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© LUDOVIC MARIN / AFP
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En Marche

Quand LREM part à l’assaut des ennemis de l’Europe en oubliant que ce sont ses alliés qui bloquent le projet d’Emmanuel Macron

Publié le 01 octobre 2018
A quelques mois des élections européennes, Christophe Castaner, délégué général de LREM lance les préparatifs de campagne sur une lutte qu'il souhaite mener contre les "ennemis" de l'Europe, ciblant ici, pêle même, Matteo Salvini, Viktor Orban, Marine Le Pen ou même Laurent Wauquiez.
Bruno Alomar, économiste, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, auteur de Grandes Questions Européennes (Armand Colin, 4em Edition) ou bien encore La réforme ou l'insignifiance : 10 ans pour sauver l'Union européenne (2018,...
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Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).
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Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).
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A quelques mois des élections européennes, Christophe Castaner, délégué général de LREM lance les préparatifs de campagne sur une lutte qu'il souhaite mener contre les "ennemis" de l'Europe, ciblant ici, pêle même, Matteo Salvini, Viktor Orban, Marine Le Pen ou même Laurent Wauquiez.

Atlantico : Comment jugez de cette ligne de fracture que souhaite faire imprimer LREM alors même que le projet européen porté par Emmanuel Macron a été largement ralenti par d'autres forces politiques, et notamment l'Allemagne d'Angela Merkel ? 

 
Bruno Alomar : Cette ligne de fracture sert à dramatiser le débat, pour réduire l’élection au Parlement européen à un choix binaire : plus d’Europe, ou le chaos. C’est une profonde erreur, à plusieurs égards.
 
D’abord, c’est largement une erreur factuelle. C’est faire comme si l’Union européenne était d’un bloc et que la seule question en jeu, qui d’ailleurs n’est pas vraiment du ressort du Parlement européen, était d’augmenter ou de réduire les compétences juridiques de ce qui demeure une organisation internationale. C’est confondre une élection au Parlement européen avec la préparation d’une Conférence Intergouvernementale chargée de réfléchir à la refonte des Traités européens.
 
C’est également, quand il s’agit de l’exercice des compétences dont l’Union dispose déjà, une forme d’incohérence. D’un côté, tout le monde, même la Commission, reconnaît qu’il faut sortir d’une Union qui fait du zèle et règlemente tout jusqu’au moindre détail, et tout le monde glorifie le principe de subsidiarité, fait pour limiter l’action de l’Union. D’un autre côté, ce qui est parfaitement contradictoire, les mêmes crient « plus d’Europe ».
 
C’est, ensuite, nier la complexité de l’Union européenne. Dans certains domaines, comme la monnaie ou la concurrence, elle est très avancée. Dans d’autres, d’essence régalien, elle est inexistante. Dire « plus d’Europe ou rien », c’est éviter de considérer qu’il y a des domaines dans lesquels il faudrait peut-être accroitre les prérogatives de l’Union européenne (par exemple la zone euro si l’on pense qu’elle est fragile), et d’autres au contraire dans lesquels il faudrait que l’Union européenne s’abstienne. Beaucoup de pays souhaitent que l’Union européenne agisse plus dans le domaine économique, et moins dans le domaine régalien : c’est le cas de beaucoup des pays attachés à l’Otan dans le domaine de la défense. Sont-ils moins européens ? Tout est question d’interprétation.  
 
C’est enfin, plus largement, le principal problème de l’Union européenne aujourd’hui : l’absence totale de réflexion sur ce qu’est vraiment l’Union, et sur ce qu’elle doit faire. Pour schématiser, pour les fédéralistes, dans la ligne desquels En Marche semble se placer, plus d’Europe est la solution à tous nos problèmes. Pour les souverainistes, moins d’Europe est la solution à tous nos problèmes. En fait, ils font la même erreur grossière : se dispenser de regarder l’Union telle qu’elle est. Et quand on la regarde, on s’aperçoit qu’elle est toute petite, et n’est ni le Père Noel, ni le Croque-mitaines. Elle n’a quasiment aucun pouvoir régalien. Elle a des prérogatives économiques réelles (monnaie, concurrence, normes, commerce), mais bien inférieures à celles des Etats membres.
 
Au total, la « pensée complexe » mérite mieux que cette caricature, qui, d’ailleurs, montre que la pensée européenne d’En Marche n’a absolument rien d’original par rapport à la vision portée par la France depuis 1974 (Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande) : plus d’Europe !
 
Christophe Boutin : Emmanuel Macron a compris que partir tôt dans la campagne des européennes allait avoir pour lui un certain nombre d’avantages.
 
Le premier est de tuer dans l’œuf toutes les tentatives de listes trop directement concurrentes. Partant le premier, il oblige ses rivaux immédiats, c’est-à-dire ceux qui pouvaient prospérer sur le même terreau, sur le même projet européen, à se positionner par rapport à lui, et ce alors qu’il aura déjà largement investi les médias. Et il est vrai que, tant du côté du PS à gauche que des centristes et d’une part des LR à droite, il va être difficile d’expliquer les différences qui justifieraient le soutien des électeurs à des listes qui finiront par paraître de simples « dissidences » au projet attrape-tout macronien
 
Lançant sa campagne très en amont, Emmanuel Macron ne bénéficiera certes pas de l’effet de surprise, et peut même craindre de lasser son public par un discours trop souvent martelé, ce qui pourrait conduire à ce que son élan initial ne s’enlise. Mais, « en même temps », bénéfice secondaire non négligeable, focaliser l’attention de ses concitoyens sur les élections européennes peut lui permettre d’éviter qu’elle ne se cristallise sur les ratés de sa politique, intérieure ou extérieure.
 
Par ailleurs, comme l’Union d’ailleurs, cela lui permet de surfer sur les pseudo-consultations et la trop fameuse « société civile ». Pour l’Union, c’est le site « Quelle est votre Europe.org », avec comme déclinaisons des « consultations citoyennes » organisés en France – et auxquelles les services de l’État ont été conviés à participer. De tout cela doivent remonter des doléances qui seront soumises au Conseil européen… Pour LaREM, Christophe Castaner et ses adjoints ont engagé des consultations dont les remontées ont vocation à irriguer les débats et le programme de LaREM. Dans les deux cas on peut se demander ce qui en sortira vraiment, mais ces contacts directs expliquent peut-être, partiellement au moins, le changement de cap du discours macronien sur l’Europe.
 
En effet Emmanuel Macron a choisi dès le début de dramatiser le débat des européennes avec une approche binaire très simple - sinon simpliste. D’un côté le Vrai, le Beau et le Bien, de l’autre le mensonge des « fake news », le laideur de la guerre et le mal de la haine. D’un côté l’Union européenne, de l’autre les États-nations. D’un côté les progressistes, de l’autre la « lèpre populiste ».
 
Or ses conseillers se rendent compte que ce discours achoppe sur les sentiments profonds des Français, et que l’européisme béat envers l’Union européenne n’est plus à l’ordre du jour. Ce qui nous vaut aujourd’hui le nouveau Macron, le réformateur non de l’Union européenne, un mot qui ne séduit plus, mais d’une « Europe de l’ambition et de l’avenir, des démocrates et des progressistes ». On relèvera ici l’ajout au camp du Bien des « démocrates », nécessairement favorables au projet de l’Union dans ce non-dit, les critiques qui porteraient sur lui relevant soit des « démocraties illibérales » soit des « démocratures », autant de termes qui stigmatisent ces États, le groupe de Višegrad aujourd’hui, l’Italie demain, dans lesquels les dirigeants respectent les vœux du peuple souverain qui les a élus.
 
« C’est un combat de civilisation, un combat historique, et je ne cèderai rien aux extrêmes » continue le Chef de l’État, toujours dans la dramatisation binaire, mais forcé de contourner cette fois la « lèpre populiste ». Car sur ce point aussi les choses changent. Le terme populiste, comme l’a démontré Chantal Delsol, avait vocation à stigmatiser ceux auxquels il s’applique, chez les politiques des démagogues qui ne sont que de piètres histrions, chez leurs électeurs quelques nervis et un peuple abruti, ces fameux « sans dents » de Hollande que les amuseurs patentés aiment tant à caricaturer sur les chaînes du service public. Or les récents sondages montrent un retournement, car loin de s’estimer stigmatisés, certains brandissent fièrement comme une bannière le terme de « populiste »… et l’opinion publique a les yeux de Chimène pour Salvini, Orban, et tous ces « résistants ». D’où le fabuleux rétropédalage de Jupiter, dénonçant maintenant le mondialisme et l’européisme et vantant les peuples et leurs identité.
 
 
 

Au travers de ces diverses fractures, quelles sont les chances de voir Emmanuel Macron de pouvoir fédérer autour de lui une force paneuropéenne contre ceux qui sont qualifiés d'ennemis de l'Europe ? 

 
Bruno Alomar : Elles sont très limitées.
 
La réalité, qu’on le regrette ou qu’on s’en réjouisse, est que la France a rarement été aussi isolée sur la scène européenne. La dramatisation de la question migratoire et institutionnelle à l’égard des ex pays de l’Est européen a considérablement éloigné la France de ces pays. La plupart des pays du Nord de l’Union, avec l’aval discret de Berlin, rejettent en bloc les propositions françaises d’approfondissement de la zone euro. Les relations avec le Royaume-Uni se sont dégradées (ce qui rétro-agit sur des pays comme les Pays-Bas). La relation avec l’Italie, traditionnellement médiocre, est désormais exécrable. Enfin, le couple franco-allemand, ébréché depuis longtemps, a d’autant plus perdu de consistance que les allemands ont fini par s’apercevoir que contrairement à ce qu’ils avaient espéré, la France n’a pas pris depuis mai 2017 le puissant chemin de réforme que beaucoup espéraient. 
 
Les raisons d’un tel échec sont nombreuses. Elles se résument en une idée simple :  l’Europe n’est pas la France ! Si En Marche a réussi quelque chose de véritablement extraordinaire au printemps 2017 et mettant à bas tout le système politique français – il est vrai en raison d’un concours de circonstances fortuites que ceux qui croient au sens de l’Histoire ne veulent pas voir - l’Europe, elle, est beaucoup, beaucoup plus complexe. L’expérience de l’Europe du Président Macron est celle d’un haut fonctionnaire qui connaît très bien un organe de l’Union, qu’il a eu à connaître comme sherpa du Président, puis comme Ministre, puis comme Président lui-même : le Conseil. Mais l’Union est plus complexe que cela. Dans ce contexte, il y a une tentation permanente des politiques français, fruit d’un système français très vertical, à passer à côté de la complexité de l’Europe en termes institutionnels et de sensibilités politiques. Emmanuel Macron ne fait pas exception.
 
Au fond, tout ceci pose une question assez simple : l’Europe peut-elle être politique ? En d’autres termes, est-il possible qu’une forme d’alternance entre une Europe plutôt de droite et une Europe plutôt de gauche se produise ? L’expérience et la théorie montrent que non. L’expérience d’abord, parce depuis longtemps, les partis de gauche, centre et droite européens gouvernent ensemble l’Union. C’est un système de « grande coalition » qui prévaut au parlement européen (PSE, Alde, PPE) qui a eu pour effet délétère de placer les partis dits anti-européens à la périphérie du système. Dès lors, la seule alternance possible à ce que nous avons connu jusqu’à présent ce sont des partis non pas européens de gauche ou européens de droite, mais des partis hostiles au principe même de la construction communautaire. Au plan théorique c’est assez simple : on est favorable ou défavorable au principe même de la construction européenne selon qu’on pense qu’elle sera en ligne ou non avec nos convictions politiques. Si l’on est de gauche française et qu’on comprend/estime que l’Union européenne sera toujours de droite (ou considérée comme telle), l’on devient hostile au principe même de la construction européenne. Et vice-versa. L’Union ne peut donc pas être politique, à tout le moins ouvertement. Car bien évidemment, bien qu’elle s’en cache, elle est le reflet d’une conception politique (démocratie libérale de marché).
 

Emmanuel Macron a confié dans le JDD : "Je crois au retour des peuples. Je ne suis pas un européiste, ni un mondialiste. Je crois à l'identité forte de chaque peuple, je crois à l'histoire et à l'ambition de notre peuple. Je veux le convaincre que l'Europe, c'est ce qui l'accompagne, le protège. Je suis pour tourner la page d'une Europe ultralibérale, mais aussi pour éviter la page d'une Europe des nationalismes". En affirmant cette position dans l'hebdomadaire, qu'essaye de faire Emmanuel Macron face aux vagues populistes et à la droite ?

Christophe Boutin : Soyons clair, Sylvain Fort, cette plume de Macron passé près de la droite, et qui s’occupe maintenant de sa communication, en fait peut-être un peu trop. Son problème vient du décalage qui existe parfois entre le discours qu’il met dans la bouche d’Emmanuel Macron et l’attitude de celui-ci lorsqu’il le prononce, ou son action. Cela fonctionne parfois très bien, comme pour les obsèques du colonel Beltrame, mais l’un des meilleurs exemples de ratés est celui du discours prononcé il y a peu à l’ONU. Voilà en effet un texte fait pour être dit de manière mesurée, pensé pour la lente diction solennelle d’un Villepin par exemple – qui, lui, n’aurait d’ailleurs pas craché au passage sur son pays devant le reste du monde –, et qui a été gâché par un gamin excité se croyant en meeting électoral, à deux doigts de terminer sa petite crise nerveuse en hurlant que « c’est notre projeeeet ». Pas facile tous les jours la vie de conseiller…
 
Là c’est un peu la même chose. « Je crois au retour des peuples (…) Je crois à l’identité forte de chaque peuple, je crois à l’histoire et à l’ambition de notre peuple »… Mais quel peuple pour ne prendre que celui qui l’a porté au pouvoir ? Ce peuple qui a fait de « mauvaises choses » ? Ce peuple composé de « Gaulois réfractaires ? Ce peuple dont la langue écorche la langue de son représentant qui se pique de parler anglais dans les conférences de presse ? Ce peuple dont ses ministres et sa politique nient chaque jour et la permanence historique, la volonté de persévérer dans son être, et l’identité, réduite à une fiction juridique, cette nationalité qui ne labellise plus que la croyance dans la suprématie des  « droits humains » ?  « Je ne suis pas un européiste, ni un mondialiste. (…) Je suis pour tourner la page d’une Europe ultralibérale » ? Mais qui tolère dans le même temps la ratification de traités de libre échange mondialistes par l’Union ? Qui applique, démantelant si besoin est ce qui peut rester de ces services publics payés depuis des générations par les contribuables, et vendus à vil prix ou sacrifiés à la concurrence, les directives ultralibérales de Bruxelles ? Où est la cohérence ? « Je m’implique en permanence autour de la table du Conseil européen » ajoute Macron. Visiblement, ou il n’y dit pas la même chose, ou il n’y pèse rien…
 
 
 
En fait, on constate dans le nouveau discours macronien que l’ultime rempart des européistes en 2019 est la peur, cette peur dont ils accusent pourtant les souverainistes de la diffuser. Mais les Anglais n’ont pas eu peur de partir, de rompre les ponts, de quitter la « sécurité de l’Union », et malgré tout les obstacles que dresse cette dernière pour le leur faire payer, ne s’en portent pas plus mal. Mais Salvini ou Orban n’ont pas eu peur eux non plus de braver les foudres de l’oligarchie européiste pour protéger cette identité de leurs peuples dont notre Président se fait le héraut.
 
« L’Europe protège (…) L’Europe est notre bonne protection » psalmodie donc Emmanuel Macron, à la suite de la Commission. Mais contre quoi l’Union européenne nous a-t-elle protégé ? Protégé contre la dictature économique des USA qui nous imposent leurs amendes ubuesques ? Cela se saurait, mais Moscovici, échoué par hasard à la Commission comme la plupart de ses prédécesseurs français, préfère stigmatiser le budget italien… Protégé contre une immigration de masse, illégale, et plus inacceptable encore quand les descendants de ceux qui ont bâti l’Europe génération après génération peinent à subsister ? Que compte faire Frontex pour cela, des processions ad limes avec le portrait de Junker et l’hymne à la joie de Beethoven ? Protégé contre la guerre, quand l’Union européenne a laissé les Balkans s’ensanglanter, les USA y imposer leur loi, leurs États et leurs bases, et que le nettoyage ethnique continue dans un Kosovo sciemment abandonné à la mafia albanaise ? « L’Europe c’est la paix » prétend sans rire l’Union européenne. C’est plutôt l’inverse, c’est la paix, et une paix qui a résulté d’accords passés entre des nations, qui a permis cette captation de souveraineté qu’est l’Union européenne.
 
C’est là toute la limite du virement de bord de Macron, qui espère avec ce nouveau discours être « en même temps » favorable à l’Union et aux États, tâche pourtant manifestement impossible, ce que prouvent à l’envie les choix politiques quotidiens qui sont faits sous sa direction.  Si, comme le dit le Président, il faut « repenser » et « rebâtir » l’Europe, cette tâche appartient à ceux qui l’ont créée : les États, les nations et les peuples, et pas à une Union à tout jamais incapable de sortir de sa logique et qui continuera simplement à enserrer un peu plus États, nations et peuples dans le filet aux infinies ramifications d’une législation tentaculaire. Emmanuel Macron a raison, 2019, « c’est un combat de civilisation ». Et l’on sait « d’où il parle » comme aurait dit Lacan.
 
 

Quelles seraient les conséquences d'une défaite électorale d'Emmanuel Macron sur ce scrutin, notamment au regard de ses ambitions européennes ? 

 
Bruno Alomar : Il faut être clair. Au plan européen, Emmanuel Macron est en échec complet, et sans doute irréversible. Toutes ses initiatives – quoiqu’on en pense au fond – ont échoué ou vont échouer, pour les raisons décrites supra. 
 
La question n’est pas tellement de savoir si Emmanuel Macron aura ou non des échecs européens. La question est de savoir dans quelle mesure son échec européen, parce son rapport à l’Europe et au monde est beaucoup plus profondément inscrit dans sa vision des choses que ses prédécesseurs, va le disqualifier en France même. C’est bien ce qui risque de se passer. L’Europe devait être le démultiplicateur de succès du macronisme. C’est sur le terrain de l’Europe qu’En marche risque de connaître ses plus profondes défaites. C’est la raison pour laquelle ses opposants en France devraient prendre les élections européennes de 2019 pour une fois au sérieux. Cela n’en prend pas le chemin…
 
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