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Bien être

Trois propositions pour changer le travail au bureau que proposent les happiness managers… et qui fonctionnent

Publié le 20 février 2019
Le bien-être au travail est une préoccupation de plus en plus importante dans le monde de l'entreprise, notamment chez les cadres et les jeunes.
Xavier Camby est l’auteur de 48 clés pour un management durable - Bien-être et performance, publié aux éditions Yves Briend Ed. Il dirige à Genève la société Essentiel Management qui intervient en Belgique, en France, au Québec et en Suisse. Il anime...
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Xavier Camby est l’auteur de 48 clés pour un management durable - Bien-être et performance, publié aux éditions Yves Briend Ed. Il dirige à Genève la société Essentiel Management qui intervient en Belgique, en France, au Québec et en Suisse. Il anime...
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Le bien-être au travail est une préoccupation de plus en plus importante dans le monde de l'entreprise, notamment chez les cadres et les jeunes.

Atlantico : Pour veiller à ce bien être des salariés et à des fins d'amélioration de la productivité de l'employé, les entreprises rivalisent d'ingéniosité.  Aujourd'hui, quelles sont les méthodes qui fonctionnent et permettent de faire d'une pierre deux coups?

Xavier Camby : Remettons un peu de bon sens dans cette préoccupation, aussi nouvelle que bientôt universelle, pour le bien-être du travailleur. Et ma première remarque est qu’il s’agit bien davantage de lutter contre le mal-être au travail que d’y promouvoir un hypothétique bonheur ou ré-enchantement… Si tant travaille à recréer du bien-être au travail, c’est parce qu’il a dramatiquement et drastiquement décru. Un étrange paradoxe, c’est que la pénibilité physique ne cesse de décroître depuis 70 ans, mais que la souffrance psychique, sous ses diverses formes (stress, surmenage, conflits idiots, comportements inadaptés, présentéisme ou absentéisme, accidents psychiques dissimulés…) ne cesse d’augmenter de façon exponentielle et de se répand comme une pandémie.

Alors, oui beaucoup d’entreprise tentent de se saisir du problème, lequel génère tant de coûts cachés (conflits, sabotages passifs ou actifs, démotivation et baisse de la qualité, turn-over de personnel, difficulté à retenir ou à attirer les collaborateurs…). Beaucoup trop cependant pratiquent « l’enfumage » : on considère les symptômes, on abuse des placébo, en se donnant bonne conscience. Et on ignore les causes objectives, car elles remettent en cause radicalement le modèle capitaliste prétendument libéral, une organisation hiérarchie caporaliste et l’hégémonie oligarchique de certains castes, arguant de leurs sur-diplômes pour assouvir leur soif de domination et de pouvoir. Car la cause des tous ces mots est la toxicité des interactions interpersonnelles, éventuellement managériale… Pour ce qui concerne l’entreprise à la française, je force à peine le trait…

Beaucoup d'entreprises se voulant jeunes offraient des avantages en nature assez insolites mais spectaculaires  comme l'accès à des bières gratuites chaque vendredi ou encore laisser les employés gérer leurs vacances et instaurer une possibilité de congés illimités. Toutefois ces méthodes bien qu'attrayantes de prime abord pouvaient engendrer un phénomène de retour de bâton si elles venaient à être supprimées ou, dans le cadre des vacances illimitées, pouvaient occasionner plus de stress pour l'employé. Quels sont les écueils dans lesquels il vaut mieux ne pas tomber dans une démarche de développement du bien-être au travail ? 

Le travail a une valeur en lui-même : créer une valeur ajoutée (humaine, sociale, culturelle, ludique, scientifique, artistique…), au sein d’un écosystème, pour ensuite l’y partager. Cette contribution est essentielle et se suffit à elle-même, dans les faits, pour générer une saine motivation. Les pseudos avantages que vous évoquez semble relever des hochets, des susucres, des pis-aller, des faux-semblants infantiles et infantilisant, qui permettraient d’éviter et de reconnaître réellement cette contribution authentique et d’entreprendre d’éradiquer les comportements toxiques, irrespectueux de la personnes humaine, faux, affectés et empruntés, qui constituent la cause principale du mal-être au travail, individuel ou collectif. Allons plus loin, sous couvert de pseudo responsabilité sociale de l’employeur, on voit des stratégie de cache-misère mise en œuvre dans certaines organisations : pour faire passer la pression insupportable, pour faire avaler les objectifs aussi imposés que contreproductifs, pour faire digérer couleuvres avariés et mensonges variés, on ajoute une salle de sport, on saupoudre de bières du vendredi soir, on mets un babyfoot dans la cafétéria, juste à côté de la salle de repos. Oui mais la toxicité ambiante continue de se répandre. Allons un peu plus loin : j’observe parfois que c’est par un profond mépris que certains pensent ainsi acheter leur complaisance ! Attention, car le mépris est toujours réflexif !

D'autres entreprises préfèrent l'efficace au spectaculaire comme les abonnements gratuits aux salles de sport (qui permettent à l'employé de décompresser aisément) ou encore imposent la déconnexion en-dehors des heures de travail de manière à faire baisser la pression. Au final ne vaut-il mieux pas se diriger vers ces initiatives "moins sexy" mais qui marchent réellement ? 

L’expérience montre que l’efficace en entreprise est simple, non artificiel et très humain. En premier lieu, veuillez à ce que chacun y puisse apprendre, s’y développer réellement (pas en se sacrifiant pour l’institution ou pour les actionnaires, sur le fil étroit et carcéral de la définition de fonction). Comme tout lieu de vie, l’entreprise peut devenir un lieu d’apprentissage, de développement personnel, de croissance… Sauf à devenir un lieu de souffrance ou de mort ! Deuxièmement, il convient de stimuler partout, en tout temps et auprès de tous, toutes leurs potentielles contributions, individuelles et collectives. Nous sommes loin des castes Dominants (ceux qui pensent) et dominés (ceux qui obéissent, liés par une subordination contractuelle dégénérée en soumission). La dernière clé est de favoriser sans cesse un relationnel harmonieux, empreint de l’indispensable respect de soi et de l’autre. Loin donc des arènes conflictuelles ou certains aiment nous entraîner, avides d’émotions négatives…

Loin des ficelles un peu grosses et trop fragiles, chacune des initiatives fondées sur l’un ou l’autre des arguments de cette humanité simple et de bon sens génèrera un extraordinaire, authentique et durable bien-être collectif ! Mais sans doute est-ce trop simple -même si drastiquement exigeant- pour nos chers esprits si éduqués, qui recherchent toute complexité, pour essayer de mieux briller.

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