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Génération burn-out : cette lame de fond silencieuse qui impacte enfants et ados qui grandissent dans un monde où (presque) tout est angoissant

Publié le 03 mars 2019
Que faire d'une génération qui ne supporte plus le monde du travail dans lequel on les a mis et qui considèrent que le fonctionnement de la société n’a plus de sens ?
François Baumann est médecin généraliste, fondateur de la Société de Formation Thérapeutique du médecin Généraliste (SFTG). Intéressé par toutes les dimensions des Sciences Humaines et Sociales qui participent à une meilleure santé des hommes, il a...
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Michel Fize est un sociologue, ancien chercheur au CNRS, écrivain, ancien conseiller régional d'Ile de France, ardent défenseur de la cause animale.Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont  Le Peuple adolescent (2ème éd. Mots...
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Bertrand Vergely est philosophe et théologien.Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).  
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Que faire d'une génération qui ne supporte plus le monde du travail dans lequel on les a mis et qui considèrent que le fonctionnement de la société n’a plus de sens ?

Atlantico : Les nouvelles générations, notamment depuis les Millenials semblent plus vulnérables aux phénomènes de burn out, de lassitude vis-à-vis du monde dans lequel ils évoluent et quand à la place qu'ils peuvent y occuper. De fait, notre monde peut paraître plus stressant que jamais : perspectives de déclin que ce soit climatique, économique, culturelle ou sociale, civilisationnel, l'avenir qu'on présente à nos jeunes générations n'est pas vraiment enviable. Peut-on considérer que les nouvelles générations subissent de plein fouet l'environnement catastrophiste et stressant dans lequel on les fait grandir ?

François Bauman : On peut considérer cela sous cet angle. Catastrophiste c'est à voir, stressant, sûrement. Il y a une désespérance qui est prégnante dans ces générations mais qui existait déjà, dans une moindre mesure dans les générations précédentes. J'ai appelé cela dans mon livre le "Brown-out" plus que le "burn-out" car ce dernier fait souvent écho à la fatigue à cause d'un excès de travail. Le "Brown-out" lui fait plus à voir la désespérance générale vis-à-vis de la vie. Je reprends volontiers vos termes "climatiques, économiques, sociaux…" car du point de vue du médecin c'est un ensemble. Nous sommes face à des pathologies nouvelles puisqu'elles touchent au cœur même de la société et dans tous les domaines que vous avez énoncé.

Cela donne une difficulté supplémentaire pour le médecin, le psychiatre car on ne sait pas soigner ce mal-être et cette désespérance. Dans ma patientèle, les jeunes gens, entre 20 et 30 ans il est marquant de voir aussi la déception ressentie une fois dans le monde professionnel. Leurs attentes ne sont pas satisfaites et fait naître un sentiment de malaise.

Michel Fize : Les générations actuelles subissent de front toutes les agressions sociales économiques et scolaires dont ils sont victimes depuis déjà de nombreuses années. Aujourd'hui on voit clairement une situation qui malheureusement est déjà fort ancienne. Il y a quelques années on signalait déjà des situations préoccupantes de stress à l'école primaire. Nous avons un système scolaire exigeant, compétitif qui broie à longueur de temps et très tôt.

C'est finalement toutes les pathologies de la société qui en effet boomerang produisent des pathologies individuelles. Quand on a une école excluante, un monde du travail encore si peu accueillant pour les jeunes générations qui leur offre souvent la précarité, il est évident que beaucoup de pathologies peuvent se déclencher.

Cela fait longtemps que l'on constate des troubles du sommeil, des troubles alimentaires ou des situations de dépression dans quelques cas.

Il n'y a rien de nouveau dans cette affaire mais on peut penser que la situation s'aggrave dans un contexte de crise économique et sociale qui n'en finit pas de durer.

Si la situation n'est pas nouvelle elle est renforcée dans un contexte de réchauffement climatique qui ne fait que s'aggraver conjugué à l'impuissance des pouvoirs publics et des institutions internationales à endiguer le phénomène.

Les jeunes générations sont bien plus sensibles que les précédentes à ce problème et doivent faire face donc, en plus d'une crise sociale, économique, culturelle, à une crise et une situation d'urgence climatique. Le péril est donc aussi bien personnel que collectif.

Mais cette augmentation des burn-out que vous dénoncez trouve ses racines dès les bancs de l'école et ne vient pas uniquement d'un contexte d'inquiétude généralisé. Aujourd'hui les gamins sont intoxiqués aux diplômes. Les plus grands conservateurs de l'école actuelle ce sont eux quelque part.

Bertrand Vergely : Oui. Bien évidemment. Les jeunes générations prennent de plein fouet ce qui se passe mentalement.  Nous vivons aujourd’hui une crise non pas économique, non pas politique, non pas sociale, mais culturelle, morale, philosophique et métaphysique sans précédent.  Pour une raison très simple : il n’y a plus aucune pensée. Et de ce fait, il n’y a plus aucun usage pertinent de la critique, cette dernière devenant totalement folle. D’où les phénomènes d’épuisement psychique auxquels nous avons affaire. Pour le comprendre, revenons en arrière. 

Relisons Pascal. Nous sommes au XVIIème siècle. Pascal, comme Molière, constate l’arrivée sur la scène sociale et culturelle des libertins, ces esprits forts qui fichent tout en l’air, morale et religion, sous prétexte d’être intelligent et libre. Que fait Pascal face à eux ? À travers le divertissement, il dresse un portrait catastrophique de l’homme sans morale et sans religion dans le but de provoquer un sursaut et, ainsi, une conversion, un repentir, un changement d’existence, une moralisation, une spiritualisation.  

Tournons notre regard vers le XIXème siècle, Marx et les mouvements révolutionnaires. Que font-ils ? La même chose que Pascal, mais sur un mode laïc. Constatant l’arrivée sur la scène sociale et culturelle d’un capitalisme sans foi ni loi qui ne pense qu’au profit et qui de ce fait fiche tout en l’air, solidarités sociales et tissu culturel, ceux-ci se lancent dans une critique radicale de ce capitalisme, histoire de provoquer un sursaut révolutionnaire et, à partir de lui, une régénération du genre humain. 

Tournons maintenant notre regard sur la situation morale, spirituelle et métaphysique qui est la nôtre. Dieu est mort. À part une minorité, en France, plus personne n’est religieux et ne sait ce qu’est la religion. Mais, Marx est également mort. La France était un pays révolutionnaire qui croyait en la République, puis en la « Sociale ». Aujourd’hui, plus personne n’y croit, une grande partie des jeunes étant incapable de chanter la Marseillaise dont les paroles sont totalement ignorées. Quant au marxisme léninisme, il est aussi mort que Dieu qu’il a activement contribué à tuer.

Dieu étant mort et la religion sociale étant morte également,   on pourrait croire que l’hypercritique à des fins cathartiques et curatives aurait cessé. Pas du tout. Celle-ci existe. Elle perdure. Elle persiste. Plus que jamais. Avec cette nuance : elle est devenue à elle-même sa propre fin. D’où le stress et les phénomènes de burn out dans lesquels notre monde est actuellement plongé. Ainsi, cinq éléments le montrent. 

Premier élément : le pouvoir du négatif. Dans les médias, si l’on veut être sûr de prendre le pouvoir, il y a un moyen imbattable : être négatif. Sur le plan intellectuel cela se traduit par l’apparition de l’intellectuel hypercritique qui, sous prétexte d’émanciper l’humanité revendique un individualisme libéral libertaire radical. Résultat : la société médiatico-intellectuelle  évolue mentalement dans un monde qui ne cesse de donner des coups. La récente affaire de la ligue du LOL en est une illustration avec le harcèlement considéré comme un amusement.  Les gilets jaunes qui manifestent tous les Samedis depuis près de quatre mois en sont une autre manifestation. On critique tout. On ne lâche rien. On harcèle. Ce n’est pas un hasard. Si l’on veut se faire entendre dans un monde où tout est négatif, il faut l’être également. Aussi le devient-on. Résultat : la société française est une société épuisante qui ne se pense que sur le modèle de la guerre civile et de la guérilla urbaine. 

Deuxième élément : la surenchère et, avec elle, la  pensée magique.  Aujourd’hui, à propos de tout, pour reprendre le titre d’un ouvrage de René Girard, on assiste à une montée aux extrêmes. . On pousse tout à bout en n’hésitant pas à appuyer là où ça fait mal dans l’espoir diffus de provoquer une apocalypse et à partir de là une rénovation de la quotidienneté sur un mode méta-religieux et métapolitique. Hier, on critiquait, comme Pascal,  pour provoquer un sursaut religieux ou, comme Marx, un sursaut social. Aujourd’hui, on critique pour des raisons magiques. Comme le terroriste qui tire dans la foule en s’imaginant qu’en faisant des dizaines de mors un monde nouveau socialo-divin surgira des décombres, des ruines et de la désolation.  

Troisième élément : l’esthétique. Ne nous le cachons pas, l’hypercritique qui stresse tout le monde n’est pas sans posséder un certain pouvoir de fascination. Ainsi, le monde médiatico-publicitaire est dominé au niveau planétaire par l’esthétique du rebelle reconnaissable à son jean troué.  Vous êtes rebelle ? Waoh ! Ça jette ! Vous êtes intéressant. Vous êtes tendance. Si vous avez du talent, vous serez interviewé et filmé. Vous êtes normal ? Vous êtes nul. Beaucoup de jeunes filles deviennent anorexiques pour ressembler à la star  dont l’image a été sculptée en post-prod. Notre monde ressemble à ces jeunes filles.  Il  est stressé parce que, mentalement, il est complexé par une aristocratie médiatico-publicitaire qui pratique la provoc avec maestria.  

Quatrième élément : les médias. Dans le monde de communication planétaire qui est le nôtre, si l’on veut pouvoir exister et se faire reconnaître, il n’y a qu’un seul moyen : crier plus fort que les autres en appliquant la formule du baron de Coubertin qui sert de devise aux Jeux Olympiques : citius, altius, fortius. Plus vite ! Plus haut ! Plus fort ! D’où une cause de stress supplémentaire à côté de la surenchère et du rebelle. Écoutons un bulletin d’information, que constate-t-on ? Ce n’est pas un bulletin d’information. C’est un bulletin de guerre afin  de capter l’attention et ainsi faire de l’audience. Par exemple, aujourd’hui de quoi parlent les nouvelles ? De la guerre à tous les nivaux à travers 1) les gilets jaunes, 2) les revendications féministes quant à l’égalité homme-femme, 3) la fin de Daech en Syrie, 4) un terroriste arrêté en France, 5) le sort des djihadistes en Syrie, 6) la lutte contre les particules fines, 7) la lutte contre le tabagisme, 8) la lutte contre le dopage en sport, 9) le problème des chauffards et la destruction des radars par les gilets jaunes sur les routes de France, 10) la guerre commerciale entre Air France et KLM, 11) la dénucléarisation de la Corée du Nord, 12) la guerre culturelle à propos de la féminisation des mots dans la langue française. Dans toutes les nouvelles qui ont été données en e Vendredi 1er Mars, pas une bonne nouvelle. Que des nouvelles de luttes, de conflits, de morts, de procès, de haines, de vengeance, de crimes, d’escroqueries, de scandales,  etc… Compte tenu de cela : comment voulez vous que les jeunes ne soient pas quelque peu chahutés par ce qui se passe ? Bien sûr, les médias parlent aussi de la vie et de tout ce qui va bien. Mais l’information étant ce qui apparaît comme important et sérieux, n’étant pas de l’information, ce qui va bien n’apparaît jamais comme important et sérieux. 

Cinquième élément : le management. La guerre n’est pas simplement le fait des bulletins d’information qui veulent faire de l ‘audience. Elle est aussi économique. Pendant longtemps Florence B. a travaillé dans une agence de pub. La vie y était normale. Sans histoire. Elle faisait de la publicité pour des lessives,  des couches et de la nourriture pour bébés.  Un jour, la boîte de pub est rachetée par un fond de pension américain. Changement d’ambiance. Il s’agit de faire du chiffre. On ne plaisante plus. Florence B. est priée de devenir une tueuse afin d’être une gagneuse. Autour d’elle, son équipe craque. Sa directrice, ses collègues, les secrétaires, toute la boîte s’effondre en larmes et démissionne. « Ça ne vous plaît pas ? », dit la nouvelle direction.  « Comme on se bouscule pour avoir votre poste, vous serez vite remplacée ».  

Le pouvoir du négatif, la surenchère, l’esthétique du rebelle, la course à l’audience médiatique, le management sur le mode du tueur. On a là le cocktail qui permet de comprendre pourquoi notre monde est épuisé, laminé, broyé, cassé. Normalement, la société s’oppose à la violence. Aujourd’hui, elle se fonde sur elle. Non seulement, la violence l’organise, mais quand, il est question de critiquer la violence existante afin d’établir des rapports plus humains, c’est encore dans la violence que cela se fait. Hier, on critiquait avec derrière la critique un idéal religieux et politique. 

On se demande pourquoi les jeunes sont stressés, pourquoi ils sont victimes de burn out. Ils ont peur, tout étant fait pour qu’ils aient peur. Le terrorisme, est-il dit, est la bombe atomique du pauvre. La terreur au quotidien est la kalachnikov d’un monde sans aucune culture.

