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Les réseaux sociaux deviennent-ils les partenaires ou les concurrents des médias ?
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Toutes ces innovations qui sont en train de révolutionner les médias (et qui pourraient même les conduire à leur perte)
Publié le 21 mars 2013
Le changement profond du mode de fonctionnement des médias n'est plus un secret pour personne. Reste à se poser la question des possibles conséquences de ces mutations sur la façon dont l'information circulera dans 15 ans...
Agrégé et docteur en histoire. Professeur en Histoire des Médias à Paris I  Panthéon - Sorbonne.Auteur de "Les médias sont-ils sous influence" aux éditions Larousse. 
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Patrick Eveno
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Le changement profond du mode de fonctionnement des médias n'est plus un secret pour personne. Reste à se poser la question des possibles conséquences de ces mutations sur la façon dont l'information circulera dans 15 ans...

Atlantico : Une récente étude de Pew, centre de recherches basé aux Etats-Unis, démontre une mutation continue du monde médiatique, tant dans le contenu de l'information que dans sa façon d'opérer. Peut-on parler d'une révolution ou d'une simple évolution ?

Patrick Eveno : On peut bien parler de révolution, et ce déjà depuis quelques années avec l'apparition du numérique. Les nouveaux modèles médiatiques sont déjà là pour le prouver et vont en s'amplifiant. L'arrivée des réseaux sociaux en tant que plateformes d'informations a notamment changé la donne puisque c'est désormais la communauté, celle à laquelle on appartient, qui fait circuler le flux médiatique. Même si à l'heure actuelle on a souvent tendance à moins s'informer, on continue d'y être incité par Facebook ou Twitter, ce qui force en parallèle les médias à s'adapter au modèle du "community management". Autrement dit, le circuit de l'information est aujourd'hui détourné, dérivé.

Les réseaux sociaux deviennent-ils par conséquent les partenaires ou les concurrents des médias ?

Pour l'instant ils sont à la fois l'un et l'autre, dans le sens ou Twitter, Facebook ou encore Google dans un autre registre, apportent de l'audience aux médias tout en dé-fidélisant leurs clientèles. Le principe du numérique est l'hyper-mobilité de ses consommateurs, contrairement à la télévision ou au journal papier. Nous sommes en quelque en sorte entrés dans le paradoxe du lien hyper-texte qui offre l'accès à des informations qui nous échappaient auparavant tout en nous poussant à constamment à aller voir ailleurs.

Des compagnies comme Narrative Science proposent désormais des algorithmes capables de produire de courtes dépêches. En quoi cela peut-il bouleverser la profession journalistique ?

Le journalisme est déjà depuis plusieurs années face à l'obligation de se réformer. Le fait que de plus en plus de fonctions puissent être accomplies automatiquement oblige logiquement les acteurs du milieu a évoluer dans leur recherche d'informations ainsi que dans la manière de les mettre en perspective. Ceux qui sont chargés de simplement mettre en forme les évènements de manière brute voient effectivement leur fonction "condamnée" : des professions comme secrétaire de rédaction par exemple, n'apportent objectivement plus la même valeur ajouté qu'auparavant. L'analyse et l'éditorialisme sont à l'opposée des disciplines qui ne peuvent être accomplies par un automate et qui continueront logiquement d'exister. Il s'agit la d'une évolution profonde du concept de journalisme dans le sens ou l'on va voir la profession se recentrer sur les tâches qui échappent encore aux possibilités d'un robot (mise en page, rédaction de brèves...). 

Le reportage occupe aujourd'hui une place de moins en moins importante. Cette méthode historique a-t-elle toujours sa place dans les médias de demain ?

Le reportage existe toujours, mais il a pris d'autres formes que celles que l'on connaissait jusque-là. Il est vrai que son existence, persistante, est rendue difficile par l'évolution liée au numérique et la multiplication des écrans, qui laisse peu de place à la longueur. En conséquence le principe du reportage long, qu'il soit radiophonique, écrit ou télévisuel, est forcément remis en cause. Néanmoins le besoin d'un récit de l'information reste fort, et cela se témoigne par l'arrivée de nouveaux formats longs (magazines pour la télévision, revues pour la presse écrite...) qui tentent de s'acclimater à la nouvelle structure que leur impose le numérique. 

On voit désormais arriver sur internet des "fact-checking" (vérification d'information) en direct, notamment lors de débats télévisés. Cela remet-il fondamentalement en cause la façon dont fonctionne l'actualité ?

C'est effectivement un système tout à fait nouveau qui va de pair avec l'accroissement de la vitesse de l'information. Il s'agit d'une offre répondant à un public soucieux de pouvoir vérifier qu'on ne lui raconte pas n'importe quoi, ce dernier étant bien conscient d'entendre des contre-vérités dans les médias, notamment de la part des hommes politiques. Le fait de vérifier automatiquement des déclarations en direct, notamment grâce à des bases de données, offre un impact immédiat, en comparaison d'un fact-checking publié le lendemain et dilué parmi d'autres informations dans un journal papier. Il s'agit là d'un phénomène qui est ainsi naturellement appelé à se développer et qui ne menace d'ailleurs pas le travail d'interprétation de l'information, qu'au contraire il complète. 

Quels sont les médias les mieux structurés pour s'adapter à cette révolution toujours inachevée ?

Toute une série de médias numériques, en particulier ceux dont le public est aisé, ont déjà ou vont mettre en place des paywalls (services payants...) qui leur conférera un avantage financier important. Néanmoins les nouvelles ne sont visiblement plus aussi sombres qu'avant pour la presse écrite : les revenus et la diffusion des journaux papiers s'est ainsi stabilisée aux Etats-Unis après une chute continue depuis plusieurs années, ce qui semble démontrer que le pire est passé dans ce secteur. Rien n'est pourtant terminé et l'inventivité reste une qualité déterminante. L'avenir des médias est certes appelé à rester positif dans son ensemble, mais il faut clairement s'attendre encore à la disparition d'un certain nombre d'entre eux.

Propos recueillis par Théophile Sourdille

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Decebal
- 21/03/2013 - 23:05
S V P
Si les journalistes pouvaient cesser d'utiliser des termes Anglais a tout bout de champ en les faisant suivre de la traduction. C'est déjà lamentable que des journalistes,soit disant connaisseurs de la langue Francaise, la trahisse.
En France je veux lire du Français, merde alors!!