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Chômer moins mais gagner plus
Plus court mais mieux indemnisé : cette réforme de l’assurance chômage qui pourrait offrir une solution aux demandeurs d’emplois
Publié le 23 janvier 2019
Le problème de la réforme du chômage est la crainte d'un véritable big-bang. Ces dernières années, les gouvernements se sont contentés d'ajuster quelques paramètres à la marge en se disant que la réforme structurelle viendrait toujours après. Erwann Tison et Olivier Babeau proposent de passer à la vitesse supérieure.
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Le problème de la réforme du chômage est la crainte d'un véritable big-bang. Ces dernières années, les gouvernements se sont contentés d'ajuster quelques paramètres à la marge en se disant que la réforme structurelle viendrait toujours après. Erwann Tison et Olivier Babeau proposent de passer à la vitesse supérieure.

Atlantico : Dans un article que vous co-signez avec Olivier Babeau pour l'institut Sapiens, vous proposez de modifier les termes de l'allocation chômage, en réduisant sa durée de 2 ans à 6 mois, tout en élevant le niveau de remplacement de 56% à 80% du salaire. Quels seraient les effets d'une telle mesure ?

Erwann Tison : Il ne s'agit pas que de la baisse des allocations, cette mesure se fait avec la fusion de la formation professionnelle et de l'assurance chômage. Un actif privé de son emploi va rester six mois au chômage, pendant lesquels il s'occupera de sa recherche d'emploi. S'il est non-qualifié, il sera pris en charge par Pôle Emploi, s'il est qualifié la collectivité pourrait le juger plus à même de trouver un emploi par lui‑même, par ses réseaux et autres. Pendant les six mois il aurait donc une allocation beaucoup plus élevée qu'elle ne l'est actuellement, tout simplement pour éviter le sentiment d'éclatement quand on tombe au chômage. Vous avez une perte de quasiment la moitié de votre revenu, un effet qu'on retrouve également sur la consommation puisque les personnes qui ont leur pouvoir d'achat amputé de plus de quarante points ne peuvent pas avoir les mêmes habitudes de consommation qu'avant, ce qui pèse un peu sur la croissance. L'actif qui tombe au chômage a six mois avec ces conditions d'allocations pour trouver un emploi, et s'il ne le trouve pas il est pris en charge par un système de formation professionnelle. Il faut savoir que les deux systèmes, assurance chômage et formation professionnelle, sont d'environ 35 milliards, ce qui fait une enveloppe de 70 milliards d'euros, l'idée étant de faire des économies d'échelle. Ensuite l'actif qui n'a pas trouvé de travail par lui‑même peut se retrouver dans une formation qualifiante, et surtout qui lui permette de s'insérer professionnellement dans un métier qui soit sous tension, où il y a besoin de main-d'œuvre. L'effet de cette mesure, on l'espère, est d'avoir une meilleure formation des actifs grâce à la case formation, par laquelle tous les actifs sont obligés de passer, si jamais ils ne retrouvent pas par eux-mêmes un travail, tout en évitant le déclassement des personnes qui tombent au chômage.  

Alors que la crise des Gilets jaunes est présentée comme une crise du pouvoir d'achat, ne craignez-vous pas qu'une telle mesure contraigne les individus à accepter des salaires plus bas, aggravant ainsi la situation ?

Non car on veut atténuer la perte du pouvoir d'achat en rehaussant largement l'allocation, pour faire en sorte que la perte d'un emploi soit dans un premier temps quasiment indolore sur le pouvoir d'achat d'un ménage. S'il ne trouve pas un emploi dans les six premiers mois il n'en trouvera pas dans les deux ans. La logique actuelle, avec une indemnisation de l'assurance chômage pendant 24 mois, qui est d'ailleurs la plus longue d'Europe, est quelque part un aveu de faiblesse de l'Etat : "Je n'arrive pas à te réinsérer par les outils qui peuvent exister, notamment Pôle Emploi, donc tu vas rester sagement chez toi." L'actif qui ne trouve pas un emploi dans les six mois n'en trouvera pas dans les vingt‑quatre mois, en tout cas il a peu de chances, donc autant faire quelque chose de ce temps. On souhaite l'envoyer en formation pour lui permettre d'une part de mettre à jour ses compétences, d'autre part de garder un lien avec le marché de l'emploi, car la formation peut très bien se faire en entreprise, et enfin de pouvoir s'intégrer beaucoup plus facilement, avec de nouvelles compétences et un nouveau profil, dans un type d'emploi ou un secteur qui embauche.

Selon les chiffres publiés par la DARES, l'ancienneté moyenne du chômage était de 622 jours (un plus haut historique) au mois de décembre dernier. La formation à elle seule peut-elle être en mesure de corriger cette situation ?

C'est terrible de dire que des gens restent plus de 622 jours au chômage, car il y a une caricature de l'image d'Epinal qui dit que ces personnes attendent patiemment pour toucher leur allocation. C'est beaucoup plus terrible que ça parce qu'elles sont coupées de tout, elles perdent le lien social, le lien professionnel, et ne sont plus en capacité de trouver facilement un emploi. Donc les faire passer obligatoirement au bout de six mois dans une formation qualifiante et professionnalisante, c'est la meilleure chance que peut leur offrir l'Etat, sur l'assurance collective, pour leur permettre de retrouver facilement un emploi, donc de rebondir.  

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Poussard Gérard
- 23/01/2019 - 09:53
A revoir le régime avantageux
de l'intermittence...aussi car l'égalité des chômeurs est à ce prix...avec la réduction de la durée d'indemnisation...