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"La mondialisation nous est présentée comme un fait alors qu'il s'agit de choix que les gouvernements ont faits à l'insu des populations".
Programme du Parti socialiste
Montebourg : Démondialisation, demandez le mode d'emploi !
Publié le 05 avril 2011
A la veille de la publication du programme du Parti socialiste, Arnaud Montebourg développe pour Atlantico son concept de "démondialisation" qu'il définit comme 'un processus politique visant à reterritorialiser l'économie en rapprochant les lieux de consommation et de production". Pour le candidat aux primaires socialistes, la mondialisation et son cortège de dégâts sur la société française n'est pas une fatalité : d'autres choix sont possibles
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A la veille de la publication du programme du Parti socialiste, Arnaud Montebourg développe pour Atlantico son concept de "démondialisation" qu'il définit comme 'un processus politique visant à reterritorialiser l'économie en rapprochant les lieux de consommation et de production". Pour le candidat aux primaires socialistes, la mondialisation et son cortège de dégâts sur la société française n'est pas une fatalité : d'autres choix sont possibles

Mettre de la politique dans l'économie

Ainsi, le remplacement du capitalisme industriel par un capitalisme patrimonial de prédation a durablement modifié les équilibres internes de la société française. Ses profits récents - 35 milliards de dividendes distribués pour les entreprises du CAC 40 en 2010 – démontrent que l’actionnariat va beaucoup mieux que le salariat.

En France en effet,  le phénomène de « déclassement » a durement frappé les familles. Bien souvent les parents ont vu leurs revenus stagner ou baisser. Ceux qui ont consenti d'énormes sacrifices pour les études de leurs enfants les voient peiner à trouver un emploi stable. Entre 2003 et 2005, c'est à dire avant la crise, une moitié de Français ont vu leur niveau de vie baisser. 76% des Français sont désormais convaincus que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. Les inégalités ont explosé et la désindustrialisation a miné à la fois notre appareil productif et le moral du pays. Il est urgent de mettre de la politique dans l'économie, avant que celle-ci n'achève de nous dissoudre ou de nous détruire comme peuple ayant choisi de vivre selon ses lois propres et non selon celles imposées par d'autres.

Le développement d'un libre-échange sans aucune limite a précipité les Français – et l'Europe en général – dans une concurrence sans fin. 60% des exportations chinoises sont le fait des seules entreprises européennes ou nord-américaines qui assemblent dans « l'Empire du Milieu » des biens qu'elles réexportent ensuite vers nos pays. Le déficit commercial vis-à-vis de la Chine a explosé depuis l'entrée de la Chine dans l'OMC en 2001. La question du protectionnisme européen comme outil de reconstruction de notre économie, doit être assumée et posée nettement.

A ces réalités financières et commerciales qui nous affaiblissent, correspond une autre réalité. Des pays comme l'Inde ou la Chine ont des stratégies de développement de leur recherche, de leur enseignement supérieur. Louis Gallois a par exemple expliqué que l'industrie aéronautique était obligée d'aller chercher en Inde les 3000 ingénieurs dont elle manque annuellement en Europe. Dans le même temps, nous avons envoyé un très grand nombre de nos ingénieurs, en théorie chargés de l'innovation industrielle, dans les salles de marché où ils ont développé les modèles mathématiques qui ont provoqué les krachs boursiers que nous avons connus. L'Occident, l'Europe, la France acceptent mal de perdre leur hégémonie passée dans les domaines du savoir. Cela implique de développer un nouveau projet collectif à notre pays, notamment dans le domaine de la recherche, de l'industrie et de l'innovation. J’appelle à l’alliance des producteurs, qu’ils soient entrepreneurs, salariés, chercheurs, contre les rentiers et actionnaires dont les profits sont aussi indécents qu’inutiles.

Mettre de la politique dans l'économie

Ainsi, le remplacement du capitalisme industriel par un capitalisme patrimonial de prédation a durablement modifié les équilibres internes de la société française. Ses profits récents - 35 milliards de dividendes distribués pour les entreprises du CAC 40 en 2010 – démontrent que l’actionnariat va beaucoup mieux que le salariat.

En France en effet,  le phénomène de « déclassement » a durement frappé les familles. Bien souvent les parents ont vu leurs revenus stagner ou baisser. Ceux qui ont consenti d'énormes sacrifices pour les études de leurs enfants les voient peiner à trouver un emploi stable. Entre 2003 et 2005, c'est à dire avant la crise, une moitié de Français ont vu leur niveau de vie baisser. 76% des Français sont désormais convaincus que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. Les inégalités ont explosé et la désindustrialisation a miné à la fois notre appareil productif et le moral du pays. Il est urgent de mettre de la politique dans l'économie, avant que celle-ci n'achève de nous dissoudre ou de nous détruire comme peuple ayant choisi de vivre selon ses lois propres et non selon celles imposées par d'autres.

Le développement d'un libre-échange sans aucune limite a précipité les Français – et l'Europe en général – dans une concurrence sans fin. 60% des exportations chinoises sont le fait des seules entreprises européennes ou nord-américaines qui assemblent dans « l'Empire du Milieu » des biens qu'elles réexportent ensuite vers nos pays. Le déficit commercial vis-à-vis de la Chine a explosé depuis l'entrée de la Chine dans l'OMC en 2001. La question du protectionnisme européen comme outil de reconstruction de notre économie, doit être assumée et posée nettement.

