En direct
Best of
Best-of: le meilleur de la semaine Atlantico
En direct
© MARTIN BUREAU / AFP
Hasard ?
Affaire Sarkozy : mais qui choisit l’arbitre ?
Publié le 24 mars 2018
Au lendemain de garde à vue de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen a posé une question utile : comment se fait-il que ce soit toujours le même juge d’instruction qui est désigné pour enquêter sur les affaires de l’ancien Président de la République ?
Sophie Obadia est avocat au Barreau de Paris.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sophie Obadia
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sophie Obadia est avocat au Barreau de Paris.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Au lendemain de garde à vue de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen a posé une question utile : comment se fait-il que ce soit toujours le même juge d’instruction qui est désigné pour enquêter sur les affaires de l’ancien Président de la République ?

Marine Le Pen a gardé de bons réflexes d’avocat.

Au lendemain de la spectaculaire garde à vue de Nicolas Sarkozy dans le cadre du financement de sa campagne à la présidentielle de 2007, elle pose une question utile : comment se fait-il que ce soit toujours le même juge d’instruction qui est désigné pour enquêter sur les affaires de l’ancien Président de la République ?

Est-ce un mauvais procès de plus fait à notre justice pénale ?

Petit rappel : ce n’est ni le Procureur ni le Doyen des juges d’instruction qui choisissent celui ou ceux qui auront la charge d’un dossier maisbel et bien le délégué du Président du Tribunal, saisi par un réquisitoire introductif daté et signé de la main du Procureur qui désigne de facto le juge en charge de la nouvelle instruction.

A Paris, au service général et au Pôle financier, là où s’instruisent les affaires de financement de campagnes électorales, il existe un tableau de roulement où chaque juge d’instruction est inscrit pour la semaine en cours. Ce système est censé assurer une désignation saine car aléatoire, en fonction des jours et non pas du juge ou de la personne qui lui sera présentée. Cette désignation neutre consacrée par le législateur en 1989 à travers les articles 83 et D27 et suivants du Code de procédure pénale est une garantie pour le justiciable et la démocratie.

Mais alors, tout un chacun et surtout l’avocat devrait pouvoir contrôler que ni le Procureur en choisissant la date de son réquisitoire écrit ni le délégué du Président n’on concouru à un choix discrétionnaire du juge d’instruction, en charge d’une enquête qui doit être équitable à égale distance de l’accusation et du mis en examen.

Y a-t-il vraiment un hasard ?

Dès 1990, la Chambre criminelle de la Cour de cassation a terni l’ambition législative en jugeant que la désignation du juge d’instruction constitue un acte d’administration judicaire dont l’irrégularité procédurale n’entraine aucune sanction interdisant aux avocats de discuter du choix de cet arbitre, aux larges pouvoirs,qu’est le juge d’instruction.

Les avocats de la défense le savent bien et en souffrent parfois, le choix du juge d’instruction n’est pas discutable au nom du principe de l’administrationjudicairede laquelle l’avocat est exclu.

Que l’on se rassure cette inégalité des armes semble, à première vue, contrebalancée par la cosaisine devenue habituelle dans le cas des affaires complexes que sont, par exemple, les affaires de financement de campagne.

Hasard du calendrier, la réforme instaurant la codésignation de plusieurs juges d’instruction remonte au mois de mars 2007, alors que la campagne à la présidentielle devenue suspecte pour Nicolas Sarkozy battait son plein.

Je me souviens, tous les avocats pensaient que c’était le meilleur chemin procédural vers une juste manifestation de la vérité au nom du vieil adage « Juge unique, juge inique ».

Mais hélas au quotidien, et comme souvent, la pratique est dévoyée.

Si deux ou trois juges sont co-désignés, en réalité, c’est le premier qui prend le leadership et rapidement, les autres magistrats instructeurs, submergés par leurs propres dossiers, deviennent des figurants.

Il ne faut pas confondre co-saisine et collégialité.

A nouveau seul,faussement accompagné, le juge « chargé de l’instruction » peut prendre les grandes décisions du dossier comme la saisine d’un juge de la détention ou le refus d’une demande d’actes à l’exception, heureusement, du renvoi devant le tribunal.

Pour résumer, l’ancien président de la République,justiciable compulsif s’il en est, a toujours « bénéficié » du principe de la cosaisine.

Il  n’a pas eu systématiquement affaire au seul Juge Serge Tournaire et dans le dossier Bygmalion, un nouveau contentieux-inédit- vient de naître du fait que l’autre juge cosaisi a refusé de renvoyer Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel en ne signant pas l’ acte de renvoi.

Ajoutons que le dernier non-lieu le concernant a été prononcé par des juges qui – soulignons-le- n’appartiennent pas au Pôle financier de Paris (Bordeaux/ Bettencourt).

Et que Marine Le Pen et les autres mauvais esprits se rassurent, l’institution judiciaire a trouvé la parade grâce une ultime garantie :  les juges d’instruction financiers ne sont pas inamovibles.

Leur « tour de bête » ne dure que dix années …

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
02.
Comment Donald Trump est en train de se sortir des soupçons qui pèsent sur lui d'une collusion entre la Russie et sa campagne électorale de 2016
03.
Et les pays qui participent le plus à l’extension des forêts sur la planète sont…
04.
Le coffre-fort d'Alexandre Benalla aurait été déplacé par Chokri Wakrim, le compagnon de l'ancienne cheffe de la sécurité du Premier ministre
05.
François Ruffin craint d’être visé après les perquisitions chez Mediapart et La France Insoumise
06.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
07.
Le mystère de la chambre (d’écho des Gilets) jaune(s)
01.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre
02.
Il faut détruire Jean-Luc Mélenchon et le secret de l’instruction avec…
03.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
04.
Laeticia Hallyday s'ennuie à L.A; Johnny Depp craque pour la fille d'un vieux pote; Dany Boon veut que vous sachiez qu'il est amoureux (pour vous faire oublier ses impôts); Nicolas S. & Carla B. qu'ils étaient à Venise pour leur anniversaire de mariage
05.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
06.
55% des Français continuent à soutenir les Gilets jaunes : pourquoi s’imaginer que la fin de la crise est en vue est un fantasme dangereux
01.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
02.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
03.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
04.
Derrière le complotisme, l’énorme échec de 50 ans d’égalitarisme et de progressisme à marche forcée impulsés par l’Education nationale comme par la culture dominante
05.
55% des Français continuent à soutenir les Gilets jaunes : pourquoi s’imaginer que la fin de la crise est en vue est un fantasme dangereux
06.
Flambée d’antisémitisme et de violences politiques : ces erreurs politiques et macroéconomiques à ne pas reproduire pour enrayer la crise
Commentaires (25)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Vincennes
- 25/03/2018 - 20:15
Pour résumer : je retiens que c'est le Président du tribunal d
grande instance/Paris, c'est-à-dire Jean-Michel Hayat (ex/membre du Syndicat de la magistrature ex/conseiller de Royal + époux d’Adeline HAZAN elle aussi ex/Pdte du Syndicat de la magistrature),..... qui a désigné S. TOURNAIRE et Aude BURESI ex/membres eux aussi du même Syndicat de gauche (se souvenir du « mur des cons ») !!! A.BURESI déjà 3ème Juge avec TOURNAIRE dans « l’affaire FILLON » et TOURNAIRE ayant lui à DEUX reprises fait un appel à voter contre SARKO !!!! et tout cela vous semble normal ???? car, en plus, qui à fait nommer HAYAT ?? cherchez un peu et la boucle sera bouclée.
ELIED
- 25/03/2018 - 18:55
Toujours après cette lecture,
"Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation."
ELIED
- 25/03/2018 - 18:50
Après cette lecture,
Je me demande aussi ce que fait encore Ganesha sur ce site, depuis le temps qu'il injurie, quasiment à chaque fois les autres intervenants. Personnellement je lui ai déjà fait remarquer que l'injure n'est pas un argument, mais ce doit être encore trop difficile à comprendre, malgré la simplicité du texte.