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Écriture inclusive dans les documents publics : pour 69% des Français, c'est non. Mais que recherchent donc ceux qui tentent d'imposer ce débat ?

Publié le 24 novembre 2017
D'après un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, une large partie des Français est d'accord avec la décision du Premier ministre, qui, dans une circulaire, a invité l'administration à ne pas employer l'écriture inclusive pour des raisons de clarté. Pourtant, le débat sur la question reste toujours vif.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
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Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.
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D'après un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, une large partie des Français est d'accord avec la décision du Premier ministre, qui, dans une circulaire, a invité l'administration à ne pas employer l'écriture inclusive pour des raisons de clarté. Pourtant, le débat sur la question reste toujours vif.

Atlantico : 69 % des Français sont favorables à la circulaire relative au non emploi de l'écriture inclusive. Au regard de tels chiffres, comment expliquer l'ampleur du débat sur ces questions alors qu'il est largement rejeté par les Français ? Faut-il y voir un nouvel exemple d'un décalage entre une certaine forme de militantisme et les Français pris dans leur ensemble ?

Jérôme Fourquet : Alors on peut l'analyser comme ça, on peut aussi l'analyser d'une autre manière, car 69% des Français – 7 sur 10 - approuvent la mesure de proscrire l'écriture inclusive dans les textes officiels, et c'est un chiffre massif.

Vous avez également 39% qui sont tout à fait d'accord avec la mesure du Premier ministre, et 40% qui adhèrent massivement à cette interdiction. Compte tenu de ces chiffres, on peut donc aussi se dire que cela a touché un point sensible et que c'est un sujet qui ne laisse pas indifférents nos concitoyens, ce qui peut expliquer l'ampleur et l'intensité de la polémique. Si cela ne faisait pas débat, ou si c'était consensuel, on n'aurait pas forcément un débat aussi nourri.

Parfois les débats sont artificiels, mais là les chiffres montrent que ceux qui sont les tenants de cette réforme se sont heurtés à une opposition très majoritaire dans le pays, ce qui explique que leur volonté de réforme soit contrecarrée, et que du coup cela fasse des étincelles et qu'on ait un débat qui est très, très vif.

Vincent Tournier : Effectivement, près de sept Français sur dix approuvent la circulaire du Premier ministre, ce qui était assez prévisible tant ce débat semble quelque peu surréaliste. Cela dit, il faut préciser que la circulaire du Premier ministre est plus subtile qu’il n’y paraît, ce qu’oublie d’ailleurs l’IFOP dans son sondage en utilisant une question très globale . D’abord, le Premier ministre n’interdit pas formellement l’écriture inclusive : il se contente d’« inviter » les ministres à « ne pas en faire usage », ce qui n’est pas exactement la même chose. Ensuite, si le premier ministre s’oppose à la forme la plus radicale de l’écriture inclusive, celle qui consiste à utiliser le « point milieu » (par exemple « cher.es » ou « les étudiant.es »), il prend soin d’indiquer qu’il veut développer la féminisation des titres et des fonctions (la ministre, la secrétaire générale), ainsi que la neutralité dans les recrutements (par exemple « la candidate et le candidat »). Bref, il ménage un peu la chèvre et le chou, ce qui est finalement assez logique. Non seulement beaucoup de Français sont favorables à certaines évolutions de la langue, mais surtout le premier ministre n’a pas intérêt à se mettre à dos les militants les plus radicaux de l’écriture inclusive, lesquels se recrutent essentiellement dans les milieux intellectuels et universitaires, et sont donc susceptibles de se faire entendre. Il reste que l’intérêt de ce débat n’est guère évident pour le grand public. D’ailleurs, la fameuse proposition sur le « point milieu » n’a elle-même de sens que si l’on se situe sur le terrain de l’écrit (puisqu’une telle modification n’a pas vocation à être sonore). Cela montre bien que les seuls qui sont vraiment concernés sont les professionnels de l’écrit, ceux qui passent leur temps dans les livres. Sans doute sont-ils convaincus de participer au progrès de l’humanité, mais on peut quand même se demander s’ils ont vraiment pris conscience des tensions qui s’accumulent dans la société à l’encontre des élites. Ils donnent au contraire l’impression de vouloir en rajouter une couche sans réaliser qu’ils contribuent à l’insécurité culturelle, et sans réaliser aussi qu’en complexifiant la langue, ils aggravent la logique de la distinction sociale chère à Bourdieu qui permet à l’élite de marquer sa distance avec le commun des mortels. Car aujourd’hui, telle est bien la fonction première de l’écriture inclusive : montrer par un code à quel milieu et à quel camp on appartient.

