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"Quand nous ressusciterons d’entre les morts" : une pièce plus intéressante à lire qu'à voir
Publié le 20 avril 2018
Françoise Boursin  est chroniqueuse pour le site Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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THEATRE 

« Quand nous ressusciterons d’entre les morts »

d’Henrik Ibsen.
Mise en scène: Emilie Sandre
Avec Damien Domenget, Richard Fériot, Jeanne Feydel, Christine Liétot, Christian Macairet et Lisbeth Wagner (Compagnie A travers le monde).

INFORMATIONS
Théâtre du Nord-Ouest
13 rue du Faubourg Montmartre
75 009 Paris
Réservations: 01 47 70 32 75 et theatredunordouest.com
Dans le cadre d’un festival Ibsen: 
Dimanche 6 mai: 21h
Mardi 15 mai: 20h45
Samedi 19 mai: 21h
Vendredi 25 et 29 mai: 20h45
Samedi 2 juin: 20h45

RECOMMANDATION

          BOF !

THEME
« Quand nous ressusciterons d’entre les morts », traduit ailleurs par « Quand nous nous réveillerons d’entre les morts", est la dernière pièce écrite par Ibsen, en 1899, six ans avant sa mort, et elle a été très peu jouée. 

Elle met en scène un artiste sculpteur révéré, Arnold Rubek, qui est déchiré entre sa nouvelle épouse, Maia, qui l’ennuie par son côté trop réel, et sa muse d’autrefois, Irène, qui l’entraîne vers un idéal empreint de folie: elle se voit tantôt vivante et tantôt morte. Elle est suivie par une inquiétante femme en noir. Elle, elle est la femme en blanc qui revoit le passé avec Rubek: elle l’a passionnément aimé; lui l’a considérée comme modèle, mais il a ensuite trahi son modèle en modifiant la composition de sa structure pour lui donner une place plus restreinte dans cette oeuvre, « Le Jour de la Résurrection", devenue célèbre. 

Tandis que Maia évolue dans la réalité en partant vers un bonheur de liberté avec le chasseur d’ours, Rubek retrouve Irène dans une relation entre idéal et réalité, loin de toute raison: ils disparaissent dans un terrifiant orage en haut d’un rocher qui représente « la haute montagne » où l’on peut voir « toutes les splendeurs de la terre », promises aux femmes de sa vie.

POINTS FORTS
1) C’est une courageuse entreprise de monter cette pièce difficile et de tenter de faire partager ces limites de l’idéal et de la réalité.
2) La plupart des acteurs sont excellents et donnent tout ce qu’ils peuvent pour faire croire à la pièce: Christian Macairet en Rubek, Jeanne Feydel en Maia, Richard Fériot en chasseur d’ours.
3) La réflexion sur la nature de l’artiste est intéressante, bien que difficile à faire passer au théâtre.
4) L'atmosphère oppressante est bien rendue, par la folie d’Irène et la présence obsédante de la diaconesse, la femme en noir, ainsi que par le mélange constant entre le monde des morts et celui des vivants..

POINTS FAIBLES
1) La pièce provoque souvent l’ennui, pendant un peu plus de deux heures, et on a du mal à y croire, si bien que les tourments de l’artiste touchent peu.
2) Le personnage d’Irène est très étrange et difficilement crédible: l’actrice a-t-elle une part de responsabilité? Ce n’est pas certain, quand on lit la pièce.
3) La mise en scène est minimaliste: ces grands rochers noirs pleins de cavités conviennent bien quand les personnages  sont sur la montagne, mais beaucoup moins bien quand ils sont en bas, à l’Hôtel des Bains. D’ailleurs les indications de mise en scène sur le texte écrit sont beaucoup plus élaborées.

EN DEUX MOTS
Ce degré d’abstraction ne convient pas forcément à la pièce de théâtre, dans laquelle le message sur la situation de l’artiste a bien du mal à émerger.

Une pièce plus intéressante à lire qu'à voir.

UN EXTRAIT

Ou plutôt deux:
 - Rubek à Irène: « Artiste avant tout…Malade du désir de créer la grande oeuvre de ma vie…elle devait s’appeler « Le Jour de la Résurrection » et revêtir l’aspect d’une jeune femme qui se réveille du sommeil de la mort."
   - « Tu n’étais pas un modèle pour moi; tu étais la source de ma création."

L’AUTEUR
Henrik Ibsen (1828-1906) est un auteur dramatique norvégien qui a été beaucoup joué. Ses pièces s’appuient sur une réflexion philosophique et sociale et, en général, elles dénoncent les défauts de la société, en particulier ses aspects conformistes et hypocrites. Ses principales pièces sont: « Brand » (1866), « Peer Gynt » et « Une maison de poupée » (1879), « Les revenants » (1881), « Le canard sauvage » (1884). Pour cette dernière pièce, « Nous ressusciterons d’entre les morts », la contrainte sociale est moins présente et c’est la réflexion philosophique qui domine.

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Deudeuche
- 21/04/2018 - 08:46
Pour une fois que la « contrainte sociale »
Ne pollue pas la culture, alors c’est...moins bien, moins bien pour les bobos!