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Guerre économique

L’Europe s’acharne sur le Big Mac, les Etats-Unis sur Alstom : le match du naïf David contre le cynique Goliath

Publié le 20 janvier 2019
Face à l’émergence de la guerre commerciale totale, les décideurs européens et français tout particulièrement doivent impérativement adopter une nouvelle grille de lecture sur les rapports de force structurels en jeu dans la mondialisation.
Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations...
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Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations...
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Face à l’émergence de la guerre commerciale totale, les décideurs européens et français tout particulièrement doivent impérativement adopter une nouvelle grille de lecture sur les rapports de force structurels en jeu dans la mondialisation.

Atlantico : Dans la guerre économique qui fait rage entre l’UE et les États-Unis, le rapport de force semble toujours biaisé. Quand l'Europe impose certaines règles jugées absurdes par les multinationales américaines (à l’image de la dernière affaire du « Big Mac » visant McDonald), de son côté, « l'Oncle Sam » use et abuse d'un système judiciaire offensif extrêmement bien rodé, au service de ses intérêts de puissance (extraterritorialité du droit américain, et multiplications des amendes astronomiques faites aux entreprises européennes). Comment, alors, rééquilibrer ce rapport de force inéquitable ? Est-ce une utopie de l’envisager ?

Franck DeCloquement : Vaste programme au demeurant ! En pratique, le plus important est de prendre conscience de la réalité du danger qui guette. Puisqu’il est inscrit sur certains murs que « la recherche de la vérité nous libèrera », prenant Jean, chapitre 8 - verset 32 à témoin, profitons de l’occasion qui nous est donnée ici pour nous prémunir, et faire acte de clairvoyance. Bien que les anecdotes soient légion et fusent dans le registre des ressorts pernicieux de la guerre économique qui impact quotidiennement notre pays, celles-ci sont pourtant difficilement déchiffrables par le plus grand nombre. Le flux des actualités qui se déversent en continu sur tous nos écrans et dans nos têtes, dans le seul but de monétiser et de ravir nos attentions collectives en les subjuguant, n’encourage d’ailleurs pas le quidam moyen à la réflexion, ni même à l’analyse stratégique.

Pour autant, à l’instar du mouvement des gilets jaunes, beaucoup s’alarment aujourd’hui de la quasi-vente « à la découpe » de la France, qui accélère indéniablement l’instabilité sociale, et ruine la confiance de nos concitoyens dans leur avenir. Entreprises, terres agricoles, brevets, immobilier de prestige, industries, chaque année, la liste des entreprises cédées à des groupes étrangers concurrents se rallonge, au moment même où notre pays qui est à la croisée des chemins, joue son avenir. Ce constat terrifiant de dépossession accélérée, rythmé par les délocalisations toujours plus nombreuses d’entreprises implantées sur le territoire national, est d’autant plus douloureux et insupportable qu’il vaut pour les secteurs d’activité les plus divers, pour paraphraser Laurent Izard, auteur de l’ouvrage : « La France vendue à la découpe ».

Cette action de l’UE que vous évoquez, et qui viserait à dépouiller partiellement le géant américain de la restauration rapide de son image de marque, et ceci, à travers l’usage offensif d’une polémique sur la dénomination « Big Mac » – son hamburger fétiche – est un parfait exemple d’attaque « de biais ». Mais elle reste parfaitement anecdotique au regard des pratiques américaines infiniment plus nombreuses dans ce registre. À en croire certains commentateurs de Bloomberg qui le déplore (cela ne surprendra personne au demeurant), l’Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (L'EUIPO), jouerait avec les nerfs de la multinationale McDonald, par le truchement de cet amical coup de pression. Action psychologique ou illusion d’optique ? Doit-on y voir une défiance de l’UE vis-à-vis des Etats Unis, se décidant enfin à user des mêmes moyens coercitifs d’action, « à armes égales » ? N’allons pas trop vite en besogne… L’Europe ne semble pas armée idéologiquement pour changer soudainement, et à ce point, de méthode. La doctrine du libre-échange et un ordo-libéralisme de bon aloi très en verve à Bruxelles lui servant toujours de boussoles. Jusqu’à preuve du contraire.