Cet automne médiatique a été largement soumis aux questions d'inégalités hommes- femmes, pour des sujets dont le niveau de gravité diverge, des violences au harcèlement pour en arriver à des questions d'écriture inclusive. Au regard des enquêtes réalisées, comment comprendre la perception des Français sur ces questions par rapport à leur traitement médiatique ? 

Jérôme Fourquet : C'est un débat qui renvoie au fait que dans l'opinion ce sujet ne laisse pas indifférent. Faisons la genèse des choses : c'était une espèce de mouvement qui était en train de se dessiner, or cette évolution heurte une grande majorité de nos concitoyens, donc dans ce contexte il est normal que le débat soit vif.

C'est ça qu'il faut avoir en tête, ce débat ne tombe pas de nulle part, il y a des gens qui promeuvent cette façon d'écrire, qui ont essayé d'avancer leurs pions, et le premier ministre a cru bon de donner un coup d'arrêt, parce qu'il peut aussi s'appuyer sur une opinion publique qui est tout à fait contre, et c'est ça qui fait l'intensité du débat.

Vincent Tournier : Vu l’ampleur et l’effervescence des débats sur les inégalités entre les sexes, on a presque l’impression d’assister à un « Printemps des femmes ». Pourtant, sans nier les problèmes, on voit bien que la gravité des débats est excessive. Cette gravité aurait du sens si on partait de zéro, si les inégalités étaient à leur apogée, mais c’est loin d’être le cas. La cause des femmes peut certainement encore progresser, mais on ne peut pas faire comme si elle en était à ses débuts. Il y a même un décalage abyssal entre la virulence des propos et le fait que la condition des femmes n’a jamais été aussi favorable. Tous les indicateurs convergent : scolarisation, emploi, politique, tout s’est considérablement amélioré, sans oublier la législation qui est désormais totalement expurgée des restes de sexisme qui ont pu exister autrefois. Dès lors, pourquoi les passions sont-elles aussi vives, pourquoi cette hyper-sensibilité sur ce sujet, et même parfois cette agressivité ? On est d’autant plus perplexe qu’une autre interrogation apparaît en filigrane, et à laquelle les féministes ne répondent pas : si l’on accepte le principe selon lequel la domination masculine est toujours aussi forte, quelles sont les sources de cette domination ? Quels sont les lieux, les instances, les mécanismes qui la produisent ? Autrefois, on pouvait sans trop de peine accuser l’école, la famille, l’Etat, l’Eglise, la loi ou encore le service militaire, mais aujourd’hui, d’où vient le mal ?

Cette absence de réflexion en dit long sur la nature idéologique des débats actuels. En fait, on a l’impression d’assister à un immense exorcisme, comme s’il s’agissait de remettre les pendules à l’heure, de tourner la page, de ramener le débat sur les bons rails. Cette volonté trouve son origine dans le fait que, au cours des dernières années, le débat sur la cause des femmes s’est largement polarisé sur l’immigration et l’islam : on a eu successivement des débats sur le voile intégral et le voile tout court, sur les mariages forcés, sur la polygamie, sur l’excision et, bien entendu, sur le harcèlement de rue dans les quartiers sensibles (souvenons-nous par exemple du film La journée de la jupe avec Isabelle Adjani ou du reportage de Sophie Peeters tourné en caméra cachée dans certains quartiers de Bruxelles). Tous ces débats ont été traumatisants pour ceux qui avaient une vision angélique du tiers-monde et de l’immigration. Les féministes se sont profondément divisés. Aujourd’hui, c’est un peu le temps de la revanche : il s’agit de remettre au centre de la réflexion l’idée que la domination masculine est universelle et atemporelle. On se rappelle par exemple d’Edwy Plenel qui, à l’été 2016, déniait le problème du burkini en publiant des photos de femmes qui se baignaient en maillot intégral au début du XXème siècle, comme si ceci excusait cela. A travers la critique qui est aujourd’hui adressée à la langue française, accusée d’être devenue sexiste et misogyne, c’est la même logique relativiste et culpabilisante qui est à l’œuvre. Mais il est tout de même amusant de voir que cette analyse tombe sous le coup de certaines contradictions. En particulier, les militants de l’écriture inclusive insistent sur le fait que, autrefois, le masculin ne l’emportait pas forcément sur le féminin. Fort bien : mais dans ce cas, n’est-ce pas la preuve que les usages linguistiques ne sont pas le reflet des pratiques sociales car, que l’on sache, la situation des femmes n’était à l’époque guère plus enviable que celle d’aujourd’hui ?

Au regard du sondage réalisé, il apparaît que les catégories les plus favorables à l'écriture inclusive sont également celles les plus opposées à Emmanuel Macron (électeurs FN etc..), faut-il en conclure que l'opposition au Président guide ce choix, laissant penser que l'opposition à 69% pourrait elle même être sous-estimée ? 

Jérôme Fourquet : Je ne peux pas répondre pour les électeurs frontistes, car je n'ai pas trop entendu le FN se prononcer sur la question de l'écriture inclusive. Intuitivement je ne suis pas persuadé qu'il soit en faveur de l'écriture inclusive, mais je peux me tromper. Donc si on règle le sort des électeurs frontistes, je pense que c'est un parti protestataire, qui est souvent opposé à des mesures d'interdiction. Je verrais donc plus le côté de culture protestataire, rétive à une certaine forme d'autorité, pour expliquer ce chiffre un peu surprenant.

Politiquement parlant, c'est à LREM que l'on approuve le plus l'attitude du Premier ministre, il y a donc un réflexe partisan. Il y aussi un soutien très fort dans l'électorat de droite, ce qui n'est pas inintéressant. 80% des Républicains soutiennent l'action du premier ministre, et presque la moitié est tout à fait d'accord. Pourquoi est-il utile de s'arrêter un instant sur ce que pensent les électeurs de droite sur la question ?

 

On s'aperçoit, au moment où on est dans l'attente du remaniement du gouvernement, qu'une des stratégies d'Emmanuel Macron est d'aller vampiriser maintenant une partie de l'électorat de droite. Par exemple en ayant débauché Édouard Philippe et un certain nombre de ministres des rangs des Républicains, et en menant une politique économique et sociale qui reprend un certain nombre des canons de la droite. Mais la boucle ne serait pas bouclée si de surcroît un certain nombre de mesures qui avaient été prises par le gouvernement sur d'autres sujets n'étaient pas intervenus, au premier rang desquels le champ de l'éducation.

C'est à dire que quelqu'un comme M. Blanquer est aussi un ministre qui commence à être identifié, et dont les prises de position sur la nécessité de favoriser davantage l'apprentissage du français, sur le combat contre les pédagogues, etc, a là aussi marqué des points à droite. On peut analyser la prise de position du premier ministre sur l'écriture inclusive comme un nouveau message envoyé sur le plan sociétal, et plus spécifiquement culturel et éducatif, en direction d'un électorat de droite qui est très attaché à une vision traditionnelle de la transmission à l'école, mais aussi dans sa vision de la langue française.

À mon avis ce n'est pas fait que pour ça, il y bien une large majorité de Français qui sont contre, mais ça peut aussi être un des éléments, des petits cailloux qui sont semés. Par exemple le fait que le directeur des programmes de l'éducation nationale a claqué la porte pour des raisons de désaccords idéologiques et philosophiques, ce qu'aucun ministre de l'éducation de droite n'avait réussi à faire en son temps, ou encore le fait qu'on rétablisse les classes bilingues, les cours de latin et de grec, qu'on indique qu'il faille renseigner les fables de Lafontaine... Il y a tout un discours de retours aux fondamentaux sur le champ éducatif qui est tenu par le gouvernement qui constitue un crédo qui résonne agréablement dans l'oreille de l'électorat de droite.

Ce dossier de l'écriture inclusive s'inscrit pleinement dans ce schéma là. Encore une fois, je ne dis pas que tout est fait avec une visée électorale, je pense qu'il y a des convictions derrière, mais que ces actions sur ce terrain là sont très clairement de nature à statisfaire l'électorat de droite, ce qu'on voit avec les chiffres de notre sondage.

