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La science-fiction, mais aussi l'identification régulière d'immenses astéroïdes dont la trajectoire pourrait croiser la Terre, posent la question de nos moyens de défendre.
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A-t-on les moyens de se défendre contre une météorite géante ?
Publié le 17 septembre 2012
Alors qu'une météorite de 160 km de large s'est écrasée lundi dernier sur Jupiter, militaires et chercheurs réfléchissent aux moyens de défendre la Terre contre de potentielles menaces venues de l'espace.
Xavier Pasco est docteur en science politique à l'Université de Paris I et maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique. Il est également rédacteur en chef pour l'Europe de la revue trimestrielle internationale Space Policy (Elsevier...
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Alors qu'une météorite de 160 km de large s'est écrasée lundi dernier sur Jupiter, militaires et chercheurs réfléchissent aux moyens de défendre la Terre contre de potentielles menaces venues de l'espace.

A (re)voir : Jupiter : Un crash filmé en direct

 

Atlantico : La science-fiction, mais aussi l'identification régulière d'immenses astéroïdes dont la trajectoire pourrait croiser la Terre, posent la question de nos moyens de défendre. Avons-nous les capacités de nous protéger contre des menaces venues de l'espace ?

 

Xavier Pasco : Il est très difficile de se protéger contre des astéroïdes de plusieurs kilomètres, voire plusieurs dizaines de kilomètres. Les années 1990 ont vu resurgir les études à ce sujet. Certaines ont posé la question : comment peut-on se protéger contre un engin pareil ? Elles ont envisagé une sorte de guerre nucléaire, avec des missiles qui pourraient faire éclater l’astéroïde. Mais les conclusions sont controversées, car les conséquences peuvent être contre-productives : certains considèrent que c'est la solution, mais d'autres pensent plutôt que cette méthode aggraverait le problème, car en cassant l’astéroïde en plusieurs morceaux, on créé plusieurs astéroïdes qui peuvent continuer de venir vers la Terre.

 

D'autres propositions consistent à amarrer un propulseur de manière à communiquer une vitesse différente à l’astéroïde pour modifier sa trajectoire. D'autres encore considèrent que l'on pourrait recouvrir l’astéroïde d'une matière réfléchissante, sur laquelle la pression des vents solaire pourrait agir. La simple pression solaire pourrait modifier la trajectoire de certains objets, car dans l'espace la moindre petite source d’énergie peut faire bouger un objet énorme.

 

Il y a donc beaucoup d’études. Mais il y a une priorité avant tout : il faut au moins se préoccuper de savoir si on peut prévoir ce type d’événement. Avant d'agir, il faut détecter les astéroïdes de façon assez précoce, pour pouvoir calculer leur trajectoire et éventuellement prévoir la probabilité que l'objet s’écrase sur Terre dans 30 ou 40 ans. A partir de là, on peut observer si cette probabilité va se confirmer dans le temps.

 

Prenons un exemple : on considère qu'un objet qui passe dans une certaine fenêtre dans l'espace, avec telle trajectoire, a une probabilité de 10 puissance X de toucher la Terre. Cette probabilité peut se confirmer lorsque cet objet passe à nouveau dans une fenêtre risquée quelques années plus tard, et qu'on affine la trajectographie. L'enjeu est donc de prendre le problème suffisamment précocement pour avoir le temps de développer une stratégie.

 

Il y a des programmes prévus, notamment en Europe par l'Agence spatiale européenne. Par exemple, le "Space situational awareness" est un programme un peu fourre-tout dans lequel on tente de caractériser l'environnement spatial en général : aussi bien les satellites que le rayonnement solaire et ses anomalies. Dans ce projet, il y a un volet consacré aux objets qui s'approchent dangereusement près de la Terre, les NEO : "Near-earth objects". Il consiste à développer un système à base de radars qui permettra une veille plus lointaine vis-a-vis de ces objets-là.

 

Mais la menace ne s'est jamais fait sentir de façon suffisamment forte pour vraiment investir. Fondamentalement, si l'objet fait 100 mètres sur 100, on aura un problème.

 

Est ce que la réflexion a lieu dans chaque pays séparément, ou est-elle unifiée au niveau international, avec une démarche collective ?

 

Les agences spatiales échangent entre elles sur des données astronomiques. Quand on découvre un astéroïde géocroiseur, il y a un catalogage très précis qui est fait. Il y a une veille mondiale. Des conférences scientifiques se tiennent tous les ans, qui traitent des moyens de se prémunir contre ça, avec des gens qui présentent des méthodes plus ou moins farfelues. Le problème concerne toute la communauté internationale. Mais ces projets ne sont pas du tout calés, ils sont en phase d'étude.

 

Est-ce que ces programmes relèvent de la théorie pure, de la science-fiction ? Ou est-il déjà possible de les mettre en œuvre à court terme ?

 

Survoler un astéroïde et éventuellement s'y poser, c'est déjà possible, avec par exemple des collectes d’échantillons in situ. Les Japonais ont déjà envoyé des sondes explorer des comètes et récupérer des échantillons, mais sans se poser. On saurait envoyer une sonde à des distances assez lointaines.

 

Par contre, faire exploser l’astéroïde ou changer sa nature pour avoir un effet sur sa trajectoire, ça c'est uniquement de l'ordre de la conjecture. Il n'y a pas eu d'expérimentation. Et les spécialistes ne sont pas d'accord entre eux, qu'il s'agisse des charges nucléaires, ou des moteurs qu'on pourrait faire se poser sur l’astéroïde, qui modifieraient sa trajectoire graduellement.

 

Quoi qu'il en soit, il faut avoir repéré l'objet suffisamment longtemps à l'avance pour calculer l'effet que l'on pourrait avoir dessus, et faire des modélisations pour savoir à quel point il faudra modifier sa trajectoire pour qu'il ne s’écrase pas sur la Terre.

 

Mais l'objet ne doit pas être trop loin non plus, pour qu'on ait un peu de marge quand l'action se produit, afin d'observer ce qui se passe lorsque l'on agit, et éventuellement réagir par une deuxième action.

 

Il n'y a pas de stratégie concertée pour agir. Il y a une stratégie concertée pour mesurer. A un certain moment, on a eu la crainte qu'un astéroïde tombe sur Terre en 2030. On arrive à calculer de genre de choses à 3 ou 4 décennies à l'avance. Les moyens de détection évoluant, on en trouve de plus en plus. Les risques semblent augmenter mécaniquement. En réalité c'est faux, simplement, on repère plus les risques qu'avant.

 

Est-on paré face aux menaces dites "intelligentes" ? Qu'en est-il d'une éventuelle invasion extraterrestre ?

 

A ma connaissance, on ne prend pas ce type de menaces en considération. Certes, certains programmes documentent les cas énigmatiques. Mais à ma connaissance, l'invasion extraterrestre n'est pas envisagée, à tort ou à raison.

 

Propos recueillis par Romain Mielcarek

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bobocleaner
- 19/09/2012 - 00:07
la solution
la majorite PS-bobo-gaucho va interdire les météorites par une loi qui taxera aussi les propriétaires de celles ci.
Babeux
- 18/09/2012 - 16:06
Mais OUI qu'on est à l'abris
Mais OUI qu'on est à l'abris pisque Sarko s'est mis en marge de la Politique...comme ça aprés nous avoir protégé 5ans du reste du monde, y va nous protéger des météorites....
pehm
- 18/09/2012 - 14:37
Manque terrible de mémoire
Il est peu probable que nous serons capables de nous défendre contre un astéroïde de grande taille avant des décennies.
Mais il existe un moyen simple de s'en protéger: un réseau d'abris anti-atomiques et des réserves de vivres pour plusieurs années (évidemment en couplant avec un système de détection). Seuls la Suisse, la Suède et Israël ont ce type de programmes (les deux premiers y accordent hélas moins d'attention depuis la fin de l'URSS).
Ce type de protection peut également servir en cas de conflit, de catastrophe industrielle ou d'autres types de catastrophes naturelles.
Le plus important est la constitution de réserves de nourriture: peu de gens savent que nous n'avons plus de telles réserves ; aujourd'hui l'agriculture est en flux tendu, comme une vulgaire industrie ! En cas d'arrêt de la production ou des voies de commerce, la famine ravagera le monde en quelques semaines, pas seulement dans le tiers-monde, mais dans les pays riches aussi et même plus: les paysans "sous-développés" continuent à faire des stocks.
Souvenons-nous de l'année sans été, et sans récoltes, après l'explosion géante du Krakataua à la fin du XIXe siècle... Aujourd'hui, ce serait bien pire !