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Zouave scaphandrier
Doucement mais sûrement... Pourquoi la crue 2018 de la Seine pourrait être beaucoup plus grave que semblent l'attendre les autorités
Publié le 26 janvier 2018
Pour l'instant, la montée des eaux est équivalente à celle de 2016, et la capitale n'a que les pieds mouillés. Mais les circonstances sont loin d'être idéales, et de fortes pluies supplémentaires pourraient avoir des conséquences désastreuses.
Magali Reghezza, enseignante-chercheuse en géographie à l’École nationale supérieure, est spécialiste de l'aménagement des espaces urbains à risques. et a co-dirigé l'ouvrage Résiliences urbaines : les villes face aux catastrophes, aux éditions...
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Pour l'instant, la montée des eaux est équivalente à celle de 2016, et la capitale n'a que les pieds mouillés. Mais les circonstances sont loin d'être idéales, et de fortes pluies supplémentaires pourraient avoir des conséquences désastreuses.

Atlantico : La préfecture de police de Paris a annoncé une hausse de la Seine jusqu'à à 6,2 mètres, soit à peu près le niveau atteint en juin 2016. Cependant les conditions seraient différentes. La situation est-elle plus ou moins préoccupante ? Pourquoi ?

Magali Reghezza : La crue actuelle est différente de celle de juin 2016 car elle ne met pas en jeu les mêmes affluents. En 2016, les inondations étaient liée à une crue majeure du Loing et de l’Yonne, qui sont des affluents proches de Paris et qui réagissent très vite à la pluie. Les territoires avaient été brutalement inondés sur ces bassins mais les grands affluents de la Seine comme la Marne ne connaissaient pas de crue significative. Les terres agricoles avaient aussi beaucoup souffert et des territoires du Loiret avaient été fortement touchés. Aujourd’hui, l’Yonne est à nouveau en crue mais ce sont surtout les « grands affluents », plus longs, plus lents à réagir, qui connaissent une lente montée des eaux. C’est d’ailleurs l’est de la France qui a d’abord été touché (avec notamment le Rhin, le Jura et le Doubs). La Marne en particulier pose problème. En revanche, le Loing est pour l’instant en vigilance jaune, avec des débordements mais beaucoup moins importants qu’en 2016. Le problème aujourd’hui est que les sols sont saturés sur le bassin versant en amont de la Seine et que les réservoirs qui permettent de stocker l’eau en amont, les fameux lacs réservoirs, sont bien remplis. La situation devrait se stabiliser avec la fin des pluies mais une pluviométrie abondante ou très concentrées sur certains endroits pourrait provoquer à nouveau une remontée des cours d’eau. Il faut donc rester très prudent.

Quelles pourraient être les conséquences, en termes de dégâts et de coûts, d'une montée des eaux plus importantes, du type de celle de janvier 1910 ?

Il y a deux conséquences. D’abord depuis 1910, l’agglomération parisienne s’est considérablement étendue et cet étalement urbain a privilégié les zones inondables. On a donc beaucoup plus de personnes directement menacée par les inondations (environ 800000 sur la région Île-de-France). Ensuite, le centre de l’agglomération s’est profondément transformé. La vie quotidienne et les activités économiques dépendent de nombreux réseaux techniques (électricité, eau, assainissement, télécommunications, transports) qui sont soit exposés directement à des inondations (notamment aux circulations d’eau souterraine puisque la plupart de ces réseaux sont situés dans des sous-sols), soit à des fermetures puisqu’il faut impérativement protéger les infrastructures pour les redémarrer très vite. Le cas le plus emblématique est celui du RER C interrompu jusqu’à mercredi, qui permet à de nombreuses personnes d’aller travailler et qui dessert les grands lieux touristiques de la capitale. Dans le cas d’une crue centennale à Paris (8,62 en 1910 contre 6,20 annoncés pour ce week-end), les dommages seraient donc majeurs avec selon un rapport de l’OCDE daté de 2014 jusqu’à 30 milliards de pertes immédiates et 60 milliards de pertes de PIB cumulées sur 5 ans. Pour mémoire, la crue de 1910 avait coûté environ 1 milliard d’euros.

Bruno Tertrais, de la Fondation recherche stratégique, a déclaré dans un tweet qu'il était prévu de mobiliser plusieurs milliers de soldats pour gérer une montée des eaux exceptionnelle, mais que ces soldats étant mobilisés par le plan Sentinelle, l'opération de secours risque d'être plus compliquée. Quelle est notre résilience réelle aujourd'hui face à une telle crue ?

En 1910, on avait mobilisé 100000 hommes qui étaient des conscrits. Avec la fin du service militaire, cette réserve n’existe plus La force Neptune serait probablement inférieure à 10000 hommes. Même avec des renforts nationaux, étant donné la multiplicité des problèmes à gérer, et en ajoutant les gendarmes, les pompiers, les policiers (dont certains seraient d’ailleurs inondés), les forces sont comptées. Le civisme des populations sera essentiel pour aider les acteurs de terrain à mener à bien leur mission sans se mettre en danger. La priorité sera donnée au secours aux personnes et en particulier à la mise en sécurité des individus les plus fragiles. Il faudra aussi permettre au secours de se reposer car une crue majeure dure très longtemps (45 jours en 1910). Selon le dernier bilan de l’OCDE, on a beaucoup progressé depuis 2014 mais il reste encore beaucoup à faire.

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assougoudrel
- 27/01/2018 - 16:40
On ne peut pas faire la chasse
au diesel et s'occuper en même temps de mesures à prendre contre le risque d'inondation.
J'accuse
- 27/01/2018 - 10:01
Irresponsabilités des élus, encore une fois
Pourquoi dit-on que la crue de 1910 était "centennale" ? Y en avait-il eu des comparables vers 1810, 1710, 1610, etc. ? Non, alors pourquoi s'attendre à la même depuis 2010 ? Les vrais problèmes sont ceux évoqués ici: constructions en zones inondables (merci les maires) et en sous-sol, sans protection spécifique alors qu'on prétend redouter une crue dite centennale. Et pourquoi pas des crues pires et plus fréquentes, puisque le réchauffement dit climatique devrait faire augmenter les pluies ?
Deudeuche
- 26/01/2018 - 19:28
Ahaha civisme en Île de France hihihihi
Restons sérieux !
De toute façon « fluctuat nec mergitur »