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Cette gauche qui refuse de voir les dangers du communautarisme
Publié le 01 avril 2013
Beaucoup à gauche estiment indispensable de faire reposer l'action politique sur un attachement identitaire. Pourtant, comme le montre Sophie Heine, le communautarisme peut se révéler contraire aux intérêts des membres du groupe culturel en question. Extrait de "Pour un individualisme de gauche" (1/2).
Sophie Heine est docteur en sciences politiques, maître de conférence à Queen Mary University of London, chercheur-associée à l'université d'Oxford. Elle est aussi l'auteur d'Oser penser à gauche.
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Sophie Heine
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Sophie Heine est docteur en sciences politiques, maître de conférence à Queen Mary University of London, chercheur-associée à l'université d'Oxford. Elle est aussi l'auteur d'Oser penser à gauche.
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Beaucoup à gauche estiment indispensable de faire reposer l'action politique sur un attachement identitaire. Pourtant, comme le montre Sophie Heine, le communautarisme peut se révéler contraire aux intérêts des membres du groupe culturel en question. Extrait de "Pour un individualisme de gauche" (1/2).

S’inscrivant dans une perspective communautarienne au sens philosophique du terme, beaucoup à gauche estiment indispensable de faire reposer l’action politique sur un attachement identitaire. Qu’il s’agisse de renforcer les pratiques altruistes ou des comportements civiques vertueux, un grand nombre de progressistes considèrent essentiel de promouvoir une identité commune. Leur présupposé est que les individus ne peuvent vivre sans s’inscrire dans des relations sociales multiples et qu’ils ont besoin d’une identité plus englobante pour faire partie d’un même ensemble politique. Dès lors, le patriotisme, l’« europatriotisme » ou une identité culturelle ou religieuse sont avancés tant pour satisfaire un besoin communautaire naturel chez les individus que pour étendre les comportements altruistes ou vertueux à une communauté plus large. Ces identités collectives valorisées sont censées nourrir un attachement de type affectif entre concitoyens. De manière un peu paradoxale, elles constituent à la fois un prolongement de la sociabilité naturelle des êtres humains et une nécessité pour étendre celle-ci à une échelle plus large. Mais le communautarisme peut se révéler contraire aux intérêts des membres du groupe culturel en question ou d’une partie d’entre eux. Ces dangers découlent de l’usage de l’identité en politique : une opposition à des « autres », une survalorisation de la communauté de référence et une illusion d’homogénéité.

Opposition « nous » versus « eux »

Le mécanisme d’opposition d’un « nous » face à un « eux » fréquemment associé aux visions communautariennes peut engendrer des dérives contraires à la liberté individuelle. Considérer que la communauté politique doit reposer sur une culture commune comporte toujours le danger d’exclure ceux qui sont étiquetés comme « étrangers ». Face à l’« in group », la communauté de référence, il est donc fréquent de construire des « out groups » pouvant être ensuite facilement dévalorisés, dénigrés ou exclus. Comme en témoigne le phénomène croissant de l’islamophobie, ce mécanisme apparaît constamment dans la façon dont sont traitées les personnes de cultures minoritaires.

Le philosophe allemand Jürgen Habermas, fortement marqué par l’expérience national-socialiste, a remarquablement saisi le caractère ambivalent de l’identité nationale. Tel Janus, elle a deux visages. Historiquement elle a été associée à des réalisations très positives comme la démocratisation des institutions. Mais elle a aussi conduit à de terribles dérives en permettant la constitution d’un « nous » supposé homogène et supérieur face à des « autres » perçus comme inférieurs. Cette construction a pu engendrer les pires oppressions, parmi lesquelles l’holocauste et les massacres de la colonisation constituent des exemples extrêmes. La montée des extrémismes et des populismes xénophobes montre l’actualité d’une telle mise en garde contre la tendance des nationalismes à engendrer un antagonisme entre la communauté nationale et des « autres » dévalorisés.

Les groupes culturels minoritaires peuvent aussi tomber dans la tentation exclusiviste quand ils considèrent comme des étrangers et de ennemis ceux qui ne partagent pas leurs valeurs. Le « renversement du stigmate » opéré par certaines minorités peut les entraîner dans une logique
similaire à la discrimination pratiquée par des membres de la culture majoritaire. Par exemple, les néosalafistes font une lecture rigide, littérale et conservatrice du Coran qui les amène à appréhender la culture occidentale comme leur ennemi principal. Tant la société majoritaire que les
minorités peuvent donc adopter une logique culturaliste tendant à homogénéiser les groupes culturels et à les percevoir comme des blocs monolithiques. Ce double phénomène ne fait que renforcer l’opposition entre un « nous » valorisé et un « eux » dénigré.

____________________________________

Extrait de "Pour un individualisme de gauche" (JC Lattès)

 

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Mots-clés :
gauche, communautarisme
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mikeoscar
- 02/04/2013 - 03:47
Blablabla....blablabla
Cette nana doit être de gauche: elle n'a pas pu s'empêcher de parler de la colonisation et du Nazisme pour parler de tous les malheurs que nous faisons subir à ceux qui ne veulent pas respecter les valeurs et les lois de la République.
casanova
- 01/04/2013 - 20:17
C'est quoi de charabia ?
Atlantico devrait être plus attentif dans le choix de ses lectures.
Perso je refuse de commenter un tel galimatias...
Glop Glop
- 01/04/2013 - 20:07
La société multicuturelle...
... fonctionne très bien jusqu'au moment où l'on faitentrer une culture qui interdit toutes les autres. C'est alors que celles éduquées et habituées à l'acceptation de l'autre mettent du temps pour comprendre quelque chose qui ne leur a jamais été enseigné. Mais le réveil vient toujours et l'Histoire s'écrit de nouveau en lettres de sang alors que tout s'écrivait depuis un temps certain dans autant de méthodes et de langages différents pour aboutir à une même ambition: apprendre de chacun pour apprendre de soi.