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© PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Bonnes feuilles

La France des caïds : petite séquestration entre amis

Publié le 30 août 2020
Gérald Pandelon publie "La France des caïds" aux éditions Max Milo. Dans ce récit palpitant, l'auteur met en évidence la toute-puissance des grands bandits sur les milieux économiques, sociaux et politiques en France. Pour la première fois, un avocat nous raconte de l'intérieur la face cachée du crime. Extrait 2/2.
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Universitaire et avocat à la Cour d'appel de Paris, Gérald Pandelon est docteur en droit et docteur en science politique. Diplômé de Sciences-Po, il est également chargé d'enseignement. Il est également l'auteur de L'aveu en matière...
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Gérald Pandelon publie "La France des caïds" aux éditions Max Milo. Dans ce récit palpitant, l'auteur met en évidence la toute-puissance des grands bandits sur les milieux économiques, sociaux et politiques en France. Pour la première fois, un avocat nous raconte de l'intérieur la face cachée du crime. Extrait 2/2.

En 2006, je suis l’avocat de François, qui est considéré comme l’associé – plus que comme l’adjoint – du Gros. François m’a désigné dans une affaire de tentative d’assassinat quand il a été placé en détention provisoire. En étudiant le dossier, je m’aperçois que, même si, dans le microcosme marseillais, tout le monde, sait qu’il est coupable, il n’y a rien contre lui, hormis quelques écoutes ambiguës.

Mon travail n’est pas moral, il est juridique, et le droit dit qu’un accusé doit être mis en cause exclusivement en fonction des éléments incontestables qui peuvent être retenus contre lui. Fort de ma découverte quant à l’inanité des charges, je parviens à faire requalifier le dossier qui, d’affaire criminelle, devient affaire correctionnelle. Et, devant le tribunal ad hoc, j’obtiens la relaxe de François après huit mois de détention provisoire. L’homme est ravi et me conseille à son ami le Gros.

Pour le moment, concentrons-nous sur le Gros, un important voyou marseillais connu, entre autres, pour vols, braquages, détention d’armes, trafic de stupéfiants, proxénétisme et blanchiment. Très implanté à Marseille, ce caïd règne alors sur le quartier du Panier. Par « caïd », j’entends ici celui qui, sur un périmètre déterminé, est considéré comme le chef des voyous du coin et demeure supervisé par un parrain qui chapeaute plusieurs autres caïds. Ainsi, Gaetano Zampa était le caïd de Marseille, mais il était aussi considéré, peu ou prou, comme le parrain de la France puisque ce Napolitain avait plus d’affaires à Paris qu’à Marseille.

Heureuse coïncidence, celui-ci est « exaspéré par les avocats en général, mais vous, j’veux bien vous essayer ». En 2007, je me retrouve donc désigné par le Gros, alors incarcéré. Je le rencontre aux Baumettes. Après une première entrevue, le Gros et moi tombons d’accord sur la chose et le prix. Je deviens son avocat en bonne et due forme. Or, quand je commence à préparer une DML*, mon client me met en garde car il craint qu’une autre affaire l’impliquant ne ressorte .

L’histoire se passe en 2006. La mairie RPR de la ville en question est dirigée par un certain Topaze, dont chaque connaisseur sait qu’il tire la plupart des ficelles du pouvoir local selon des méthodes souvent répréhensibles. Topaze mène une guéguerre contre le Conseil général, ainsi qu’il est nommé à l’époque, aux mains de l’opposition. Or, un de ses adjoints – appelons-le Blaise – est plus proche de certains conseillers généraux de l’opposition que de son maire. La tension monte dans sa propre équipe, où certains accusent Blaise de faire le jeu de la gauche pour son intérêt personnel. Agacé ou sentant le bon filon pour se faire bien voir de Topaze, l’un des frondeurs – appelons-le Averell –, élu et proche collaborateur de l’adjoint que nous appellerons Blaise, va trouver directement Topaze pour dénoncer celui qu’il présente comme un traître, id est qu’il juge vendu à la gauche – accusation suprême dans le cénacle de ce qui s’appelait le RPR.

— Avec ses conneries, on va se rétamer aux élections ! s’emporte Averell. Déjà qu’on a perdu du poids dans le département, c’est plus possible, ce sabotage !

Topaze est furieux. Il comprend que son adjoint essaye de le doubler en s’appuyant sur les conseillers généraux d’opposition, en vue des prochaines élections municipales. Blaise se retrouve dans la tourmente. À son tour, il devient vert de rage. Une ligne rouge a été franchie. Bien sûr, la trahison est une donnée consubstantielle de la politique ; mais lui qui veut être calife à la place du calife sait combien il est dangereux pour lui d’être mis en difficulté avec Topaze, détails précis et reproches étayés à l’appui. Le voilà freiné dans ses manigances et alliances d’appoint. Alors, sans attendre, plutôt que de convoquer son adjoint afin de discuter fermement mais poliment avec lui, il dégaine les grands moyens contre le délateur. En clair, Blaise lâche le Gros sur Averell.

 

51.

Qu’un responsable politique local envoie un caïd pour « ramener à la raison » un autre élu, selon l’euphémisme en vigueur, malgré mes heures de vol au compteur, à ce moment-là, c’est la première fois qu’un tel événement m’est raconté par son principal acteur. Cela démontre l’extension du domaine des caïds, qui inspirent désormais assez confiance à leurs affidés politiques pour être sollicités en première intention afin de signifier à un petit conseiler municipal :

— Tu n’es rien. Occupe-toi de tes fesses, pas de ce qui te regarde pas. Sinon, il va t’arriver des bricoles. De grosses, de sérieuses bricoles.

C’est d’autant plus sérieux que tout ce que je raconterai dans les lignes suivantes reste en-deçà de la réalité. Je ne peux ni entrer dans l’ensemble des détails qui m’ont été rapportés, ni citer les noms qui éclaireraient pourtant sur la vraie nature des activités de Topaze et de ses équipes. Néanmoins, le vrai message de ce livre n’en est pas moins illustré, dans la mesure où le choix de Blaise de « faire secouer » Averell trahit une évidence : la mafia est au cœur du système. Elle est un outil de pouvoir au même titre que la négociation, le charisme ou les réseaux d’influence. Fût-ce pour des conflits mineurs, elle s’insinue dans le fonctionnement quasi normal d’une pratique décadente de la politique.

Le jour dit, vers dix heures du matin, trois hommes se présentent à la mairie : le Gros, son associé François, et Bernard, leur homme de main. Le Gros est un habitué, personne ne pose de question. Sans barguigner, on le laisse monter avec ses amis. Le trio entre dans la double pièce réservée à l’élu, qui discutait avec sa secrétaire. En les voyant entrer, Averell blêmit instantanément. Il comprend ce qui se joue.

Pour autant, les sous-titres ne tardent pas. Le Gros le saisit par le col. Bernard bloque la porte et François intime à l’employée de ne pas bouger jusqu’à la fin de la « discussion ». Le Gros projette l’élu derrière son bureau. S’approche de lui et le saisit par la veste de costume. Le soulève de nouveau pour le plaquer dans son fauteuil. Puis il dégaine un 9 mm et braque Averell en silence.

L’élu, paniqué, risque quelques mots :

— C’est quoi, ce…

— Faut que t’arrêtes, le coupe le Gros.

— Que j’arrête quoi ?

— De t’amuser avec nous. On n’aime pas trop ça.

Par l’usage du « nous » et du « on », le voyou assume le lien consubstantiel qui l’unit à l’adjoint. L’un les rémunère en marchés publics et en informations confidentielles ; l’autre contribue à faire « bien voter » les cités et les quartiers chauds. S’attaquer à l’adjoint, c’est s’attaquer à eux et, pire, à la bonne santé de leurs petites affaires. Et, non, les caïds n’aiment pas trop ça.

Le cran de sûreté claque. Le Gros approche l’arme de la tempe de l’élu et gronde :

— Tu nous connais. Soit tu arrêtes de faire ton mariole, soit je te descends. Comme ça. Dans ton bureau. Rien à foutre. C’est clair ?

Le politique acquiesce. Se ratatine sur lui-même. Tremble. Parle de sa femme. De ses enfants. Supplie le Gros de ne pas lui faire du mal. Un coup de crosse en plein visage lui coupe la chique.

— Allez, au boulot, grogne le caïd.

