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© FRED TANNEAU / AFP
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International

Coronavirus : Pourquoi le vaccin devra être équitablement réparti sur la planète, et pourquoi cela sera difficile

Publié le 14 avril 2020
Le développement de vaccins potentiels pour le Covid-19 progressant rapidement, la question de sa répartition dans le monde apparait. Mais comme pour les masques ou autres respirateurs, la guerre sera rude.
Stéphane Gayet
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Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier. 
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Hélène Lavoix
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Hélène Lavoix est spécialiste en relations internationales et en prospectives stratégiques, professeure à Sciences Po et directrice de The Red team Analysis society   
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Le développement de vaccins potentiels pour le Covid-19 progressant rapidement, la question de sa répartition dans le monde apparait. Mais comme pour les masques ou autres respirateurs, la guerre sera rude.

Atlantico : Comment s'organise la répartition d'un vaccin pour un virus touchant le monde entier ? Est-ce une première ?

Stéphane Gayet : Plusieurs estimations ont été effectuées quant aux conséquences sanitaires de la pandémie CoVid-2. Les plus prudentes suggèrent que, en se fondant sur les tendances actuelles et en l'absence d'intervention énergique de santé publique à l'échelle mondiale, il est probable qu’au moins la moitié de l’humanité contracte ce virus, et qu’entre 0,5 et 1 % des personnes infectées en meurent ; ce taux de létalité prend en compte (dénominateur) tous les individus effectivement touchés par l'infection CoVid-19, y compris ceux qui ne font qu'une forme plutôt bénigne (cette précision est nécessaire eu égard au flou des taux de létalité avec la CoVid-19, flou lié à l’impossibilité de connaître réellement le dénominateur).

Quand un vaccin – déjà disponible ou seulement en préparation – concerne le monde entier et de façon prioritaire, il s'agit d'un projet d'une grande complexité. Les difficultés ne sont pas uniquement financières, loin de là. On s'est déjà confronté à toutes ces difficultés avec le vaccin contre la rougeole ; c'est elle aussi – comme la CoVid-19 - une maladie virale liée à un virus à ARN enveloppé, transmis par voie respiratoire ; la rougeole est beaucoup plus contagieuse que la CoVid-19, mais sa gravité est nettement inférieure (du moins chez l’enfant). Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait prévu de l’éradiquer grâce à un plan mondial de vaccination, ce plan d'éradication est un échec ; or, ce vaccin antirougeoleux est un vaccin très performant (vaccin répliquant n’ayant pas besoin d’adjuvants de l’immunisation et ne nécessitant que peu d’injections).

Sur le plan de l’échéance, alors que d’aucuns s’étaient hasardés à espérer un vaccin anti-SARS-CoV-2 pour la fin de l’année 2020, il existe à ce jour une unanimité pour dire qu’il ne pourra pas être disponible avant l’automne 2021, au plus tôt.

Idéalement, le jour où un vaccin sera finalisé et approuvé, il faudrait qu’un accord mondial soit conclu, afin que ce vaccin devienne un bien public gratuit et accessible à tous ceux qui en auront besoin. Cela reste hélas encore un vœu pieux. Si l’on prend l’exemple de la lèpre, on peut apercevoir les obstacles à la mise à disposition gratuite d’une thérapeutique à l’échelle mondiale : la lèpre est une maladie infectieuse chronique, tout à fait curable grâce à un traitement antibiotique prolongé ; or, l’OMS met à disposition gratuitement ce traitement aux pays qui en font la demande ; et malgré cette gratuité, il existe encore de très nombreux lépreux qui demeurent aujourd’hui sans traitement et qui sont de surcroît ostracisés en dépit du caractère très peu contagieux de cette maladie (a fortiori quand elle est traitée).

On le voit, les difficultés ne manquent pas. Cette pandémie – quand finira-t-elle, si elle finit un jour ? – a bien commencé à ébranler l’économie mondiale et cela va évidemment se poursuivre, d’une dure façon. Les pays à haut niveau de vie paient chèrement cette crise sanitaire et économique : le jour où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) va leur demander de financer la mise à disposition gratuite du vaccin anti-CoVid-19 pour la population mondiale, quelle sera leur réaction ?

Cette pandémie a pris naissance en Chine qui l’a très mal gérée à son début : elle s’est menti à elle-même, elle a menti au monde entier et à l’OMS, elle n’a pas fait ce qu’il fallait pour l’endiguer à son tout début ; alors qu’il aurait probablement été possible de la contrôler en intervenant très tôt et énergiquement. La conférence de Bill Gates en mars 2015 est, avec le recul, exceptionnelle : il expliquait en huit minutes trente, pourquoi le monde n’était pas prêt à faire face à la prochaine pandémie grave d’infection virale respiratoire (il y a exactement cinq ans de cela).

Pour en revenir à la responsabilité chinoise dans cette épidémie mondiale, la Chine va-t-elle reconnaître son manquement et accepter de financer, à hauteur de sa responsabilité, la mise à disposition gratuite du vaccin pour le monde entier ? Il n’y a rien de moins sûr.

L’expérience nous a montré à maintes reprises que les grands laboratoires pharmaceutiques étaient incapables de quitter leur logique inconditionnelle de profit maximal. Tout doit être le plus rentable possible, y compris les actions habillées de philanthropie. Du reste, leur intérêt dans cette affaire ne réside pas tant dans la préparation d’un vaccin, que dans la mise au point d’un traitement curatif qui devrait être bien plus rentable (tant qu’il ne guérit pas trop vite et définitivement). Ils pourraient même faire d’énormes profits avec des traitements curatifs, s’ils arrivaient à obtenir des droits exclusifs pour les produire et contrôler leur prix (mais pas dans tous les pays, bien sûr).

Pour revenir au futur vaccin, le laboratoire de biotechnologie allemand CUREVAC, aurait été contacté par le président des États-Unis d’Amérique dans le but d’obtenir à prix d’or des droits exclusifs sur un vaccin contre le SARS-CoV-2. Cependant, l’Union européenne (UE) ayant eu vent de l’affaire, aurait réagi en apportant un soutien financier conséquent à CUREVAC, qui dès lors se serait engagé à produire le vaccin pour le monde entier sous le contrôle de l’UE. Comme on le voit, ce dossier est déjà tendu. Il est essentiel qu’un vaccin anti CoVid-19 ne soit soumis à aucune licence ni aucun monopole exclusif, qui bloqueraient son accessibilité universelle.

Heureusement, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) s’est rapidement activée pour contribuer à l’accélération des efforts mondiaux en faveur du développement d’un vaccin. Cet organisme est chargé de coordonner les investissements publics. La CEPI a demandé deux milliards de dollars pour le développement du vaccin, somme qui doit être financée sans délai par le Groupe de 19 pays plus l'Union européenne, dont les ministres, les chefs des banques centrales et les chefs d'État se réunissent régulièrement (G 20). Mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le G 20 devraient insister sur le fait qu’un accès gratuit et universel est une condition préalable qui paraît indispensable à tout financement d’un vaccin contre la CoVid-19. Dès maintenant, il faudrait préparer un plan global de fabrication et de distribution mondiale du futur vaccin.

Mais malgré cela, rien n’a encore été imposé pour que le prix d’un vaccin protégeant contre la CoVid-19 soit équitable, et que toute la population mondiale puisse y avoir accès : c’est une faille importante qui devra être comblée au plus vite.

 

Hélène Lavoix :  Je travaille actuellement à identifier l’architecture des scénarios pour le court et moyen terme du en ce qui concerne le Covid-19, ou plus exactement la façon dont nos sociétés vont évoluer en faisant face au COVID-19. Sur les vaccinations, la première chose que je trouve c’est que tout le monde nous dit que nous aurons un vaccin dans 18 mois, au vu des documents que je lis, cela semble  assez improbable. Dans 18 mois, au mieux nous aurons découvert et testé un vaccin. Il y a eu des entretiens à la Maison Blanche avec desfabricants de vaccins notamment Sanofi, qui sont très prudents et qui disent que pour espérer avoir un vaccin homologué c’est il faudra attendre au moins dans un an et demi. En résumé, Il faut donc découvrir le vaccin et faire tous les tests, puis ensuite le fabriquer. Il me semble improbable qu’il soit fabriqué avant, au mieux, l’hiver 2021.  

De plus, il va falloir une quantité énorme de doses de ce vaccin. Comme on ne connait pas le vaccin on ne se sait pas combien de doses seront nécessaires pour immuniser la population. S’il faut immuniser six milliards six cent millions de personnes sur une seule dose, cela fait énormément de vaccins qu’il faut pouvoir fabriquer ! S'il faut plus d'une dose par personne, c'est encore pire. L’étape d’après c’est la campagne de vaccination massive, ce qui prend également du temps. 

Il me semble qu’à la vue des problématiques de masques, cela va créer des tensions internationales. Compte tenu des enjeux de survie des populations, on peut supposer que ces tensions ne vont faire qu’empirer. Idéalement nous trouverons d’autres choses pour mieux gérer la pandémie et à ce moment-là les tensions seront moindres. Mais la question de savoir qui va avoir les doses, en quelle quantité et quand, va générer des tensions. Je ne vois pas comment cela pourrait être autrement d’autant que c’est la première fois que nous faisons face à une telle question. Nous avons des atouts comme les progrès médicaux, que nous n’avions pas auparavant, ou possiblement les avancées de l'intelligence artificielle et de la robotique qui peuvent nous donner de l’espoir. Les gens qui ont fait face à la peste noire au Moyen-Âge n’avaient pas tous les moyens que l’on a. D’un autre côté nous avons la mondialisation, les avions, tous ces éléments des choses qui ont permis l’accélération de la pandémie. Les enjeux sont énormes et graves. 

Une des solutions étudiées pour envisager la sortie de crise est celle de l’immunité collective. C’est à dire une réponse immunitaire collective des gens qui ont déjà eu le Covid-19. Je ne suis pas médecin mais, d'après les articles scientifiques que j'ai pu trouver, cela m’a l’air d’être moins certain que ce que l’on veut bien nous le dire. Cette immunité, où les gens ont environ un an d’immunisation est inspirée du modèle de la grippe ou du rhume, mais n'est pas prouvé et certain pour le SARS-CoV-2 (le virus qui entraine le COVID-19). Même l’Impérial College COVID-19 Response Team, pour son étude épidémiologique et ses scénarios d'intervention non pharmaceutiques (mitigation, confinement etc.) a utilisé pour l'immunité une hypothèse qui est celle de la grippe, laquelle n'est pas déclenchée par un coronavirus. La question du vaccin va donc devenir d’autant plus centrale et sensible. 

En attendant lorsque le ministre de la Santé déclare que 60% de la population devra porter un masque je ne peux qu’approuver, je pense même que l’on devrait monter à 100%, compte tenu de toutes les incertitudes auxquelles nous devont faire face.

Pour en revenir à votre question, je ne suis pas certaine qu'il y ait une organisation globale et harmonieuse idéale prévue et qui puisse ensuite être mise en oeuvre pour le processus de découverte puis production et enfin utilisation d'un futur vaccin. 

 

Quels sont les paramètres qui sont pris en compte pour cette répartition, cela va-t-il au-delà de la simple domination de certains États ? 

 

Stéphane Gayet : Actuellement, plusieurs programmes de recherche en direction d’un vaccin contre la CoVid-19 sont déjà en cours, et il est impossible de dire aujourd’hui de quoi sera fait le futur vaccin et par quel procédé il le sera. Car il existe plusieurs options et il y a déjà une forme de concurrence entre laboratoires de recherche biotechnologique.

Il pourra s’agir d’un vaccin répliquant (comme ceux contre la rougeole, la rubéole et les oreillons) ou non. Ce n’est pas un détail, car ce paramètre aura une incidence sur le coût de production du vaccin, sur les contre-indications à la vaccination et sur le nombre d’injections nécessaires pour obtenir une immunisation suffisante.

Pour revenir à la répartition mondiale des doses vaccinales et à leur financement, il est de bon ton de dire aujourd’hui que plus rien ne sera comme avant, lorsque cette pandémie sera franchie. Ce n’est pas sûr.

Une chose est certaine : on a vu qu’il était en pratique impossible de s’opposer à la diffusion internationale du virus et dès lors, il apparaît évident que toute nouvelle épidémie à virus respiratoire quelque part dans le monde devra être considérée comme une menace pour l’ensemble des pays du monde. Ce qui obligera plus ou moins à une pseudo solidarité sur ce point entre les grandes puissances, dans l’intérêt de tous les pays sans exception.

Etant donné que ce vaccin sera destiné à un très large usage au sein des différents pays du monde, son innocuité sera tout particulièrement étudiée, ce qui ralentira sa mise au point.

Dans la mesure où les enfants et les adolescents s’avèrent être de gros excréteurs et donc disséminateurs du SARS-CoV-2, ils devront bien entendu être ciblés par la campagne mondiale de vaccination, et bien qu’ils ne fassent en général que des formes plutôt bénignes.

