En direct
Best of
Best of du 8 au 14 juin
En direct
© GERARD CERLES / BELGA / AFP
Bonnes feuilles
Bruxelles : le bouc émissaire idéal des populistes pour tous les maux de l’Union européenne
Publié le 10 mars 2019
Bernard Spitz publie "Merci l’Europe ! Riposte aux sept mensonges populistes" aux éditions Grasset. Inégalités, chômage, terrorisme, migrants, péril environnemental... L’Europe ne rassure plus les citoyens européens. L’auteur revient sur les bienfaits de l’Europe et dénonce les grands mensonges qui font le lit du populisme. Extrait 2/2.
Maître des requêtes au Conseil d’État, ancien conseiller du Premier ministre Michel Rocard, ancien membre de la direction générale de Canal+ et de Vivendi Universal, créateur d’entreprise, Bernard Spitz est depuis 2008 le président de la Fédération...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bernard Spitz
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Maître des requêtes au Conseil d’État, ancien conseiller du Premier ministre Michel Rocard, ancien membre de la direction générale de Canal+ et de Vivendi Universal, créateur d’entreprise, Bernard Spitz est depuis 2008 le président de la Fédération...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bernard Spitz publie "Merci l’Europe ! Riposte aux sept mensonges populistes" aux éditions Grasset. Inégalités, chômage, terrorisme, migrants, péril environnemental... L’Europe ne rassure plus les citoyens européens. L’auteur revient sur les bienfaits de l’Europe et dénonce les grands mensonges qui font le lit du populisme. Extrait 2/2.

« C’est la faute de Bruxelles »

Vraiment ? Depuis la création du royaume de Belgique, Bruxelles a toujours servi de bouc émissaire aux communautés du pays. La construction européenne a hérité de cette malédiction originelle. Les « purs » du traité de Rome pleurent la perte du projet des fondateurs. Les gouvernements se plaignent de la Commission. Les entreprises dénoncent la surrèglementation. Les populistes europhobes voient dans la capitale belge la Babylone des temps modernes. Les tenants de l’Europe-civilisation tel Viktor Orbán la qualifient de « non-démocratie libérale ». La Bruxelles administrative, avec ses immeubles paquebots et ses dédales de couloirs, nourrit les clichés du bureaucrate qui édicte des règles absurdes et mène le système à sa ruine. 

Tout cela, sans être complètement faux, est outré ; et surtout, c’est oublier que les principaux responsables de la situation sont à chercher dans les capitales européennes qui font passer leurs intérêts nationaux avant l’intérêt général européen. Les gouvernements ont pris l’habitude de se défausser sur l’Union des réformes qu’ils n’ont pas le courage de mettre en œuvre eux-mêmes. Ils s’octroient le mérite de ce qui marche et rejettent sur l’Europe tout ce qui peut susciter le mécontentement. De son côté, la Commission dont nul ne nie le dévouement s’est habituée à fonctionner en roue libre. Elle « applique les règles » mécaniquement, au risque d’être en décalage avec la réalité, donc avec les citoyens. Et elle se qualifie elle-même d’« exécutif européen », en confondant son autorité juridique avec une autorité politique qu’elle n’a pas.

La maison brûle…

Engoncée bureaucratiquement, instable socialement, déstabilisée par le Brexit, privée de leadership, l’Union attendait un réveil politique. L’espoir est venu en 2017 de l’élection d’Emmanuel Macron puis du discours de la Sorbonne. Helas, il a fallu attendre mars 2018 pour qu’Angela Merkel soit en mesure de gouverner en Allemagne. Le même mois, l’Italie donnait la victoire électorale aux forces antisystème.