— Mais quel bou…

— Montre-moi ta paperasse, connard. Toute ta paperasse. Me fais pas perdre de temps, putain ! Je veux tout voir. Tes dossiers. Les courriers, les courriels, ton agenda, tes contacts avec le maire. Tu vas me raconter tes petites manigances. Qui tu vois. Pour qui tu bosses. Balance-moi ce que je veux savoir. Balance, charlot ! T’es en train de jouer avec mes nerfs, et je supporte pas. T’as conscience qu’on va passer un p’tit moment ensemble, et que je suis pas de bonne humeur ?

Le « p’tit moment » se prolongera toute l’après-midi, agrémentée par un tombereau ininterrompu de questions, d’humiliations, de cris, d’insultes, de coups et de menaces. Peut-être, une fois écrits, les mots donnent-ils l’impression d’une saynète codifiée donc inoffensive. Certes, la scène est codifiée, mais elle est d’une violence physique et psychologique qu’il faut essayer de ressentir si l’on veut comprendre ce qui se trame à ce moment précis… et pour le reste de la vie d’Averell.

Solange, terrorisée, est gardée par François. À travers la porte coulissante vitrée qui donne sur le bureau de son patron, elle suit la scène et entend les éclats de voix. À plusieurs reprises, d’une voix minuscule que l’émotion rend presque inaudible, elle demande l’autorisation de quitter son poste de travail. En vain. Elle insiste néanmoins. Implore son gorille de la laisser partir. Ne récolte que cette réponse doucement soufflée au visage, nez contre nez :

— Ferme-la. J’veux plus t’entendre.

François non plus n’est pas un tendre.

Pendant plusieurs heures, le Gros et Bernard regardent les courriers échangés par l’élu avec le maire et l’ensemble des adjoints. Auscultent son téléphone. Cognent. Posent des questions. Tempêtent. Multiplient violences et intimidations. En réalité, ils cherchent moins des informations qu’à marquer Averell. Définitivement. Ils veulent montrer leur puissance. Afficher leur impunité. Lui signifier dans sa chair comme dans son esprit combien mieux vaut pour lui faire profil bas, donc à la fois se soumettre devant Blaise et ne pas porter plainte contre ses tortionnaires.

Et le message passe. Forcément. Et férocement. Sans que personne n’entende parler de cette affaire. Devrais-je dire de cette non-affaire ?

 

52.

Après « l’intervention » du Gros, Averell rentre dans les clous. Plus jamais il ne cherchera de noises à Blaise. Plus jamais il ne contestera sa ligne politique ni n’espèrera être le chouchou de Topaze. Il comprend qu’il s’est brûlé les ailes en s’attaquant à un trop gros poisson. N’en a cure puisque les infos utiles sur son adjoint, il les a. Et si Averell est homme à se faire choper par le Gros, il n’est pas de taille à lui faire de l’ombre. De nouvelles manigances peuvent entrer en lice.

Évidemment, Averell, épouvanté, ne porte pas plainte sur-le-champ. Le coup fomenté par Blaise semble donc parfait, jusqu’au jour où les sbires de Blaise traversent une mauvaise passe. Le Gros est incarcéré depuis quelques mois quand, à son tour, François est à nouveau confiné derrière les barreaux. C’est la raison pour laquelle le Gros m’affranchit. En clair, ses deux principaux agresseurs étant encellulés, Averell aurait des raisons de moins craindre des représailles s’il décide, enfin, d’aller trouver la police. Malgré cela, l’élu ne porte toujours pas plainte. J’obtiens donc la mise en liberté espérée du Gros.

La morale de cette affaire est que, sans doute, elle n’a jamais existé. Et pourquoi pas ? J’ai tellement vu d’erreurs judiciaires, tellement vu d’innocents partir en prison et de zozos mouillés jusqu’au cou s’en sortir comme des oies blanches ; je me bats avec tant de conviction trois cents cinquante jours par an pour défendre le doute que laisser planer une incertitude, faute de preuve formelle, est un réflexe très ancré chez moi. Or, je n’étais pas là lorsque l’ordre a été donné au Gros. Cet ordre a-t-il donc été donné ? Par qui et dans quels termes ? Mystère ! Il ne faut jamais mépriser le bénéfice du doute, c’est ce qui nous rend plus humain.

