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Les pressions diplomatiques de l'Occident pourraient-elles déboucher sur la libération de l'ex Premier ministre ukrainien ?
Sous pression

La pression européenne finira-t-elle par faire céder l’Ukraine sur le cas Ioulia Timochenko ?

Publié le 28 août 2012
La Haute cour d'Ukraine prononcera mercredi son jugement sur l'appel déposé par l'opposante Ioulia Timochenko contre sa condamnation à sept ans de prison pour abus de pouvoir, à l'issue d'un procès jugé politique par l'Union européenne. Seule la pression européenne semble aujourd'hui pouvoir sauver l'ancienne dirigeante ukrainienne.
Alla Lazareva est une journaliste ukrainienne en poste à Paris. Elle travaille pour un hebdomadaire Ukrainski Tyzhden, qui publie en ukrainien et en anglais. Elle a co-écrit dernièrement le livre Gazprom : Le nouvel empire avec Alain Guillemoles.
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Alla Lazareva est une journaliste ukrainienne en poste à Paris. Elle travaille pour un hebdomadaire Ukrainski Tyzhden, qui publie en ukrainien et en anglais. Elle a co-écrit dernièrement le livre Gazprom : Le nouvel empire avec Alain Guillemoles.
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La Haute cour d'Ukraine prononcera mercredi son jugement sur l'appel déposé par l'opposante Ioulia Timochenko contre sa condamnation à sept ans de prison pour abus de pouvoir, à l'issue d'un procès jugé politique par l'Union européenne. Seule la pression européenne semble aujourd'hui pouvoir sauver l'ancienne dirigeante ukrainienne.

Atlantico : La Haute cour d'Ukraine prononcera mercredi son jugement sur l'appel déposé par l'opposante Ioulia Timochenko contre sa condamnation à sept ans de prison pour abus de pouvoir, à l'issue d'un procès jugé politique par l'Union européenne. Les pressions diplomatiques de l'Occident pourraient-elles déboucher sur la libération de l'ex Premier ministre ukrainien ?

Alla Lazareva : Pour l’instant, je pense qu’une libération n’est pas encore possible. La pression européenne est forte depuis le premier jour de son arrestation et cela n’a rien changé. Le gouvernement ukrainien fait tout pour qu’elle reste en prison. Il  ne lui laisse aucune chance.

Les élections qui approchent, en octobre prochain, expliquent la position du gouvernement. L’opposition mais aussi ses proches vont essayer de présenter une bonne défense devant la Commission à Strasbourg. Néanmoins, Ioulia Timochenko n’a pas passé les trois étapes de la juridiction ukrainienne. Le gouvernement repousse à chaque fois les audiences pour ne pas permettre à Madame Timochenko de faire un recours à Strasbourg.

Nous arrivons aujourd’hui à Strasbourg avec une procédure urgente sur les coups et blessures qui lui ont été porté, les humiliations et les conditions inhumaines de sa détention. Nous avons beaucoup d’espoirs qu’elle gagne sur ce point. Le résultat ne sera pas connu aujourd’hui mais dans plusieurs semaines.

La pression occidentale, qui a commencé le jour de son arrestation, sert-elle finalement à quelque chose ?

Oui, elle permet d’avoir un impact directement sur l’opinion public, sur la société civile. Les citoyens ukrainiens ne se sentent pas seuls, malheureusement cela n’a pas d’impact immédiat. Le gouvernement s’accroche au pouvoir et à des décisions stupides.

Le 24 août, jour de l'indépendance du pays, une grande partie des Ukrainiens ont manifesté pour la libération de Ioulia Timochenko. Une manifestation de plus grande ampleur est-elle attendue ce mardi ? Le gouvernement pourrait-il plier face à la pression populaire ?  

Une manifestation est prévue, l’opposition a fait appel pour manifester et demander sa libération. La contestation ne s’arrête pas et va s’accentuer à mesure que les élections se rapprochent. 

Je pense que le gouvernement pourrait plier, mais malheureusement, la contestation sera probablement faible, de l'ordre de 5000 ou 6000 personnes. Il ne faut pas s’attendre à une nouvelle « révolution orange » à laquelle le gouvernent aurait pu céder plus facilement.  

En refusant à Madame Timochenko et son ex ministre de l’Intérieur de prendre la tête du Parti d'opposition sur la liste législative, le gouvernement ne se tire-t-il pas une balle dans le pied ?

Très certainement. Le gouvernement actuel n’a pas la culture du dialogue. Ces gens-là (le gouvernement et Premier ministre Mykola Azarov, ndlr) veulent uniquement prouver aux autres qu’ils sont les plus forts. Ils veulent impressionner l’opinion publique et l’Europe occidentale.

Face à l’intransigeance du gouvernement de Mykola Azarov, vous pensez donc que Madame Timochenko ne pourra pas se présenter lors des futures élections législatives, en octobre ? 

A mon avis non, sauf si le gouvernement revient sur la décision en justice totalement infondée -elle a été condamnée à 7 ans de prison- ce qui me parait peu probable, il ne faut pas s’attendre à de grands changements. Si elle est libérée et qu’elle se présente, le gouvernement en place ne gagnera pas les élections, c’est une certitude. Il faut prendre conscience que le Parti de M. Azarov veut confisquer le pouvoir.  

Madame Timochenko a été accusé d'avoir favorisé la Russie dans le cadre de contrats gaziers. Pourtant le Premier ministre Mykola Azarov n'a-t-il pas accentué les rapprochements entre les deux pays, notamment en promouvant la langue russe dans la société Ukrainienne ?

Vous savez, Ioulia Timochenko n’est pas irréprochable, ce n’est pas une « sainte ». Mais vous pouvez me croire, elle n’a pas favorisé la Russie. C’était un contexte étrange, nous étions en plein hiver, les Russes avaient coupés le gaz vers l’occident. L’Ukraine a dû accepter les conditions de la Russie pour avoir du gaz, c’est devenu plus cher mais aussi plus transparent. 

C’est sur ce point qu’elle a été attaquée, l’Ukraine a payé le gaz plus cher mais l’Allemagne, l’Italie et la France aussi ! Le contrat n’est pas avantageux pour les consommateurs ; voilà pourquoi, l’Allemagne et la Pologne veulent retraiter le contrat avec la Russie. Lors de son procès, on n’a remarqué aucune corruption, aucune manœuvre dans les accords entre l’Ukraine et la Russie. 

En ce qui concerne la loi controversée sur la langue russe, je trouve cela lamentable. La bataille de la langue est un combat avant tout pour l’identité du pays.  Il faut savoir déjà que notre Premier ministre ne parle pas bien l’ukrainien. De plus, le gouvernement malgré tous ses espoirs n’est pas aussi proche de la Russie, les deux pays malgré des échanges et des liens commerciaux n’arrivent pas à établir un partenariat stable.

Propos recueillis par Charles Rassaert

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ju_lamy
- 28/08/2012 - 12:15
Tout n'est pas noir ou blanc
Et Ioulia Timochenko n'est certainement pas la martyre que l'UE croit ! Elle traîne quand même de sacrées casseroles et serait peut-être impliquée dans une affaire de meurtre. Même l'ancien président, Viktor Iouchtchenko ne la soutient pas - et il sait de quoi il parle.
Voir ici : http://www.ukraineupdate.com/2012/08/28/pour-lancien-president-iouchtchenko-lue-se-trompe-au-sujet-de-laffaire-timochenko/
ghislfa
- 28/08/2012 - 11:08
On a pas fini
La flamboyante Ioulia n'a, sans doute, pas fini d'alimenter les gazettes. Bien sûr, on est tenté de se porter au secours d'une faible femme, plutôt séduisante de surcroit, mais il apparaît qu'elle s'est, elle même, tiré pas mal de balles dans le pied.