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Bercy se réjouit de la perspective de baisse des taux alors alors que c’est une très mauvaise nouvelle pour l’économie
Publié le 27 février 2019
Ou alors ... Les taux d’intérêt vont encore baisser... Bercy, les politiques et même les gilets jaunes vont pouvoir faire la fête alors que c’est une catastrophe !
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Ou alors ... Les taux d’intérêt vont encore baisser... Bercy, les politiques et même les gilets jaunes vont pouvoir faire la fête alors que c’est une catastrophe !

Les taux d’intérêt vont continuer de baisser. Tout le monde est content, Bercy, les politiques et mêmes les Gilets jaunes, alors que c’est une catastrophe pour l’économie.

Selon la Banque de France, la perspective d’une hausse des taux d’intérêt s’éloigne. Alors que Bercy s’inquiétait, c’est le contraire qui va se produire. La charge de la dette va donc encore baisser jusqu'en 2022. On va pouvoir s’endetter, tout le monde va être content. Les responsables politiques de tous bords et même les Gilets jaunes, parce que ça veut dire qu’on va trouver l’argent pour financer leurs revendications. Forcément, comme disait Marguerite Duras !

La vérité, c’est que c’est une catastrophe pour le redressement de l'appareil économique, les réformes de structures, l'activité et le chômage.

Jusqu’à hier soir, le gouvernement travaillait sur l’hypothèse d’un resserrement monétaire en Europe (comme aux Etats-Unis ou ailleurs). En clair, tout le monde pensait que Mario Draghi allait pouvoir fermer son casino avant de quitter ses fonctions. Il l’avait dit et répété depuis l'année dernière.

Or, c’est le contraire qui va se passer. Selon la BCE, « le ralentissement de l'économie en zone euro est clairement plus fort et plus large qu’attendu, nous allons donc nous adapter » En clair, la BCE va maintenir les taux bas. Avec des conditions clémentes, la France en a déjà profité puisqu’elle vient de lancer avec succès une émission obligataire à 30 ans à 1,6 %. Pourquoi se priver ? L‘open bar monétaire va prolonger son bail.

En 2011, la charge de la dette était de 55 milliards d’euros. Son cout était proche de 3%.

En 2019, le cout est tombé à 1,6%, alors que le stock de dettes s’est accru considérablement. Puisque nous sommes pratiquement à 100% du PIB, à plus de 2400 milliards d’euros. Cette dette augmente de 2000 euros par seconde. Il faut jeter un œil sur le compteur de la dette du ministère des Finances, qui n’en fait pas une grande publicité, mais qui a le mérite d’exister : http://www.dettepublique.fr

Mais en dépit de cette montagne de dette, son poids comparé au budget total est en baisse. Baisse de la charge de la dette, qui était de 1,9% en 2017 et qui va descendre à 1,3% du PIB en 2021. Il faut dire que le taux aura baissé de 2,7% à moins de 1,9%.

En masse d’argent, la charge de la dette (les intérêts payés) sera cette année de 32 milliards d’euros contre 42 milliards en 2018 et une prévision budgétaire de 44 milliards.

La baisse des taux nous a fait faire une économie de 10 à 12 milliards d‘euros. Exactement ce que vont nous couter les Gilets jaunes avec le plan de relance. Comme quoi, ça n‘est pas inutile d’avoir un président de la République qui soit un ancien banquier.

 

La perspective de baisse de taux jusqu’après 2021 est considérée comme une excellente nouvelle. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais de quoi se plaignent tous ces grincheux de libéraux ?  

D’abord, parce que Bercy peut boucler ses comptes sans être obligé de faire une politique d’austérité, y compris sur le modèle social.

Ensuite, les politiques de toutes les couleurs peuvent être généreux et brocarder les tristes et les pessimistes qui n'arrêtent pas de réclamer des réformes de structure. Mais pour quoi faire ?

Enfin, certains vont même pouvoir nous sortir le coup de la cagnotte.

La France va pouvoir passer deux ou trois ans dans des draps de soie, la dette paiera.

