En direct
Best of
Best of du 03 Novembre au 09 Novembre 2018
En direct
© FRANCOIS GUILLOT / AFP
Traque
Terrorisme : pourquoi il n’y a pas que les commanditaires du 13 novembre que la France a fait éliminer
Publié le 07 novembre 2018
Mediapart a révélé l'information. Les sept principaux cadres de l'Etat Islamique responsables de l'attentat du 13 novembre à Paris ont été "traqués et tués, un par un, en Syrie". Une stratégie, officieuse, d'élimination qui pousse à s'interroger sur la politique de la France en la matière.
Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Eric Denécé
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Mediapart a révélé l'information. Les sept principaux cadres de l'Etat Islamique responsables de l'attentat du 13 novembre à Paris ont été "traqués et tués, un par un, en Syrie". Une stratégie, officieuse, d'élimination qui pousse à s'interroger sur la politique de la France en la matière.

Atlantico : Peut-on parler de politique d'assassinat ciblé de la part de l'Etat français ? Quelle forme prend-elle ?

Eric Denécé : Non, une telle doctrine n’est pas en vigueur dans notre pays. Il n’y a a rien de systématique en la matière. De telles pratiques dépendent à la fois du contexte – situation de guerre ou non -, de la nature des événements et du président en fonction. Mais c’est toutefois l’une des raisons pour lesquelles la DGSE dispose d’un « service Action » (SA), qui est le « bras armé clandestin » de la République. Sa fonction est d’intervenir préemptivement contre certaines menaces avant qu’elles ne se développent et ne nous nuisent ; ou, comme dans le cas présent, de faire passer des messages sans ambiguïté à ceux qui s’en sont pris à notre pays ou envisageraient de le faire.

La France doit montrer à ceux qui l’attaquent qu’elle n’a pas la mémoire court et qu’elle a le bras long et. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de réponse, voire de prévention… d’actes ultérieurs qu’il convient d’empêcher en faisant mesurer à leurs auteurs potentiels tous les risques qu’ils prennent.
 
 

Si elle était avérée, cette politique rappellerait celle pratiquée par les Israéliens ou les Américains. Est-ce une évolution de la part de la France ?

 
Cela s’en rapproche en effet, même si le recours à de telles pratiques n’est pas aussi institutionnalisé et systématique en France qu’en Israël ou aux Etats-Unis. Si l’élimination de ces sept djihadistes est confirmé, on ne peut bien sûr s’empêcher de faire un parallèle avec l’opération Colère de Dieu, l’élimination par le Mossad et les forces spéciales de Tsahal des terroristes palestiniens auteurs de l’assassinat des athlètes israéliens lors des jeux olympiques de Munich en 1972.
 
Pour mémoire, au cours de la guerre d’Algérie, la France, via le SA du SDECE à l’époque procéda à l’élimination physique de trafiquants d’armes qui ravitaillaient la rebellion algérienne. Au cours de la seule année 1960, Constantin Melnik a estimé à 135 le nombre d’individus envoyés ad patres lors d’opération « homo » du service Action. Ces actions violentes répondaient cependant à des règles spécifiques. Le général de Gaulle avait édicté trois condtiions en la matière : 
- ce type d'action ne pouvait être mené qu'en temps de guerre et en dehors du territoire français. 
- les« objectifs » ne pouvaient, en aucun cas, être des nationaux français - règle qui ne fut pas, malgré les glapissements des «gaullistes », transgressée à l'égard de l'OAS. 
- toute opération devait être soumise à l'approbation du chef de l'Etat et du Premier ministre, responsable à l'époque des services spéciaux. 
 
Rappelons également que la France a éliminé les auteurs de l’attaque aérienne du 6 novembre 2004 contre le camp de Bouaké (Côte d’ivoire) - faisant neuf morts et 37 blessés parmi les soldats français - par des mercenaires biélorusses et sur ordre d’autorités ivoiriennes. De même, les terroristes somaliens responsables de l’enlèvement et de l’assassinat (2013) du cadre de la DGSE, Denis Allex, ne sont plus de ce monde pour témoigner de leur forfait.
L’impunité n’existe pas – et ne doit pas exister – pour ceux qui s’en prennent à notre pays et à nos concitoyens. Il est important qu’ils le sachent et que ce message circule dans les milieux hostiles. Cela peut servir à calmer les ardeurs de certains et les conduire à réfléchir d’envisager des actions violentes contre nous.
 
 

Comment peut-on mesurer l'efficacité d'une telle doctrine ? Est-elle dissuasive ?

 
C’est la question essentielle et la raison pour laquelle une politique de rétorsion ne peut être appliquée sans discernement. A trop vouloir riposter, certains Etats ne sont parvenus qu’à accroitre le nombre d’attaques contre eux et la détermination de leurs adversaires de recourir à la violence aveugle. On est alors entré dans une spirale sans fin.
 
C’est bien pour cette raison que la France, sans s’interdire ce type d’action, ne se lance pas dans une logique de vendetta systématique qui pourrait s’avérer contre-productive.
 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Pourquoi les nouveaux iPhones vous coûteront le double du prix que vous pensez payer si vous en changez
02.
L'initiateur de #sansmoile17... est salarié de LREM
03.
L'Italie prépare une bombe capable de faire exploser l'Europe et de lui faire perdre sa souveraineté politique
04.
"Les filles bien n'avalent pas" ! C'est le titre d'un des livres de Marlène Schiappa…
05.
Bruxelles : si l’Italie veut vivre son aventure populiste, ce sera sans l’Union européenne
06.
Gilets jaunes : pourquoi certains Français ont nettement plus de raisons que d’autres de se plaindre de l’évolution de leur pouvoir d’achat
07.
33 000 morts dues aux bactéries résistantes aux antibiotiques : faut-il limiter drastiquement les prescriptions ?
01.
Pourquoi les nouveaux iPhones vous coûteront le double du prix que vous pensez payer si vous en changez
02.
L'initiateur de #sansmoile17... est salarié de LREM
03.
L'Italie prépare une bombe capable de faire exploser l'Europe et de lui faire perdre sa souveraineté politique
04.
"Les filles bien n'avalent pas" ! C'est le titre d'un des livres de Marlène Schiappa…
05.
Bruxelles : si l’Italie veut vivre son aventure populiste, ce sera sans l’Union européenne
06.
Gilets jaunes : pourquoi certains Français ont nettement plus de raisons que d’autres de se plaindre de l’évolution de leur pouvoir d’achat
07.
33 000 morts dues aux bactéries résistantes aux antibiotiques : faut-il limiter drastiquement les prescriptions ?
01.
Radicalisation en prison : pourquoi l'Etat reste-t-il le "premier recruteur de Daech" ?
02.
Pour près de deux Allemands sur trois, Angela Merkel devrait "se retirer"
03.
L’horreur de la guerre au Yémen, ou le deux poids deux mesures des Occidentaux qui sanctionnent Russie et Iran… mais laissent tout passer aux Saoudiens ou aux Pakistanais !
04.
Comment la mafia se retrouve dans votre assiette
05.
Pourquoi est-ce que la nomination d'Andrea Enria à la tête de l'autorité bancaire européenne risque de ne rien changer
06.
#DansMaRue : l’application de la mairie de Paris qui promeut le retour de la délation
01.
Un couple découvre 53 cadavres de chats dans leur jardin
02.
S’armer face au péril russe ? Emmanuel Macron ferait bien de relire quelques manuels d’histoire
03.
2008- 2018 : ces 10 ans où l’Euro a perdu beaucoup de terrain dans son rêve de concurrencer le dollar comme monnaie de réserve mondiale
04.
Guerre et paix dans le cyberespace : pourquoi l'appel de Macron à faire la paix dans le cyberespace n'est pas prêt de se concrétiser
05.
Derrière l’itinérance d’Emmanuel Macron et le contact direct avec les Français, le renoncement à la démocratie représentative ?
06.
Démographie : la fertilité des femmes décline remarquablement presque partout dans le monde
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires