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Procès du siècle : Google cherche à tuer UBER en lui réclamant près de 2,6 milliards de dollars

Publié le 06 février 2018
Google accuse Uber de lui avoir volé des documents secrets et stratégiques et lui réclame près de 2,6 milliards de dollars.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Google accuse Uber de lui avoir volé des documents secrets et stratégiques et lui réclame près de 2,6 milliards de dollars.

Le procès qui s’est ouvert hier à San Francisco et qui oppose Google à Uber fera date. Si Google gagne ce procès, Uber est mort. L’enjeu est en effet considérable puisque Google réclame l’équivalent de 2,2 milliards d’euros à Uber et que le géant américain peut donner là le coup de grâce à la plus célèbre des plateformes de réservation de VTC.

Ensuite, parce que c’est la première fois qu’un contentieux porte sur un vol de documents et de logiciels dans le digital. Enfin, parce que tout cela est assez rocambolesque.

Le détail et l'issue de ce procès sont attendus par toute l’industrie du digital parce qu’elle fera jurisprudence.

Les faits d’abord sont très simples : Google, ou plutôt Waymo, la filiale de Google en charge des véhicules autonomes, réclame 2,6 milliards de dollars à Uber en réparation d’un vol très important de documents secrets concernant le fonctionnement de la voiture autonome. Les avocats parlent de 14 000 documents confidentiels qui portent sur le système de lasers permettant à la voiture de recueillir les données nécessaires à sa mobilité et au traitement digital de toutes ces données. En fait, pour Google, il s’agit là du système de guidage des futures voitures autonomes. Evolution qui intéresse au plus haut point Uber, qui rêve déjà de mettre ses voitures en circulation sans chauffeur.

Mais ce sont les modalités du vol qui sont assez rocambolesques. En fait, elles visent un ingénieur de génie, Antony Levandowski, qui était dans la petite équipe à l’origine du projet chez Google. C’est lui qui était chargé de la mise au point du matériel dessiné au recueil de toutes les données sur l’environnement de la voiture, et notamment de tous les obstacles, cela en temps réel, puis de les traiter en cartographie pour pouvoir ensuite assurer le pilotage de la voiture.

Cet ingénieur a quitté Google pour créer sa société et concevoir des systèmes destinés à assurer l’autonomie des poids lourds. Il pensait que les besoins d’autonomie seraient plus urgents dans le transport des marchandises que dans celui des humains. Il n‘avait pas forcément tort.

Le problème dans son itinéraire,  c’est que sept mois après avoir quitté Google, sa petite entreprise a été rachetée par Uber pour 700 millions de dollars, alors qu‘elle ne faisait encore pas un centime de chiffres d’affaires.

Selon les avocats de Google, Antony Levandowski a emporté avec lui une masse de documents stratégiques et de logiciels de traitement de données et que tout cela intéressait au premier chef Uber, qui aurait donc racheté cette société en toute connaissance de cause.

Alors, ça pourrait être le premier casse du siècle dans l'industrie numérique, toujours est-il que ça n'arrange pas les affaires de Uber et de son nouveau président qui essaie de redresser l’image et l'équilibre de la société.

Sur l’image, ça fait un peu désordre après les frasques de l'ancien dirigeant et créateur de Uber.

Sur la perspective, ça hypothèque singulièrement l'avenir dans la mesure où la stratégie de Uber était de préparer la prochaine révolution dans le domaine des transports connectés et autonomes.

Pour Uber, la conception d’une voiture sans chauffeur est « existentielle ». C’est du moins ce que disait Travis Kalanick, le fondateur de Uber et ancien dirigeant. Mais la plate forme de réservation qui n’est toujours pas rentable peut à terme se faire cannibaliser par les compagnies de taxis qui travaillent sur l’autonomie et qui sont beaucoup plus en avance que Uber.

L’autre question que pose cette affaire est de savoir à qui appartient le produit de la recherche dans le domaine digital. La richesse, c’est le travail des ingénieurs et ces ingénieurs trouvent dans les GAFA les moyens financiers pour développer leurs recherches. Il faut donc partager la valeur, ce qui n’est pas toujours évident notamment au niveau de la recherche fondamentale.

Dans le strict domaine de l'automobile, la question est de savoir qui sera propriétaire du moteur électrique, le constructeur de voitures qui a besoin de fournitures électroniques, les exploitants de voitures ou de taxis ou alors les industriels de l’informatique dont la valeur ajoutée est incontournable et qui auraient les moyens de racheter tous leurs partenaires ?

Dans le cadre de ce procès, ce qui frappe tous les observateurs, c’est l’ampleur considérable des réparations demandées. Google voudrait tuer Uber qu’il n’aurait pas demandé plus. 

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lémire
- 07/02/2018 - 16:07
Uber est-il une vicitme dans cette affaire ?
Je ne sais pas pour les US, mais ici, emporter des codes en quittant une entreprise, ça peut coûter cher. Et si les entreprises de taxis rendent les mêmes service qu'Uber, qui s'en plaindra ? Quant aux pratiques de cowboy d'Uber (baisses de rémunération imposées aux chauffeurs, hausses de tarifs en cas d'affluence, avoir "une réglementation d'avance", évasion fiscale...), elles empêcheront le bon peuple de les considérer comme des victimes