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Célébrations

Dernier Noël des années 2010 : et voilà ce qui a changé pour les familles françaises depuis 10 ans

Publié le 24 décembre 2019
Alors que les célébrations de Noël débutent avec le réveillon en ce mardi 24 décembre, les pratiques des Français ont-elles évolué en dix ans ? Les rapports avec les fêtes de fin d'année, au sein des familles et sur le plan de la consommation et des technologies, ont-ils changé ?
Bertrand Vergely est philosophe et théologien.Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).  
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Pascal Neveu est directeur de l'Institut Français de la Psychanalyse Active (IFPA) et secrétaire général du Conseil Supérieur de la Psychanalyse Active (CSDPA). Il est responsable national de la cellule de soutien psychologique au sein de l’Œuvre...
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Directeur général associé du groupe ASK’M / KER-MEUR. Expert en cyber sécurité. Conférencier sur les menaces émergentes, spécialisé dans la sensibilisation auprès des entreprises.
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Pascal Neveu
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Alors que les célébrations de Noël débutent avec le réveillon en ce mardi 24 décembre, les pratiques des Français ont-elles évolué en dix ans ? Les rapports avec les fêtes de fin d'année, au sein des familles et sur le plan de la consommation et des technologies, ont-ils changé ?

Atlantico.fr : Noël est une fête qu’un bon nombre de Français célèbrent. Les cadeaux sont bien souvent l’élément incontournable que l’on attend au pied du sapin de Noël. 

Une question se pose donc, depuis une décennie : les cadeaux ont-ils évolué de manière générale ? 

Pascal Neveu : La grande question est avant tout de savoir, tous les ans, si la magie de Noël va avoir lieu. Aussi tous les patients que je rencontre me parlent des préparatifs de Noël dès la mi octobre : où Noël aura lieu, avec qui, quels cadeaux acheter, quel budget, cadeaux uniquement pour les enfants… ?

Il y a celles et ceux qui organisent ces différents achats durant toute l’année, profitant des soldes, bons de réduction… et celles et ceux des derniers jours.

Même si l’on ne cesse depuis quasiment toujours dire que Noël reste une fête dispendieuse, force est de constater que le désir de passer un moment festif et joyeux, gourmand, apaisé, plaisant à travers les cadeaux notamment l’emporte.

Aussi le budget annuel ne varie quasiment pas, tout comme la quantité de cadeaux.

De même l’ambiance est toujours une alliance de contraintes, mais aussi de joies surtout autour des enfants, même s’il reste des sujets de conversations à éviter afin d’éviter des conflits, le verbe haut… notamment à cause de l’alcool.

Frédéric Mouffle : Aujourd'hui avec les markets place et les applications qui se développent, nous sommes beaucoup plus portés sur des appareils liés à la technologie comme des montres connectées par exemple. Les cadeaux dématérialisés se font aussi de plus en plus (places de concert, carte achat). 

Le développement des jeux vidéo et notamment ceux en ligne sont aussi une réalité. Beaucoup d’adolescents jouent à Fortnite et d'autres jeux en ligne. D’ailleurs, des prestations peuvent être ajoutées. Les prix varient (10, 15, 20 euros) en fonction de ce que la personne souhaite faire évoluer (son jeu, son personnage, ses facultés …).

Une chose est sûre, les cadeaux sont très accès sur les nouvelles technologies en 2019 car nous sommes de plus en plus technophiles.  

Il y a 15 ans, les personnes avaient des jeux de sociétés, des accessoires de divertissement. Aujourd'hui, elles préfèrent avoir des ordinateurs : des cadeaux qui ont du sens et qui sont utilisés au quotidien. D'ailleurs, avec ces appareils sont ajoutés des accessoires tels que les AirPods ... 

A noter que les personnes de plus de 60 ans aiment aussi la technologie. Ils ont un grand intérêt à recevoir des présents comme des ordinateurs, des téléphones, des tablettes ou encore, des montres connectées. 

Fatalement, la technologie est plus présente en 2019 qu’en 2009, y compris dans le choix des cadeaux de Noël.

Bertrand Vergely : Trois choses frappent à propos des cadeaux. 

