pose la grande quantité d’argent nécessaire à ces activités. Ayant convaincu Staline qu’une propagande intensive était indispensable à l’URSS et que celle-ci coûtait cher, Beria a obtenu un budget immense. En outre, il dispose, en qualité de chef du NKVD, d’un valiouta biouro bureau de change spécial, organisé peu auparavant par la Guépéou. Le rôle du valiouta biouro consiste à rassembler le plus possible de devises fortes. Les fonctionnaires que Beria utilise dans cette agence se livrent à une espèce d’« inquisition du dollar », c’est-à-dire qu’ils extorquent les dollars détenus par les citoyens soviétiques. Les moyens vont de l’emprisonnement, de la torture et du chantage à l’envoi dans un camp de travail des membres de la famille de la personne soupçonnée de posséder de l’argent américain. L’offi ce fait aussi fonctionner un atelier où sont contrefaits des billets de cent dollars. Il y a déjà quelques années que Staline a approuvé cette procédure. La subtile entreprise de la propagande soviétique à l’étranger porte rapidement ses fruits. Les hommes de Beria réussissent à s’infi ltrer dans les cercles les plus fermés de Grande-Bretagne et des États-Unis. Le style de vie soviétique devient à la mode parmi les professeurs et les meilleurs étudiants d’Oxford et de Cambridge en Angleterre ou de Yale et de Harvard aux États- Unis. Nombre d’entre eux sont avides de découvrir le merveilleux, l’excitant nouveau monde communiste. La même atmosphère gagne les milieux littéraires et artistiques ; les riches intellectuels se plaisent à étaler leurs idées communistes, comme aussi les savants, les écrivains, les poètes, les journalistes et les metteurs en scène de cinéma et de théâtre. Tout ce qui vient d’URSS est merveilleux. Quiconque refuse d’adopter ce point de vue est traité de réactionnaire, de fasciste ou simplement d’imbécile. Le généralissime Staline, ex-grand allié et partisan de Hitler, devient le « soleil des nations » et le « brave oncle Joe ». Ce succès est dû en grande partie à son commissaire aux Affaires intérieures et chef de la Sûreté de l’État.

Beria ne doute pas que tant qu’il tient entre ses mains tous les fi ls de l’espionnage international et tous les moyens de la propagande soviétique à l’Ouest, il est irremplaçable pour son patron. Celui-ci ne le renverra pas, ni ne l’exécutera comme il a fait de Boukharine et de Zinoviev. On ne l’arrêtera pas pour le liquider dans les caves d’une prison, comme Ienoukidzé, on ne l’assassinera pas comme Kirov, on ne le « suicidera » pas comme Ordjonikidzé et on ne le relèvera pas de son poste comme Iejov. Beria a toute confi ance parce qu’il ne commet aucune des erreurs commises par ces hommes. Il est assez sage pour ne pas se formaliser de rester dans l’ombre de son maître qui, dans une large mesure grâce à Lavrenti, est devenu le cher ami du Premier ministre britannique, sir Winston Churchill, et du président Franklin Delano Roosevelt, puis du président Harry S. Truman. Etre mondialement connu comme le second de Staline n’a guère d’importance pour Beria qui est à présent vice-président du Comité de l’État pour la défense. L’ambition de Lavrenti, c’est de chausser les bottes de son chef à la première occasion. Il s’organise dans ce but avec la précision d’un ingénieur architecte. Pour ce qui est du présent, Lavrenti Pavlovitch Beria est maître de sa propre armée, presque une armée privée, forte d’un million et demi d’hommes et d’offi ciers hautement entraînés, bien nourris, bien habillés, bien payés et équipés de toutes les variétés des armes modernes. Ces hommes savent que leur chef prend le meilleur soin d’eux, de sorte qu’ils le soutiennent et le servent sincèrement. Mais ils sont conscients en même temps de la haine que leur voue l’ensemble de la population. Cela renforce leur unité et les pousse à faire bloc derrière leur protecteur. D’autre part, Beria connaît le sentiment qui anime ses troupes. Il sait qu’il peut s’appuyer sur elles davantage même que Staline sur l’armée Rouge. Alors pourquoi Beria ne laisserait-il pas Joseph Staline devenir le « brave oncle Joe » aux yeux du monde occidental devenu si excité par tout ce qui arrive d’Union soviétique, depuis le caviar, la vodka et les bonnets d’astrakan pour les hommes, jusqu’aux fi chus de babouchka qui remplacent les chapeaux de dames, jusqu’aux hautes bottes russes que portent les élégantes de Londres, de Paris et de New York, jusqu’aux chansons russes devenues soudainement très populaires. On comprend que, face à ces grandes réalisations du commissaire Beria, des vétilles comme l’enlèvement d’écolières, de temps en temps, pour une demi-heure de plaisir sur un divan de son bureau, ne sont que broutilles. Staline, le « soleil des nations », ne se soucie pas de l’empêcher ou même de réprimander son disciple. Tout le monde a ses marottes et une personne qui travaille aussi dur et aussi efficacement pour le salut de l’URSS et de son leader, le grand camarade Staline, a bien droit à un peu de détente, non ?

Extrait de "Beria : Chef de la police secrète stalinienne" (Nouveau monde édition), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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chrisbord
- 11/05/2013 - 16:13
Personne n'y avait cru
Il a fallu l'affaire Farewell et le colonel du KGB VETROV pour que toute les nations se réveillent !
Un peu tard !