 

Le problème, c’est qu’il ne faut surement pas avoir fait l‘X et l’ENA, pour s’apercevoir que l’argent gratuit n’existe pas. Enfin, pas pour tout le monde.

Cette perspective de baisse de taux est une très mauvaise nouvelle pour l’économie, son activité, ses créations d’emplois et son dynamisme compétitif.

D’abord, parce que les taux bas tuent les investissements à risque en asphyxiant la rémunération. Pourquoi investir puisqu‘ils ne rapportent rien ? Donc pas ou peu d’investissements et surtout pas ou peu d’innovation. Les taux bas, c’est l’outil le plus efficace pour l’application du principe de précaution.

Ensuite, les taux bas n’encouragent pas la compétitivité puisqu’on peut s’endetter pour acheter ce que les autres savent fabriquer (les Allemands par exemple). Par conséquent, les taux bas n’encouragent pas la création d’emplois à haute valeur ajoutée.

Enfin, les taux bas favorisent les plus âgés au détriment des jeunes générations que l'on prive de perspectives puisqu'elles ne sont pas rémunérées.  

Le taux d’intérêt, ça n’est rien d’autre que la rémunération du risque et le prix du temps. Si les taux sont bas, ça signifie que l’avenir n’a pas de valeur. Beaucoup de civilisations sont mortes pour avoir insulté l'avenir de cette façon : Venise que tout le monde adore. Rome que beaucoup admirent. La Grèce dont tout le monde rêve.  

 

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ajm
- 27/02/2019 - 19:10
Taux bas et projets industriels.
Les taux bas poussent les investisseurs à fuir les actifs financiers de dettes et à privilégier les marchés actions et les marchés d'actifs réels ( immobiliers par exemple) avec un risque spéculatif à la clef si tout le monde fait pareil . Ils poussent aussi les investisseurs plus avisés à s'endetter pour financer de vrais projets industriels plus risqués mais potentiellement beaucoup plus profitables que de placer son argent en dépôts ou en dettes ne rapportant rien ( sauf à acheter de la " High yield" subordonnée ).
pierre de robion
- 27/02/2019 - 18:39
Toto 1 et 2!
Vous êtes bien dur pour ce pôvre Sylvestre!
Vous avez raison tous les 2 mais celui qui a doublement raison, c'est "moneo": "nous sommes dans un corner si on augmente le taux la dette n'est plus remboursable et si on baisse les taux on déclenche la hausse des biens et en premier lieu la spéculation boursière"...
Or comme le dit si bien l'ami J-Marc, répondant par avance à votre objection "les intérêts d'une dette d'état se doivent d'être payés par la croissance", "les taux bas tuent les investissements à risque et l'innovation", seuls facteurs de vraie croissance, au profit de la pure spéculation et au détriment de l'épargne, mais les épargnants y sont habitués!
Conclusion, l'Argentine, vous connaissez? On peut imaginer aussi la volatilisation de la monnaie! Vive le troc!

moneo
- 27/02/2019 - 17:55
investir en France ,
Safran voudrait bien mais on l'enquiquine tellement administrativement qu'elle envisage d'investir ailleurs..
Macron a fait la moitié du boulot sur lISF en créant l'IFI mais ça c'est insupportable; vous vous rendez compte Avec tous ces pauvres que nous avons....les GJ veulent l'ISF ;a croire que passez de riches ne sont partis et pas seulement Depardieu.
les vieux ces salauds de" soixanthuitards " qui ont élevé tant de Tanguy , ont ,passé ,la quarantaine ,compris que les politiques leur piqueraient leurs retraites alors ils ont économisé "vieux dégueulasses" on va leur piquer leurs sous maintenant .l'addition écolo socialiste il faut bien la payer non?
tiens il ya un nouveau projet dans l'air pour piquer 25% sur l'assiette des droits de succession sur les assurances vies;
normal changer les règles du jeu en cours de route
En fait nous sommes dans un corner si on augmente le taux la dette n'est plus remboursable et si on baisse les taux on déclenche la hausse des biens et en premier lieu la spéculation boursière... qu'est ce que cela a à voir avec l'investissement ? mais bon faut bien trouver de sous pour financer les folie vertes