La fenêtre de tir de la réforme venait de se refermer. Un an plus tard, la scène a changé dramatiquement. Le rappel identitaire exacerbé par les flux migratoires est venu s’ajouter aux difficultés économiques pour supporter l’opposition des europhobes et des eurosceptiques. Cette fois, la maison brûle. L’Europe peut se réveiller en 2019 avec un Eurexit, un Parlement européen sceptique envers l’Union ; ou encore avec une assemblée atomisée, à majorité instable de type Quatrième République, permettant aux idées populistes d’être au centre du jeu. Sans initiative, ce pourrait être l’amorce d’un effacement progressif de l’Europe. 

Alors que faire ? De la politique.

C’est la volonté politique qui a créé l’Europe après la guerre. C’est elle qui la fera renaître ; ou disparaître. C’est elle qui a permis la naissance de l’euro et qui a réglé la crise financière de 2008. C’est elle aussi qui a conduit au Brexit et à la montée des partis anti-européens. C’est la volonté politique et elle seule qui répondra aux défis qui se posent à l’Europe, sur la question des flux migratoires comme sur les autres. Les populistes se sont engagés dans ce combat ? À nous d’apporter de meilleures réponses que les leurs. 

L’Europe s’est bâtie sur quelques fondamentaux. Parmi ceux-ci, le principe de l’unanimité des États membres pour toute décision relevant de la révision des traités, de la fiscalité et de la politique étrangère, donc de la défense et des politiques migratoires, la majorité qualifiée valant pour le reste. La Commission a son champ de compétence soit pour des décisions autonomes sans intervention des États – pour la concurrence par exemple –, soit nécessitant la majorité qualifiée. C’est le principe de subsidiarité : l’Union n’intervient que si elle peut mieux réaliser les objectifs poursuivis à son niveau qu’à celui des États. 

Or, ces fondamentaux ne sont plus sa force. L’unanimité était réaliste tant que l’Europe comprenait peu de pays, au niveau de vie comparable, et homogènes culturellement. Elle reste encore pertinente lorsqu’il s’agit de décisions globales majeures, en matière climatique par exemple. En faire une règle générale à 27, en revanche, crée une situation ingérable : elle interdit tout accord ambitieux entre un si grand nombre d’acteurs ; elle ignore le réalisme qui implique de tenir compte de la taille des États à la Commission, comme on le fait au Parlement ; de surcroît, elle confère une prime à tout pays qui joue sa carte nationale contre la solidarité collective. Au lieu de renforcer l’unité de l’Union, on affaiblit à la fois sa gouvernance et sa crédibilité vis-à-vis des opinions publiques.

Extrait de " Merci l’Europe ! Riposte aux sept mensonges populistes", de Bernard Spitz, publié aux éditions Grasset.

Lien direct vers la boutique Amazon : ICI

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
02.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
03.
Auchan, Carrefour, Casino : mais que vont devenir toutes ces galeries marchandes et hypermarchés qui se vident ?
04.
Laura Smet a épousé Raphaël Lancrey-Javal au Cap Ferret
05.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
06.
Le "chat renard", une nouvelle espèce de félin découverte en Corse
07.
MotoGP : un spectaculaire accident lors du Grand Prix de Catalogne
01.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
02.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
03.
Cette nouvelle technique du dépistage du cancer de la prostate qui pourrait sauver de nombreuses vies
04.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
05.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
06.
Révolution sur canapé : une enquête montre que 92% des activistes berlinois d’extrême-gauche vivent chez papa-maman
01.
PMA : la droite est-elle menacée de commettre la même erreur qu’avec le progressisme des années 60 qu’elle a accepté en bloc au nom de l’évolution de la société ?
02.
“Droite moderne”, “LREM pragmatique pour le bien du pays” : mais au fait, qu’est ce que cela veut vraiment dire ?
03.
Mais pourquoi s’abstenir de faire des enfants pour sauver la planète alors que le pic démographique est passé ? Petits arguments chiffrés
04.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
05.
Réforme des retraites : pourquoi les salariés du privé ont toutes les raisons de s’inquiéter
06.
De Benalla à Loiseau en passant par Castaner : ces déceptions personnelles d'Emmanuel Macron qui montrent son incapacité à bien s'entourer
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires