En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© Reuters
Le G20 commence ce vendredi à Moscou
Aux armes...

"Guerre des monnaies" : la zone euro va t-elle faire replonger l'économie mondiale dans la crise ?

Publié le 15 février 2013
Elle ne figure pas à l'ordre du jour, mais la "guerre des monnaies" est bel et bien le principal sujet de discussion de la réunion du G20 qui débute ce vendredi à Moscou.
 Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage : 
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nicolas Goetzmann
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
 Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage : 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Elle ne figure pas à l'ordre du jour, mais la "guerre des monnaies" est bel et bien le principal sujet de discussion de la réunion du G20 qui débute ce vendredi à Moscou.

La notion de "guerre des monnaies" est annoncée comme la vedette du G20 qui débute ce 15 février. L’incompréhension suscitée par la mise en place de nouvelles politiques monétaires au Japon, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni a été la base de nombreuses déclarations plus ou moins contestables de la part des dirigeants européens. A travers la notion d’euro fort, les autorités manifestent leur mécontentement face à une situation perçue comme injuste car brisant les efforts de compétitivité entrepris. Cette vision est pourtant erronée, la "guerre des monnaies" n’est pas un jeu à somme nulle.

Lorsqu’une banque centrale assouplit ses conditions monétaires elle oriente à la hausse la demande agrégée de sa zone de compétence, ou son synonyme, le PIB nominal. En permettant de la sorte l’amélioration des perspectives de croissance et de leur corollaire qu’est l’inflation, une telle politique a pour effet secondaire de faire baisser le cours de la monnaie concernée. Le redressement de la demande intérieure est ainsi l’objectif et apporte sa contribution à la croissance mondiale, profitable à tous. C’est ce qu’entreprend le Japon aujourd’hui.

Le reproche se porte dès lors sur l’impact de la baisse de la monnaie sur les exportations européennes. Mais d’ores et de déjà, Mario Draghi a prévenu le 7 février que tout impact serait contré par une baisse de taux. Le résultat global de cette situation est une amélioration de la croissance Japonaise sans conséquence sur la croissance européenne. Le meilleur des mondes.

Et pourtant, les critiques continuent. Mais ce que nous appelons l’euro fort n’est rien d’autre que la traduction du dogme du mandat de stabilité des prix face au bouleversement des politiques mises en place aux Etats Unis, au Japon, et bientôt au Royaume Uni.

Les actions entreprises par ces Etats permettent tout d’abord de faire voler en éclats la notion keynésiennes de trappe à liquidités. Malgré des taux proches de zéro, ces économies sont parvenues à agir sur leur niveau d’activité par la voie monétaire. L’impossibilité pratique de baisser encore les taux est ici remplacée par la communication. Les Etats-Unis ont ainsi fixé un objectif de niveau de chômage, le Japon double son objectif d’inflation, le Royaume-Uni se prépare à fixer un objectif de PIB nominal, (qui sera tout d’abord dénommé "inflation flexible" afin de ne pas brusquer les agents économiques). Cette coordination aussi bien temporelle que technique permettra une embellie des conditions économiques au niveau global.

Seule la zone euro reste sourde à cette révolution. En maintenant leur objectif de stabilité des prix, se contentant d’une économie en récession et d’un taux de chômage proche de 12%, les gouvernements européens sont aujourd’hui face à leurs responsabilités. La rigidité du cadre légal entourant la BCE ne permet pas de suivre la tendance actuelle et condamne l’Europe au déclin économique.

Une telle remise en question serait un aveu ; la crise que nous connaissons depuis 2008 serait d’origine monétaire. La nécessité de modifier le mandat de la BCE pour sortir de la crise implique que le cadre actuel ne le permet pas. Cette responsabilité a pourtant été admise aussi bien aux Etats-Unis, qu'au Japon et au Royaume-Uni.

Les dirigeants européens se rendent au G20 aujourd’hui afin de manifester leur mécontentement relatif à la "guerre des monnaies". La réponse sera cinglante. Alors que chacun admet sa faute et tire les enseignements des erreurs commises afin de sortir le monde de la "grande récession", la zone euro s’enferme dans un diagnostic économique erroné.

La persévérance à vouloir lutter contre un phénomène monétaire par la voie budgétaire est vaine. Bien au contraire, les plans d’austérité viennent renforcer l’impact de l’étau mis en place par la BCE. Cette réalité viendra bouleverser l’ordre du jour du G20 moscovite. La "guerre des monnaies" devrait céder rapidement la place à une irresponsabilité européenne qui laisse planer un risque majeur sur l’économie mondiale.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

02.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

03.

Après l’annonce de la mort d’Hamza Ben Laden, de hauts responsables d’Al-Qaida réapparaissent

04.

Hong Kong : ces nouvelles formes de censure très efficaces pour empêcher les mouvements sociaux

05.

L'arrivée du Pape François et la fin d'une Eglise dogmatique

06.

Miley Cyrus s’éclate avec une ex Kardashian, Claire Chazal se souvient de quand elle s’éclatait avec (un de) ses ex; Énième réconciliation pour Jamel & Melissa, 1ère grossesse pour Louane; Anouchka Delon pacifie sa famille, Brigitte Macron choie la sienne

07.

Classement Bloomberg des familles les plus fortunées : pourquoi les dynasties règnent plus que jamais sur le capitalisme mondial

01.

GB: le sac à vomi royal Kate et William

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

Pour comprendre l’après Carlos Ghosn, l’affaire qui a terrassé l’année 2019 dans le monde des entreprises

03.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

04.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

05.

Comment se fait-il qu'un pays aussi beau que la Pologne ait un gouvernement de m... ?

06.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

01.

M. Blanquer, pourquoi cachez-vous à nos enfants que les philosophes des Lumières étaient de sombres racistes ?

02.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

03.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

04.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

05.

Réorganisation de la droite : cette impasse idéologique et politique qui consiste à s'appuyer uniquement sur les élus locaux

06.

Pourquoi cette étude confirme l'absence de lien entre vaccination et sclérose en plaques (mais ne suffira probablement pas à recréer la confiance)

Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
laïcité
- 15/02/2013 - 20:27
La guerre des monnaies ne s'arrêtera que le jour
où l'on interdira purement et simplement tout fonctionnement des fameuses planches à billets ou QE (ou appelées jeux d'écriture électronique aujourd'hui ) ce qui aura comme impact immédiat d'empêcher les Etats de se transformer en tricheurs les uns vis à vis des autres avec comme conséquence logique la surenchère automatique dans la tricherie!....D'ailleurs mon pronostic très pessimiste est celui d'un enfoncement progressif et continu (pendant plusieurs années voire une ou deux décénnies ), donc un enfoncement sans précédent dans une crise planétaire très très grave accompagnée obligatoirement d'événements politiques très graves eux aussi (conflits, guerre etc ) et ce n'est malheureusement qu'au plus profond de la crise et de la guerre que les Nations, ayant le dos au mur, s'engageront enfin vers une interdiction des budgets en déficit et des politiques de faux-monneyeurs qui consistent à créer de la monnaie à partir de rien et sans doute le retour à l'étalon OR !....Au cours des siècles il a toujours fallu des rappels à l'ordre très durs pour que la nature humaine retrouve la voie de la sagesse pour quelques décennies et retomber à nouveau hélas dans le laxisme !...
bagad
- 15/02/2013 - 17:40
ouaihhhhh
super, on va rendre not´ monnaie aux ´ricains.
j'adore. c'est vachement mieux que dallas et autres soaps séries.
20dicte
- 15/02/2013 - 13:24
Tant mieux ! si les autres
Tant mieux ! si les autres ont besoin de nous pour vendre alors nous produire et vendre chez nous.