A ces réalités financières et commerciales qui nous affaiblissent, correspond une autre réalité. Des pays comme l'Inde ou la Chine ont des stratégies de développement de leur recherche, de leur enseignement supérieur. Louis Gallois a par exemple expliqué que l'industrie aéronautique était obligée d'aller chercher en Inde les 3000 ingénieurs dont elle manque annuellement en Europe. Dans le même temps, nous avons envoyé un très grand nombre de nos ingénieurs, en théorie chargés de l'innovation industrielle, dans les salles de marché où ils ont développé les modèles mathématiques qui ont provoqué les krachs boursiers que nous avons connus. L'Occident, l'Europe, la France acceptent mal de perdre leur hégémonie passée dans les domaines du savoir. Cela implique de développer un nouveau projet collectif à notre pays, notamment dans le domaine de la recherche, de l'industrie et de l'innovation. J’appelle à l’alliance des producteurs, qu’ils soient entrepreneurs, salariés, chercheurs, contre les rentiers et actionnaires dont les profits sont aussi indécents qu’inutiles.

Mettre de la politique dans l'économie

Ainsi, le remplacement du capitalisme industriel par un capitalisme patrimonial de prédation a durablement modifié les équilibres internes de la société française. Ses profits récents - 35 milliards de dividendes distribués pour les entreprises du CAC 40 en 2010 – démontrent que l’actionnariat va beaucoup mieux que le salariat.

En France en effet,  le phénomène de « déclassement » a durement frappé les familles. Bien souvent les parents ont vu leurs revenus stagner ou baisser. Ceux qui ont consenti d'énormes sacrifices pour les études de leurs enfants les voient peiner à trouver un emploi stable. Entre 2003 et 2005, c'est à dire avant la crise, une moitié de Français ont vu leur niveau de vie baisser. 76% des Français sont désormais convaincus que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. Les inégalités ont explosé et la désindustrialisation a miné à la fois notre appareil productif et le moral du pays. Il est urgent de mettre de la politique dans l'économie, avant que celle-ci n'achève de nous dissoudre ou de nous détruire comme peuple ayant choisi de vivre selon ses lois propres et non selon celles imposées par d'autres.

Le développement d'un libre-échange sans aucune limite a précipité les Français – et l'Europe en général – dans une concurrence sans fin. 60% des exportations chinoises sont le fait des seules entreprises européennes ou nord-américaines qui assemblent dans « l'Empire du Milieu » des biens qu'elles réexportent ensuite vers nos pays. Le déficit commercial vis-à-vis de la Chine a explosé depuis l'entrée de la Chine dans l'OMC en 2001. La question du protectionnisme européen comme outil de reconstruction de notre économie, doit être assumée et posée nettement.

A ces réalités financières et commerciales qui nous affaiblissent, correspond une autre réalité. Des pays comme l'Inde ou la Chine ont des stratégies de développement de leur recherche, de leur enseignement supérieur. Louis Gallois a par exemple expliqué que l'industrie aéronautique était obligée d'aller chercher en Inde les 3000 ingénieurs dont elle manque annuellement en Europe. Dans le même temps, nous avons envoyé un très grand nombre de nos ingénieurs, en théorie chargés de l'innovation industrielle, dans les salles de marché où ils ont développé les modèles mathématiques qui ont provoqué les krachs boursiers que nous avons connus. L'Occident, l'Europe, la France acceptent mal de perdre leur hégémonie passée dans les domaines du savoir. Cela implique de développer un nouveau projet collectif à notre pays, notamment dans le domaine de la recherche, de l'industrie et de l'innovation. J’appelle à l’alliance des producteurs, qu’ils soient entrepreneurs, salariés, chercheurs, contre les rentiers et actionnaires dont les profits sont aussi indécents qu’inutiles.

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Shaoling
- 07/04/2011 - 10:12
Grosse rigolade a 9 600 km de la bonne patrie !
Ah les vocations loupées... avec sa gueule d'ange son sourire carnassier et sa verve de tribun il aurait pu avoir une belle carrière sur scène et jouer les grands auteurs! Quand il veut se targuer d'économie on tombe dans guignol ! Si au moins il faisait rire les enfants !!! Bref vue d'un pays et d'entreprises qui "fondent" le monde de demain j'en mourrais de rire si cela ne concernait pas mon pay
Shaoling
- 07/04/2011 - 10:12
Grosse rigolade a 9 600 km de la bonne patrie !
Ah les vocations loupées... avec sa gueule d'ange son sourire carnassier et sa verve de tribun il aurait pu avoir une belle carrière sur scène et jouer les grands auteurs! Quand il veut se targuer d'économie on tombe dans guignol ! Si au moins il faisait rire les enfants !!! Bref vue d'un pays et d'entreprises qui "fondent" le monde de demain j'en mourrais de rire si cela ne concernait pas mon pay
chateleine
- 05/04/2011 - 11:26
montebourg
qu,en pense leur ami et sauveur DSK ?????????