La première réside dans le recyclage. Beaucoup de jouets ne sont pas achetés. Ils sont fabriqués à partir de jouets anciens qui ont été retapés. On est rentré dans l’ère du jouet écologique que l’on recycle au lieu de le jeter. Même le jour de Noël, on s’efforce de sauver la planète. 

Par ailleurs, quand le jouet n’est pas recyclé à partir de jouets anciens, il est revendu. Signe révélateur. Le grand problème des cadeaux de Noël n’est pas celui de savoir quels sont les cadeaux qui plaisent, mais que faire de deux  qui ne plaisent pas. À cet égard, un vaste marché s’est ouvert en commençant le lendemain de Noël. Si l’on est écologique on est aussi hédoniste et, en ce qui concerne les cadeaux, pas question de rester avec un cadeau qui ne plaît pas.

Enfin, d’une façon générale, les cadeaux et  Noël sont devenus un vaste business qui n’est plus simplement organisé par les fabricants de jouets mais par les consommateurs eux-mêmes. Les cadeaux et les jouets se sont en quelque sorte ubérisés.  

Que pouvez-vous nous dire sur le marché commercial autour de Noël ? Les nouvelles technologies ont pris de l’ampleur dans notre quotidien, est-ce aussi le cas dans les cadeaux que l’on offre à Noel ? 

Pascal Neveu : Je ne suis pas un expert concernant l’économie de Noël, néanmoins tous les ans des études sortent, notamment la dernière commandée auprès du CSA.

J’ai été surpris de découvrir que les cadeaux high-tech (smartphones, tablettes, ordinateurs, consoles, télévisions…) ne représentent en tout qu’environ 20% des achats, alors que l’argent et les vêtements sont en tête, à quasi égalité (40% environ en tout), tout comme les cadeaux culturels (19%), 53% des Français annonçant offrir des livres.

Que désirent avoir les enfants, les adolescents, les adultes et les seniors à Noël en dehors des cadeaux liés aux nouvelles technologies ? 

Pascal Neveu : Les petits s’inscrivent dans l’esprit du Père Noël. Leur évolution et leur développement psychique sont tels qu’ils vivent une parenthèse magique, plongeant dans un univers peuplé d’elfes, de rennes, de neige… Il suffit de voir la quantité de films de Noël en cette période où le principe de plaisir et la joie l’emportent face à la réalité de la vie que nous connaissons, nous, adultes. Tout ce qui est jeux d’éveil et jeux drôles sont alors privilégiés. Jeux de construction, de contact sensoriel (toucher, audition, vision…) sont même parfois les casse-tête et casse-oreille des adultes. Et il y a bien évidemment pour les tout petits les peluches, les poupées…

Les jeunes et adolescents ont une préférence pour les nouvelles technologies (ordinateurs, smartphones, tablettes, jeux vidéo), mais sans oublier des cadeaux culturels (livres, CD/DVD) et quelques jeux de société qui ne sont pas si démodés que cela, ou bien encore un billet de concert de leur chanteur/se préféré(e).

Sans dire que les adultes sont les grands oubliés, leurs choix portent davantage vers des cadeaux pratiques, plus « matériels », vêtements, bijoux ou fonctionnels pour la maison…

Quant aux séniors, sachant qu’ils sont 10% à passer ces fêtes seuls, ils souhaitent avant tout une réunion de famille et assister à la joie de famille.  Quand on les interroge, le cadeau importe peu pour eux. C’est un gage de maturité, d’un historique de nombreux Noëls et vouloir vivre un moment apaisé. Même s’ils ne sont pas oubliés, les enfants étant reconnaissants et ne sachant combien d’années ils participeront à ces fêtes. Mais pour eux la valeur symbolique est la plus importante.

Frédéric Mouffle : Les  parents font beaucoup de résistance a la technologie, les jeux de sociétés restent donc encore d’actualité (UNO). A écouter les enfants, ils achèteraient des cadeaux technologiques mais les enfants aiment beaucoup les livres (Manga), le UNO, les maillots de foot... Les cadeaux traditionnels perdurent encore.  

Pour les adolescents, ils préfèrent recevoir de l’argent. Ce qui est plus simple car il est difficile de savoir ce qu’ils aiment ou pas. Un petit billet, cela passe très bien. 

Pour les seniors, il y a une différence entre les hommes et les femmes. En effet, les hommes peuvent se satisfaire d’une bouteille de vin ou d'accessoires de sport car ils pratiquent une activité sportive. Pour une femme, le cadeau sera un pull, une écharpe ou alors, un soin lié au bien-être (massage). 

Combien dépense un Français en moyenne lors des achats des cadeaux de Noël ? 

Pascal Neveu : L’enquête du 26 novembre fait ressortir que les Français dépenseront cette année 355 euros, contre 340 euros en 2018. Malgré les grèves et un certain contexte économique jugé difficile, le sondage réalisé fait apparaître que près de 60% de Français prévoient d'acheter cette année entre sept et neuf cadeaux à déposer au pied du sapin !

Le budget global des fêtes (comprenant cadeaux, repas, habits, sapin, déplacement…) devrait tourner autour de 549 euros (22 euros de moins que l’an dernier), alors que le budget cadeaux augmente.

Il s’agit avant tout pour 1/3 des Français de vouloir gâter leurs proches.

Il existe une véritable disparité du budget dépensé sur le territoire, la Région Paris –Ile de France consacrant plus de 1000 euros.

352€ en moyenne sera dépensé pour les moins de 35 ans contre 701€ pour les 50 ans et plus.

Frédéric Mouffle : Un français dépense en moyenne, entre 150 et 250 euros pour les cadeaux de Noël, selon moi.

Les familles ont, elles, aussi évolué. Alors que le poids de la religion a diminué et que les familles recomposées augmentent, comment s’organise à ce jour, cette célébration ? Comment fête t-on Noël actuellement ?

Bertrand Vergely : Ce que nous vivons est étonnant. D’un côté, officiellement tout a été fait pour que Noël disparaisse. Témoin, le fait de ne plus appeler Noël Noël mais fête de fin d’année. Témoin le fait d’avoir ramené Noël à une fête familiale en la réduisant  réduit à une réunion familiale et  à un repas gastronomique. Enfin, n’oublions pas la question des crèches dans les mairies et les préfectures, les polémiques que leur existence a soulevées et le fait que désormais elles n’y ont plus leur place. En clair, tout a été fait pour éliminer Noël en tant que fête chrétienne. Néanmoins, il est frappant de constater que, dans les medias, Noël continue de s’appeler Noël et qu’à cette occasion, même si l’on parle d’abondance de la famille, des jouets, de la dinde et du foie gras, on ne parle que de Noël en organisant à cette occasion un défilé de chansons de Noël venues du passé ou d’autres pays.

Bien que notre monde laïc fasse tout pour gommer Noël, tout se passe comme s’il y avait une impossibilité d’effacer cette fête. Manifestement, on a besoin que Noël existe pour une raison inconsciente proprement vitale. Noël symbolise au cœur de l’hiver, en un temps où les jours sont courts, la lumière au milieu de la nuit, la chaleur au milieu du froid, la réunion au milieu de la solitude, l’humanité au milieu de la dureté. En cela, Noël est la fête du contraste libérateur  et du retournement créateur. Ce retournement  est tellement important, qu’à cette occasion les clivages idéologiques sont dépassés. Et c’est cela qui est importante : que la famille humaine se rassemble et se réconcilie pour un temps. 

D’où année après année une permanence de cette fête avec peut-être cette année un engouement supplémentaire. Comme si, en ces temps très durs pour tous ceux qui subissent la grève des transports, il était encore plus important de se réunir et de ne pas ajouter de la tristesse et de la grogne aux tensions déjà existantes. 

Pascal Neveu : Noël reste une des grandes fêtes traditionnelles (comme Pâques et l’Assomption). Donc vous avez beaucoup de croyants qui se rendent à la messe sans être des pratiquants fervents. La crèche y participe bien évidemment, mais c’est également un moyen de découvrir une religion, pour des enfants, ou au sein d’une famille recomposée qui ne vivait pas la religion de la même façon.

C’est tout l’esprit de notre République laïque de respecter les croyances, les non-croyances, et de ne rien imposer car j’ai déjà entendu des patients me raconter comment leurs familles pouvaient se déchirer face à ces questions :

-       Faut-il mentir concernant le Père Noël ?

-       Qui se rend ou non à la messe ? A quelle heure ?

-       A quelle heure offre t’on les cadeaux ? Le 24 au soir avant dîner, à minuit, le 25 au matin ?

Cela fait partie des sujets, comme la politique qu’il ne faut surtout pas aborder… sauf risquer un « drame » et des règlements de compte.

Mais en soit, même si Noël peut être source d’angoisses pour certain(e)s, j’entends depuis des années toujours les mêmes rituels. Les comportements semblent avoir très peu évolué, et en janvier tout est déjà passé, dans la joie et la bonne humeur, ou sous une certaine contrainte mais déjà oubliée, sauf incident de famille majeur, mais que je n’ai observé que rarement.

Le Noël fêté en 2010 ressemble t-il au Noël que l’on fêtera en 2019 ? Si non, quelles sont les différences à notifier ?

Pascal Neveu : Il n’y aura pas de grosses différences, à part la présence de cadeaux de plus en plus high-tech.

Les ingrédients d’une fête de Noël, tout comme un repas de famille sont toujours les mêmes.

Des mécanismes inconscients de régression où se rejouent les différents Noël vécus par chacun aux différents stades de leur âge, la systémique familiale qui nous renvoie aux jalousies et préférences des uns et des autres, les frustrations face aux cadeaux, le bilan d’une fin d’année (professionnelle, personnelle), la présence ou non d’une nouveau compagnon ou d’une nouvelle compagne qui auront tous les regards rivés sur eux, les cachotteries, les repas trop lourds (même si une étude montre qu’on reste moins longtemps à table au fil des années), les cris des enfants, la fatigue des petits…

On connaît tous cela depuis quasiment le début de notre vie. C’est peut-être cela qui nous angoisse, tout comme pour certain(e)s porter un masque.

Frédéric Mouffle : Tout le monde essaie de passer Noël en famille, recomposée ou non. Les Français sont plus sur une fête culturelle que religieuse. L'important est de passer du temps en famille, de faire des cadeaux et de manger autour d'un bon repas. Pour ceux qui n’ont pas d’argent, ils font en fonction de leurs moyens et les invités participent généralement en amenant un plat, une boisson, des apéritifs.

Je ne saurais vous dire si le Noël de 2010 et le Noël de 2019 sont différents. En tout cas, cette célébration est fêtée par beaucoup de personnes et cela perdurera dans le temps…

Noël est devenue une fête laïque. Quelles sont les raisons de cette évolution ? Cela veut-il dire que les familles ont mis le plan religieux de côté ? Dans les années à venir, vont elles oublier l'origine même de Noël, c'est-a-dire la naissance de Jésus?

Bertrand Vergely : Heidegger a dit que nous vivons dans l’oubli de l’être. Nous vivons dans l’oubli complet de Dieu, du Christ et de sa naissance. Il n’y a pas à se demander si nous allons oublier l’origine de Noël qui est la naissance du Christ. C’est déjà fait. Plus personne, à part les chrétiens qui existent encore et qui ne sont plus qu’une poignée, ne pense à Noël comme à l’apparition de la lumière du salut du monde. La République a voulu éradiquer le christianisme et l’église catholique. C’est fait. L’athéisme et le matérialisme ont voulu éradiquer Dieu. C’est également fait. Dans ce contexte de  total oubli, notre monde fait l’expérience étrange consistant à essayer de créer du rite, de la fête et du sacré sans le religieux qui est le fondement de tout rite, de toute fête et de tout sacré. D’où le paradoxe consistant à fêter Noël sans nommer une fois le Christ et sa naissance et en ne parlant que des aspects matériels de cette fête à savoir la famille, les cadeaux et la grande bouffe.

Cela pourrait apparaître comme grotesque ou bien encore écoeurant. Même pas. Miracle de Noël, cela parvient à être touchant. C’est dire si Noël est fort, sa lumière transparaissant même à travers tout ce qui est fait pour en nier l’esprit et la substance. 