Quels effets psychologiques ou autres peuvent avoir ces contraintes environnementales sur le développement d'un enfant ou d'un jeune adulte ? Peut-on expliquer les nombreux burn-outou les phénomènes de retrait scolaire ?

François Bauman : Il y a 10 ans on constatait effectivement déjà une augmentation des burn-out au sens strict du terme. Mais on remarque que d'autres pathologies entre temps se sont ajoutées aux burn-outs qui se manifestent par une profonde désespérance en l'avenir et une déception quant au présent.

Cela n'est évidemment pas sans conséquences et cela se traduit par des troubles somatoformes (qui sont à la fois psychologiques et somatiques). Des troubles qui viennent de la tête et se traduisent par des expressions corporelles. Cela se traduit parfois par des troubles dépressifs, des troubles de tristesse, et un épuisement physique et psychiques. Évidemment ces mêmes troubles entrainent des conséquences très concrètes dans le monde professionnel ou pénalise pendant les études. Ces troubles existent aussi chez les plus jeunes mais sont beaucoup moins détectés.

Encore une fois cela a toujours existé mais ça prend des proportions considérables que l'on a encore du mal à mesurer chez les jeunes générations.  L'évolution des relations sociales, l'hyperconnectivité sont autant de facteurs explicatifs.

Concrètement, faut-il s'inquiéter des effets que pourrait avoir une, voire plusieurs générations stressées ou désabusées ? Quelles pourraient être les conséquences ?

Michel Fize : Je pense que la principale conséquence de ces situations c'est de générer à court terme des comportements agressifs. Quand tout va mal autour de soi, on déchaîne des éléments de colère vers autrui. L'antisémitisme dont on parle beaucoup c'est aussi un moyen d'exprimer un malaise, de trouver un bouc émissaire face à une situation que l'on n'arrive pas à gérer.

Sur le long terme, on peut penser qu'une génération stressée va enfanter d'une génération encore plus stressée. A chaque fois peut-être que le niveau de stress augmentera pour aboutir à une généralisation des générations produisant des individus cassés psychologiquement.

Quelles réponses médicales - ou autre - peut-on apporter à cette génération ? Quels sont les moyens pour faire que cette génération s'en sorte ?

François Bauman : Il y a des méthodes pour faire face à cette généralisation de la désespérance. D'abord le sport, quelqu'un qui est oisif, ne va pas bouger aura plus tendance à rester dans une sorte de contrainte psychique. Le premier conseil à donner serait d'aller bouger. Il faut renouer le contact humain et favoriser les situations permettant une interaction sociale et également se réapproprier le concept de vie privée Il faut arrêter de rendre public toute notre vie notamment au travers des réseaux sociaux.  Enfin, rompre avec la culture de l'immédiateté, éduquer ses enfants ou ses adolescents à l'importance de temporiser permettrait de prévenir certains facteurs de risque.

D'un point de vue purement médical, tout dépend du niveau d'atteinte de ces troubles mais une thérapie peut être envisagée avec un professionnel. Dans les cas les plus graves, les plus extrêmes, la prescription d'antidépresseurs est une possibilité à utiliser en dernier recours.

Comment dès lors redonner leur place à cette génération burn-out ? 

Michel Fize : Il faut d'une part que les gouvernants luttent globalement et rapidement contre ces crises que nous traversons notamment la crise climatique qui est la plus grande d'entre elles. Ensuite au niveau collectif il conviendrait de sortir de cet esprit compétitif qui s'est imposé de partout. D'abord à l'école mais aussi dans le milieu sportif professionnel… Aujourd'hui tout n'est que pression et compétition. Cela n'est pas sans effet sur la psyché des individus.

Enfin, en plus de ces actes politiques et de ce virage qu'il conviendrait de négocier, il ne faut pas oublier non plus d'offrir un discours aux jeunes générations qui ne soit pas catastrophiste. Il faut porter un discours d'espoir en l'avenir, aussi bien individuel que collectif.

Bertrand Vergely : Par cinq éléments. Première élément : une révolution mentale. Il faut d’urgence changer notre pensée du tout au tout en posant comme fondement de notre façon de voir le fait que 1) nous nous en tirerons, 2) parce que nous avons tous les moyens de nous en tirer. Ainsi, il n’y aura pas de catastrophe écologique, de désastre climatique, de guerre nucléaire, d’effondrement économique et financier, de crise sociale, de désastre sanitaire et d’épidémie terroriste parce que nous avons parfaitement les moyens de les éviter.  Dans son Discours sur la servitude volontaire Étienne de La Boétie explique qu’il y a des tyrans parce qu’il y a des esclaves. Nous sommes tyrannisés par la violence et par la peur parce que nous sommes mentalement esclaves du désespoir. Arrêtons d’être mentalement désespéré, la tyrannie de la peur reculant, la violence et le stress reculeront. 