Loin d’être « un long fleuve tranquille », ce traditionnel champ de bataille qu’est – peu ou prou – l’espace économique, est au contraire le lieu privilégié des conflits les plus violents, et les plus fratricides. Et bien au-delà des habits d’apparats et des postures diplomatiques de circonstance, ou l’usage d’une langue de bois bien rodés fait toujours florès, l’angélisme n’est pourtant plus de mise dans les différents cercles du pouvoir. Le refroidissement des relations transatlantiques depuis l’élection surprise de Donald Trump et un contexte social explosif et défiant ayant tôt fait de rebattre les cartes, et de refroidir certaines amitiés pourtant traditionnelles. L’heure ne semble plus être à la fête et au respect mutuel.

Dès 1996, dans son testament politique, François Mitterrand au seuil de la mort s’était déjà exprimé à ce sujet: « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort… apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort ! ».

In fine, l’ancien chef de l’Etat Français révélait à travers ses propos acerbes, la dureté d’une guerre économique « fantôme » très longtemps tue ou passée sous silence. Et cela, au moment même où la sécurité de nos pays se mesure désormais davantage à l’aune des emplois sauvés, des politiques industrielles déployées et des contrats internationaux remportés sur l’adversité, plutôt qu’en termes de victoires militaires sur les champs de bataille extérieurs. Le concept de « guerre économique » a depuis fait son chemin dans les esprits, et même des plus retors, compte tenu de la situation préoccupante du pays. Ses scories et ses effets délétères sur les conditions de notre sécurité nationale et de notre autonomie stratégique ne cessent de mettre continuellement à l’épreuve la lucidité de nos dirigeants. Pourtant beaucoup plus soucieux – pour certains d’entre eux – de ne pas trop vexer leurs homologues étrangers. Et cela, même si ceux-ci se révèlent être concomitamment nos pires ennemis sur le plan économique. Un syndrome de Stockholm très largement répandu en France dans les cœurs et les esprits des instances politiques ou dirigeantes. A l’image d’un Edouard Balladur, alors anecdotique Président de la commission des affaires étrangères, fort soucieux de ne pas voir publier sous le timbre de sa haute autorité d’alors, les conclusions gênantes du rapport parlementaire de 2006 initié par l’ancien député des Yvelines, Jacques Myard, sous le titre : « la France dans la guerre de l’information ». Balladur qui ne contestait d’ailleurs pas sur le fond les conclusions abruptes de cette publication à en croire Myard, redoutait pourtant de stigmatiser les agissements de l’administration américaine de l’époque, très largement pointée du doigt dans le document final. Car « ceci n’aurait pas été convenable», selon les propos retranscrits de l’intéressé.

N’y voyant aucune compromission, il faut bien comprendre que certains grands commis de l’Etat ou anciens ministres en rupture de bans, rêvent le plus souvent en sourdine de « faire de l’argent » en se reclassant aux Etats-Unis. « La retraite venue », selon l’expression consacrée. Et ceci, après avoir naturellement pantouflé des années durant aux cœurs même de nos institutions et du pouvoir régalien, pour en connaitre les moindres recoins. Dans ce cas de figure, ne pas être trop regardant ou critique vis-à-vis de nos grands cousins d’Amérique permet aussi de ne pas insulter l’avenir. Et peut même s’avérer être dans certains cas de figure, une excellente solution de reclassement professionnel – au choix – comme « senior Advisor » du Boston Consuting Group (BCG), ou de Goldman Sachs. Et les velléités de recrutements adverses sont nombreuses. Faut-il encore que le prospect choisi dispose d’un carnet d’adresse foisonnant et de connaissances approfondies sur certains sujets sensibles ou stratégiques. La condition sine-qua-non en somme pour se voir octroyer de futurs émoluments « VIP », dont certains crèvent parfois même tous les plafonds de rétributions hexagonales. « Qui pourrait s’en plaindre » m’avait à ce titre rétorqué un très bravache député français, visiblement prévoyant et très aligné sur cette position d’ouverture au… « Business oblige ! »

 

Faut-il alors déployer une certaine forme de courage politique, pour s’opposer aux actions offensives délétères de nos meilleurs alliés, afin d’en contrecarrer certains effets pernicieux qui ont vocation manifeste de défaire nos économies au profit de la leur ? Après Alstom, à qui le tour en somme ?

Depuis quelque temps, le climat et le ton change sensiblement en France sur ces sujets d’importance vitale. Les moyens de l’Etat en contre-ingérences économique et en contre-espionnage semblent aussi faire peau neuve et se renforcer sensiblement, après avoir longtemps été laissés pour compte. Faisant même office de parents pauvres, contrairement aux moyens régaliens alloués à la lutte contre le terrorisme. Une activité jugée plus noble et plus urgente, dans les différentes centrales, compte tenu de la pression constante exercée par l’opinion publique sur le pouvoir politique. Pourtant, les sujets d’inquiétude ne manquent pas après les affaires Alcatel-Lucent, BNP, Technip, les chantiers de l’Atlantique STX, Arcelor et Alstom. Et demain ? A qui le tour ? Oreno Ex-Areva, EDF, Airbus, Naval group, Dassault, Thalès… ? 

Les réalités violentes que recoupent ces guerres secrètes affleurent désormais ouvertement dans les médias, et passionnent de plus en plus le grand public. Pour s’en convaincre, il n’y qu’à constater le succès d’audience enregistré par la série produite par Canal+ sur les actions clandestines de la DGSE, « le bureau des légendes ». Parvenant même à faire une entrée fracassante dans les premiers cercles du pouvoir, en charge de protéger et de faire fructifier les affaires économiques de la France. Et on a beau être vice-président du Cercle Jefferson (bien connu des spécialistes pour être un haut lieu de l’influence américaine en France), regroupant l’ensemble des lauréats IVLP des programmes d’échanges internationaux organisés par le très actif et influent « US Department of State », on n’en reste pas moins un parfait patriote, vigilant, engagé et très au fait des réalités délétères de la guerre économique sur nos entreprises stratégiques et nos flueront économiques. « L’amitié n’empêchant pas la clairvoyance » selon ses propres termes.

C’est en soi le credo volontaire d’Olivier Marleix, député les Républicains (LR) de la 2e circonscription de l’Eure-et-Loir, qui a cette semaine saisi la justice française afin d'enquêter sur les circonstances calamiteuses de la vente du pôle énergie d'Alstom à l'américain General Electric (GE) en 2014. S'interrogeant dans la foulée à voix haute, sur le rôle joué par Emmanuel Macron dans cette affaire d’Etat, alors ministre de l'Economie. Il note à ce titre que l’actuel président, alors ministre de l'Economie qui a « formellement donné l'autorisation » de la vente d'Alstom énergie, a « également autorisé » d'autres cessions d'actifs « d'entreprises stratégiques françaises ». Citant pêle-mêle celles d'Alcatel-Lucent au groupe finlandais Nokia, ou de Technip à l'entreprise américaine FMC Technologies. Il note aussi que le candidat Macron a bénéficié d'un « montant de dons records pour sa campagne », et estime que « le fait que l'on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de diners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées ne peut qu'interroger ». Ce signalement de M. Marleix auprès du parquet de Paris intervient alors qu'un ex-dirigeant d'Alstom – Frédéric Pierucci – a livré un témoignage accablant sur les dessous du rachat d'Alstom par General Electric, dans un ouvrage co-écrit avec le journaliste Matthieu Aron et paru chez JC Lattès mercredi dernier : « Le piège américain ». Une sortie d’ouvrage marquant aussi la fin de son calvaire dans les geôles américaines. Rappelons pour mémoire qu’Olivier Marleix n’est autre que l’ancien président de la commission d’enquête parlementaire qui avait opiniâtrement investigué très en profondeur sur les méandres du scandale de la revente d’ALSTOM aux Américains de GE. Faisant suite en cela aux nombreuses révélations du film « Guerre fantôme », réalisé et autoproduit par une courageuse et fort sympathique équipe de jeunes documentaristes tenaces, parmi lesquels Alexandre Leraître, David Gendreau et Arnaud Thorel. Diffusé sur la chaîne LCP-Assemblée nationale, ce film choc destiné au grand public avait fait grand bruit sous les Ors de la République. Ayant tôt fait de déclencher dans la foulée, la mise en branle expresse de la commission d’enquête parlementaire présidé par l’opiniâtre député Marleix, sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle, et notamment dans les cas d’Alstom, d’Alcatel et de STX…

 

L'Europe est-elle consciente du déséquilibre dont elle pâtit ? Quelles sont ses armes propres dans cette guerre économique ?

Dans une interview récente donnée au Figaro, Olivier Marleix jugeait la France encore bien trop naïve, et très en retard dans sa compréhension des enjeux stratégiques en matière de guerre économique. Dénonçant à cet égard, la vulnérabilité criante de nos entreprises nationales. En cause, le concept de « guerre économique » qui demeure un sujet hautement tabou pour les hauts fonctionnaires. Redoutant par la même d’être classé comme adeptes de la théorie du complot par leurs hiérarchies ou leurs administrations. Peut-on imaginer plus inepte dénégation ? Le Député Marleix juge d’ailleurs que les Américains ; champions du monde toute catégorie selon lui en la matière ; étaient « très intrusifs dans la vie économique de leurs alliés ». Pour preuve, les actions offensives de la NSA vis-à-vis de tous les contrats commerciaux internationaux dépassant 200 millions de dollars. Des faits d’ailleurs révélés par les dépêches de l’ancien contractant de l’Agence Nationale de Sécurité américaines Edouard Snowden, suite à sa spectaculaire défection désormais mondialement connue. Le constat d’Olivier Marleix est à ce titre très édifiant, puisqu’il fustige sans ambages « l’imperium juridique américain » en matière de législation et d’extraterritorialité du droit, auquel le reste du monde devrait se soumettre selon leur doxa bien huilée de l’anticorruption… Des actions coercitives devenues très déstabilisantes pour nos économies européennes, d’autant plus quand ces actions punitives touchent des entreprises nationales – à l’image de de BNP – sanctionnés dans le cadre d’embargo décidé unilatéralement par les Etats-Unis. Avec en filigrane, un Département de la justice (DoJ) qu’il juge peu indépendant, et donnant le sentiment de plus en plus prégnant d’être en réalité alimenté par les services de renseignement américains eux-mêmes, au regard des intérêts stratégiques que souhaitent s’octroyer ceux-ci au seul bénéfice de leur pays. Garantir les conditions de la sécurité nationale du pays les oblige en quelque sorte, et permet aux différentes administrations de s’affranchir à dessein de toutes les règles d’usage en matière de relations internationales au demeurant… La messe est dite. Jusqu’à quand les pays européens se laisseront ainsi tondre ? Tel pourrait-être en substance les interrogations sous-jacente que pose cet état des lieux effectué avec aplomb et transparence, par le vice-président du Cercle Jefferson, et IVLP 2005.

Mais la « guerre économique » qu’est-ce au juste ? Comment la circonscrire et la résumer en somme ? Fondamentalement, comme l’explique Christian Harbulot, directeur de l’école de guerre économique de Paris, c’est « comment des hommes vont développer des moyens pour survivre et comment d’autres vont leur prendre. »

