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Football

Ligue des Champions : malgré la force de caractère affichée, les Lyonnais s’inclinent en raison de leurs limites athlétiques

Publié le 20 août 2020
Sans passer à côté de leur match, les joueurs de Rudi Garcia s'inclinent à Lisbonne contre le Bayern de Munich. Malgré un beau millésime 2020, l'OL ne sera pas européen la saison prochaine.
Olivier Rodriguez
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Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis.  
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Sans passer à côté de leur match, les joueurs de Rudi Garcia s'inclinent à Lisbonne contre le Bayern de Munich. Malgré un beau millésime 2020, l'OL ne sera pas européen la saison prochaine.

C'est fini. Pour les Lyonnais le beau voyage s'est achevé. Dommage pour eux et dommage pour nous. Parce qu'à force de les voir accumuler les exploits, on s'était quand même mis à croire à ce rêve un peu fou d'une finale 100% Française. Mais hier soir le train qui était censé nous déposer au firmament s'est arrêté au terminus des illusions. Et cette parenthèse merveilleuse s'est refermée douloureusement sur un club, des joueurs et des supporters qui auraient tous signés pour un tour supplémentaire sur le plus beau des manèges. Tout ce petit monde retrouve désormais la frustration enfantine qui consiste à regarder tourner le carrousel sans pouvoir monter dessus. Parce qu'il faut s'y faire, les confettis sont retombés. Après le temps de cerises, voici le temps des noyaux. C'est-à-dire à un quotidien un peu morne car l'Olympique Lyonnais, triste septième du dernier exercice (avorté) de notre championnat, ne disputera pas de Coupe d'Europe la saison prochaine. Quand un cador du standing de Lyon présente un tel bilan final, les conséquences sont connues. La chose s'accompagne toujours de son cortège de douleurs, de critiques sévères, de violences et de coupes budgétaires. D'un seul coup, on vous reprend les bravos, l'indulgence et le soutien qu'avaient autorisé les succès les plus récents. Et de la gestion du quotidien jusqu'à la préparation de la saison prochaine, tout se complique. Mais revenons au match.

D'habitude, tout ce que l'on a avant une rencontre, ce sont les idées qu'on s'en fait. Ensuite, le couple infernal que forment la réalité et le hasard se chargent de tordre le cou à tout ce qu'on avait imaginé. Pas cette fois. On craignait la toute-puissance du Bayern, et on avait raison. On craignait une victoire logique des Allemands. Et là aussi on avait raison. Pourtant, il est évident qu'il y a de quoi nourrir quelques regrets. Pourquoi ? Parce que le début de match avait été particulièrement prometteur et qu'il est certain que les Gones comme leurs supporters repenseront encore longtemps aux deux occasions nettes gâchées par Depay à la 4ème minute et par Toko-Ekambi à la 16ème. Une frappe à coté dans un face-à-face pour l'attaquant Batave... une autre sur le poteau gauche de Manuel Neuer pour l'attaquant Camerounais... La Coupe d'Europe, le Bayern, le poteau, vous suivez mon regard ? Depuis 76, on connait la rengaine... Tout ça pour vous dire qu'on a eu droit au hors-d'œuvre quand il nous aurait fallu un chef-d'œuvre.

La suite, c'est la terrible et implacable efficacité du jeu, j'allais dire de l'industrie, Allemande. Et le reste, c'est un Gnabry qui nous montre que la jeunesse est un risque à courir (surtout à cette vitesse) et qui plante un doublé qui pèse lourd au final. D'abord sur une frappe superbe à la 18ème (on a beau dire, c'est beau un ballon dirigé), puis en concluant une action à la manière d'un vieux renard des surfaces (33è), façon Gerd Müller (que ceux qui sont nés après les années 90 auront bien du mal à identifier). Pourtant, les Allemands, spécialistes des attaques au sol, il y a longtemps qu'on le savait... 