Deuxième élément : une révolution anthropologique. Actuellement, l’homme n’existe pas. Il n’existe plus. Parce qu’on ne voit en lui qu’un épiphénomène de la matière et un corps. Non seulement l’être humain a une âme mais il a un esprit qui est son noyau d’être. Tant que l’on continuera de voir en lui un tas de cellules voué au néant, tant qu’on  ne s’intéressera pas à son âme et à son noyau d’être, on connaîtra stress et burn out. Que d’hommes et de femmes, que de jeunes et de moins jeunes souffrent aujourd’hui de solitude et de manque de reconnaissance. C’est leur âme et leur esprit qui crient. Ils souffrent parce que leur âme et leur esprit ne sont pas nourris. 

Troisième élément : une révolution pratique. Il n’est pas très difficile de lutter contre le stress : il suffit pour cela de respirer. Prenons l’habitude dans la journée de fermer les yeux et de prendre cinq ou dix respirations à partir du ventre, immédiatement la tension baisse. Quand on enseigne et que l’on invite les étudiants à faire cet exercice avant de s’adonner à des travaux intellectuels, les étudiants en ressentent un tel bienfait qu’ils le réclament. 

Quatrième élément : une révolution culturelle. En France aujourd’hui Taï Chi, Qi QOng, yoga se développent en connaissant un franc succès. Il faut soutenir, encourager, fortifier ces disciplines qui font du bien au corps, à l’âme et à l’esprit en étant les moyens anti-stress les plus efficaces et les plus puissants qui soient. 

Cinquième élément : une révolution spirituelle. Le monde musulman prie cinq fois par jour et pratique chaque année un jeûne. Au moyen-âge, quand l’Europe était chrétienne, la vie était rythmée par la prière et le jeûne. Il faut revenir d’urgence au jeûne et à la prière. Entendons par prière le fait d’être attentif en rentrant dans la présence à soi et à la vie. Appelons jeûne le fait de connaître des temps de repos, de respiration, de silence. Cela n’empêche pas de vivre. Cela permet de mieux vivre. Pour se remplir, il faut se vider. Quand on ne fait que se remplir sans jamais se vider, on ne se remplit, on se gave, on obstrue son être et on souffre. 

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Benvoyons
- 05/03/2019 - 11:41
Mon Dieu voilà que les Français se pensent
dans une situation pire que les humains dans l’antiquité, le moyen-age, la période 1800 1900..
Il faudrait pour les fameux Burnouts aucun traitement mais les aider à aller pendant 6mois en Afghanistan, Pakistan, Inde,Mozambique, Soudan, etc pour qu'ils puissent éliminer leur intoxication mentale par nos Sociologues,les FI, RN, & quelques psychiatres pour qui le Goulag est bien meilleur que l'activité dans des pays libres.
zen-gzr-28
- 04/03/2019 - 21:44
Le burn-out des commerciaux ou employés
harcelés par leurs cadres existent hélas aussi. Les adultes étant sous pression, comment les enfants et ados pourraient ne pas en subir les conséquences. Qui prend le temps d'admirer de splendides couchers de soleil, les nuances de luminosité dans la journée qui apaisent, quand les médias nous inondent de faits imminents alarmistes concernant le devenir de la planète par une catégorie de personnes qui y connait quoi ? Vraiment ? Et fort des insistances de ces dites personnes, les acteurs, les membres du GIEC, les écologistes sectaires, les gouvernements qui ponctionnent les dites taxes carbone à quelles fins, la question peut se poser, les jeunes effectivement sont angoissés. Tout est question de pognon, le bon sens terrien est relégué aux oubliettes et c'est problématique !
Sidewinder
- 04/03/2019 - 06:30
Bizarre.
On parle de "Burn out" dans une Société qui est supposée être égalitaire, redistributive, sociale et j'en passe…Normalement nous devrions tous être au paradis total, non ? Comment peut-il se faire que les « riches » (cadres, entre autres), soient affectés de misères pendant que les "pauvres" n'en peuvent plus de se serrer la ceinture ? Le modèle social que le monde nous envie devrait faire bien meilleure figure. Allons, tous, montrez votre visage réel : bonheur, joie, prospérité a en dégueuler tellement c'est trop bon !
Merci