vieux pas sages

Les dangers du jeunisme

Publié le 02 mars 2011
A quel âge peut-on siéger au Sénat ? C'est à cette question cruciale que les sénateurs doivent répondre mercredi 2 mars, envisageant de passer l'âge minimum pour entrer à la Haute Assemblée à 24 ans, contre 30 ans actuellement. L'ancien sénateur, mais toujours vert, puisqu'il est aujourd'hui académicien, Jean Cluzel, dénonce l'obsession du jeunisme.
Jean Cluzel, ancien sénateur, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, est également président de Canal Académie, la webradio de l'Académie Française.
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A quel âge peut-on siéger au Sénat ? C'est à cette question cruciale que les sénateurs doivent répondre mercredi 2 mars, envisageant de passer l'âge minimum pour entrer à la Haute Assemblée à 24 ans, contre 30 ans actuellement. L'ancien sénateur, mais toujours vert, puisqu'il est aujourd'hui académicien, Jean Cluzel, dénonce l'obsession du jeunisme.

Chacun sait que, depuis 1789, notre Pays a utilisé 16 constitutions ; alors que la dernière en date (1958) a déjà été révisée 24 fois. Tout y passe ; y compris l’âge d’éligibilité des sénateurs abaissé récemment à 30 ans et que l’on propose de ramener à 24 ans  le 2 mars 2011 au Palais du Luxembourg.

A ce sujet, il ne serait peut-être pas sans intérêt de rappeler le  souvenir d’une séance tenue à l’Assemblée Nationale le 27 mai 1998 où, parmi d’autres problèmes, l’Assemblée décida d’abaisser à 18 ans l’âge d’éligibilité pour chacune des élections dans notre pays (JO de l’Assemblée Nationale, séance du 27 mai 1998, en commençant par l’intervention de Monsieur Dominique PAILLE (UDF).

Voici l’essentiel de son argumentation : « cette proposition si elle est adoptée (…) se fonde sur un principe fondamental de notre République à savoir que la citoyenneté ne se divise pas ; si la qualité d’électeur s’acquiert à 18 ans pourquoi en serait-il autrement de celle du citoyen éligible ? »

A son tour Monsieur Philippe VUILQUE (PS) intervient  en ces termes : « la citoyenneté doit être pleine et entière ; elle ne se découpe pas en tranches ». Et il poursuivait « si la Haute Assemblée comptait de jeunes sénatrices et  sénateurs, elle serait sans doute un peu plus dynamique » En ajoutant : «  que ce soit dans la loi organique ou dans la loi ordinaire, nous devons profiter de cette discussion pour montrer aux jeunes que nous leur faisons confiance. Qu’il s’agisse des élections, sénatoriales, législatives ou autres, ils sont tout à fait capables d’être élus. »

Telle fut donc la volonté de l’Assemblée Nationale qu’elle exprima par un vote dont le compte rendu parut au Journal Officiel des débats de l’Assemblée Nationale en date du 27 mai 1998 (pages 4423 et 4424).

Peut-on, pour éclairer le débat, rappeler qu’à l’ère de la politique uniquement considérée comme hommage à l’audimat et à la course aux parts de marché il est normal que le « jeunisme » vienne s’imposer.

Il est intéressant de constater que l’Assemblée Nationale était prête, en 1998, à envisager l’élection d’un maire de 18 ans, d’un conseiller général ou régional du même âge, de sénateur  et de députés ayant à peine passé le stade de la terminale et pourquoi pas d’un président de la République n’ayant pas encore 20 ans ?

En écrivant ces lignes j’espère que l’on ne m’accusera pas d’anti-jeunisme primaire : ou bien l’on considère l’administration de la Cité comme une entreprise essentielle requérant quelques années au moins de formation et d’expérience, ou bien on est parti au plus profond de la démagogie et de l’appel aux bons sentiments qui ne font pas seulement de mauvaise littérature mais aussi de la piètre politique.

La réponse qu’apporta à l’époque le Sénat fut celle de l’humour dont on peut prendre connaissance dans la littérature sénatoriale sous la signature d’un membre de la commission des lois de la Haute Assemblée : « si l’âge minimum pour devenir sénateur était ramené à 18 ans ne pourrait-on avoir des sénateurs lycéens manifestant dans la rue ? ».

Ne serait-ce pas encore, en Mars 2011 le bon mot de la fin ?

 

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