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La laïcité à la française est-elle devenue un frein à l’épanouissement du fait religieux ?
Polémique
La laïcité peut-elle être antireligieuse ?
Publié le 06 avril 2011
Des prières en pleine rue à la convention de l’UMP tenue ce mardi, la question des lieux de cultes revient régulièrement au centre des débats. Et s’il était temps de repenser la "laïcité à la française" ?
Aurélien Hamelle, 32 ans, est avocat au barreau de Paris, associé du cabinet Metzner Associés, spécialisé en droit pénal des affaires et droit pénal.Il est l’auteur d’un essai sur le thème de la justice pénale, Faut-il vraiment durcir la justice ? (JC...
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Aurélien Hamelle, 32 ans, est avocat au barreau de Paris, associé du cabinet Metzner Associés, spécialisé en droit pénal des affaires et droit pénal.Il est l’auteur d’un essai sur le thème de la justice pénale, Faut-il vraiment durcir la justice ? (JC...
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Des prières en pleine rue à la convention de l’UMP tenue ce mardi, la question des lieux de cultes revient régulièrement au centre des débats. Et s’il était temps de repenser la "laïcité à la française" ?

La neutralité de l’Etat explique tout du problème patrimonial des religions les plus récemment implantées en France : l’Etat et les collectivités publiques ne peuvent financer la construction de lieux de cultes. Beaucoup l’ignorent, mais, à l’époque, les articles les plus débattus et les plus nombreux de la loi fondatrice sur la laïcité du 9 décembre 1905 furent ceux relatifs aux aspects patrimoniaux du culte. La question était alors posée en ces termes : qui serait à l’avenir propriétaire des églises et cathédrales, ainsi que des synagogues et des temples ?

De 1905 à 2011 : deux contextes radicalement différents

Souvenons-nous que la laïcité française, fruit d’un peu plus d’un siècle d’histoire séparant la Révolution Française de la loi de 1905 en passant par le Concordat, est née à une époque où le christianisme était une religion encore dominante et largement majoritaire. Or, en voulant préserver les acquis de la Révolution française et compte tenu du refus par l’Eglise catholique de créer les associations cultuelles prévues par la loi de 1905 dans les premières années d’application de celle-ci, les églises et cathédrales sont dans leur grande majorité restées – pour celles antérieures à 1802 – et devenues – pour celles construites après cette date – propriété des communes et de l’Etat. Ce qui est aujourd’hui perçu comme un avantage était ainsi, au début du XXème siècle, vécu comme un affront par l’Eglise catholique de France.

L’Islam en premier lieu, et les autres cultes d’implantation récente ou même les religions juive, catholique et protestante, soucieuses de s’adapter aux évolutions démographiques vidant les campagnes pour remplir les villes, souffrent donc aujourd’hui de ne pouvoir construire des lieux de culte que grâce à des fonds privés.

La laïcité française : un frein à l’épanouissement du fait religieux

Il est vrai que certaines facilités sont offertes par la loi de 1905 et par des lois ou des pratiques administratives plus récentes, afin de favoriser la construction de lieux de culte, et donc de mosquées pour les musulmans : possibilité pour l’Etat et les collectivités publiques de garantir les emprunts souscrits par des associations ou des groupements cultuels en vue de la construction d’édifices de culte ; exonération de la taxe d’habitation ; pratique des baux emphytéotiques (c’est-à-dire de très longue durée) conclus par des communes avec des associations de culte afin de mettre à disposition de ces associations des terrains communaux pour des périodes de plusieurs dizaines d’années à un loyer modique pour que des édifices religieux y soient construits ; possibilité de recevoir des collectivités publiques des fonds destinés à la réparation des édifices cultuels ; exonération de la taxe foncière, possibilité de recevoir des dons et legs et enfin et surtout financement public des lieux à vocation culturelle construits comme annexes à un lieu de culte à proprement parler.

Mais en dépit de ces quelques facilités, l’on peut se demander si la laïcité à la française n’est pas devenue un frein à l’épanouissement du fait religieux : l’Etat finance abondamment les activités sportives, artistiques et culturelles, toutes préoccupations légitimes associées au bien-être individuel, mais qui sont paradoxalement mieux traitées que les conditions dans lesquelles chacun peut pratiquer sa religion, dont on conviendra à dire qu’elle est une question au moins autant légitime que celles-ci.

Vers une nouvelle conception de la laïcité ?

Afin d'y remédier, il faut appeler de nos vœux des initiatives privées fortes, qui devront être soutenues sans esprit de clocher, afin que des lieux de culte puissent faire leur apparition et apaiser ainsi les mauvaises querelles. Il convient surtout de penser une évolution du cadre législatif relatif à la laïcité, pour que les musulmans puissent bénéficier de lieux de culte dignes et en nombre suffisant, et éviter ainsi que ce thème puisse être récupéré à des fins politiciennes.

La laïcité a tout à gagner à favoriser, sans s’y opposer ni y inciter, le développement spontané du fait religieux sauf à être perçue comme une entrave à celui-ci, posant ainsi d’innombrables difficultés en termes de politique intérieure, de cohésion sociale et d’image de la France dans le monde. L’alternative qui se présente à nous n’a que deux branches : refuser d’accompagner l’essor de l’Islam en France et le laisser en proie à des dérives obscurantistes minoritaires, ou favoriser le développement de cette religion et dialoguer ainsi pour un islam éclairé. Dépassant le seul cadre de la laïcité, ce débat sera guidé par les valeurs républicaines de liberté d’exercice des cultes, d’égalité des hommes et des femmes et de fraternité entre les différents croyants et non-croyants.

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405
- 06/04/2011 - 23:13
Pas un euro pour les religions
De l'argent pour l'hôpital public et pour l'éducation NATIONALE ! Cela devrait plaire aux frontistes pourtant. Non au chèque éducation du FN qui favorise les écoles religieuses.
JP van St Jans
- 06/04/2011 - 22:52
Alternative étrange
que nous propose Me Hamelle : la peste ou le choléra !
Refuser l'essor de l'Islam ou favoriser son développement. Evidemment ni l'un ni l'autre. La première proposition s'accompagne de la menace de l'activisme menaçant, la seconde, considère que l'Etat doit aider l'Islam à se développer. Non, l'Etat ne subventionne ni ne reconnait au culte... (loi du 1905 et ses ajustements) : pas de faveurs.
dauphin37
- 06/04/2011 - 21:36
un prétexte...
En encourageant les manifestations culturelles et sportives et les appuyant sur la performance, on soutient l'individualisme et la France jacobine combat les rassemblements communautaires religieux ou non avec en arrière fond la peur de débordement de foule et/ou de nouvelle Révolution...les décideurs divisent pour mieux régner. Qu'est devenu le Peuple ? Un troupeau de moutons ?