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© BERTRAND GUAY / AFP
Mort d’adolescents en série
Rixes à répétition entre bandes : mais pourquoi ce refus politique des mesures qui permettraient de reprendre le contrôle de la situation ?
Publié le 25 octobre 2018
Dans la nuit du 23 octobre 2018, deux adolescents trouvent la mort à Sarcelles et dans le XXe arrondissement de Paris, lors de rixes de bandes
Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.
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Dans la nuit du 23 octobre 2018, deux adolescents trouvent la mort à Sarcelles et dans le XXe arrondissement de Paris, lors de rixes de bandes

Atlantico : Comment expliquer l'impuissance du pouvoir devant ce phénomène en expansion ? Est-ce une tâche plus difficile qu'il n'y parait ?

La tâche est enfantine - avec le bon diagnostic. Faisons-le donc. Il s'agit d'un phénomène de bandes dont les membres proviennent à 80% de familles immigrées du Sahel ou du Maghreb. Bien sûr, il s'agit de certains enfants de certaines familles, d'autres faisant des études normales. Ces familles vivent d'usage dans les quartiers de la "Politique de la ville", sinistres coupe-gorge où agissent les bandes à l'origine des morts récents. Ces bandes juvéniles de quartier étant toujours territoriales, leurs affrontements meurtriers sont donc tout sauf "irrationnels" et "incompréhensibles" comme disent les pauvres Diafoirus-sociologues, mais répondent à une claire logique de contrôle territorial. Le prétexte peut être un mauvais regard, une histoire de sœur, de copine ou de blouson volé - mais le sous-jacent est territorial - à part ces sociologues, chacun le sait depuis West Side Story (1961).

Quand le phénomène émerge (en Ile-de-France, vers la fin de la décennie 1970, déjà) il faut spécialiser des policiers pour jauger leur dangerosité, prévenir tant qu'on peut, réprimer si besoin (violences... trafics...). Or sérieusement, ça n'a JAMAIS été fait. Preuve : le mois dernier, l'Intérieur annonce fièrement avoir identifié 90 bandes en France. Or dans les pays voisins, par exemple la Grande-Bretagne, les gangs sont des centaines et les "gangsters" des milliers. Derniers chiffres publiés en Grande-Bretagne, été 2018 : 4 629 gangs connus et environ 70 000 membres (dont 30 000 ont de 10 à15 ans). 90 en France ? requête aux myopes de l'Intérieur : recomptez, les gars, vous avez raté une marche... Concluons sur ce point : une unité de renseignement criminel décompte les gangs (stables ou fluides, ces derniers étant de type "meutes") et scrute leurs activités. Vu les milliers de caméras implantées dans les secteurs qu'ils hantent et à proximité ; et le constant bavardage des voyous sur leurs portables, ce n'est pas exactement un travail d'hercule.

A Paris, des Etats Généraux sur la prévention des rixes se sont tenus et ont souligné la présence de jeunes participants. Les deux adolescents tués avaient respectivement 16 et 17 ans. La mairie préconisait de permettre un suivi plus approfondi par les services sociaux d'une population qu'elle estime à 130 mineurs. Cela vous semble-t-il suffisant ?

C'est grotesque. Tenter de "prévenir les rixes" en oubliant les bandes en amont revient à faire du symptomatique en oubliant l'étiologique. Des boutons vous démangent ? Vous les enduisez de pommade en oubliant les moustiques. C'est l'usage un peu borné du petit bout de la lorgnette. Rien à attendre de ces opérations de communication totalement hors-sol. Vous avez vu la grande--Bretagne ? 30 000 gamins de 10 à 15 ans gravitant autour des gangs. Les pathétiques "Etats-Généraux" et leurs 130 chérubins à faire dorloter par d'aimables assistantes sociales, quelle (triste) farce.

Si les solutions semblent simples, comment expliquer l'inactivité des politiques et de la justice face à ces pratiques ? S'agit-il d'un problème idéologique ou est-ce de la lâcheté, afin de ne pas soulever des problématiques touchant à la migration, la précarité ou tout simplement l'absence de contrôle du politique ?

Toute bande juvénile fonctionne comme un système solaire. Au centre, l'étoile, un noyau dur de jeunes endurcis, ceux que la criminologie du XIXe siècle appelle joliment des "criminels d'habitude" ; autour, sur des orbites plus ou moins proches selon les cas et les actions, des cousins, des copains de la cage d'escalier ou du square voisin. Ces noyaux durs sont peu nombreux et présents dans les seuls 26 départements de la métropole où adviennent les fameuses "violences urbaines" (règlements de comptes entre bandes, émeutes anti-police, incendies de véhicules, braquages de proximité, vols avec violences, etc.). Que l'Intérieur recense ces individus et les bandes auxquelles ils appartiennent. Dotés de ces informations, les service de police et de gendarmerie pourront travailler sérieusement et la justice, aussi. Sans ce préalable recensement, les propos officiels resteront des paroles en l'air.

 

 

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