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Bonnes feuilles
De la servitude volontaire à l'Allemagne des élites françaises
Publié le 20 octobre 2018
En France, on se prévaut d’appartenir à un « couple franco-allemand » qui serait la locomotive de l’Europe. On sous-entend ainsi que les deux pays sont à égalité au sein de l’Union européenne et qu’ils la conduisent main dans la main. Pourtant, cela n’a jamais été vrai!. Dans son livre, "Le couple franco-allemand n'existe pas" publié aux éditions Michalon, Coralie Delaume dénonce une vérité tabou : il n'y a qu'en France que l'on croit en couple fantasmé. Extrait 1/2
Coralie Delaume est une blogueuse, journaliste et essayiste française. Elle est diplômée de l’Institut d'études politiques de Grenoble, elle devient ensuite journaliste et chroniqueuse pour plusieurs médias. Spécialiste de la gouvernance économique...
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En France, on se prévaut d’appartenir à un « couple franco-allemand » qui serait la locomotive de l’Europe. On sous-entend ainsi que les deux pays sont à égalité au sein de l’Union européenne et qu’ils la conduisent main dans la main. Pourtant, cela n’a jamais été vrai!. Dans son livre, "Le couple franco-allemand n'existe pas" publié aux éditions Michalon, Coralie Delaume dénonce une vérité tabou : il n'y a qu'en France que l'on croit en couple fantasmé. Extrait 1/2

La tentation d’avoir recours à l’Allemagne comme pourvoyeur d’un certain ordre, de s’y référer, d’y chercher de l’aide ou de s’abandonner à elle est une vieille habitude dans certaines franges des « élites » françaises. Elle n’est pas systématique, mais elle a un caractère récurrent. L’importation en contrebande du conservatisme germanique pour en user contre le peuple est une manie qui a la vie dure. Parfois, c’est la réaction française qui s’exporte pour reprendre son souffle dans un lieu qui lui sied. Pendant la Révolution française, la ville de Coblence est ainsi devenue le point de chute des émigrés contre-révolutionnaires, et le centre de l’organisation de leurs activités diplomatiques et militaires. Il y eut bien évidemment à cela des raisons pratiques. Géographiques d’abord, puisque la ville était située de l’autre côté de la frontière. Familiales ensuite puisque l’archevêque-électeur de Trêves, Clément Wenceslas, se trouvait être l’oncle des comtes de Provence et d’Artois, et ne pouvait refuser de les accueillir.

 Mais à partir de l’arrivée à Coblence de ces deux-là, la cité germanique devint une véritable colonie française: « Il y avait environ cinq mille Français, et à Trêves, près de quatre mille. Les contemporains ont estimé qu’il y avait entre dix ou quinze mille émigrés dans l’électorat [de Trêves] », écrit l’historien Christian Henke. Mais plus encore qu’un lieu de regroupement et de préparatifs, Coblence finit par devenir un symbole. Indépendamment du fait de savoir si les émigrés constituaient une menace crédible, le nom de la ville allemande devint, pour les Révolutionnaires, synonyme de « Contre-Révolution ». L’évocation de son nom pouvait même servir en politique intérieure française pour disqualifier ses adversaires, indépendamment de tout lien avec les émigrés. « Au printemps 1793, les Montagnards utilisent le mot Coblence comme attaque verbale envers les Girondins », explique Henke. En tout état de cause et pendant bien longtemps, le nom de Coblence, ville aujourd’hui située dans le Land de Rhénanie-Palatinat, resta associé à l’idée de collusion des éléments les plus réactionnaires du pays avec l’étranger56, plus précisément avec l’Allemagne. Par ailleurs, c’est bien sûr et avant tout auprès des États allemands que Louis XVI sollicita une aide extérieure contre les révolutionnaires. Il faut dire que son épouse Marie-Antoinette était originaire de l’un d’entre eux. Certes, c’est Paris qui déclara la guerre à l’Autriche en avril 1792, sur proposition du roi qui espérait bien qu’elle serait perdue par la France. Mais dès avant cela (août 1791) et après l’arrestation de Louis XVI à Varennes, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, le souverain d’Autriche et empereur du Saint-Empire Léopold II et l’Électeur de Saxe s’étaient rencontrés à Pillnitz. Ils y avaient signé une déclaration dans laquelle ils exigeaient le rétablissement du roi de France dans ses droits. Tout se mettait en place, depuis le monde allemand, pour que débutent les guerres contre la France révolutionnaire.

Près d’un siècle plus tard, c’est une autre guerre, celle de 1870-1871, qui permit de parachever, ainsi qu’on l’a vu, l’unité allemande. Dans quelle mesure une certaine « élite » française n’a-t-elle pas souhaité – et même favorisé – la victoire des Prussiens, afin que ces derniers la débarrassent d’un peuple parisien un peu trop remuant, qui malgré un siège éprouvant refusait de se rendre, et que, pour former la Garde nationale, on avait armé?

Extrait de "Le couple franco-allemand n'existe pas" de Coralie Delaume, publié aux éditions Michalon

 

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