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1492

Christophe Colomb : "J’ai navigué pour vivre avant de réaliser que je vivais pour naviguer"

Publié le 06 août 2018
Série de l’été : Entretien avec ceux qui ont change le monde : les grands inventeurs de l’histoire. Aujourd'hui Christophe Collomb.
Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 
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Jean-Marc Sylvestre
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Série de l’été : Entretien avec ceux qui ont change le monde : les grands inventeurs de l’histoire. Aujourd'hui Christophe Collomb.
Bien sûr, ces entretiens sont imaginaires, mais qui n’a pas rêvé de rencontrer ceux qui ont le plus contribué à changer le monde? Très souvent, ils n‘étaient ni de droite, ni de gauche. Parfois, leur origine ou leur nationalité les gênaient. Mais leur point commun, ce qui les passionnait, les rassemblait, c’était le bien public. Comment contribuer à construire un monde meilleur, plus confortable, plus visible et plus sécurisé ? 
Ils étaient aventuriers, explorateurs, médecins, ingénieurs. Ils étaient tous inventeurs, de Christophe Colomb, lui qui a découvert l’Amérique à Marie Curie, en passant par Alexander Fleming, celui qui a découvert la pénicilline, l’inventeur de la médecine moderne, celui du micro processeur ou encore le baron Haussmann qui a construit le Paris moderne ... et tant d’autres que nous découvrirons au fur et à mesure. 
 
Alors bien sur, ce rêve de rencontrer des personnages aussi importants n’est qu‘un rêve d’enfant ou de journaliste. Mais comme nous nous devons de respecter la vérité de l’Histoire, ces entretiens ont été reconstitués sur la base de ce qu’ils ont laissé comme écrits ou comme témoignages. Une façon comme une autre de visiter l’Histoire en entrant pas la petite porte de leur propre histoire. 

 

Christophe Colomb « J’ai navigué pour vivre et j’ai vite réalisé que je vivais pour naviguer, pour explorer »

 
Les entretiens des plus grands inventeurs de l'Histoire nous ont fait commencé par Christophe Colomb. Pourquoi ? Parce que c’est un personnage de roman. Comme Monte Cristo, à qui il ressemblait étrangement, il aurait pu être inventé par Alexandre Dumas. Il était de cette trempe-là.
Christophe Colomb s’est rendu célèbre pour avoir découvert le Nouveau Monde, c’est à dire l’Amérique, en 1492 alors qu’il cherchait la route des Indes. Le doute persiste sur ses véritables origines, bien qu’il soit né en Italie en 1451. Etait-il juif ? Pourquoi écrivait-il toujours en espagnol, alors qu’il est né en Italie ? Il existe autant d’hypothèses que de pays (Italie, Portugal, Espagne, Corse) voulant s’attribuer la gloire du grand navigateur.
Christophe Colomb a organisé et piloté quatre expéditions vers le Nouveau Monde et a été le premier explorateur à faire connaître la culture indigène par la colonisation et par ses récits. Epuisé par ses voyages, il s’éteint en 1506 à Valladolid, en Espagne, dépossédé de ses privilèges acquis et ignorant jusqu’au nom du nouveau continent qu’il avait découvert.
 
 

Christophe Colomb, tout le monde vous connaît, on sait ce que vous avez découvert, l’Amérique bien sûr, mais on ne sait pas toujours dire d’où vous venez, vous. C’est une vraie querelle d’historiens ! Est-ce que vous pouvez nous éclairer ?

 
Christophe Colomb : Je suis italien, moi, un vrai de vrai, de Gênes! Alors, c’est vrai que j’ai un peu brouillé les pistes. Je m’entendais très bien avec les latins, j’ai navigué grâce aux espagnols et j’ai été marié à une portugaise, rencontrée pendant une de mes premières venues dans la péninsule ibérique.
En Italie, mes parents étaient tisserands, alors moi-même, j’ai manié le métier à tisser pour confectionner des tissus. Mais entendre parler chiffons toute la journée, je m’en suis lassé bien vite. J’étais fier de mes origines génoises, mais je voulais découvrir autre chose. Alors, je me suis mis à voyager. L’Europe d’abord, l’Irlande, les côtes africaines. Ca n’a pas toujours été facile. Mes parents étaient modestes certes, mais avaient une condition, une stabilité obtenue par le travail et mon père était fier de pouvoir me la transmettre, moi, l’aîné de ses enfants. Il a donc fallu que je me révolte contre ce que je considérais comme un devoir : prendre la suite de mon père. Les noms d’oiseaux ont volé, mais j’ai gagné ma liberté. J’ai navigué pour vivre et j’ai vite réalisé que je vivais pour naviguer. Pour explorer.
 

Avant d’être téméraire, il faut simplement être instruit. Vous étiez de ceux qui défendaient l’idée que la Terre était ronde. Comment vous instruisiez-vous ? Vous avez fait des études? 

 
Christophe Colomb : J’avais, par mes parents, reçu une éducation assez élémentaire. J’ai approfondi moi-même, de manière autodidacte, les points qui représentaient de l’intérêt à mes yeux. On peut beaucoup apprendre par soi-même, vous savez. J’ai beaucoup lu, et j’ai navigué. Bref, j’ai vécu, il m’est arrivé plusieurs fois de faire naufrage. Mais la première fois que j’ai vu des universitaires, c’était pour leur soumettre mon projet de naviguer sur l’océan, et eux m’ont pris pour un demeuré. Donc je n’ai jamais été très ami avec ces gens-là.
 

Revenons justement à cette idée folle. Comment vous est venu le projet de traverser la « Mer Océane », comme vous disiez à l’époque, l’Atlantique, sans aucune certitude de toucher terre à un moment ou un autre ?

 
Christophe Colomb : Tous ces grands maîtres que je m’étais donné m’ont inspiré. Ils ont agi sur moi comme des guides, des mentors. Et en mettant bout à bout toutes leurs recherches, j’ai reconstitué le puzzle. 
Erasthothène, le plus ancien, l’égyptien. Plus d’un millénaire avant moi, ce formidable génie avait estimé la circonférence de la Terre à 39 375 kilomètres. Avec un chameau, le phare d’Alexandrie et quelques hypothèses, il ne s’est trompé que de 7000 kilomètres ! Claude Ptolémée, ensuite, chez les Romains. C’était un formidable astronome et géographe, c’est lui qui a tout cartographié et beaucoup d’explorateurs après moi se serviront encore de ses recherches. D’après ses tracés, qui n’étaient pas exacts - on les a bien sûr corrigés par la suite - l’Océan Atlantique ne semblait pas si long à traverser. Il avait très bien cartographié l’Europe, l’Afrique et l’Asie mais ne connaissait pas l’Amérique. Je ne peux pas lui en vouloir. Son apport a tellement été immense. Pour avancer, il faut savoir se tromper.
Selon lui, donc, l’autre rive la plus proche était celle de l’Asie. Cette terre avait été découverte par la route orientale, en contournant le continent africain. Marco Polo avait décrit ce monde nouveau et terriblement différent du nôtre dans son Livre des Merveilles. Il avait pris le soin d’évoquer du Japon, qu’on appelait Cipangu, mais qui n’était encore qu’un mythe, jamais découvert par les européens.
Du coup, personne n’avait osé le faire avant moi mais j’ai voulu rejoindre cette île par la route occidentale, en traversant l’océan. Mais toujours des oiseaux de mauvais augure qui disaient que c’était impossible.
 
 

Passés ces Cassandre, vous avez quand même mis votre projet à exécution. Et comme dans toute entreprise, il vous a fallu lever des fonds, trouver des équipements, en bateaux, en hommes. Le Portugal, où votre épouse avait ses entrées à la cour, a refusé net de vous suivre. Donc un beau jour, vous arrivez devant la reine d’Espagne pour lui demander de financer votre expédition de traversée de l’océan. Elle vous a pris pour un fou, cette Isabelle, non ?

 
Christophe Colomb : Isabelle de Castille, quel magnifique souvenir que mes entrevues avec cette femme ! Je n’étais pas séducteur de nature, mais l’idée que ce soit cette femme qui puisse avoir le dernier mot sur mes projets m’a énormément plu. Et elle m’a intimidé, c’est vrai. Elle avait de la poigne, cette Isabelle. Elle avait dirigé l’armée qui avait repris Grenade aux arabes. Et que dire de l’Inquisition qu’elle a menée, sans pitié. Intelligente et stratège aussi, mais surtout catholique, elle voulait asseoir l’influence de l’Espagne et elle savait que cela passerait par la conquête du Nouveau Monde.
Cela a été un défi énorme que de la convaincre de m’aider. Elle m’a longtemps mis devant mes contradictions, mais je pense qu’elle me comprenait, et même qu’elle enviait ma liberté.

 

Que recherchiez-vous? La gloire, l’argent, la connaissance? L’amour peut-être, avec cette partenaire de reine ?

 
Christophe Colomb : Que dites-vous, j’étais marié, et ma femme, la plus adorable et la plus patiente des épouses, m’aura sans cesse attendu pendant mes voyages. Alors, la gloire, je ne pense pas que ce soit la motivation de quelconque entrepreneur. C’est quelque chose qui arrive, ou non. Le profit, sans nul doute. C’était ce que toutes les parties prenantes à mon aventure recherchaient. N’oubliez pas que je leur avais mis des étoiles dans les yeux en leur promettant des montagnes d’or à découvrir. De mon coté, j’avais négocié dur avec l’Espagne sur mes récompenses. J’avais obtenu que celui qui découvre une terre soit nommé vice-roi de cette même terre, qu’il pouvait garder un dixième de l’or qu’il y trouvait. J’avais imposé à mes actionnaires et mes sponsors une participation aux fruits de l’entreprise. Au départ, tous ceux qui finançaient les expéditions étaient des amis de la reine, ils pensaient bien faire fortune. 
A cette époque, les grands de ce monde allaient à l'école des mercantilistes, vous avez du apprendre cela en histoire de l'économie.
 

Vous étiez allé à cette école vous-même ? 

 
Christophe Colomb : Non, mais ces idées étaient clairement à la mode dans les cercles de pouvoir. En bref, le mercantilisme était un courant de pensée qui considère que « le prince, dont la puissance repose sur l'or et sa collecte par l'impôt, doit s'appuyer sur la classe des marchands et favoriser l'essor industriel et commercial de la Nation afin qu'un excédent commercial permette l'entrée des métaux précieux ». Si je résume, il fallait de l’or pour être puissant. J’étais celui qui pouvait rapporter cet et ces métaux précieux. 
Les tenants du mercantilisme prônaient le développement économique par l'enrichissement des nations au moyen d'un commerce extérieur organisé en vue de dégager un excédent de balance commerciale. Pour ce faire, l'État se trouve investi de la responsabilité de développer la richesse nationale, en adoptant des politiques pertinentes de protectionnisme mais aussi d’expansionnisme et de colonialisme. D’ailleurs, si je peux me permettre, je pense que vous traversez une époque où vous allez devoir réformer la mondialisation dans le sens du mercantilisme. Cette parenthèse intellectuelle fermée, j‘étais celui qui pouvait enrichir l’Etat par mes découvertes. Mais avant d’avoir découvert quoi que ce soit, j’avais demandé et reçu le titre d’« amiral des mers ». Ca faisait sérieux et crédible à la cour d’Espagne pour recevoir les sponsors.
En fait, ma crédibilité venait de mes convictions. Je croyais dur comme fer en mes hypothèses, alors j’ai voulu savoir. Et les vérifier. C’était mon seul moteur avec l’argent, mais l’argent c’était un peu la loterie. Je savais que je pouvais gagner beaucoup. Je savais aussi que je pouvais tout perdre. Mais comme je ne possédais pas grand chose au départ, ça ne m’angoissait guère. 

 

La reine vous finançait, elle vous a aussi anobli, cher Don Cristobal. 

 
Christophe Colomb : Oui, elle m'a anobli mais ca n’est pas ce qui lui a couté le plus cher.
 
 

 

Et la religion dans tout ça ? On dit de vous que vous vous pensiez envoyé de Dieu. Vous vous sentiez investi d’une mission ?

 
Christophe Colomb : La religion était importante, elle était le reflet de notre civilisation. Je vais vous paraître très cynique mais la religion a été un moyen, plus qu’un but. Elle m’a permis de convaincre la reine espagnole, très dévote. Elle était charmante, belle, séduisante mais elle était bigote et ça, j’avais du mal à supporter mais il le fallait bien. Elle m’a discipliné, moi, mes hommes, lors de ces choses extraordinaires qui nous arrivaient. La  vérité, c’est que ce sont les populations que nous avons trouvées qui nous considéraient comme des dieux, des êtres différents. Du moins au début.

 

Racontez-nous cette expédition. Comment on prépare ses marchandises quand on embarque pour une durée indéterminée sur un bateau ? C’est vrai qu’on embarque une tonne de choucroute, comme on dit ?

 
Christophe Colomb : Nous sommes partis à trois caravelles, ce qui comprenait en tout 90 hommes. Donc, oui, des vivres, nous en avions embarqués. Blé, fèves, jambon et poissons séchés et bien sûr, du vin. Malheureusement, nous avons perdu beaucoup d’hommes, car nous avions omis les carences qui pourraient survenir.
C’est avec l’expérience que l’on apprend, et les expéditions après les miennes, à partir notamment de Cartier ou de Cook, ont embarqué de la choucroute, très riche en vitamine C. En tout cas, la traversée fut rude, plus longue que prévue. Nous étions partis des Canaries et avons suivi l’exacte latitude à cet endroit, avec les alizés dans le dos, nous allions pourtant vite.
Cela a duré plus de deux mois et j’avoue avoir quelque peu menti à mes hommes sur ma connaissance du parcours. Il fallait bien les galvaniser. Et puis, j’ai coutume de dire « on ne va jamais aussi loin que lorsque l'on ne sait pas ou l'on va ». C’est un peu vrai.
 
 

Alors, le 12 octobre 1492, où êtes-vous arrivé ? Car c’est le prénom d’un autre explorateur, Amerigo Vespucci, que le continent américain porte ! Vous vous êtes fait voler votre découverte ? 

 
Christophe Colomb : Nous avons accosté le 12 octobre sur l’ile de Guanahani, l’équivalent d’une île des Bahamas aujourd’hui. 
Je vais vous conter l’anecdote, Amerigo Vespucci était un de mes disciples, il m’avait aidé à préparer cette première expédition, en me mettant notamment en contact avec des banquiers. C’était une forme de broker. Ou alors de banquier d’affaires.  Mais ensuite, lors de la troisième traversée dont il a fait partie, qu’il a compris que nous n’étions pas en Asie. Il l’a écrit, moi non je n’ai rien rendu public. Son nom a donc été donné à ce nouveau continent, moi je n’ai eu qu’un pays en mon hommage, la Colombie, alors que je n’y ai  jamais mis les pieds ! C’est assez cocasse. Il faut se méfier des banquiers, ils ont du flair et de la détermination. 
Alors, on m’a beaucoup reproché cette erreur. Mais rien de ce qui résulte du progrès humain ne s'obtient avec l'assentiment de tous. Et quand vous cherchez, parfois vous vous trompez. Moi, je n’avais pas toutes les hypothèses de mon aventure en tête. Que l’océan soit long à traverser ? Oui, bien sûr, c’est même pour ça que je n’ai pas voulu révéler l’étendue de ce que je savais à mon équipage. Que le navire coule? C’est pour ça que nous sommes partis à trois caravelles, histoire d’assurance. Mais alors, je n’avais pas imaginé tomber sur un autre continent que sur l’Asie. J’étais persuadé, en accostant sur l’ile de San Salvador, de mettre les pieds en Inde. D’où le fait d’ailleurs que l’on ait appelé les indigènes des Indiens. Nous sommes partis sur l’ile de Haïti, nommé à l’origine Navidād, parce qu’on avait trouvé un peu d’or, mais pas à la hauteur de nos espérances. Nous y laissâmes néanmoins 40 hommes pour y construire un fort, mais nous ne les retrouverons malheureusement jamais. Nous avons découvert que les populations locales avaient des habitudes anthropophagiques. Il fallait tout recommencer, quelle déception.
 

La 1ère fois, vous étiez partis à 3 navires, pour la 2ème expédition, vous avez vu grand : 17 navires au total prendront le large. C’était une véritable expédition de colonisation. Des chevaux, des vaches, des armes…

 
Christophe Colomb : Et des lapins ! Ce n’était pas le plus malin, étant donné qu’ils ont adoré rongé et détérioré nos caravelles qui étaient en bois. Je suis parti avec 17 navires sur injonction des banquiers et des assureurs. Ils voulaient de la garantie de retour. Il fallait donc partir nombreux pour être sur d’arriver et de revenir. 
Cette fois, après avoir longé les petites Antilles, la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy, à qui j’ai donné le nom de mon frère, nous sommes retournés sur l’île de Hispaniola, découverte lors de la première expédition. Un peu plus au nord que notre première installation qui avait été détruite, nous avons construit une nouvelle cité, La Isabela. 
 

Isabela, le nom de votre premier campement est celui de cette reine qui vous a financé... on la retrouve, encore ! C’est une obsession !

 
Christophe Colomb : Il faut toujours mieux flatter les personnes qui vous permettent de réaliser vos rêves. Isabela fut donc le siège de notre administration coloniale. Nous avons construit des bâtiments en pierre, une église, bien sûr et un mur d’enceinte. Malheureusement, au gré des cyclones et des contraintes climatiques, nous avons du déplacer ce centre stratégique plusieurs fois.
 

C’est le début officiel de la colonisation. Juin 1496. Vous revenez de votre second périple, mais toujours sans or. La reine d’Espagne, Isabella donc, fait la tête, elle qui a financé votre voyage, elle se serait bien remboursée pour payer les guerres contre la France. Mais nouvel investissement pour elle, elle finance quand même un troisième voyage, sauf que celui-ci vous vaut d’aller en prison ! La reine fut choquée de vos pratiques sur les tribus autochtones. En fait, c’était des esclaves pour vous.

 
Christophe Colomb : Nous faisions travailler les indigènes, comme les colons, comme les nobles qui avaient fait partie de notre expédition. Et puis non, ce n’était pas vraiment de l’esclavage. Encomienda, vous connaissez ? Ca veut dire que les indigènes étaient confiés à des seigneurs, les conquistadors espagnols, et travaillaient en échange de protection, concrète mais aussi chrétienne car nous leur apprenions la religion. 
Heureusement, après l’arrivée de cet émissaire de la reine qui me ramène en Espagne, je serai vite libéré et elle m’offrira même un quatrième voyage !

 

Vous devez halluciner aujourd’hui de savoir que l’on ne met plus deux mois pour traverser l’Atlantique. Vous auriez aimé vivre dans ce monde où le monde est tellement à portée de mains, où la mondialisation, dont vous avez surement rêvé, est si présente ?

 
Christophe Colomb : Une de nos grandes missions était le commerce, et l’Espagne de l’époque était particulièrement mercantiliste. Vous n’avez rien inventé avec la mondialisation, ou même, oserai-je, vous la déconstruisez. 
 

Vous saviez qu’un grand dirigeant du XXème siècle a eu un mot amusant à votre endroit, disant de vous que vous avez été le «  le premier socialiste ; il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait... et il faisait tout ça aux frais des contribuables ». 

 
Christophe Colomb : Moi, le premier socialiste, alors que j’adorais le pouvoir absolu ? D’ailleurs sur un bateau, le pouvoir est absolument dans les mains du commandant. Moi, socialiste. Ce monsieur avait beaucoup d’humour. C’est qui ? 

 

 Il s’agit de Winston Churchill. Cela vous fait sourire, lui comme vous, avez contribué à changer un peu votre époque... 

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