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Homosexualité : pourquoi il est si difficile de faire son "coming out" dans le milieu du sport

Publié le 10 août 2012
Le tabou de l'homosexualité reste très important dans le sport. Ainsi, alors que 10 500 athlètes participent aux JO de Londres, ils n'étaient qu'une quinzaine à avoir révélé être homosexuels.
Paul Parant est journaliste et chef de rubrique pour le site du magazine Têtu.  Il a écrit récemment le livre osez faire votre coming out.
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Le tabou de l'homosexualité reste très important dans le sport. Ainsi, alors que 10 500 athlètes participent aux JO de Londres, ils n'étaient qu'une quinzaine à avoir révélé être homosexuels.

Plus de 10 500 athlètes ont débarqué à Londres pour participer à la trentième olympiade de l'ère moderne. Parmi eux, selon les derniers comptages, ils étaient à peine une quinzaine, dont seulement trois hommes, à être ouvertement homosexuels.

 

Matthew Mitcham fait partie de ceux-là. A son niveau, cet Australien aujourd'hui âgé de 24 ans a marqué l'histoire olympique en devenant, lors des précédents Jeux à Pékin, le premier champion olympique ouvertement gay. Ce plongeur avait en effet fait son coming out dans la presse, quelques semaines avant d'obtenir la note absolue – 10 – aux épreuves de haut vol (à 10 mètres). Dès sa descente du podium, il s'est précipité vers les tribunes pour offrir son bouquet à son petit ami. Certes, si ce n'était pas adressé à un compagnon du même sexe, ce geste serait absolument banal. Mais pour des millions de jeunes homos, il représentait une véritable lueur d'espoir, l'arrivée enfin un héros positif auquel ils puissent s'identifier, qui prouve que l'on peut accomplir des exploits en ayant la liberté d'être soi-même. Il faut se souvenir que son illustre prédécesseur, le plongeur aux 17 médailles d'or Greg Louganis, n'a fait son coming out qu'après s'être retiré de la compétition...

 

Quinze athlètes aux JO, soit 0,2% des sportifs présents, quand on estime à entre 5 et 10% le nombre d'homos dans la population… tout ceci démontre bien que des blocages existent encore. En fait, alors que l'on compte désormais des personnalités ouvertement homosexuelles connues dans pratiquement tous les domaines de la vie publique (en politique, dans les milieux artistiques ou le cercle du showbiz), deux domaines font encore figure d'exception : le monde de l'entreprise et celui du sport. Alors qu'il y a (pourquoi en serait-il autrement?), autant de gays et de lesbiennes dans les stades ou dans les conseils d'administrations que partout ailleurs.

 

Mais comment s'en étonner ? Quand on veut dénigrer l'adversaire, sur les terrains de sport comme dans les cours d'école, « pédé » est l'insulte qui revient encore le plus souvent. A force de l'entendre, et de le prendre pour eux au premier degré, les homos assimilent cette infériorité et dissimulent cette partie pourtant essentielle de leur personnalité. « On commence à accepter son homosexualité quand on cesse de la vivre comme une faute devant entraîner de la culpabilité », nous disent les psys. Dans le monde très macho de la compétition sportive, où chaque faute (toute dérogation à la règle, au code de conduite) est lourdement sanctionnée, cet écart de la norme est extraordinairement difficile à imaginer. Et on imagine les dégâts dans la tête des aspirants champions… ce qui ne peut que nuire aux résultats sportifs, comme l'a bien expliqué le rugbyman Gareth Thomas, un autre de ces rares champions à avoir dit son homosexualité avant de prendre sa retraite : « J'ai pensé au suicide, juste pour ne pas avoir à affronter l'étape » du coming out. Aujourd'hui, il se dit pourtant « incroyablement fier » de l'avoir fait.

 

Et il suffit de lire n'importe quel portrait de sportif, ces jours-ci dans les journaux, pour constater que la vie sentimentale y est presque systématiquement évoquée. Ce n'est pas, en soi, un problème, tant l'intimité d'une personne participe à son équilibre mental. Il faut seulement souhaiter qu'un jour, la vie d'un champion homosexuel soit aussi banale que celle d'un sportif hétéro. Hélas, ce jour n'est pas encore venu. Comme le déclarait la légendaire joueuse de tennis ouvertement lesbienne, Martina Navratilova : « Si beaucoup plus de gens font leur coming out, alors cela cessera d'être une grande affaire. »

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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QuadPater
- 15/08/2012 - 08:48
À Montalte
Vous dites "Je suis en revanche en désaccord avec vous sur un point: l'homosexualité n'est pas un déterminisme, une identité dans laquelle on est enfermé."

Je n'ai fait que reprendre ce que disaient d'eux-mêmes les homos encore il y a quelques années : en bref qu'ils n'avaient pas plus prise sur leur orientation sexuelle que les hétéros. Dans ce cas c'est une bonne chose qu'ils ne se sentent pas coupables, mais je ne comprends pas la démarche de le clamer publiquement.

Peut-être de la pensée binaire ? "si je ne me déclare pas fier tout le monde va croire que j'ai honte" ?

QuadPater
- 15/08/2012 - 08:32
Un débat, Gribouillis,
c'est un échange sur un sujet donné. Les intervenants se considèrent mutuellement comme étant au même niveau et parlent du sujet. Vous, c'est de l'adversaire que vous parlez, vous cherchez à établir un diagnostic. Et qu'est-ce qu'il lit ? et quels sites fréquente-t-il ? et quelle psychopathologie se dégage de son discours ? et il vote où ?
Ce n'est guère intéressant.
ヒナゲシ
- 15/08/2012 - 04:59
Tabernacle !
P. S. 1 : dans la citation que j'ai faite, Freud (qui n'a pas pour moi valeur d'oracle) parle non pas d'« immaturité psychologique » comme vous aimeriez sans doute qu'il le fît, mais de « stase du développement sexuel ».

P. S. 2 : à propos d'« endoctrinement des enfants » vous ne manquez pas d'air, qui défendez le décervelage et le bourrage de crâne de ceux-ci par du surnaturel frelaté à base de résurrection, d'angelots, de sorciers qui marchent sur l'eau (& autres superstitions archaïques) !
(Une expression que vous connaissez, forcément : l'Hôpital qui se fout de la Charité…)

Et même chose pour les lobbies d'ailleurs, quand on constate chaque jour que le plus agité — et de loin le plus influent — a son QG au Vatican…
 
Et, comme pour célébrer la manman du petit Jésus (et donc les valeurs des familles où l'a une maman et deux papas), l'IFOP vient de pondre une dernière enquête qui devrait vous mettre en joie :

http://www.ifop.com/media/poll/1956-1-study_file.pdf