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Douce France
Eh oui, Jamel Debbouze, il y en a qui doivent en faire "deux fois plus que les autres"...
Publié le 22 décembre 2017
Lors d'une émission télévisée, l'humoriste s'est mis en colère. Il lui en faut peu pour lui faire perdre sa sérénité !
Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Benoît Rayski
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Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Lors d'une émission télévisée, l'humoriste s'est mis en colère. Il lui en faut peu pour lui faire perdre sa sérénité !

Une scène vécue au Rectorat de Paris. J'y étais : je voulais obtenir une dérogation scolaire pour mon fils. Avant moi trois personnes attendaient. Une mère, sa fille et son fils. Un grand gaillard de 16 ou 17 ans. Les deux femmes le houspillaient. Parfois en français, parfois en arabe.

 

De ce que j'ai compris, ce cancre s'était fait jeter de partout : "Maintenant c'est ta dernière chance", lui disaient sa mère et sa soeur. Lui il avait l'air penaud. On l'entendit marmonner : "l'école c'est dur". Sa mère haussa le ton : "peut-être, mais nous les Arabes, nous devons travailler deux fois plus que les autres".

 

La vérité sortait de la bouche de cette femme. Une vérité aussi vieille que toutes les immigrations qu'avait connues la France. Quand les Ritals sont venus chez nous, chassés de chez eux par la misère et la pauvreté, ils ont dû en faire deux fois plus que les autres pour se débarrasser de l'étiquette "macaroni".

 

Quand les Juifs sont arrivés d'Europe Centrale, ils ont dû aussi en faire beaucoup – essayer d'être les meilleurs à l'école, en tout – pour qu'on cesse de les traiter de youpins. Quand les Polonais sont descendus dans nos mines à charbon, où l'on avait besoin d'eux, ils en ont fait deux fois plus que les autres pour qu'on oublie qu'ils étaient des Polacks.

 

Il y a à Paris un Musée de l'Immigration. Jamel Debbouze aurait tout intérêt à y aller. Il y apprendrait deux ou trois choses sur le pays qui a accueilli les siens. Ça lui éviterait peut-être d'abuser du registre de l'indignation. Et de s'énerver pour rien. Ce rien c'était une question de Claire Chazal. Elle lui avait demandé ce qu'il pensait des attentats en tant que porte-parole de la communauté maghrébine.

 

Et là l'humoriste s'est arrangé pour oublier qu'il était un ami du roi du Maroc et qu'il clame régulièrement son attachement à la patrie de ses parents. Il a exposé : "Je suis français. Pourquoi me demande-t-on à moi deux fois plus qu'aux autres ?"

 

Cette colère était pour le moins surfaite. Il est exact qu'on demande plus aux immigrés, ou aux descendants d'immigrés, qu'à ceux qui se sont simplement donné la peine de naître de parents Français de souche. Injuste ? Certainement ! Mais on en sort fortifié, comme l'on montré les Macaronis, les Youpins et les Polacks.

 

Sur le point précis de la question posée par Claire Chazal – les attentats - aucune raison non plus de s'offusquer. Restons dans le domaine du show-biz qui est celui de Jamel Debbouze. Si un fanatique juif avait assassiné des enfants à la sortie d'une école coranique, on aurait sans aucun doute demandé à Gad Elmaleh ce qu'il en pensait.

 

Si deux allumés catholiques, ou tout simplement Français de souche, avaient égorgé un imam dans sa mosquée, on aurait également cherché à connaître les sentiments sur cette question de Gaspard Proust ou de Gérard Depardieu. Il est arrivé à Jamel Debbouze d'être drôle. Il l'est de moins en moins...

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Louna
- 25/12/2017 - 12:19
@ gérard JOURDAIN
Oui, les immigrés du début du siècle dernier devaient " se bouger les fesses" comme vous dites. Mes grands-parents sont venus de Belgique en 1920 avec une carriole, un cheval, leurs maigres bagages et leur 5 enfants entassés dans la carriole. Ils ont été accueillis dans une ferme pour aider une femme dont le mari était mort à la guerre 14-18. Ils ont retroussé leurs manches pour aider cette fermière, ils ont appris à parler le Français et, petit à petit, ont trouvé leur place en France. Ma grand-mère n'a jamais bien parlé le Français mais pour rien au monde ne serait reparti dans "son" pays d'origine.Dans les années 50 mon père a voulu être naturalisé mais dans ces années là pour devenir Français c'était le parcours du combattant !!!! Après ...5 ans de démarches il a dit stop! Il a vécu en France avec une carte de séjour renouvelable tous les 10 ans . Et, là aussi, un jour il a dit " stop, je suis plus Français que certains Français". Il est décédé en 1993, cela faisait longtemps qu'il n'avait plus de papiers d'identité. Il était devenu Français à 100% et il jugeait inutile de le prouver.
ELIED
- 23/12/2017 - 18:25
Simplement
encore une fois BRAVO à Bruno Rayski. Ce Jamel a bénéficié de beaucoup de mansuétude dans beaucoup de domaines pour se permettre prendre de haut une simple question comme celle posée par Claire Chazal. Quand on vit dans un pays étranger, avec de plus une double nationalité, la première chose à faire est de se conformer à la vie nationale qu'on a choisie. Mais pour certains on prend la bonne soupe mais en même temps on crache dedans, et lui, en plus, en se permettant de faire le pitre sans forcer un talent qu'il n'a pas.
ELIED
- 23/12/2017 - 18:25
Simplement
encore une fois BRAVO à Bruno Rayski. Ce Jamel a bénéficié de beaucoup de mansuétude dans beaucoup de domaines pour se permettre prendre de haut une simple question comme celle posée par Claire Chazal. Quand on vit dans un pays étranger, avec de plus une double nationalité, la première chose à faire est de se conformer à la vie nationale qu'on a choisie. Mais pour certains on prend la bonne soupe mais en même temps on crache dedans, et lui, en plus, en se permettant de faire le pitre sans forcer un talent qu'il n'a pas.