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La fièvre du samedi
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
Publié le 17 février 2019
Cette couleur est en effet très à la mode. On n'est pas obligé de la trouver belle.
Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Cette couleur est en effet très à la mode. On n'est pas obligé de la trouver belle.

Un sondage de l'Ifop paru récemment indiquait que 22% des Français croyaient à un "complot sioniste". Atlantico a évoqué ce chiffre dans un excellent article. Il convient de le compléter par un autre chiffre issu du même sondage : 43% des Gilets jaunes pensent qu'il y a un "complot sioniste". Soit le double de la moyenne nationale !

C'est inquiétant. Non pas pour les Juifs, qui en ont vu d'autres dans leur Histoire. Mais pour la santé mentale de ces sondés. On les condamne évidemment. Mais ceux qui transforment leur vie en un beuglement de ressentiment et de haine sont surtout à plaindre !

Rien d'étonnant donc à ce que quelques gilets jaunes s'en soient pris samedi au philosophe Alain Finkielkraut. "Rentre chez toi !" Où ? A Auschwitz ? "Sale merde de sioniste !" "Sale Juif, on va te tuer !" Cela s'est passé place des Invalides lors du cortège des Gilets jaunes. En France, donc. Chez nous…

La France est en crise. Une crise non seulement sociale mais aussi morale et psychologique. Dans les périodes charnières comme celles-ci, ils sont nombreux ceux qui pensent que les élites leurs mentent, que les hommes politiques s'en mettent plein les poches, que les journalistes sont tous des vendus et des pourris.

Et très vite s'installe chez eux l'idée du complot. Le complot des banques (de préférence la banque Rothschild). Le complot des riches, des puissants, des partis politiques. Et comme toujours, quand on parle de complot, on atteint le point Godwin : le "complot juif". De ce "complot", Alain Finkielkraut est un symbole délectable : il est Juif, il écrit des livres, il est cultivé et il est membre de l'Académie française.

En 1936, pendant la guerre civile espagnole, les étudiants franquistes criaient : "à bas l'intelligence !" Cette phrase a fait son chemin au-delà des Pyrénées. Et elle a atterri douillettement dans les défilés des Gilets jaunes.

Bien sûr, les hyènes des Invalides ne sont pas la majorité des Gilets jaunes. Bien sûr que les dérapages anti-juifs lors de leurs précédentes manifestations étaient marginaux. Il se trouve pourtant que ça arrive avec eux, chez eux. Que n'aurait-on dit si quelques abrutis s'étaient détachés d'une manif du Rassemblement national pour crier à Finkielkraut : "sale juif, on va te tuer !" ? Marine Le Pen aurait tout fait pour les identifier et les exclure. Et les Gilets jaunes, ils font quoi ?

Je sais qu'avec les Gilets jaunes, il convient d'être bienveillant. Surtout si l'on est journaliste et donc membre de cette "élite" si détestée. A force d'entendre des Gilets jaunes répéter "nous sommes le peuple", certains finissent par baisser la tête de craindre de fâcher le "peuple". Eh bien non ! Les Gilets jaunes ne sont pas le peuple, ils sont juste une partie – très visible sur les plateaux de télévision – du peuple. Qu'ils détestent Macron ne les rend pas antipathiques mais ne fait pas d'eux des gens fréquentables. Car il y a dans leurs rangs quelque chose qui s'appelle la populace. Et la populace ne mérite que le mépris.

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Quidam
- 22/02/2019 - 03:08
Egarement
Ici, M.Raysky s'égare parfaitement d'un bout à l'autre. Je ne vais pas m'étendre, ce serait trop long, juste m'en tenir à l'agression contre M.Finkielkraut.
Quoi de plus simple que d'enfiler un gilet, même jaune ? Nettement, les agresseurs portaient keffieh et barbe rousse et leurs invectives trahissaient leur idéologie.
Il y a peu de chances pour que les GJ autour des agresseurs aient compris quelque chose à la scène. Ce n'est pas que financièrement que la grande majorité des GJ sont démunis. Culturellement aussi, il suffit d'aller faire un tour sur leur page Fb pour s'en convaincre. Et donc à la merci de n'importe quelle infiltration manipulatrice, hélas. Il est ridicule de penser qu'ils aient pu reconnaître M.Finkielkraut, pour la bonne raison qu'ils ne le connaissaient avant cet événement.
Il n'est pas question d'être "bienveillant", mais lucide et honnête.
CAPUCINE61
- 19/02/2019 - 02:41
L'étoile et celui qui l'a demandé
Il faudrait peut-être que les médis soient, pour une fois, honnête ! En effet, qui n'a pas entendu cet individu tenir des propos honteux ? Mais quel est l'homme, la femme politique, le média, le syndicat, etc qui n'a pas osé faire remarqué de peur de passer pour un vilain raciste que ces mots ont été proférés par, une fois de plus, une racaille de banlieue, et pour dire franchement avec l’accent arabe ? On connaît l'amour immodéré que les arabes portent aux juifs, n'est-ce pas ? Mais il était plus facile de faire porter le chapeau aux gilets jaunes, tout comme les casseurs, qui ont le sait n'ont rien à voir avec les revendications des premiers. Cela permet de diviser pour régner, n'est-ce pas Monsieur CASTANER ? Pourquoi ne pas montrer du doigt ceux qui fichent le bazar pendant les manifestations des gilets jaunes ? Etes-vous à ce point bigleux pour n'avoir pas vu, lors des dégradations de l'Arc de Triomphe (même s'ils étaient floutés cela était net) que ces petits branleurs étaient soit barbus, soit noirs ! Appelons un chat un chat et cessez de ne pas vouloir voir et toujours accuser le petit Blanc du peuple ! C'est un peu facile et réducteur !
Alain Briens
- 18/02/2019 - 16:44
Une implacable dérive (fin)
N'importe qui aujourd'hui peut enfiler un gilet jaune pour revendiquer n'importe quoi. A côté du noyau dur du début des ronds-points s'est agrégé des groupuscules disparates qui n'ont en commun que leur marginalité, leur ressentiment et leur agressivité, et dont les slogans sont bien souvent totalement contradictoires. Toute tête qui a cherché à dépasser a été impitoyablement coupée, dernièrement encore celle de Madame Levavasseur. Dans ces conditions, il est inéluctable que s'expriment dans les cortèges tout l'éventail des idées, des plus farfelues aux plus nauséabondes, des plus grotesques aux plus dangereuses. Le mouvement est mort, condamné à s'enfoncer dans la violence, la pagaille et l'obscurantisme.