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Une étude met pour la 1ère fois en évidence l’impact sociologique que les sites de rencontre ont sur nos sociétés
Publié le 15 octobre 2017
Les sites de rencontre et plus récemment, les applications de rencontres bouleverse la société. Elles éclatent les cercles dans lesquels les couples se forment. Une étude réalisée par le MIT met en avant ces nouveaux enseignements.
Nathalie Nadaud-Albertini est docteure en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et correspondante au Centre de Recherche sur les Médiations de l’Université de Lorraine.  
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Les sites de rencontre et plus récemment, les applications de rencontres bouleverse la société. Elles éclatent les cercles dans lesquels les couples se forment. Une étude réalisée par le MIT met en avant ces nouveaux enseignements.

Atlantico : Une étude réalisée par des chercheurs du MIT montre que l'arrivée des sites et désormais des applications de rencontre change la façon dont les couples se forment. Des gens issus de milieux socio-démographiques différents qui ne se croisaient pas finissent par se rencontrer. En quoi ces nouveau moyens de se rencontrer vont faire évoluer la société plus profondément qu'on ne le pense ? Avez-vous des exemples ? 

Nathalie Nadaud-Albertini : Il est difficile de dire comment ils vont faire évoluer la société, puisque ça revient à prophétiser. En revanche, on parler de ce qui a évolué. Ces sites et applis de rencontres ouvrent le champ des possibles par rapport aux groupes fréquentés au quotidien. Pour le comprendre, on peut s’aider de graphiques issus de l’étude réalisée par le MIT.

Cliquez pour agrandir (voir ici l'étude intégrale du MIT)

On remarque qu’aux Etats-Unis, depuis l’arrivée des premiers sites de rencontres, comme Match.com, dans le milieu des années 90, les rencontres par ce biais ont fortement concurrencé les autres modes de rencontres, c’est-à-dire celles faites par l’intermédiaires d’amis, de collègues, de la famille, de voisins, ou faites pendant les années d’études ou encore à l’église. Chez les couples hétérosexuels, ces sites et applis sont la troisième source de rencontres (à 23%), à peu près à égalité avec les rencontres faites sur des lieux de loisirs comme les bars et les restaurants (à 24%), la première restant l’intermédiaire d’amis (à 29%). Concernant les couples de même sexe, les rencontres en ligne sont la première source de rencontres, et ce très nettement : à presque 70%, donc loin devant les rencontres par le biais de la famille (à 1%), de l’église (à 1 %), de collègues (à 7%), d’amis (à 12%), et sur les lieux de loisirs comme les bars et les restaurants (à 20%).

Les sites et applis de rencontres  créent donc un pont entre des personnes que rien ne relie dans la vie IRL (« In Real Life »). Ils permettent ainsi de faire des rencontres que la vie de tous les jours ne permet pas et évitent que chacun ne reste enfermé dans son milieu socio-démographique.

Un autre élément me semble important pour expliquer pourquoi les sites et applis de rencontres permettent un nombre important d’unions entre des personnes issues de milieux socio-démographiques différents. En effet, à l’heure actuelle, les gens abordent les sites de rencontres en leur conférant une sorte de pouvoir magique. Avant, on allait faire confiance à l’astrologie ou aux filtres d’amour pour trouver l’âme sœur, aujourd’hui, on fait confiance à la technologie. On lui demande d’être bien plus que de la technique : on attend qu’elle nous mette en relation avec « l’âme sœur », celle qui semble hors de portée, comme si elle appartenait à un monde magique, ou au monde du rêve. Quand la rencontre prend corps, on a tendance à y croire, à se dire que puisque la technologie nous a mis en relation avec cette personne alors c’est bien notre âme sœur, la personne qui nous convient. Donc on se lance dans l’histoire avec l’envie de la découvrir, et de fait on fait vraiment l’effort de la connaître. C’est alors une vraie rencontre de personne à personne, où l’on apprend à découvrir tout ce qui fait la particularité de cette personne, y compris ses différences. Ces dernières sont considérées comme des qualités, car elles attestent que l’autre est éloigné de notre cercle de proches et que donc elle appartient bien à cette sphère hors de l’habituel que l’on désirait au moment de l’inscription sur un site de rencontre.

Dès lors, quels changements sont à prévoir dans notre société ? 

A nouveau, je ne peux pas prophétiser. Je peux uniquement insister sur quelques tendances qui se valideront ou s’invalideront dans l’avenir. La première concerne le fait que les sites de rencontres mettent en relation des personnes que rien ne liait auparavant. Quand deux personnes s’unissent, elles font également se rencontrer leurs proches et amis respectifs de sorte que des liens se créent forcément entre ces personnes. On peut donc dire qu’une plus grande mixité sociale est favorisée.  

La deuxième tendance sur laquelle j’ai envie d’insister concerne le rôle que l’on attribue à la technologie. Lorsqu’on lit cette étude, il est tentant de se dire que les sites de rencontres sont une autoroute vers la mixité sociale. Autrement dit, on fait comme les personnes qui y recourent pour rencontrer l’âme sœur dont je vous parlais tout à l’heure : on attribue à la technologie un pouvoir quasi-magique. A une époque de plus en plus concernée par l’Intelligence Artificielle, je trouve cela intéressant à noter. Ceci dit, si la technologie pouvait permettre une plus grande mixité sociale à l’avenir, ce serait une très bonne chose.

Contrairement aux apparences, l'étude nous apprend que les relations issues de ces rencontres sur internet donnent des mariages beaucoup plus solides que lors de rencontres plus traditionnelles. Quels sont les facteurs qui permettent de l'expliquer ? 

On peut expliquer la solidité des unions issues des rencontres en ligne par la dimension très individualisante de la démarche. En effet, de la création du profil aux premières rencontres IRL en passant par les échanges en ligne, aller sur un site de rencontres est une démarche très personnelle où les proches n’interviennent pas. C’est donc le choix propre qui guide la rencontre. On ne le confronte pas immédiatement avec le jugement des autres, qu’ils appartiennent à nos amis ou à notre famille. Et quand ce dernier intervient, le couple est déjà constitué, les liens sont là, l’histoire aussi, et les deux protagonistes se projettent ensemble dans un avenir commun. Donc le regard des autres a moins de prise sur l’union que s’il était intervenu au tout début de la rencontre, quand les deux personnes alternent entre enthousiasme et doute. 

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Tassendar
- 16/10/2017 - 16:09
et les sites de rencontre "communautaires" ?
Et que dire de la tendance aux sites de rencontres entre personnes de même opinion politique, de même religion ou autre ? Là cela favorise l'endogamie soit exactement le contraire des conclusions du sociologue...
kelenborn
- 15/10/2017 - 22:25
digne d'une sociologue
C'est à dire abyssalement creux sinon abyssalement bête. On relèvera simplement cette phrase:"Ceci dit, si la technologie pouvait permettre une plus grande mixité sociale à l’avenir, ce serait une très bonne chose."
D'abord en quoi est ce le boulot d'un sociologue de dire ce qui est bien est ne l'est pas; ensuite...s'il y a Elite rencontre, c'est bien parce que, avec le temps, les différences sociales prennent le pas mais c'est...l'escrosociologie!!! du moment qu'ils sont payés!