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L'objectif fixé par les autorités chinoises est de faire aussi bien à Pékin qu’à Atlanta, Sydney et Athènes. Soit entre 34 et 38 médailles.
La vie en grand

Pékin : la démesure des Jeux Olympiques 2008

Publié le 28 juillet 2012
Les Jeux de Pékin ont été, avec ceux de Berlin en 1936, parmi les plus critiqués de notre époque. Tous ces opposants réclament, entre autres, le respect des droits de l’Homme et l’indépendance du Tibet. Guy Benamou revient sur des Jeux historiques, synonymes de démesure mais aussi de records. Extraits de "L'aventure des Jeux Olympiques, un siècle de passion olympique" (2/2)
Guy Benamou est l'auteur de "L'aventure des Jeux Olympiques" aux éditions Jacob-Duvernet.
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Les Jeux de Pékin ont été, avec ceux de Berlin en 1936, parmi les plus critiqués de notre époque. Tous ces opposants réclament, entre autres, le respect des droits de l’Homme et l’indépendance du Tibet. Guy Benamou revient sur des Jeux historiques, synonymes de démesure mais aussi de records. Extraits de "L'aventure des Jeux Olympiques, un siècle de passion olympique" (2/2)

L’objectif fixé par les autorités est de faire aussi bien à Pékin qu’à Atlanta, Sydney et Athènes. Soit entre 34 et 38 médailles. Après un premier échec en 1993 au profit de Sydney, Pékin a été désigné en 2001 devant Toronto, Paris et Istanbul. A l’époque, le choix ne fut pas vraiment contesté. Mais au fur et à mesure qu’ils approchaient, ces Jeux étaient décriés par les défenseurs des droits de l’Homme. Les contestataires emploieront un maximum de moyens pour faire entendre leur refus et déstabiliser ces JO. En point d’orgue, la perturbation de l’allumage de la flamme olympique avant son parcours jusqu’à la Chine en mars. On tentera de l’éteindre à Londres et Paris. Tous ces opposants réclament le respect des droits de l’Homme et l’indépendance du Tibet. Jacques Rogge résumera le sentiment du CIO dans l’émission Stade 2 : « Les Jeux appartiennent aux athlètes, pas à la Chine ou au CIO. Pourquoi lui reprocher ce que des générations ne sont pas parvenues à obtenir ? » Malgré les menaces de boycott, toutes les délégations – exceptée Taïwan, évidemment – participeront à la grande parade.

La capitale chinoise est en pleine transformation. Les habitants, vendeurs à la sauvette, sont expulsés par milliers sans ménagement dans un pays où l’on ne s’embarrasse pas de telles considérations. On a inauguré trois nouvelles lignes de métro ultra-modernes où on suivra les compétitions sur écrans géants. Des transports destinés à éviter davantage de pollution, dans une ville où 1000 voitures supplémentaires viennent, chaque jour, accentuer les embouteillages. Sous la pression des télévisions américaines, les finales se dérouleront en matinée pour qu’elles puissent être diffusées à des heures de grande écoute. En échange, le CIO accepte que les compétitions soient retransmises en léger différé, histoire que les autorités chinoises puissent « couper » avant que leurs concitoyens n’assistent à une éventuelle manifestation de protestation.

 […]

Sans surprise, la Chine a fini « ses » jeux en faisant le plein de médailles d’or (51 titres), même si au total, elle est devancée par les Etats-Unis (110 contre 100). Les deux ordres de grandeur traduisent en tout cas la domination éclatante de ces deux nations qui, en développant deux systèmes de sélection et de pratique du sport différents, arrivent à obtenir des résultats probants. Ce qui n’est pas le cas, par exemple, de l’Inde, désormais pays le plus peuplé du monde. La nation de Gandhi aura attendu 25 ans, et une médaille d’or en hockey sur gazon, pour conquérir un second titre avec Abhinov Bindra, un riche héritier premier à la carabine à 10 mètres, devenu le « célibataire le plus convoité du pays » (selon sa mère). Côté français, les 40 médailles collectées, deux de plus qu’à Sydney, sont un excellent résultat.

Le lâcher de pigeons de la cérémonie d’ouverture de ces Jeux eut lieu le 8 août, peu après  20h. Soit le 8/08/08, à 8h08 (du soir). Une redondance due au fait que le 8 porte bonheur dans l’Empire du Milieu, « symbole absolu » de la prospérité. Autres chiffres, plus concrets : plus de 100 000 ouvriers avaient travaillé sept jours sur sept, dans des conditions souvent très difficiles, pour construire le stade national de Pékin, sans doute le plus beau de tous les temps ; le budget annoncé fut de 40 milliards de dollars, soit trois fois plus que celui d’Athènes ; 530000 arbres furent été plantés pour donner un peu plus de verdure à la ville très polluée ; 26 stations de contrôle météo et 26000 personnes étaient chargées des conditions climatiques. La sécurité, obsession majeure des autorités, nécessita 25000 agents de sécurité dans les transports en commun, 300000 caméras de sécurité et des batteries de missiles sol-air installées à proximité du stade olympique. 1 700 000 volontaires bénévoles avaient été retenus sur 24 millions de candidats pour assurer la sécurité, l’assistance, le service d’ordre sur tous les sites, la ville et ses alentours. A l’avenir, les Jeux devraient peut-être oublier cette folie, voir beaucoup moins grand, faire mieux avec des moyens humains et financiers ramenés à une échelle plus modeste. La démesure prendra-t-elle fin un jour ? Vaste question, même si on est à peu près sûr de connaître la réponse.

_________________________________________

Extrait de "L'aventure des Jeux Olympiques, un siècle de passion olympique", Editions Jacob-Duvernet (8 décembre 2011)

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Rhytton
- 28/07/2012 - 10:53
A lire: Wladimir Andreff dans La Croix (extraits)
Pour Andreff, rien de surprenant dans ce grand mensonge sur le prix des Jeux. « C’est le processus même d’attribution, comparable à des enchères, qui provoque cette sous-estimation des coûts », assure-t-il. [...]
Pour le chercheur, la notion connue en économie de « winner’s curse », ou « malédiction du vainqueur de l’enchère », s’applique parfaitement. « Les villes candidates sont priées d’élaborer des projets mirobolants, mais pour des budgets que le CIO exige “raisonnables”. Les concurrentes masquent donc leurs coûts. De même qu’elles surévaluent par des études d’impact flatteuses les bénéfices qu’elles retireront de l’accueil de l’événement. Le système de sélection induit mécaniquement des dérives économiques, de même qu’il pousse au lobbying acharné, voire à la corruption (NDC: "oh, la belle machine a laver..."). »
Pour en finir, Wladimir Andreff ne voit qu’une solution : attribuer les Jeux à une ville comme Olympie, la même une fois pour toutes. Douce utopie. Le CIO tire trop de bénéfices et de puissance du système actuel...