Évidemment, après un début de scénario pareil, la suite est souvent compliquée. Et elle l'a été. Mais en dépit des occasions vendangées, en dépit du score final, nous sommes forcés de reconnaître que les Lyonnais ont eu le courage de tout essayer et de se battre jusqu'au bout. Comme des chiffonniers. Avec leurs armes, c'est-à-dire avec leur état d'esprit irréprochable et leur jeunesse mais aussi avec des moyens inférieurs à ceux de l'adversaire. En parlant de jeunesse, il faut louer les prestations d'Aouar (la confirmation) et de Caqueret (la révélation) car tous deux ont été pris plus souvent que les autres en flagrant délit de talent. Mais après avoir montré une vraie force de caractère dans l'entame de la rencontre, ce sont les Lyonnais dans leur ensemble qui ont semblé toucher peu à peu leurs limites physiques. Pour le dire autrement, plus leurs jambes étaient lourdes, moins ils faisaient le poids. Face à un adversaire présentant un tel pédigrée, cela ne pardonne pas. L'efficacité d'Alaba, la force défensive de Goretska, le jeu ultra-complet de Kimmich, la vélocité de Davies et le but habituel de Lewandowski (88è) s'occupèrent alors de ficeler la rencontre. À propos de Lewandowski, deux ou trois choses méritent d'être soulignées : d'abord ses 55 buts marqués cette saison, ensuite ses 15 buts inscrits en Ligue des Champions (en 9 matchs) sur l'exercice en cours et enfin la panoplie complète d'un attaquant aussi bon de la tête que des deux pieds. Nous parlons donc d'un joueur protée dont les statistiques invraisemblables parlent d'elles-mêmes. Elles permettent désormais à l'attaquant Polonais de poser son rond de serviette à la table des plus grands. Posséder un caïd pareil au sein de son effectif assure certainement des nuits de huit heures au plus nerveux des managers. En agrandissant un peu la focale on se dit que malgré tout, la marche semblait un peu trop haute pour les Lyonnais. Car s'il a semblé un peu moins bien athlétiquement et s'il s'est encore montré coupable d'approximations défensives, ce Bayern n'a finalement pas eu besoin de trop forcer son talent pour assumer sa position de grand favori et se qualifier pour la finale. 

Une finale, comme expliqué en préambule, que les Lyonnais regarderont depuis leurs canapés, comme toute la prochaine saison Européenne puisqu'elle se disputera sans eux...  Une première depuis 24 ans... Une première qui coûte cher et qui obligera certainement le Président Aulas à dégraisser son effectif. Côté Lyonnais, si certaines têtes ne tomberont pas, on peut parier que d'autres changeront. Mais c'est une autre histoire.

Sur ces considérations, il nous faut pour conclure évoquer la finale. Et quelle finale ! PSG / Bayern : le cantique des cantiques ! Une affiche de rêve délicieusement contrastée et tellement belle qu'elle donnerait presque l'envie de relire les évangiles en latin ! D'un côté, un aristocrate de haute lignée, de l'autre, un nouveau riche. La rigueur et l'expérience Germanique contre des surdoués qui multiplient les vocations et forcent les conversions (c'est si rare). C'est tellement beau que ça ressemble au bonheur. Attention, nous ne parlons pas ici de joie, mais de bonheur.  Le bonheur, tout le monde en parle mais personne ne sait vraiment ce que c'est et il faut vraiment que ça vous tombe dessus pour comprendre. Chic, ça peut nous tomber dessus dimanche soir. Un dimanche soir comme une grand-messe pour tous les supporters comme pour les dirigeants du club Parisien... Avec une certitude, ce soir-là, il vaudra mieux être malade et devant la télé qu'en pleine santé et partout ailleurs. Car au-delà de légitimer des investissements colossaux et la politique d'un État, il s'agira surtout de combler les joueurs, les supporters et d'installer le club de la capitale sur le toit de l'Europe. Rien que ça. Ce rêve, le PSG ne l'a jamais approché d'aussi près. Il est là, à portée de mains... Si les années précédentes certains matchs nous étaient sortis par les yeux, celui-là est déjà sur toutes les lèvres. Ça change. Avec beaucoup de travail collectif, l'addition de grands talents individuels et avec un peu de chance, il se pourrait bien qu'il finisse dans nos cœurs. Alors vivement dimanche prochain, pour que transportés par la liesse, on entende les anges chanter. 

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