Appliqué à nos sociétés contemporaines mondialisées, il s’agit en réalité d’un conflit – voire même d’un vaste système de prédation assumée – entre économies concurrentes, dans le jeu croisé des échanges internationaux. D’où sortiront d’ailleurs un gagnant et un perdant. Etendu aux entreprises – qui se veulent chaque jour plus indépendantes des Etats, à l’image des multinationales géantes que sont devenus les GAFAM – la guerre économique peut également se définir comme une concurrence exacerbée, rythmée par l’usage ou la mise en place de pratiques très agressives comme le dumping, le lobbying, l’arme de la normalisation, celle de la contrefaçon concurrentielle, celle de la guerre de l’information. Voire même le recourt aux pratiques parfaitement coercitives, illégales et clandestines de l’espionnage industriel. Nombreux pays émergents ou en rattrapage accéléré de puissance ne s’en privent d’ailleurs pas.

La France à l’image de l’Europe encaisse des coups sans broncher. La raison culturelle en est assez simple. Les élites françaises ont choisi de se placer sous la protection des Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est un choix stratégique qui n’est pourtant pas assumé devant l’ensemble de la population française. Il s’agit pourtant d’une réalité bien connue en coulisses. D’un autre côté, les entreprises privées n’épiloguent pas sur leurs déboires sur le terrain économique et Cyber. Ici comme ailleurs, les nombreuses victimes des méfaits de la guerre économique se cachent et n’osent pas dire qu’elles ont été attaquées, de peur de dévoiler leurs faiblesses, de compromettre durablement leur réputation et de faire ainsi fuir les investisseurs potentiels. Par ailleurs, le déni de réalité va encore plus loin et se niche là ou ne l’attend pas forcément : la plupart des dirigeants hexagonaux refusent d’employer des méthodes offensives. Mais pire encore, la plupart d’entre eux n’imaginent pas une seule seconde que d’autres puissent les employer systématiquement, dans le but raisonné de s’octroyer des bénéfices économiques pourtant déloyaux. Dès lors qu’ils ne le conçoivent pas ou ne l’imaginent pas, ces mêmes dirigeants se défendent dès lors très mal. Cet angélisme manifeste, orphelin d’une certaine idée du panache « à la française » aujourd’hui révolue, porte évidemment atteinte à notre efficacité économique globale. Le préjudice est d’ores et déjà incalculable, faute d’une culture du combat efficace et assumée dans ses principes d’action.

 

Cette incapacité à lutter efficacement dans la guerre économique qui l'oppose à ses principaux concurrents internationaux (Etats-Unis, Chine, Russie, Inde, Amérique Latine, Canada...), met-elle en lumière les failles béantes de l'Union européenne ? Quelles sont-elles au juste ?

La faille principale de l’union européenne est d’ordre intellectuel et idéologique. Son déni de certaines réalités est patent. La guerre économique est une vieille rengaine qui jalonne l’ensemble de notre histoire humaine. Elle est à l’économie ce que la science de la guerre est à la politique : un affrontement pour capter ou s’octroyer les ressources disponibles. Dès la préhistoire, les hommes s’affrontent pour conquérir les meilleurs territoires de chasse et de cueillette, tandis que Phéniciens, Egyptiens, Romains et Chinois de l’antiquité sécurisent leurs routes commerciales pour éliminer la concurrence.

Au Moyen Age, les marchands allemands regroupés au sein de la Hanse mènent des guerres, déclenchent des blocus économiques. Et le tout, au nom de la défense de leurs intérêts commerciaux. Avec les grandes découvertes, les Etats prennent les rênes : Portugais, Espagnols, Hollandais, Anglais et Français se livrent de terribles batailles pour s’emparer des épices des nouveaux mondes. Lors du premier conflit mondial, détruire le potentiel commercial de l’adversaire est un des buts de guerre affichés par les belligérants, tandis qu’aujourd’hui les multinationales affrontent l’hyper concurrence avec leurs propres armes. Lesquelles n’ont souvent rien à envier à celles des services de renseignements et de sécurité des Etats. Tout cela démontre l’enracinement des conflits de ce type dans l’histoire, et de la guerre économique au demeurant. On comprend dès lors pourquoi le mythe libéral du « doux commerce » a toujours nié cette évidence : la politique n’a pas le monopole de la violence. Elle le partage avec l’économie. L’union Européenne devrait s’en convaincre. Il en va de sa pérennité et de sa survie.  

 

Si l'Union Européenne peine à défendre efficacement les intérêts économiques de ses 27 membres contre les effets fratricides de cette foire d’empoigne économique, quelle marge de manœuvre lui reste-t-elle ?

Il existe toujours des moyens d’agir et de « disrupter » une situation peu engageante d’apparence, voire même perdue d’avance. La « coopétition » est par exemple une forme de coopération opportune - ou de circonstance – qui peut être contractée entre deux acteurs économiques pouvant être par ailleurs concurrents (« competitors », en anglais) sur d’autres terrains d’action géographique. Ce concept est devenu pour beaucoup une nouvelle doctrine stratégique et une forme de martingale pour tenter de capturer un bénéfice commun, ou l’entente « raisonnable » prime sur l’affrontement fratricide grégaire habituel. Mais bien souvent, il ne s’agit là que d’un jeu de dupe ou le plus naïf peut perdre très gros s’il ne comprend pas les règles du jeu sous-jacentes. La trahison ou l’action subversive font aussi partie du « package » et des attendus en fin de partie, comme dans le jeu de société « Diplomacy » créé par Allan B. Calhamer. Car l’adversaire lui sait qu’on peut jouer selon des options différentes : jouer le jeu avec les règles du jeu (combattre à la loyale existe toujours, mais cela s’avère être de moins en moins le cas), changer de règle le cas échéant ou changer de jeu tout bonnement. Le « hors-jeu » en matière stratégique étant très souvent le synonyme de la complainte du perdant, voyant soudainement s’effondrer la ligne Maginot de ses certitudes défaites et fondre ses espoirs de réussite comme neige au soleil.  

Aussi, dans ce dernier cas de figure, la guerre « par » et « pour » l’information (Information Warfare) peut service « d’effet de levier » ou de bascule, à des fins de déstabilisation de l’adversaire. L’objectif ici étant de renverser la situation à son avantage, et de retourner par exemple la charge de la preuve sur autrui. D’où l’irruption parfois soudaine sur le devant de la scène, d’affaires de réputations déconfites impliquant de grands dirigeants d’entreprise, pouvant être opportunément mis en cause par les moyens judiciaires d’un état concurrent dont les intérêts de puissance peuvent coïncider avec certains de leurs acteurs économiques nationaux. Cela s’est déjà vu. L’arme réputationnelle pouvant se révéler être un outil extrêmement puissant et efficace pour se rendre maître d’une situation conflictuelle à moindre coût, ou permettre de s’accaparer certaines possessions adverses de façon détournée ou clandestine. L’effet, ou l’état final recherché (EFR), étant toujours d’obtenir à tout prix gain de cause, via la mise en œuvre de stratégies subversives d’intimidation, dites aussi « non-conventionnelles » ou « disruptives » dans le langage parfois fleuri et souvent renouvelé des spécialistes du renseignement économique. On n’arrête que très rarement le progrès sémantique en la matière. Au demeurant, seule compte la créativité offensive et la maitrise de ces moyens d’actions non-conventionnels.

 

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zelectron
- 20/01/2019 - 20:05
réponse du berger à la bergère
Nos ingénieurs et techniciens détenteurs des savoirs faire d'Alstom et autres devraient rejoindre Siemens . . .et leur monnayer les "secrets" des turbines (entre autres)
zelectron
- 20/01/2019 - 20:04
réponse du berger à la bergère
Nos ingénieurs et techniciens détenteurs des savoirs faire d'Alstom et autres devraient rejoindre Siemens . . .et leur monnayer les "secrets" des turbines (entre autres)
zelectron
- 20/01/2019 - 20:04
réponse du berger à la bergère
Nos ingénieurs et techniciens détenteurs des savoirs faire d'Alstom et autres devraient rejoindre Siemens . . .et leur monnayer les "secrets" des turbines (entre autres)