En direct
Best of
Best Of
En direct
Atlantico Business
Le prix du pétrole, le Brexit et l’Italie, les trois boosters qui font la fortune des spéculateurs
Publié le 15 novembre 2018
Les marchés financiers ont intégré le ralentissement de l’économie mondiale et spéculent désormais sur le prix du pétrole, les incertitudes du Brexit et l’évolution de l’Italie.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les marchés financiers ont intégré le ralentissement de l’économie mondiale et spéculent désormais sur le prix du pétrole, les incertitudes du Brexit et l’évolution de l’Italie.

Le prix du pétrole, les incertitudes sur l’issue du Brexit et sur l’évolution de l’Italie sont désormais les trois moteurs de la spéculation boursière.

La correction qui s’est jouée en octobre est désormais assumée et intégrée. Elle est imputable à deux facteurs structurels qui étaient totalement prévisibles.
L’ambition protectionniste de Donald Trump a un peu refroidi les marchés en ralentissant un peu les perspectives du commerce mondial. Un peu seulement, parce que les chaines de production sont tellement intégrées que l’Amérique ne pourra pas très rapidement restaurer un appareil de production industriel intégral. Il n’est pas dit que la restauration des souverainetés industrielles soit possible et même souhaitable.

Le deuxième facteur de baisse des marchés est porté par le ralentissement important de l’activité dans les pays émergents et notamment la Chine. La Chine bute aujourd’hui sur la pérennité de son modèle économique libéral sur dans un écosystème politique très dirigiste et privatif de libertés individuelles.

La combinaison entre les tweets violents de Trump et le refroidissement de la machine chinois sont évidemment très complémentaires et sont apparus à un moment où le cycle boursier était au plus haut de puis dix ans. Les investisseurs ont donc pris quelques bénéfices en réalisant les plus values. D’où la baisse, qui a paru brutale mais normale et attendue.  

Cela dit, depuis le premier novembre, les marchés sont plus incertains et surtout beaucoup moins lisibles. Du coup, c’est du pain béni pour la spéculation. Entre la poursuite de la baisse et les opportunités de rebond, il existe de la marge pour ceux qui spéculent à court terme. Et l’actualité leur a apporté sur un plateau d’argent trois petits boosters qui permettent à beaucoup de gagner de l’argent.

D’abord, premier booster de la spéculation : les prix du pétrole ne parviennent pas à trouver un équilibre à long terme. Mais pour faire court, disons qu’un pétrole à la hausse est un marqueur de bonne activité de l’économie mondiale, donc de hausse boursière. Un pétrole à la baisse est un marqueur de ralentissement, donc de baisse boursière.

Pour l’automobiliste, c’est évidemment assez difficile à comprendre.

 D’un côté, la baisse de la demande dans les pays émergents, le ralentissement de l’activité mondiale a pesé sur les cours du brut. Mais de l’autre, les restrictions de la production de pétrole, le blocage sur l‘Iran, les incertitudes sur l’Irak et en Syrie, et la décision de l’Arabie Saoudite, en accord avec l’OPEP, de fermer un peu ses robinets de pétrole. Tous ces phénomènes provoquent des fluctuations du prix du pétrole difficiles à comprendre pour le commun des mortels, qui a les yeux sur le prix de son carburant.

Ces fluctuations sont pourtant surveillées quotidiennement par les fonds spéculatifs. Le pétrole peut évoluer très rapidement entre 45 dollars et 70 dollars le baril. La tendance lourde est à la baisse, légèrement au dessus de 60 dollars. Les prix ont perdu 25% de leur valeur par rapport à début octobre. La production aux USA et les stocks ont plombé les prix, mais l’annonce très politique de l'Arabie Saoudite combinée à la communication de la Maison Blanche qui affirme discuter avec la Chine pour négocier une sorte de Cessez-le-feu dans la guérilla commerciale, sont des signes qui ramènent les prix à la hausse. La spéculation financière anticipe l’effet de la moindre virgule pour prendre des positions.

Cela dit, cette tendance à la baisse de cette matière première se trouve à contre courant des prix du carburant qui ont augmenté, ce qui ne facilite pas la lecture de la situation pour les automobilistes qui se plaignent. Ce manque de clarté donne aux spéculateurs une raison de plus de faire des différences lucratives.

