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La campagne d'Obama a été remportée, au moins en grande partie, grâce au "Big Data".
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Le pouvoir du "Big data" : Obama premier Président élu grâce à sa maîtrise de traitement de données ?
Publié le 09 novembre 2012
Le "Big data", la collecte et le traitement automatisé de gigantesques quantités de données, a aidé Barack Obama à remporter un second mandat. Une méthode déjà utilisée depuis longtemps dans le monde de l'économie et de la finance.
Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
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Le "Big data", la collecte et le traitement automatisé de gigantesques quantités de données, a aidé Barack Obama à remporter un second mandat. Une méthode déjà utilisée depuis longtemps dans le monde de l'économie et de la finance.

Lors des derniers jours de la campagne présidentielle américaine, la question clé était celle de la composition de l'électorat. Si l'électorat ressemblait à celui de 2008, avec beaucoup de jeunes, d'hispaniques et d'afro-américains, la réélection de Barack Obama était assurée. Seulement voilà : l'enthousiasme de 2008 et du rêve Obama s'était assoupi après quatre ans de chômage et de stagnation économique. Le pari de l'équipe Romney était que ces groupes s'abstiendraient plus, une fois l'Obamamania passée.

C'était sans compter sur la grande innovation de l'équipe Obama : une base de données gigantesque de soutiens et de soutiens potentiels, accumulée via le site internet et les meetings du candidat. Grâce à une analyse informatique, sociologique, géographique et statistique, ces électeurs ont été découpés en groupes. L'analyse permit aux bénévoles de la campagne Obama de savoir, par exemple, quels arguments pousseraient plus les femmes célibataires, ou les jeunes, ou les hispaniques, à se mobiliser. Elle permit de cibler les pubs, coups de fils et appels à donations.

Le jour du scrutin, en temps réel depuis son QG de Chicago, la campagne pouvait voir au quartier près dans quels endroits les gens allaient voter et dans quels endroits c'était plus difficile pour y concentrer leurs bénévoles et mobiliser les électeurs. La campagne Romney ne pouvait pas rivaliser avec une telle organisation et se trouva face à une cinglante défaite, bien plus forte que le scrutin très serré annoncé par les sondages nationaux, fondés sur la supposition d'un électorat moins mobilisé.

Au final, la campagne d'Obama a été remportée, au moins en grande partie, grâce au "Big Data". Le Big Data c'est cette tendance de fond qui est en train de transformer l'économie. Le Big Data part du constat qu'il n'a jamais été aussi peu cher d'accumuler, de stocker et de traiter des données. Sur tout.

Avec suffisamment de données, l'analyse statistique peut dénicher des corrélations et des relations auxquelles on n'avait pas accès avant. Les applications vont du prosaïque - quels prospects répondent le mieux à quelles offres commerciales ? - à l'effrayant - les Etats sont friands de Big Data pour nous surveiller.

Mais le Big Data est d'abord un phénomène qui pousse à repenser complètement l'organisation de l'économie. Les décisions des entreprises - quel prix donner au produit ? quel marché cibler en priorité ? - sont le plus souvent issues d'un mélange de calculs rudimentaires, d'anecdotes et d'intuition. Bientôt, le Big Data fera repenser toutes ces décisions.

Déjà de nombreux secteurs sont transformés par la Big Data : la finance, bien sûr, avec ses quants et ses algorithmes ; la distribution, où la logistique - qui permet d'apporter le bon produit au bon endroit au bon moment et ainsi de gagner les précieux micro-points de marge qui permettent de battre ses concurrents - devient un problème informatique avant tout. Et maintenant la politique : il est certain que les Républicains, et les professionnels de la politique du monde entier, vont s'inspirer de ce qu'a fait l'équipe Obama cette semaine.

Beaucoup des problèmes les plus importants sont des problèmes de traitement de données : comment faire fonctionner un réseau énergétique pour ne plus gaspiller d'énergie ; comment organiser la circulation dans une ville ; comment acheminer les produits d'un endroit à un autre, ou comment le cibler. Et ainsi à l'infini.

Le Big Data ne remplace pas la nécessité de la prise de décision, mais c'est une aide phénoménale à la prise de décision et potentiellement une révolution de productivité comme les deux précédentes ères de l'informatique. Cette semaine, la Big Data a peut être changé le cours de l'histoire en choisissant l'identité du président des Etats-Unis. Et ça ne fait que commencer.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Lepongiste
- 10/11/2012 - 07:57
Entendu dans une émission tv sur NY !!!
"Nous avions a choisir entre la peste et le choléra".....a déclaré une interviewée dans la rue...
Lepongiste
- 10/11/2012 - 07:57
Entendu dans une émission tv sur NY !!!
"Nous avions a choisir entre la peste et le choléra".....a déclaré une interviewée dans la rue...
Bara
- 09/11/2012 - 22:58
ça craint vraiment...
... déjà Cameron veut gouverner en fonction des tweets... on est de plus en plus dans le règne de l'immédiat, de la réaction à chaud, du sens du poil et de la brosse à reluire...
Est-ce ainsi qu'on gouverne les hommes ?