À Noël, que reçoivent les différentes tranches d’âge ?  

Bertrand Vergely : Les cadeaux ne sont pas une affaire de tranche d’âge mais de temps et d’attention qu’on leur consacre. À cet égard, il y a trois catégories d’acheteurs de cadeaux.  

La première est celle des champions du cadeau qui y pensent vraiment. Ceux-là achètent les cadeaux à l’avance en y  réfléchissant. Ainsi, quand les champions du cadeau vont dans un pays méditerranéen l’été, que voit-on ? Soudain, ils s’arrêtent dans un magasin et achètent un objet en expliquant que ce sera très bien comme cadeau à Noël pour le fils, la fille, la cuisine etc. On est en Août, ne l’oublions pas et Noël est dans cinq mois. Qu’à cela ne tienne. Noël on y pense déjà. Ceux-là, c’est sûr, vont faire un cadeau qui va plaire. 

À l’autre extrême, on trouve les honnêtes gens du cadeau qui, trois semaines avant Noël, consacrent un weekend aux cadeaux et découvrent en faisant leur  courses ce qui va plaire au fils, à la fille, à la cousine etc. Cela peut être réussi. Cela peut aussi ne pas l’être dans tous les cas, cela coûte cher.  

Enfin, il y a les retardataires du cadeau qui achètent ce qu’ils peuvent et ce qu’ils trouvent à la dernière minute. Ceux-là achètent souvent n’importe quoi. Parfois, ils font des affaires de dernière minute. Ces cadeaux qui sentent la dernière minute sont rarement réussis. 

Le jour de Noël, un certain nombre d’associations caritatives organisent, avec le soutien de bénévoles et de généreux donateurs, des repas de Noël pour les déshérités. Cet engagement auprès des plus démunis pour qu’ils ne soient pas oubliés est bouleversant. Ces associations, ces bénévoles et ces donateurs méritent qu’on leur adresse un hommage particulier. Dans Noël, ils sont la beauté de Noël. Avec eux, la notion de salut du monde a une crèche pour être accueillie. 

Est ce que les repas sont toujours aussi « parlants » car aujourd’hui on a une omniprésence des nouvelles technologies autour de nous et on est bien souvent absorbé par ces appareils ?

Pascal Neveu : Vous l’exprimez fort bien : c’est un repas… certes de Noël, mais aussi de famille.

Nous sommes tous confrontés à des comportements qui nous exaspèrent notamment celle ou celui qui aura son smartphone greffé à sa main.

Cependant, je pense qu’il faut raison garder.

Ce moment dure peu de temps et nous pouvons composer avec.

Pourquoi ne pas être capable, en famille, de « parler » de sujets qui ne fâchent pas, qui ne divisent pas… s’intéresser à l’autre (tout comme le fait de penser au cadeau personnalisé, attentionné), respecter l’autre…

Noël ne peut-il pas rester un moment unique de l’année ou une certaine magie peut être conservée ?

Pensons à notre propre regard d’enfant face aux illuminations, pensons au Père Noël, ce côté un peu perdu.

Ne parlons-nous pas de trêve des confiseurs qui remonte à décembre 1874, où d'un commun accord, tous les groupes de la Chambre jugèrent que l'époque du renouvellement de l'année était peu propice à des débats passionnés.

Et alors la magie de Noël pourra avoir lieu.

J’ai autour de moi des amis qui découvrent qu’une personne est seule, l’invitent, ou lui font la surprise en le « piégeant »… les amis ce peut également être une autre famille… mais un Noël et son esprit qui restent dans la convivialité et la bonne humeur, avec ou sans cadeau, avec de fortes ou petites dépenses. Le principal reste de vivre un bon moment.

D’ailleurs notre mémoire ne nous trompe pas. Qui ne se souvient pas de ses Noëls ? Et ses anecdotes...

Alors, joyeuses fêtes !

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pierre marie
- 24/12/2019 - 17:44
Noël, c'est "il est né le petit jésus"
La messe très tard
Une famille
Des sourires
Des bougies
Une crèche
Et surtout pas plein de bouffe !

Noël, c'est tout sauf "les fêtes"