De même, dirai-je que tous les élus ou dignitaires importants de notre pays recourent à des services de caïd similaires aux exactions des gros bras ici évoquées ? Ce serait absurde de le penser, car je ne peux connaître l’ensemble d’un personnel aussi vaste. Je témoigne simplement de ce que j’ai constaté et de ce que je continue de constater régulièrement.

Voici donc l’épilogue objectif de l’histoire.

Le Gros est tombé sous les balles en 2008. Bernard a subi le même sort en 2014. Il n’y a pas que la loi des juges qui soit dure et parfois mal appliquée ; obéissant à d’autres codes, la loi du milieu est souvent beaucoup plus sévère et toujours sans appel.

Conscient de ce qui se profilait, François a changé de vie quelques années après avoir participé à la séquestration d’Averell. Il a réussi à couper les ponts avec le banditisme et tâche de travailler honnêtement.

Blaise a continué sa carrière politique. La secrétaire d’Averell a obtenu une mutation dans un service très différent, où faibles sont les risques de connaître à nouveau semblable « mésaventure ». Depuis son coup de semonce, Averell a arrêté la politique et, selon les rumeurs, s’est reconverti au moins un moment dans des missions sociales sises au cœur des quartiers dits « difficiles ». Il semble que, davantage que l’émotion, la déception l’ait emporté dans son raisonnement. En effet, Averell avait lui aussi des relations plus que sulfureuses, qu’il affichait de manière a minima naïve. Il imaginait que cela suffirait à le protéger. Raté : ses protecteurs n’avaient pas rang de caïd. C’étaient des petits voyous. Redoutables, mais petits. Devant le Gros et ses séides, les amis d’Averell devaient s’incliner. Question de vie ou de mort. Ayant découvert que ses relations dans les milieux interlopes ne lui serviraient jamais de laissez-passer dans le monde politique où il ambitionnait de viser plus haut, Averell a imité ses anciens amis voyous et a disparu des écrans radars.

Il a eu raison. S’il avait porté plainte ou s’il s’était rebellé, il ne serait plus de ce monde.

Topaze, qui a suivi toute l’histoire du haut de son promontoire, s’est retiré de la vie politique. Bien sûr, si vous l’interrogez, il n’aura jamais eu vent de cette histoire ni d’aucune autre tentative d’intimidation. Comme une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, un élu qui fait séquestrer un autre, qui plus est du même bord que lui, ça n’existe pas. Ça n’a jamais existé. En tout cas pas en France, voyons. Sinon, Topaze et nous en aurions entendu parler, n’est-ce pas ?

A lire aussi : La France des caïds : l’homme qui fabriquait du cash

Gérald Pandelon publie "La France des caïds" aux éditions Max Milo

Lien vers la boutique : ICI et ICI

A lire aussi : Gérald Pandelon : "Avec la crise sanitaire, le risque d’augmentation de la délinquance de droit commun est réel ; les gros voyous, en revanche, s’y sont préparés et ont des réserves"

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lasenorita
- 30/08/2020 - 18:45
''Le travail d'un avocat n'est pas moral''...
C'est la raison pour laquelle :il ne faut pas mettre un avocat comme ministre de la Justice!..Les avocats sont trop indulgents envers les caïds puisque leur métier consiste (et ils sont payés pour cela) à affirmer qu'un meurtrier est innocent quand ils n'ont pas de ''preuves'' réelles!Le récit de Gérald Pandela est peut-être une fiction mais il n'est pas loin de la réalité:cela aurait pu se passer au temps de Gaston Defferre :à cette époque les ''caIds'' corses ''faisaient la loi''dans la cité phocéenne tels les frères Guérini, qui avaient eu la bonne idée d'entrer dans la résistance française aux côtés de Gaston Defferre! Autrefois:les ''caïds'' avaient le ''sens de l'honneur'':ils ne s'attaquaient pas aux Français'' pauvres,ils ne cherchaient qu'à s'enrichir en attaquant des banques..Actuellement,les ''caïds'' musulmans TUENT une pauvre vieille en lui arrachant son sac ou ils font des home-jacking en torturant des Français pour quelques euros..eux,ces lâches(musulmans) agissent ''armés'' et s'attaquent à des personnes ''sans armes'' sachant qu'ils ne risquent rien puisque depuis Mitterrand la peine de mort a été abolie et qu'''On'' ne les renverra pas dans ''leur'' pays!