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Heuliez a annoncé lundi son intention de se déclarer en cessation de paiement.
Vrai problème, fausse solution ?
Heuliez dépose le bilan : la puissance publique va-t-elle enfin comprendre qu'elle n'est pas la mieux placée en matière de sauvetage industriel ?
Publié le 10 avril 2013
L'équipementier automobile Heuliez a annoncé lundi lors d'un comité d'entreprise son intention de se déclarer en cessation de paiement et de demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire.
Jacques Crémer est économiste, spécialiste des questions d'économie industrielle, de régulation et de politique de la concurrence.Membre de l'Ecole d'économie de Toulouse (TSE), il est également directeur de recherche au CNRS et à l'Université de...
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Jacques Crémer est économiste, spécialiste des questions d'économie industrielle, de régulation et de politique de la concurrence.Membre de l'Ecole d'économie de Toulouse (TSE), il est également directeur de recherche au CNRS et à l'Université de...
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L'équipementier automobile Heuliez a annoncé lundi lors d'un comité d'entreprise son intention de se déclarer en cessation de paiement et de demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire.

Atlantico : Alors que Heuliez, un équipementier qui produit pour divers constructeurs automobiles, avait trouvé le repreneur Baelen Gaillard Industrie en 2010 (grâce aux nombreuses interventions de l'Etat qui avait tout mis en place pour sauver l'équipementier), l'entreprise devrait se déclarer de nouveau en cessation de paiement. Faut-il croire que l'Etat, et la puissance publique en générale, n'est pas la mieux placée en matière de sauvetage industriel ?

Jacques Crémer : Quand une entreprise est en difficulté, le problème délicat est de savoir s’il faut la sauver. Certaines entreprises ont choisi une mauvaise niche, produisent des biens obsolètes ou on fait des mauvais choix stratégiques et doivent être terminées. L’Etat doit s’assurer que le marché fonctionne suffisamment bien pour que les entreprises qui doivent être sauvées trouvent un repreneur et pour diminuer la souffrance des employés des firmes que l’on doit fermer (ainsi que celle de leur sous-traitants).

Il n’est pas le mieux placé pour identifier les entreprises qui doivent être sauvées et encore moins pour effectuer le sauvetage lui-même. L’expérience prouve que les interventions étatiques sont souvent guidées par des considérations électoralistes et coutent très cher.

Si les pouvoirs publics n'interviennent pas pour sauver une entreprise en difficulté, quels autres acteurs peuvent intervenir ?

Il ne faut pas oublier que la nationalisation partielle et temporaire a été très peu employée aux Etats-Unis. C’est une technique intéressante, mais elle nécessite un très grand degré de professionnalisme dans la façon dont l’intervention est menée. Elle demande aussi à ce que une fois le principe acquis, la gestion des entreprises ainsi nationalisée soit indépendante des pressions politiques.

De façon plus générale, avant de se poser la question « comment sauver cette entreprise ? » il faut se poser la question de savoir si elle a vraiment un futur possible. Si elle en a un, cela veut dire qu’elle peut générer des profits après réorganisation et dans la plupart des cas, un repreneur privé est la solution qu’il faut privilégier. Le rôle de la puissance publique doit simplement être de fluidifier ce processus, en particulier en s’assurant que le droit de la faillite est de bonne qualité.

L'intervention de l'Etat en matière de sauvetage industriel est telle une méthode essentiellement française ? Comment nos partenaires européens ou les Américains s'y prennent pour sauver et redresser des entreprises et des secteurs industriels qui représentent plusieurs milliers d'emplois ? En quoi leurs méthodes divergent-elles des notre ?

Je ne suis pas compétent pour faire une comparaison avec l’ensemble des pays européens, mais il est clair que les Américains, par exemple, ne considèrent pas la disparition d’une entreprise comme quelque chose d’anormal.

Nous ferions mieux nous poser la question d’identifier les secteurs d’avenir et de faire une politique industrielle (au sens large du terme, y compris la formation professionnelle) pour les soutenir plutôt que de se focaliser dans une posture de défense de l’ancien.

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jerem
- 12/04/2013 - 10:00
oui on sait les hedge fund c'est mieux
et d'ailleurs les landers allemands ne participent a rien dans rien et pour rien
GREGOIRE.goumy
- 10/04/2013 - 21:40
ET LE MINISTRE DU REDRESSEMENT
il dit quoi ? il fait quoi ? il dit quoi ?
Il n'y a que Monsieur le Président qui pense qu'en nommant un ministre on va sauver des entreprises de leurs destinées.
C'est comme la croissance, peut être il suffit d'y croire, de faire des incantations à tout bout de champ.
En plus de vos patrimoines montrez nous vos CV et notamment dans le domaine des sciences économiques.
Existe t-il une formation continue pour les membres du gouvernement ? Il est urgentissime de leur faire suivre des cours de rattrapage. Un chirurgien ministre du budget, un avocat ministre du redressement et..., un prof d'Allemand chef de gouvernement.
N' y a t-il pas un gros problème de recrutement chez Monsieur le Président. C'est quoi le critère le "copinage" ou la compétence
Ilmryn
- 10/04/2013 - 17:22
Comme le dit très justement H16:
"si l'entreprise est viable, pourquoi y mettre de l'argent public ? Et si l'entreprise n'est plus viable, pourquoi y mettre de l'argent public ?"

La bécassine du Poitou à déjà claqué notre argent dans Heuliez clamant qu'elle l'avait sauvé voici 3 ans, fameux résultat. Argent foutu encore.
http://www.contrepoints.org/2013/04/09/121038-segolene-royal-aide-heuliez-lentreprise-calanche