Ensuite, le deuxième moteur de la spéculation actuelle se trouve caché dans les incertitudes du Brexit. Les marchés financiers regardent à la loupe ce qui peut se passer et la vraie question pour les boursiers, la seule qui vaille, est de savoir si ce Brexit s‘opérera avec un accord ou sans accord.

Les milieux financiers vendent un Brexit plutôt hard, sans accord et achètent un soft Brexit avec accord.

L’explication est très simple :

En cas de Hard Brexit , c’est à dire si la Grande Bretagne et l’Union européenne ne parviennent pas à se mettre d’accord pour fixer les modalités du divorce avant la date du 29 mars, la Grande Bretagne sortira automatiquement de l’Union européenne et deviendra pour l’ensemble de l’Europe un pays tiers, c’est à dire que l’Union européenne coupera tous les ponts, que les frontières seront fermées, les visas et les douanes seront rétablies et à ce moment-là, on plongera dans l’inconnu et le désordre. La Grande Bretagne et l’Union européenne auront des problèmes délicats à régler concernant les résidents anglais en Europe et les résidents européens à Londres. Mais plus grave, les systèmes économiques et financiers seront fortement perturbés par l'apparition des contrôles de douane, la disparition des normes et l’incertitude juridique liée aux litiges commerciaux et financiers. Il est d’ailleurs étonnant que les partisans du Brexit n’aient pas réfléchi sur les conséquences d’un Brexit, concernant la fluidité des échanges.

Cette absence d’accord est interprétée par les marchés financiers comme un risque grave de ralentissement économique, non seulement en Grande Bretagne, mais aussi dans l’Union européenne. Donc pour la spéculation, c’est un facteur d’anticipation à la baisse.

En cas d’accord, et quelque soit son contenu, les marchés y verront le signe d’une volonté partagée de régler les problèmes techniques. C’est donc un signal d’achat. Et principalement ce qui touche à l’industrie financière (dont Londres s’était fait une spécialité mondiale) et tout ce qui touche aux échanges commerciaux. Plus de 60% du commerce international de la Grande Bretagne se fait avec les pays de l'Union européenne. Mais ces échanges ne représentent que 20% du commerce extérieur des pays européens. La Grande Bretagne aura plus à perdre qu’à gagner.

Pour les marchés, la signature d’un accord pratique et technique sur le statut des résidents et sur la circulation des capitaux et surtout des produits et des services sera interprétée comme un signe positif sur l’évolution des économies.  

Enfin, le troisième moteur de la spéculation, c’est l’Italie. La détermination du gouvernement italien à vouloir transgresser les engagements pris dans le cadre de l’Union européenne fait courir à l’épargne italienne et aux banques italiennes qui sont fortement endettées, des risques qui inquiètent fortement les marchés. D’où la prudence des agences de notation, d’où la hausse du spread et donc des taux d’intérêt. Le risque italien, c’est le risque de mise en difficulté d’une banque qui aurait alors un effet systémique.

  

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
02.
La France va devenir la première puissance mondiale en moins de 5 ans
03.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
04.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
05.
Emmanuel Macron, pourquoi n’allez-vous pas en boîte comme Christophe Castaner plutôt que de faire du ski ?
06.
Acte XVIII des Gilets jaunes : retour prévu de la violence, réponse difficile à prévoir du gouvernement
07.
Recep Tayyip Erdogan critiqué pour avoir diffusé des images de l'attentat de Christchurch
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Et Marine Le Pen éclata de rire…
04.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
05.
Le voile est-il vraiment un accoutrement souhaitable pour vendre des petites culottes ?
06.
Révolution silencieuse ? Un groupe de physiciens armés d’ordinateurs quantiques a réussi (en quelque sorte) à remonter dans le temps
01.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
02.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
03.
Grève mondiale des élèves pour le climat : 5 éléments pour déterminer s’il faut s’en réjouir ou... s’en inquiéter sérieusement
04.
Quand Nathalie Loiseau teste les nouveaux "éléments de langage" du progressisme face à Marine Le Pen sans grand succès
05.
Christchurch : de la théorie du Grand Remplacement à ses travaux pratiques
06.
Grand Débat : l’étrange victoire d’Emmanuel Macron
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires