En direct
Best of
Best of du 5 au 11 octobre
En direct
Flash-actu
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Sarkozy, le film

01.

Brexit : pas si fou, Boris Johnson supprime la quasi-totalité des droits de douane à l’entrée du Royaume-Uni

02.

Les grandes fortunes mondiales accumulent du cash en prévision d’une récession

03.

La famille d’Ophelie Winter a trouvé un moyen de lui parler, Laura Smet de forcer Laeticia Hallyday à négocier, la fiancée de Cyril Lignac de le voir sans ses enfants (à elle); Triple baptême en Arménie (mais sans Kanye) pour les enfants de Kim Kardashian

04.

Comment Carlos Ghosn a été expulsé de la tête de Renault en quelques heures

05.

A Londres, des militants du mouvement Extinction Rebellion auraient été payés 450 euros par semaine

06.

Privatisations : On pourra acheter des actions de la FDJ mais ça ne sera pas le loto

01.

Voile : toutes celles qui le portent ne sont pas islamistes, mais aucune ne peut décider seule de sa signification

02.

Ressusciter LR : mission impossible pour Christian Jacob ?

03.

La timidité dans la lutte concrète contre les dérives communautaristes masque-t-elle une peur du "trop nombreux, trop tard" ?

04.

Question à Christophe Castaner : combien y-a-t-il en France de rabbins, de pasteurs et de curés radicalisés ?

05.

L’islamo-paranoïa des défenseurs auto-proclamés des musulmans français

06.

Tensions communautaristes et laïcité : cette spirale de ressentis victimaires dans laquelle sombrent les débats publics français

ça vient d'être publié
décryptage > Media
L'art de la punchline

Un 15 octobre en tweets : Jean-Sébastien Ferjou en 280 caractères

il y a 8 heures 2 min
pépites > Religion
Off
En privé, Macron trouve "irresponsable de faire des amalgames et de stigmatiser" sur l'islam
il y a 9 heures 24 min
décryptage > Culture
Atlanti-Culture

Livre Audio : "La cage dorée" de Camilla Lackberg, Les livres s'écoutent aussi

il y a 10 heures 27 min
pépites > Environnement
Usine à gaz
Pourquoi le "Green Deal" d'Ursula von der Leyen pourrait bien être un projet mort-né
il y a 12 heures 15 min
décryptage > Religion
Touche pas à mon Islam !

Non, il ne faut pas parler de Mohamed Merah, ni des souffrances des chrétiens d'orient : la croisade de France Culture contre l'islamophobie des médias

il y a 14 heures 15 min
décryptage > International
Cynisme

La Syrie, dernier tombeau des idéalismes

il y a 15 heures 2 min
décryptage > Europe
Drôle de guerre

Conseil des ministres franco-allemand : Angela Merkel et Emmanuel Macron ne peuvent plus cacher la crise du couple moteur de la construction européenne

il y a 15 heures 22 min
décryptage > Société
Habile

Inquiétudes sur la bioéthique : ces autres dispositions votées par l’Assemblée que le débat sur la PMA a masquées

il y a 15 heures 37 min
décryptage > Société
Méritocratie en panne

Ce plancher de verre qui protège de plus en plus les enfants des riches des conséquences de leur manque de talents ou d’efforts

il y a 16 heures 7 min
décryptage > Religion
Victimisation

Tensions communautaristes et laïcité : cette spirale de ressentis victimaires dans laquelle sombrent les débats publics français

il y a 16 heures 19 min
light > Insolite
L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux
Les policiers arrêtent un jeune de 17 ans en pleine relation sexuelle avec une jument
il y a 9 heures 38 sec
décryptage > Culture
Atlanti-Culture

"L'aube des idoles" de Pierre Bentata : Voici décortiquées quelques croyances d’aujourd’hui, souvent prêtes à l’emploi, parfois radicales…

il y a 10 heures 22 min
décryptage > Culture
Atlanti-Culture

Cinéma : Fahim : Avec cette histoire vraie, Pef quitte la comédie pour le drame sociétal

il y a 10 heures 32 min
pépite vidéo > Société
Polémique
Quand Eric Zemmour déclare que les homosexuels "choisissent leur sexualité"
il y a 13 heures 4 min
décryptage > Société
Blog

Ce qu’être libéral signifie vraiment

il y a 14 heures 43 min
décryptage > Religion
Tribune

L'hydre islamiste ne sera pas combattue efficacement sans combattre aussi l'auto-censure des débats publics

il y a 15 heures 8 min
décryptage > Nouveau monde
Nouvelles menaces

Infox, astroturfing, bad buzz : ces nouvelles menaces qui peuvent coûter des milliards aux entreprises

il y a 15 heures 28 min
décryptage > Religion
Essentialisation

L’islamo-paranoïa des défenseurs auto-proclamés des musulmans français

il y a 15 heures 54 min
décryptage > Atlantico business
Atlantico Business

Privatisations : On pourra acheter des actions de la FDJ mais ça ne sera pas le loto

il y a 16 heures 14 min
pépite vidéo > Religion
Polémique
Polémique sur le port du voile : doit-on l'interdire en sortie scolaire ?
il y a 1 jour 6 heures
© BERTRAND GUAY / AFP
© BERTRAND GUAY / AFP
Les leçons d’un sondage

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

Publié le 20 juillet 2019
La victoire de l'Algérie en finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) a donné lieu à de nombreuses manifestations de joie et débordements dans toute la France. Atlantico publie en exclusivité un sondage réalisé par l'Ifop sur l'attachement des Algériens de France à leur équipe.
L'Ifop est un institut de sondages d'opinion et d'études marketing.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Ifop
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L'Ifop est un institut de sondages d'opinion et d'études marketing.
Voir la bio
Jérôme Fourquet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Voir la bio
Edouard Husson
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La victoire de l'Algérie en finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) a donné lieu à de nombreuses manifestations de joie et débordements dans toute la France. Atlantico publie en exclusivité un sondage réalisé par l'Ifop sur l'attachement des Algériens de France à leur équipe.

Atlantico : D'intenses polémiques ont éclaté concernant les manifestations sur la voie publique après les différentes victoires de l'Algérie lors de la Coupe d'Afrique des nations (CAN). Au regard de ce sondage, les Français vous semblent-ils "d'accord" avec l'ampleur de la polémique ? N'est-ce pas une tempête dans un verre d'eau ?

Jérôme Fourquet : Dans la polémique actuelle, il faut distinguer ce qui attrait à la manifestation d'une forme de sentiment d'appartenance et de proximité à l'Algérie de la part de personnes qui résident en France dont beaucoup sont de nationalité française . Y a-t-il une double allégeance ou pas ? C'est une première question. D'autre part, les réactions entendues suite à ces événements sont des réactions contre les exactions commises en marge de cette manifestation de joie. Ce sont les débordements qui ont donné un écho important à cet événement (pillage, confrontations avec les forces de l'ordre).

Notre sondage ne porte que sur le premier volet : interroger les Français sur leur sentiment vis-à-vis de ces manifestations d'un patriotisme ou d'une proximité à l'égard de l'Algérie. On n'a pas interrogé les Français sur les violences parce qu'on considère que l'écrasante majorité des Français ne pouvait que condamner ces violences.

D'une part, l'intense polémique est légitime et justifiée parce que force est de constater qu'à deux occasions dans plusieurs villes françaises, des exactions ont eu lieu et ont suscité de manière légitime une désapprobation des exactions. D'autre part, on peut comprendre intellectuellement en tant qu'analystes le fait que cela fasse débat puisque les résultats de notre sondage qui porte, non pas sur les violences mais sur l'autre dimension du phénomène, montrent que la société française est clivée. Les violences rendent compréhensibles que l'on en ait beaucoup parlé et le sujet ne laisse pas indifférent et divise le pays. A partir du moment où il y a division, il y a débat en France. Ces chiffres nous permettent en partie de comprendre pourquoi il y a un débat qui se fait jour.

A retrouver sur Atlantico, le sondage complet : Finale de la CAN : 48% des Français pensent qu'il est normal pour des personnes d'origine algérienne de manifester leur joie et leur attachement à leur pays lors des victoires de l'Algérie en football

Quand on regarde non pas les violences mais sur l'avis des Français sur ces manifestations, comment caractériser d'un point de vue politique et sociologique les personnes qui ne trouvent pas normal qu'il y ait des manifestations de joie ou un attachement à un pays autre que la France ?

Jérôme Fourquet : Si l'on se penche sur le symbole des drapeaux : c'est ce dont les personnes se sont souvenues, le nombre important de drapeaux algériens brandis dans plusieurs villes par une foule nombreuse. 48% de nos concitoyens considèrent que c'est quelque chose de normal de la part de leurs compatriotes qui expriment leur sympathie et leur attachement à un pays dont eux-mêmes ou leurs grands-parents sont issus. Cette manifestation d'un attachement à un pays autre que la France ne choque manifestement pas un Français sur deux. En revanche, pour 40% des Français, la conception de l'appartenance nationale semble être plus exclusive et considèrent qu'à partir du moment où l'on est citoyen français, on n'a pas à manifester collectivement son attachement à un pays autre que la France.

Sur cette question, on voit très clairement resurgir ou remonter à la surface le bon vieux clivage gauche-droite. Une grande majorité de sympathisants de la FI ou du PS (sept sur dix) qui trouve légitime qu'on puisse, y compris en tant que citoyen français, manifester de la joie et de l'attachement à son pays d'origine. Alors que dans l'électorat de LR et du RN, dans des proportions moins élevées (six sur dix), on observe que l'autre opinion est majoritaire, à savoir que lorsqu'on est citoyen on ne peut pas manifester sa joie ou son attachement à un autre pays que la France. Le sujet est complexe parce que dans les deux pays politiques il y a néanmoins des minorités : un quart à gauche et un gros quart au RN ne sont pas d'accord avec l'avis majoritaire de leur famille politique. Par conséquent, on peut en conclure que les questions identitaires s'appuient encore sur les clivages gauche-droite.

Étonnamment, les sympathisants de LREM sont beaucoup plus divisés sur la question : 52% trouvent cela normal contre 38% ne trouvent pas cela normal. Sur ces questions sociétales, on remarque donc que le centre de gravité idéologique pèse plutôt à gauche et qu'a tout prendre, s'il fallait classer cet électorat, sur ces sujets-là il sera plus près de la gauche que de la droite, alors que ce sera le contraire sur des sujets économiques. Les chiffres montrent aussi que c'est à LREM qu'on est le moins homogène collectivement sur cette question, d'où le fait que le gouvernement marche sur des œufs à la fois en termes de maintien de l'ordre public mais aussi en termes de positionnement politique. Il est tout à fait facile et normal de condamner les violences, mais sur le point plus sensible, c'est plus compliqué pour en Marche parce que son électorat est plus divisé.

Les sondés sont divisés en deux groupes presque égaux sur la question principale qui leur a été posée :  trouvez-vous normal ou non que des personnes d'origine algérienne vivant en France manifestent leur joie et leur attachement à leur pays d'origine quand l'équipe d'Algérie de football remporte un match ? En quoi est-ce que ce résultat vous semble révélateur d'une fracture fondamentale de l'opinion concernant le sujet de l'intégration des populations issues de l'immigration algérienne ?

Edouard Husson : Cela fait des années que l’on sent monter une crise profonde. Normalement, la question de l’enthousiasme  après un match gagné par l’équipe de votre pays d’origine devrait être parfaitement anodine. Mais on a vu les incidents se multiplier: Marseillaise sifflée au début des matchs quand l’Algérie ou la Tunisie affrontaient la France; et, ces jours-ci, manifestations violentes de jeunes supporters après des victoires de l’Algérie.  On a un autre point de repère: la victoire de la France en coupe du monde en 1998 avait été célébrée dans la liesse; en 2018, l’atmosphère était sinistre, il y a eu de la casse; elle venait en partie des mêmes qui se déploient violemment dans les rues de nos grandes villes après les match de l’Algérie. A partir de là se pose la question de savoir comment l’opinion réagit, selon quels critères. Il pourrait y avoir une demande de sécurité plus forte, de punition des fauteurs de trouble. Mais nous sommes dans un pays où, de manière agressive, depuis des décennies, une partie des élites et de la classe politique s’obstine non seulement à répéter que l’immigration massive ne pose aucun problème mais aussi à diaboliser toute personne qui mettrait en doute ce dogme. La question de la non-intégration (économique, politique, sociale) de jeunes gens d’origines étrangère est donc devenue un sujet de controverse, de polarisation. 

Quand on recoupe le sondage avec la question de la proximité politique, une corrélation semble émerger. Le critère de l'opinion sur l'intégration des populations issues de l'immigration est-il pertinent pour décrire le clivage droite-gauche dans l'opinion en France ?

Edouard Husson : Oui, on voit bien dans le sondage, par exemple, comme beaucoup d’élus LR sont coupés de leur base politique: les gens qui se disent proches de LR réagissent à peu près comme ceux qui sont proches du Rassemblement National, pour trouver anormal, à environ 60%, le fait de célébrer la victoire sportive d’un autre pays que la France sur le territoire français. Non moins intéressant est le 50/50, à peu de choses près, de l’électorat LREM. Il y a donc des sujets sur lesquels la droite pourrait disputer au parti d’Emmanuel Macron son électorat. Il est non moins intéressant de voir les sympathisants de la France Insoumise pencher vers une appréciation positive de la société multiculturelle. Cela devrait faire réfléchir au Rassemblement National tous ceux qui s’obstinent à courir après cet électorat. On voit donc bien émerger un clivage droite/gauche. 

Cette division d'opinion vous semble-t-elle assez fondamentale pour qu'un nouveau clivage droite-gauche se structure en termes d'offre politique ? 

Edouard Husson : On voit bien comment l’opinion est susceptible de se structurer si la droite est capable de présenter une candidature de rassemblement de toutes ses familles. Cependant, le débat ne portera pas sur une question relativement anodine: le présent sondage sert de révélateur. Mais cela fait presque quarante ans que le Rassemblement (Front) National dénonce l’aveuglement du reste de la classe politique sur les questions d’immigration; que la droite issue du gaullisme et du giscardisme réagit en criant « Cachez moi ce sein que je ne saurais voir » et que la gauche, mitterrandienne et post-mitterrandienne, jette de l’huile sur le feu en encourageant non seulement l’immigration mais la société multiculturelle. Si vous ajoutez que l’Education Nationale a été littéralement cassée par soixante-dix ans de gauchisme, par vagues successives, du stalinisme du plan Langevin-Vallon au gauchisme hyperindividualiste d’aujourd’hui, nous avons affaire à une crise de société, très profonde. Deux scénarios se dessinent. Soit continueront de petits affrontements politiciens avec des partis, de droite ou de gauche, peu importe, proposant des mesurettes tout en répétant que la situation est grave. Soit émergera, selon toute vraisemblance à droite, une vision politique large, cohérente, un programme d’action visant non seulement l’immigration zéro mais la reprise en main des zones de « non-droit », la lutte contre l’islamisme, une politique économique dont la priorité l’emploi, la réindustrialisation de la France , la libération des forces entrepreneuriales; une reprise en main de l’
Education Nationale, le rétablissement de la diversité d’opinions dans les médias du service public etc.... 

Jérôme Fourquet, vous avez aussi sondé cette question en fonction du vote à la présidentielle de 2017. On a constaté pendant les européennes un report des candidats de Fillon sur la liste de LREM. La situation est-elle de moins en moins tenable pour Macron et la division entre ces deux camps pourrait-elle apparaître ?

Jérôme Fourquet : On voit que le rapport de forces entre l'électorat de premier tour (56-34) et ceux qui sont aujourd'hui sympathisants (52-38) est resserré mais relativement stable. On peut donc distinguer en partie l'effet de la droitisation de la composition de l'électorat en Marche par rapport à la présidentielle. Néanmoins, on n'a pas une inversion ou un rééquilibrage pur et parfait. Cela peut s'expliquer notamment du fait qu'une partie de l'électorat de droite et de centre-droite est sur ces sujets plus progressistes que le reste de l'électorat de droite et que sans doute l'électorat de droite qui rejoint Emmanuel Macron est un électorat moins "identitaire" que la moyenne de l'électorat de droite. Cela fait donc bouger les lignes mais pas autant qu'on aurait pu le penser.

L'intensité ou le degré de conviction de chacune de ces opinions n'est pas mesurée par le sondage. En tant qu'analyste, vous semble-t-il que ce sujet-là est important pour conduire à une nouvelle structuration gauche-droite de l'offre politique ?

Jérôme Fourquet : Tout dépend de ce qui se passera ce soir. Il faut être prudent, mais on peut penser que dans les deux scenarii (victoire ou défaite de l'Algérie) il y aura des réactions en France, de joie ou de dépit. Dans les deux cas, cela peut donner lieu à des scènes déjà vues les semaines précédentes, sachant que cette histoire des drapeaux algériens lors d'événements sportifs et footballistiques remonte à longtemps. Lors du match France-Algérie en 2001 au stade de France, la Marseillaise avait été sifflée et des jeunes supporters de l'équipe d'Algérie avaient envahi les pelouses avec des drapeaux. Depuis, il y a eu d'autres épisodes, notamment à la CAN ou dans des périodes où l'équipe des Fennecs s'était qualifiée pour la coupe du monde. Il y avait eu alors à des manifestations de joie et des débordements dans de nombreuses villes françaises. Tout cela s'inscrit dans une mémoire collective.

Quand les symboles sont concernés, il y a toujours des conséquences politiques : les Champs-Elysées envahis par des drapeaux algériens et des dizaines de villes grandes ou moyennes ou il y a des affrontements avec la police, pillage etc. Sans doute ces images impriment-elles la rétine collective d'une partie de nos concitoyens et tout cela s'inscrit dans une longue série d'événements. Si ça imprime, ça le fait dans un sens qui favorise la survivance du clivage gauche-droite. Ces événements représentent une double difficulté pour le pouvoir macronien : l'une en termes de maintien de l'ordre public (ne pas donner une image laxiste) et l'autre en termes symbolique et politique qui pose la question de savoir comment LREM et le gouvernement se positionnent sur ces questions. Autant pour la droite et la gauche, on voit bien où penche leur électorat ; autant c'est plus compliqué pour en Marche. A chaque fois que ces événements se produisent, ils s'inscrivent dans une longue série et des souvenirs remontent à la surface et réactivent le clivage gauche-droite : cela questionne alors le positionnement idéologique en Marche sur ce type de questions sur lesquelles il est très frileux. La droite peut accuser en Marche de laxisme et mettre la pression à LREM ; la gauche peut exhorter le gouvernement à ne pas faire d'amalgames et être favorable à ces manifestations de joie.

Il ne faut pas manquer de dire que, en dehors du clivage idéologique, il y a un effet générationnel sur cette question. On remarque que les jeunes générations se montrent plus compréhensives alors que les générations les plus âgées sont majoritairement en désapprobation. Cela montre d'une part la trace d'une mémoire historique, parce que ce n'est pas l'équipe du Portugal ou de la Tunisie que cela concerne, mais l'équipe d'Algérie. Cela s'inscrit donc dans une histoire de longue durée et douloureuse, avec des souvenirs familiaux et personnels pour les personnes âgées de plus de 65 ans dans les périodes tendues de la guerre d'Algérie. D'autre part, ces générations les plus âgées sont formatées plus majoritairement sur une conception assez classique du sentiment national, qui est un sentiment exclusif : on ne peut être attaché qu'à la patrie. Dans les générations les plus jeunes, ces deux effets jouent beaucoup moins dans la mesure où elles ont grandi dans une société française plus métissée et multiculturelle. Il y a un poids des descendants de l'immigration des personnes du Sud de la Méditerranée plus important que chez les personnes les plus âgées. Pour ces dernières, les scènes de liesse populaire avec des drapeaux algériens rappellent en quelque sorte les scènes à Alger au moment de l'indépendance de l'Algérie. S'il s'agissait de Portugais, cela pourrait susciter aussi du mécontentement et de la colère mais il n'y aurait pas la même charge symbolique et historique.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Thématiques :
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Sarkozy, le film

01.

Brexit : pas si fou, Boris Johnson supprime la quasi-totalité des droits de douane à l’entrée du Royaume-Uni

02.

Les grandes fortunes mondiales accumulent du cash en prévision d’une récession

03.

La famille d’Ophelie Winter a trouvé un moyen de lui parler, Laura Smet de forcer Laeticia Hallyday à négocier, la fiancée de Cyril Lignac de le voir sans ses enfants (à elle); Triple baptême en Arménie (mais sans Kanye) pour les enfants de Kim Kardashian

04.

Comment Carlos Ghosn a été expulsé de la tête de Renault en quelques heures

05.

A Londres, des militants du mouvement Extinction Rebellion auraient été payés 450 euros par semaine

06.

Privatisations : On pourra acheter des actions de la FDJ mais ça ne sera pas le loto

01.

Voile : toutes celles qui le portent ne sont pas islamistes, mais aucune ne peut décider seule de sa signification

02.

Ressusciter LR : mission impossible pour Christian Jacob ?

03.

La timidité dans la lutte concrète contre les dérives communautaristes masque-t-elle une peur du "trop nombreux, trop tard" ?

04.

Question à Christophe Castaner : combien y-a-t-il en France de rabbins, de pasteurs et de curés radicalisés ?

05.

L’islamo-paranoïa des défenseurs auto-proclamés des musulmans français

06.

Tensions communautaristes et laïcité : cette spirale de ressentis victimaires dans laquelle sombrent les débats publics français

Commentaires (14)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
CORINESBH
- 23/07/2019 - 17:21
CAN
Pourquoi la CAN se passent en France ?
Paulquiroulenamassepasmousse
- 21/07/2019 - 20:51
La solution, supprimer le
La solution, supprimer le foot en France....! Pratiqué par des consvtrès riches , et porté aux nues par d'autres cons beaucoup plus pauvres, ce sport est la synthèse de notre société dans laquelle,.... que la bourse monte ou baisse, les professionnels gagneront toujours, quand les amateurs y perdront leurs économies....
"et passez muscade"
De Clem
- 21/07/2019 - 17:02
Pas besoin de grande analyse sociologique !
Les français d'origine algérienne se sentent plus algériens que français ? Leur citoyenneté française n'a aucun sens pour eux ( sauf quand ils'agit de s'inscrire à la CAF ) Qu'ils retournent vite vivre l'amour de leur nation en Algérie ... La France ne s'en portera que mieux !