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Comment Satya Nadella a refait passer Microsoft de l'état de dinosaure ringard de la tech à celui de nouveau pionnier high-tech
Publié le 18 décembre 2018
Le virage pris sur l'open source a permis à Microsoft de revenir dans la course.
David Fayon est consultant Web pour des entreprises et organisations françaises depuis la Silicon Valley, co-fondateur de PuzlIn et membre de l'association Renaissance Numérique. « Il est l'auteur de Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le...
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Le virage pris sur l'open source a permis à Microsoft de revenir dans la course.

Après le quart de siècle de règne de Bill Gates (1975-2000) à la tête de Microsoft, Steve Ballmer lui a succédé pendant 16 ans (2000-2016). Décrié, on pouvait lui reprocher de ne pas avoir vu se pointer Google ou Facebook en ayant une gestion bon père de famille de la rente Windows et Office sans se tourner résolument vers la révolution Internet et les changements de paradigmes, notamment celui de l’open source. En effet pendant ce temps-là, Google et Amazon affichaient des croissances insolentes et Apple renaissait avec l’iPhone lancé en 2007. Alors que Google se diversifiait et était dans la version bêta permanente et améliorait par touches successives ses outils librement utilisables, Microsoft incrémentait ses versions successives. On parlait des GAFA, de leurs profits à 2 chiffres (sauf Amazon) et de leur capitalisation boursière. Microsoft qui n’avait pas opéré le virage des données comme décrit dans Made in SiliconValley (http://tinyurl.com/numeriqueUS) se voyait éclipsé par les GAFA comme le fut IBM au milieu des années 1980 par Microsoft lui-même lors du passage de l’ère du matériel à celui du logiciel.


La vision de Satya Nadella et la transformation digitale de Microsoft


En 2016, Satya Nadella, originaire d’Inde, succède à Steve Ballmer et une transformation digitale de Microsoft s’annonce avec une révolution dans l’approche managériale et des choix stratégiques disruptifs. Il est à noter que la réussite en Inde se mesure culturellement par le management des hommes plus que par la technicité. Et ce n’est pas un hasard si à la tête de Google (Sundar Pichai) ou d’Adobe (ShantanuNarayen), par exemple, nous trouvons des personnalités d’origine indienne.


Avec Satya Nadella, un virage de diversification, de coopétition et d’accélération du time to market s’est opéré. Ce changement s’est traduit par le rachat de LinkedIn en 2016 où la firme de Redmond a déboursé 26 milliards de dollars, de Genee ou Maluubaen développant l’activité stratégique liée à l’intelligence artificielle et en coopérant avec Google, Baidu, IBM et Amazon entre autres acteurs avec le « Partnership on Artificial Intelligence to Benefit People and Society » (https://www.partnershiponai.org/).


Présent sur tous les fronts en explorant de nouveaux territoires en concurrence ou en collaboration avec d’autres acteurs du numérique, l’entreprise s’est, dans le même temps, désengagée de Lumia, smartphone à la peine face à l’iPhone et à Samsung, ou encore du bracelet sportif Band, etc. Ce changement d’attitude est clef. Microsoft n’hésite plus à stopper un projet qui ne marche pas ou à réallouer ses priorités alors que naguère la société s’entêtait (comme pour Explorer pourtant en retrait par rapport aux autres navigateurs) en tentant de corriger et de faire évoluer des produits mal nés.Désormais, Microsoft essaye tous azimuts« à la Google » en apprenant en marchant façon SiliconValley et n’hésite plus à arrêter des projets non stratégiques ou non rentables.


Microsoft a également accéléré sur le cloud avec Microsoft Azure. Cela constitue un gros relais de croissance, un peu à l’image d’AWS pour Amazon. Il vient épauler les vaches à lait, la suite Office et le système d’exploitation Windows. C’est aussi sous la pression d’autres acteurs du logiciels comme Salesforce avec un autre modèle économique et de l’open source de l’autre côté, que Microsoft a évolué. En jouant l’ouverture et l’open source avec Azure, cela permet de ratisser plus large en matière de cible et de renouer avec une croissance à deux chiffres après un recul historique du chiffre d’affaires passager en 2016.
Des alliances avec les GAFA sont nouées, par exemple l’assistant vocal de Microsoft s’intègre à Alexa d’Amazon. Ce n’est pas un hasard si un centre important de Microsoft est implanté à MountainView, ville où Google a son QG. Il s’agit pour Microsoft d’être dans la coopétition avec les GAFA et de pouvoir faire travailler ses ingénieurs et ses équipes sur des projets communs avec les GAFA.
Microsoft, en s’ouvrant au libre, en rachetant GitHub cette année qui est emblématique, a redoré son image et la confiance des internautes. Il n’est plus tabou de faire appel à des briques logiciels sur étagère en misant sur l’open source si cela accélère la commercialisation d’un service ou si cela permet de le connecter avec un écosystème plus large plutôt que de vouloir tout maîtriser les lignes de code. C’est l’ère des plateformes et des APIs ouvertes.


Les grands acteurs ne meurent jamais : Microsoft et IBM plus que jamais présents


Par ailleurs, aujourd’hui ce n’est plus comme dans le milieu des années 1990 où Microsoft faisait peur façon Big Brother et était montrée du doigt car monopolistique côté système d’exploitation et bureautique face à Apple qui n’occupait que 5 % de parts de marchés des ordinateurs. Ce sont les GAFA et plus particulièrement Google et Amazon qui font planer la crainte d’un 1984 même si récemment la collecte des données de Windows 10 vient atténuer cet aspect. Il s’agit d’une option dans l’historique d’activité permettant d’envoyer l’historique d’activité à Microsoft dans le cloud et relatif aux sites et aux applications utilisés. Mais l’entreprise a vite réagi pour modifier le paramétrage par défaut.


Désormais, après le retour dans la bataille numérique de Microsoft au côté des GAFA, on parle de plus en plus des GAFAMI avec IBM. IBM, jadis première capitalisation boursière,est très présent sur le secteur des entreprises. Avec Watson côté IA, son offre cloud, le rachat de Red Hat pour une somme folle et le positionnement même sur le long terme avec l’informatique quantique et le Q, l’entreprise basée dans l’Etat de New York,a opéré une forte restructuration.

 

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