Quel sera le taux de couverture vaccinale mondiale cible pour permettre le contrôle de la pandémie ? Sans doute de l’ordre d’au moins 80 %, ce qui n’est pas une mince affaire.

On le voit, il reste beaucoup d’inconnues dans ce programme ambitieux, qui agite les autorités de santé publique. Certains chefs d’état ont du reste adressé des propositions à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour cette vaccination qui est encore à venir, comme le président du Costa Rica.

 

Hélène Lavoix : Nous avons appris à faire de la coopération internationale ne serait-ce qu’avec les Nations Unies donc il y a une possibilité de collaboration qui serait l’idéal, mais les êtres humains n’étant pas sages, lorsqu’il y a une situation de stress, nous avons tendance à ne plus collaborer et plutôt à choisir une attitude de survie égoiste ou individualiste. Il faudrait trouver en terme stratégique des leviers qui poussent les acteurs à travailler ensemble plutôt qu’à  ne considérer d'abord que leur intérêt propre, qu'ils imposent ensuite en fonction de leur force our pouvoir. Les derniers mois ont tendance à nous montrer un retour à la primauté de l'’intérêt national, du « je pense d’abord à moi et à ma sécurité nationale » avant de penser aux autres pays. La Chine, par exemple, montre sa volonté d’augmenter son influence dans le cadre de la pandémie, en "aidant" les autres états, mais privilégiera très probablement ses intérêts d'abord. Ses gestes à l’international ne seront pas à son propre détriment. Les Etats-Unis ont montré, avec les masques notamment dernièrement, leur volonté de faire primer leur intérêt national, au niveau gouvernemental en utilisant le Defence Production Act. Les acteurs américains non gouvernementaux, de la même façon, n'hésitent pas à employer tous les moyens pour obtenir ce qu'ils veulent. 

L’OMS, pour le SARS en 2003 avait aussi été critiqué pour avoir arrêté les transports trop tôt. Ces critiques ont pu jouer dans les décisions relatives au COVID-19 - c'est une hypothèse, il faudra l'établir en faisant des recherches - et l'OMS a pris cette fois l’optique inverse, déconseillant l'application de restrictions aux voyages et commerce internationaux, alors que cette fois, notamment en ce qui concerne les voyage il aurait probablement mieux valu les arrêter. Si tout de suite nous avions arrêté tous les transports de voyageurs, et peut-être fortement surveillé les transports de marchandise il n’y aurait probablement pas de pandémie. Mais si nous l’avions fait on leur reprocherait d’avoir annihilé le commerce. C’est toute la difficulté des pandémies, il faut protéger la vie et les souffrances des citoyens, mais il y a aussi beaucoup d’autres intérêts qui s’expriment. Bill Gates a par exemple fait des déclarations sur le fait qu’il fallait augmenter l’utilisation des programmes de traçage des malades, alors que ces programmes sont développés notamment par Microsoft ! 

 

Quel sera le poids des instances internationales dans cette décision, alors que celles-ci ont eu beaucoup de difficultés à se mobiliser rapidement sur le sujet du coronavirus ? 

 

Stéphane Gayet : Le G20 représente 85 % du commerce mondial, les deux tiers de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut (somme des produits intérieurs bruts ou PIB de tous les pays du monde). L’OMS est donc essentiellement financée par les pays du G20 et ces deux organisations qui s’interpénètrent devraient être les instances décideuses du plan mondial de vaccination contre la CoVid-19. Elles devront cette fois réussir à s’affranchir de la main mise des trusts pharmaceutiques sur le marché mondial des médicaments. Comment y parviendront-elles ? Il y aura des acrobaties juridiques, sans doute.

Au-delà des grandes déclarations de bonnes intentions des uns et des autres, il faut quand même s’attendre à des conflits économiques et politiques pour le financement, l’organisation et le contrôle de ce plan mondial de vaccination. Ce ne sera sans doute pas simple du tout, malgré l’impératif sanitaire de parvenir au contrôle de cette redoutable pandémie. Ce qui nous attend après la crise sanitaire est donc très probablement un grand conflit politique et économique, conséquence de cette crise. L’année 2020 fera date dans l’histoire, mais puissions-nous au moins en sortir vainqueurs ?

 

Hélène Lavoix : La réponse à cette question est une inconnue. Elles peuvent réussir à reprendre la main, et, avec les Etats, contribuer à faire face au mieux à la pandémie. Elles peuvent également fortement souffrir, et même éventuellement disparaître ou pour le moins perdre une part très importante de leur pouvoir. 

Un des enjeux de cette pandémie est que les décideurs doivent prendre leurs décisions dans un flou de non-connaissance. Nous étions déjà dans une période tendue, de transition dans les relations internationales, notamment entre la Chine et les États-Unis, et le coronavirus rajoute plus de tensions qu’autre chose. Le fondement de la politique, que nous avions oublié et que le coronavirus nous rappelle, c’est que les autorités politiques quelque soit le régime, sont là pour protéger ceux qu’ils gouvernent et non ceux de la société d’à côté. Fondamentalement, le coronavirus nous remet face à la raison d’être des systèmes politiques qui est que le chef est là pour protéger sa tribu, pour prendre une image simple. La protection de tout ce qui est matériel, la paix intérieure, et la protection contre les ennemis extérieurs, ce sont les missions fondamentales qu'une autorité politique se doit de remplir.Nous avions complètement oublié ce qu’était vraiment la politique. Tout cela était devenu de la politique politicienne. Nous avons été rebasculés dans le monde réel de la politique. Cela demande un changement de regard sur la vie et nous ne sommes pas préparés à le faire. Toutes les jeunes générations occidentales ne savent pas ce qu’est la guerre. 

La pandémie peut aussi, du fait de notre lutte pour la survie, nous amener à changer de forme de systèmes politiques, nous pourrions quitter le système de l'Etat moderne Westphalien. Cela impliquerait alors un changement du type de système international. 

Devant tant d'incertitudes et compte tenu du contexte très tendu internationalement, nous avons tout intérêt à produire nos propres vaccins, nos propres masques… Je ne pense pas qu’il soit possible de faire autrement. Car si un pouvoir politique dit à sa population, nous avons besoin de X millions de vaccins, mais comme nous sommes coopératifs avec les autres sociétés nous allons en avoir pour l’instant X moins 10 millions, les personnes qui vont risquer leur vie ne vont pas l'accepter. L’autorité politique doit donc protéger les gens qui l’ont choisie, je ne vois pas comment les décisions prises pourraient être différentes, sauf à avoir une nation prête à se sacrifier pour son voisin en admettant que les autres soient prêtes à faire la même chose. Je ne prends pas en compte ici l'idée d'une autorité prédatrice qui sacrifierait sa population pour son intérêt propre. Compte tenu des impératifs de protection de chaque population, de l'incertitude, de la tension et des multiples incertitude, comme nous n’avons pas d’autorités internationales contraignantes qui puissent imposer de quelconques actions - et que de telles autorités internationales trop puissantes ne sont pas souhaitables - donc la logique voudrait que chacun se focalise sur la protection accrue de son peuple. Plus la crise pandémique va durer, plus l’on va détruire une partie du système dans lequel nous avons vécu jusqu'à présent, et plus quelque chose de nouveau va voir le jour. Les relocalisations de certaines industries, les fabrications de masques par les particuliers, tout cela va influencer la société post-pandémie. Tout est en flux et en changement. 

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gerint
- 14/04/2020 - 20:30
Un vaccin dans 18 mois? Peut-être
Mais aura-t-il la moindre utilité si tard? Il risque d'être abandonné avant d'être né. Et puis ce virus, on est en mesure je crois d'en limiter beaucoup les dégâts par des traitements simples peu coûteux: antibiotiques peut-être en premier, hydroxychloroquine, zinc??. Il n'y a pas que Raoult qui dit cela, loin s'en faut. Un certain nombre de généralistes de terrain le disent.
Le gorille
- 14/04/2020 - 19:08
Un guerre ouverte entre Etats ?
Bien que l'on n'apprenne rien, car on bascule dans l'inconnu, une chose ressort : l'égoïsme d'un Etat supposé altruiste parce qu'occidental. La nouvelle avait auparavant glissé subrepticement, mais ici on n'en reparle, avec plus de poids. Ça jette un froid. Et puis un autre aussi, pas occidental lui, qui fait des siennes, avec des articles conséquents sur ce support à l'appui. Sans oublier des échos plutôt curieux sur l'aéroport de Shanghai, et la douane chinoise... Bref, plutôt que la guerre au corona, serait-on en guerre ouverte entre Etats ?