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Le coup de coeur de la semaine : "Love love love", il n'y a pas que la chanson qui est belle...
Publié le 23 décembre 2018
50 ans de la vie d'une famille anglaise au stéthoscope. L'évolution de notre société entre matérialisme et utopie. Réaliste, attachant, percutant.
Charles-Édouard Aubry est chroniqueur pour Culture-Tops.Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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50 ans de la vie d'une famille anglaise au stéthoscope. L'évolution de notre société entre matérialisme et utopie. Réaliste, attachant, percutant.

THEATRE

Love love love
de Mike Bartlett
Traduite par Blandine Pélissier et Kelly Rivière
Mise en scène: Nora Granovsky
avec Emile Falk-Blin, Jeanne Lepers, Bertrand Poncet et Juliette Savary

INFORMATIONS

Théâtre de Belleville
94 rue du faubourg du Temple, 75011, Paris
Du mercredi au samedi à 21h15
Jusqu’au 29 décembre
Durée : 2h
Réservations : 01 48 06 72 34

THEME

Une chanson culte des Beatles et un air à fredonner donnent le ton de la pièce et son époque. Acte I : le summer of love et sa génération « peace and love ». Acte II : 1990, la fin des années Thatcher et son traumatisme libéral. Acte III : 2011, la crise des valeurs et une incertitude politique qui annonce le Brexit. Dans cette onde de choc d’une société en plein bouleversement, comment évolue une famille anglaise pendant plus de 40 ans.

POINTS FORTS

La traduction en français nous permet d’appréhender les différents épisodes avec le maximum de justesse et de compréhension, et de vivre en immersion dans cette famille la « crise de la civilisation », qu’elle soit anglaise ou française.

L’écriture de  l’auteur, Mike Bartlett, concise et percutante,  dynamite cette famille anglaise à trois moments clés de sa vie : la rencontre, l’explosion et la destinée des enfants.

Même si elle se déroule des années 60 à nos jours, l’histoire  de ces individus en proie à leurs doutes existentiels, leur égoïsme, leurs problèmes d’argent, s’adresse à toutes les générations qui cherchent leur équilibre entre utopie et matérialisme.

La création puis la déconstruction de cette famille préfigure l’éclatement du modèle familial, le repliement sur soi et la difficulté à vivre ensemble.

La pièce nous parle de la façon de vivre nos rêves. En cette période de grand désenchantement qui pousse les plus défavorisés à de violentes exactions, la pièce nous plonge dans une mise en abyme du réel : comment l’intime illustre-t-il la politique et s’empare du réel pour le soulever, le bouleverser et tenter de mettre sur pied un monde meilleur.

La pièce est portée par des comédiens très investis dans leur rôle, malgré quelques petites chutes de tension. Ils incarnent tous les quatre, pendant près de 50 ans, des personnages qui semblent voir défiler leur vie plus qu’ils ne la maîtrisent.

POINTS FAIBLES

Love love love est l’occasion de découvrir ce magnifique petit théâtre de Belleville. Ceci étant, le sujet de la pièce, sa qualité et l’enthousiasme du public mériteraient une salle plus grande, susceptible d’accueillir un public plus large...

EN DEUX MOTS

Love love love pose la question de l’influence de l’évolution économique et idéologique de notre société sur notre trajectoire intime et la façon dont les hommes se débattent avec leurs problématiques de « petits-bourgeois » : la tromperie, le divorce, l’accès à la propriété, le niveau de vie …

UN EXTRAIT

« Le monde sera différent dans 10 ans. Tout ce qui nous arrête, c’est tout ce qu’on nous impose comme la manière de mener sa vie. Tout ça sera différent, ça se sent. Ca viendra de nous, de gens comme toi et moi,  Kenneth ».

L’AUTEUR

Né en 1980, Mike Bartlett est un dramaturge anglais diplômé de l’université d’Oxford. Sa première pièce, « Cock », a reçu un  Olivier Award. Love love love, créée en 2011, a reçu le prix de la meilleure œuvre contemporaine aux Theatre Awards UK.

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théâtre, critique
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