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La crise des Gilets jaunes pourrait bien offrir une opportunité de relance à l’économie et au modèle français
Publié le 12 décembre 2018
Les milieux d’affaires et financiers ont plutôt bien accueilli la réponse d’Emmanuel Macron aux défis lancés par le mouvement des Gilets jaunes
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Les milieux d’affaires et financiers ont plutôt bien accueilli la réponse d’Emmanuel Macron aux défis lancés par le mouvement des Gilets jaunes

Il faut croire que la crise et la peur de la catastrophe peuvent rendre intelligents les uns comme les autres. Emmanuel Macron a dit très tardivement ce que l’opinion des Gilets jaunes attendait depuis longtemps, mais il a réussi à le dire. 

Quant aux Gilets Jaunes, ils n’abandonneront pas de sitôt mais ils peuvent changer de mode de manifestation pour en adopter de plus softs.  

Contrairement à ce que beaucoup pensaient, le plan de sortie de crise proposé par Emmanuel Macron a été plutôt bien accueilli par les milieux d’affaires et financiers. 

Au total, ce plan peut se résumer à la distribution de plus de 10 milliards d’euros en pouvoir d’achat net et à l’ouverture immédiate d’un vaste débat pour mener des chantiers de réformes profondes concernant la retraite et l’assurance chômage mais aussi les processus qui régissent le fonctionnement des institutions démocratiques. 

La réaction des commerçants et des patrons de PME est une réaction de soulagement devant les risques de catastrophe. La réaction des grands patrons paraît assez responsable sur la nécessité de rééquilibrer la redistribution des revenus et de réduire les inégalités qui sont la conséquence d'une financiarisation débridée des systèmes économiques depuis 20 ans.  

Globalement, les milieux d’affaires y voient une opportunité de rebond et de changement. A deux niveaux. 

1er niveau, le court terme : les différentes mesures d’augmentation vont se traduire par la redistribution de plus de 10 milliards d’euros qui, a priori, seront financés par de la dette. Ce qui veut dire que ces dix milliards d’euros peuvent s’analyser comme un plan de relance de la consommation parce qu‘ils vont se retrouver immédiatement en consommation. La bourse a très bien compris cet effet-là en achetant toutes les grandes valeurs dans les secteurs de la consommation, de la distribution et de l’hôtellerie. 

Et pour beaucoup d’acteurs, cet effort était indispensable pour créer les conditions d’un retour au calme, mais au-delà, il permet de compenser le trou d’air qui affecte l’activité. La croissance est très faible et mieux vaut booster l’activité en période de conjoncture difficile que l’inverse. 

Ce plan de relance arrive au bon moment pour des raisons politiques et sociales, mais il arrive aussi au bon moment pour des raisons conjoncturelles. Sur ce point, on peut considérer qu’Emmanuel Macron a changé de politique dans la mesure où il avait jusqu'à maintenant priorisé le renforcement de la compétitivité des entreprises et qu’il projetait d’attendre les fruits avant de relâcher la consommation. Ça va lui couter un débat peut être tendu avec Bruxelles. Ça peut lui valoir une perte d’influence dans les milieux étrangers dans la mesure où il a dû abandonner certains principes et certaines certitudes. Ceci dit, pour l'instant, les marchés ont réagi assez positivement parce qu’ils considèrent que la crédibilité de la France n’est pas atteinte et que ça va dépendre de la détermination et de la capacité à poursuivre des réformes structurelles. 

2e niveau, le moyen et long terme. Tout le monde a compris qu’Emmanuel Macron veut poursuivre la modernisation de la France, pour que ce pays retrouve son dynamisme perdu depuis des années ; mais tout le monde a compris aussi qu’il ne pouvait pas imposer ces réformes de Paris. L’erreur qu’il a faite en arrivant au pouvoir a été de s’enfermer avec ses conseillers, qui ne sont pas plus expérimentés que lui, et de ne pas entendre la rumeur populaire. Pour quelqu’un qui a lu Machiavel, c’est une faiblesse. S’il y a un point sur lequel la main de Machiavel n’a jamais hésité, c’est évidemment sur la nécessité pour le prince d’écouter son peuple. 

Tous les chantiers qui vont s’ouvrir au niveau local et régional visent à associer le plus possible l’opinion publique. Alors, il y a des chantiers sur la retraite ou l’assurance chômage, mais il y a surtout la nécessité de refonder l’organisation de l’Etat et d’inventer un service public moderne, plus efficace, plus performant et moins coûteux. Tout le monde est forcément partant, à condition de ménager les acteurs du système qui s’inquiètent des retombées. Les débats proposés visent à associer la société civile, mais ils visent aussi à restaurer des corps intermédiaires qui ont quand même disparu, que ces corps soient politiques ou syndicaux. 

Maintenant, il va falloir tenir la promesse. Emmanuel Macron s’est donné une obligation de moyens. Il doit respecter cet engagement. C’est la condition pour sortir de cet « état d’urgence économique et sociale » dans lequel il a convenu que le pays était plongé. 

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cloette
- 13/12/2018 - 18:39
le problème de Macron
Ce n'est pas le populisme, c'est une partie de la population formée de cadres qui n'a pas confiance en ses capacités concernant le domaine de l'économie . Il faut se souvenir de son score lors de l'élection .
aristide41
- 13/12/2018 - 14:09
Tous ceux qui
vont contre ce qui est devenu la doxa populiste, se font étriller dans ce forum. Dans quelque temps, si ce n'est pas déjà le cas, le politiquement correct, ce sera eux. Et les autres deviendront une espèce de chouans.
hoche38
- 12/12/2018 - 19:54
journaliste indépendant
La seule certitude, à la lecture de cet article, c'est que si son auteur disait le contraire, il serait viré dans l'heure. C'est ce qu'on appelle en Macronie, un journaliste indépendant.