En même temps, vous avez une adhésion qui est moins forte à gauche, mais, y compris pour la France Insoumise et le PS, c'est quand même deux tiers des électeurs qui sont favorables à cette interdiction. Il y a un autre point qui est intéressant : c'est un clivage qui n'est pas politique mais générationnel. Il y a un vrai dégradé, une vraie différence d'attitude, entre les plus jeunes qui sont très partagés sur la question – 57% pour l'action du ministre/43% contre, et leurs aînés de 65 ans et plus qui sont vent debout contre cette mesure : 83% qui approuvent, dont 61% qui sont tout à fait d'accord.

On peut penser qu'il y a une tendance générationnelle avec un rapport à l'écriture et à la langue française qui est en train de changer sous l'effet sans doute d'un certain nombre d'acteurs qui militent pour cette cause, et qui trouve un écho dans le public le plus jeune, alors que plus on est âgé plus on va être attaché, de manière classique et logique, à l'écriture que l'on a toujours connu.

Et si l'on voulait parler comme les communicants, on dirait qu'il y a un prisme selon le niveau de diplôme : plus on est diplômés, plus on va être attaché à la forme traditionelle de l'écriture, alors qu'elle semble moins sacralisée chez les publics moins diplomés.

Il y a un décalage, qui est un peu moins fort, entre les hommes et les femmes. Si 49% des hommes approuvent tout à fait la décision du premier ministre, ce n'est le cas que de 31% des femmes. 18 points d'écart ce n'est pas rien, il faut le mentionner. Cependant les deux variables qui font le plus évoluer le regard sur cette question d'écriture inclusive sont l'âge et le niveau de diplôme, qui induisent tout deux un rapport à la langue française différent.

Sur le plan politique, une des données majeure c'est que cela contente tous les compartiments électoraux, mais qu'il y a un écho particulièrement favorable à droite, et que cette prise de position carrée contre l'écriture inclusive peut être perçue comme un marqueur destiné à envoyer un signal à droite sur cette thématique, sociétale s'il en est, par rapport aux marqueurs économiques et sociaux, qui ont été plus identifiés.

On a pas d'éléments pour savoir si le débat médiatique autour de cette question d'écriture inclusive est à la mesure du débat chez les Français, il aurait fallu qu'on pose des questions du genre "En avez vous parlé autour du vous ?". Encore une fois, je pense qu'on touche là un point sensible et concret, c'est typiquement un sujet qui peut faire parler les Français. Parce que c'est un débat qu'on comprend très bien, on sait de quoi il en retourne, et manifestement ça paraît un peu incongru, les gens se disent : "Mais qu'est-ce qu'on veut encore nous imposer ?".

Je ne saurais pas vous dire si l'intensité et l'ampleur de la place accordé à ce débat sur le plan académique et médiatique est disproportionné. Ce que je peux vous dire à l'aune de ce sondage est que ces questions ne laisse pas le grand public indifférent, et qu'il est très majoritairement opposé à cette évolution.

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zen-gzr-28
- 26/11/2017 - 07:59
Ah, les femmes ...feministes...
Elles ne se sentent même pas un peu responsables de ce qui se passe, je parle des féministes
pures et dures ! Toute nuance disparait. Les féministes représentent quel pourcentage par rapport à l'ensemble des femmes ? Un résultat qui remettrait peut-être les pendules à l'heure.
jurgio
- 25/11/2017 - 19:22
Lâcher la proie pour une ombre
La bêtise des femmes ne loge pas où on pense la trouver. Elles n'ont pas encore eu conscience d'avoir perdu ce pouvoir qui les faisait régner sans partage (« L'essentiel est invisible pour les yeux » ») Singeant les hommes, rapetissées, elles vivent désormais d'utopie et d'expédients (par exemple, un égalitarisme idiot et impossible) de petitesses, d'irrespect, à travers l'hystérie et l'agressivité que les deux sexes ont maintenant en partage, dans le travail comme dans l'intimité... Il ne leur reste plus que les lois pour reconstruire un statut et une morale qu'elles ont contribué à abandonner. Pauvre monde !
Liberdom
- 25/11/2017 - 12:56
Question de définition
Les particuliers qui tentent d'imposer l'écriture inclusive sont des idéologues psychorigides à caractère totalitaire. En d'autres temps on les aurait appelé des cons. Hélas le verbe d'Audiard est bien loin de nous.