En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© FRED TANNEAU / AFP
Agriculture
La crise agricole expliquée par la fin du volailler Doux
Publié le 29 juillet 2018
Doux, à l’origine un groupe agroalimentaire familial breton, est devenu un géant de la volaille, en France, mais aussi avec des extensions au Brésil ou en d’autres lieux du monde. Il a grossi jusqu’à compter 13 000 salariés, avant de couler, définitivement, il y a quelques semaines. L’analyse de cet échec conduit aussi à comprendre une partie des maux de l’aval, la production (en l’occurrence avicole).
WikiAgri est un pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Il a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture. Les...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
WikiAgri
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
WikiAgri est un pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Il a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture. Les...
Voir la bio
Antoine Jeandey
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Doux, à l’origine un groupe agroalimentaire familial breton, est devenu un géant de la volaille, en France, mais aussi avec des extensions au Brésil ou en d’autres lieux du monde. Il a grossi jusqu’à compter 13 000 salariés, avant de couler, définitivement, il y a quelques semaines. L’analyse de cet échec conduit aussi à comprendre une partie des maux de l’aval, la production (en l’occurrence avicole).

WikiAgri a diffusé cette semaine une tribune signée Nadine Hourmant, ex déléguée syndicale  FO du groupe Doux. Cette ouvrière de la filière avicole y décrit tous les épisodes de la chute du plus grand groupe volailler en France, met en avant le triste sort réservé aux salariés « historiques », peu considérés tant en termes de salaires que de risque de mise au chômage, salariés qu’elle a accompagnés en faisant son job de déléguée syndicale. N’ayant pas sa langue dans sa poche, cette femme, qui avait fait partie des créateurs du mouvement contestataire des Bonnets Rouges, et dont la célébrité a dépassé le cadre des articles de Ouest-France ou du Télégramme, et donc de la Bretagne, le jour où le Président de la République François Hollande refusa de lui répondre en direct sur un plateau télé, réclame justice, car elle estime que les (ex) salariés du groupe Doux sont les victimes d’une gestion désastreuse...

Personnellement, j’aimerais aller au-delà, et ajouter mon analyse à la sienne. Lorsque Nadine Hourmant constate que Doux a « bénéficié d’un milliard d’aides européennes jusqu’en 2013 » pour finalement ne pas respecter ses engagements, ce n’est pas seulement un groupe agroalimentaire qui est concerné, mais l’ensemble de notre société, et en particulier tout notre secteur agricole. Car ce milliard, il sort bien de quelque part, de la poche du contribuable. Et s’il n’a que fort partiellement servi aux traitements des salariés (mal payés selon la déléguée syndicale), il n’a pas non plus alimenté les producteurs avicoles qui, au contraire, ont dû, pour la plupart, s’endetter pour s’équiper en fonction de la demande... Pour finalement voir l’entreprise demanderesse arrêter tout.

Une filière agricole française forte, devenue bancale

On touche là l’un des drames de l’agriculture actuelle. Il existe de l’argent pour le développement, il existe de la solidarité nationale (et même européenne en l’occurrence) lorsque le besoin s’en fait sentir, mais les fonds ainsi distribués ne viennent en définitive qu’enrichir de mauvais gestionnaires, oubliant les cibles visées initialement, sans objectifs clairs ni contrôle a posteriori.

Selon Nadine Hourmant (et je pense qu’elle a bien analysé la situation), compte tenu des restructurations et autres ventilations dans d’autres groupes (coopératifs) après la fin de Doux, les producteurs n’ont le choix qu’entre poursuivre des investissements coûteux et incertains, ou abandonner... J’ajoute, pour avoir reçu quelques témoignages, qu’il leur est le plus souvent proposé d’équiper leurs bâtiments en photovoltaïque pour dégager un revenu issu de l’énergie solaire en plus de celui de la production avicole. En soi, c’est plutôt bien vu étant données les fluctuations de cours. Mais cela signifie aussi des investissements encore plus lourds... Donc un endettement plus fort, des banques encore plus réticentes, des risques exacerbés et sur le long terme, une rentabilité repoussée... En d’autres termes, ce n’est pas à la portée de tout le monde, et celles ou ceux qui y vont quand même doivent, au-delà de leur engagement fort, croiser les doigts pour éviter tout imprévu.

Un grand danger pour les consommateurs

Le citoyen lambda est concerné à plusieurs chefs. Il est, je l’ai mentionné plus haut, contribuable, et donc en droit d’espérer que l’argent de ses impôts est convenablement utilisé. Il est également consommateur. La viande de poulet est la plus consommée en France, et représente un quart des achats de viande. À ce titre, il est en droit d’espérer une production française de qualité. En 2018, signale Nadine Hourmant, une volaille sur deux consommée en France est importée, depuis des pays qui n’observent pas les mêmes règles sociales pour les salariés, ni les mêmes règles sanitaires. Le maintien d’une production française de qualité parait donc cruciale, pour toute la chaine : les producteurs, tous ceux qui vivent de la production, et in fine les consommateurs.

Aujourd’hui pourtant, on s’éloigne clairement de ce schéma. Avec des conséquences induites, entre autres exemples : comment reprocher à nos céréaliers de viser de manière prépondérante l’export lorsqu’un marché interne (nourrir les granivores que sont les volailles) s’estompe petit à petit ? Derrière, c’est tout un système qui bascule.

Et la volaille n’est, malheureusement, qu’un des exemples des dysfonctionnements de la chaine placée entre le producteur agricole et le consommateur. La valeur ajoutée à partager, mais aussi les aides à obtenir en sachant la jouer fine dans l’établissement de dossiers, attirent bien des chalands. Sans généraliser non plus (heureusement, le système coopératif agricole est globalement plutôt bien tenu), cette partie essentielle de la chaine, entre le producteur et le consommateur, mérite pour le moins un coup de projecteur. Car sinon, des filières entières vont ralentir grandement leurs productions, ce qui signifie moins de producteurs, moins de salariés (et plus de problèmes sociaux), moins de territoire entretenu par les uns ou les autres, moins de sécurité sanitaire pour les consommateurs...

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Public voit un nouvel homme dans la vie de Laeticia Hallyday; Angelina Jolie veut récupérer le sien; Brigitte Macron au chevet de l’AVC de Line Renaud; Ségolène Royal & François Hollande bientôt mamie-papy; Louis Sarkozy accouche d’une ligne de mocassins
02.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
03.
Le nouveau parti du Brexit de Nigel Farage prend la tête des sondages pour les Européennes au Royaume-Uni
04.
Quand Bret Easton Ellis atomise la “Génération Chochotte”
05.
La honte de l’empereur : loin du soleil d’Austerlitz, l’ombre infamante de la bataille de Toulouse
06.
Gilets Jaunes : des échauffourée avec la police, des voitures brûlées et des magasins pillés
07.
Barbara Lefebvre : “Le patriotisme est intimement lié à la dimension militaire d’une nation”
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
04.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires