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© CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Triste réalité

La cruelle solitude des musulmans qui décident de renoncer à leur religion

Publié le 12 septembre 2018
Citoyens et pouvoirs publics doivent prendre d’urgence la mesure de la menace qui pèse sur les apostats de France, afin d’affronter la situation avec force.
Diplômé d'école de commerce, Nicolas Moreau a exercé en tant qu'auditeur pendant une décennie, auprès de nombreux acteurs publics, associatifs et privés.
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Citoyens et pouvoirs publics doivent prendre d’urgence la mesure de la menace qui pèse sur les apostats de France, afin d’affronter la situation avec force.

Ils se font appeler ExMuslim16, Jane, ou encore Imamette.

Derrière ces pseudonymes précautionneux se cachent d’anciens musulmans ayant fait acte d’apostasie ; c’est à dire qu’ils ont abandonné leur religion. Un crime en islam, que la charia punit de mort. 
 
Comme eux, ils sont nombreux à témoigner des difficultés au quotidien d’assumer leur athéisme, ou leur conversion, face aux reproches de leur famille, ou face aux menaces de mort d’inconnus. Certains le cachent totalement, craignant les conséquences que la révélation de leur apostasie entrainerait. 
 
Combien sont-ils réellement ? Impossible à dire.
 
Une étude de l’institut Montaigne ("Un Islam français est possible - 2016" : http://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport-un-islam-francais-est_-possible.pdf), datant de 2016, estimait à 15% le nombre d’enfants de musulmans de France ne l’étant pas eux-mêmes. Et au-delà, rien. Les articles, chiffres, ou études sur l’apostasie sont rarissimes.
 
Sur le sujet, les réactions des autorités de l’islam en France sont tout aussi rares (grande mosquée de Paris, conseil français du culte musulman…). En 2011 toutefois, lors d’une consultation de ces autorités par Jean-Pierre Chevènement, l’Union des Organisations Islamiques de France, émanation des frères musulmans, avait fait retirer d’un texte commun l’article mentionnant le droit de changer de religion (rapport d'information N° 757 au Sénat – 5 juillet 2016 – page 87 : https://www.senat.fr/rap/r15-757/r15-7571.pdf). Cette puissante UOIF, devenue « Musulmans de France », ignore toujours ce droit dans sa charte aujourd’hui (charte des musulmans de France – 2017 : http://www.uoif-online.com/wp-content/uploads/2017/04/CHARTE-MUSULMANS-DE-FRANCE-15.04.17.pdf) . 
 
Ainsi, les apostats de l’islam évoluent dans un effrayant vide médiatique et institutionnel, au sein duquel les condamnations et menaces sont nombreuses, à l’image de ce témoignage, recueilli sur Twitter.
 

Ils ont menacé de tuer les enfants de Jane et l'ont livrée en tant qu'#apostat à sa famille.

Puis @ExMuslim16, de la même façon.

Mnt mon tour. Ils sont français, me menacent de mort. Je suis leur ticket pour les "houris".

Ils ont mon nom de famille.

France 2018. #ExMuslim pic.twitter.com/YnLHYn46iy

— 🇫🇷- imamette👩🏻‍🎓- (@imamette) 10 septembre 2018
 
Pourtant, nos principes républicains sont clairs. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui a valeur constitutionnelle, rappelle que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. » 
 
Le gouvernement, pour sa part, garantit que la Laïcité « assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir  » (https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite).
 
Bien que les principes soient posés, les droits des apostats à la liberté et à la sécurité ne sont pas garantis car ils demeurent désespérément seuls face aux menaces, abandonnés par un pouvoir politique qui évite le sujet, et par des concitoyens qui ignorent souvent la mesure du danger qu’ils encourent.
 
Ces ex-musulmans ne peuvent plus combattre seuls. Les insulter, les traquer, les menacer, c’est attaquer la République, et avec elle, cette Liberté si précieuse, mais si fragile qu’elle réclame un combat de tous les instants. 
 
Ce combat pour la Liberté passe aujourd’hui par une défense implacable de nos compatriotes apostats. Il en appelle à l’implication et à la responsabilité de chacun.
 
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