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Nicolas Dupont-Aignan : "La droite française s’est trop longtemps couchée face au politiquement correct. Quand la gauche s'unit, on applaudit, quand c'est la droite, on culpabilise les Français"

Publié le 05 mai 2017
Pour le maire de Yerres, malgré le tollé qu'elle a provoquée, son alliance avec Marine Le Pen est un succès ayant entraîné l'adhésion à Debout la France de plus de 1 000 personnes, indignées du soutien de leurs dirigeants à Emmanuel Macron.
Nicolas Dupont-Aignan préside Debout la France, parti politique se revendiquant du gaullisme et est l'auteur de France, lève-toi et marche aux éditions Fayard.  
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Pour le maire de Yerres, malgré le tollé qu'elle a provoquée, son alliance avec Marine Le Pen est un succès ayant entraîné l'adhésion à Debout la France de plus de 1 000 personnes, indignées du soutien de leurs dirigeants à Emmanuel Macron.
 

Atlantico : Vous avez longtemps souligné les incohérences programmatiques du FN. Qu'est ce qui, chez Emmanuel Macron, vous paraît dangereux au point d'assumer une alliance qui vous vaut une condamnation quasi unanime de la classe politique et le départ de cadres majeurs de votre parti ?

Nicolas Dupont-Aignan : Être attaqué par ceux qui ont ruiné le pays depuis trente ans est un honneur. Quant à nos cadres, très peu d’entre eux ont quitté Debout la France. Plus de mille personnes ont adhéré à notre mouvement, principalement de chez Les Républicains, qui sont indignées du soutien de leurs dirigeants à Emmanuel Macron, marionnette de François Hollande, depuis vendredi. C’est un succès indéniable.

Jamais depuis la fondation de la Vème République un 2nd tour n’aura été aussi décisif pour notre pays. Face à Emmanuel Macron, un Hollande junior, marionnette des banques, j’ai pris mes responsabilités. 

L'intérêt de la nation exige qu'on choisisse au 2nd tour. Nous ne pouvons pas laisser la France à M. Macron. Depuis le début de ma vie politique, lorsqu’il s’agit de prendre une décision, je me pose une seule question : "est-ce bon pour la France ?". 

J’ai bâti avec Marine Le Pen un vrai partenariat reposant sur un infléchissement du programme et un respect du pluralisme gouvernemental. Ce n'est pas un ralliement. Je reste un homme libre, mon parti reste totalement indépendant, présentant des candidats dans un très grand nombre de circonscriptions, face aux candidats de tous les partis dont le FN. J’ai osé, devant l'histoire, bâtir un accord de gouvernement, dans une grande alliance patriote et républicaine.

Emmanuel Macron ne paraît pas bénéficier d'une large dynamique dans le pays même s'il bénéficie de la mobilisation d'un Front républicain. Votre opposition à sa vision de la société vaut-elle de s'asseoir sur vos principes (notamment le ni système, ni extrême) s'il était de toute façon un président relativement "faible" ? Quel regard avez-vous sur la responsabilité historique que vous portez en sortant le FN de son isolement républicain ?

Depuis vingt ans, une minorité socialiste impose aux Français sa politique au mépris de la majorité du peuple. L'enjeu est de mettre fin au piège mitterrandien. L’Histoire est en marche. J’ai pris mes responsabilités, et je les assume. Je ne renie en rien mes valeurs. Je serai, en tant que Premier ministre, garant du respect de ces valeurs gaullistes et humanistes que je porte.

La droite française s’est depuis trop longtemps couchée face au politiquement correct de la gauche. Regardez les ténors des Républicains qui n’ont pas hésité à appeler à voter Emmanuel Macron une heure après les résultats du premier tour !

J’assume cette alliance historique car il est temps de reconstruire ce pays et de mettre fin à des politiques qui font souffrir les Français depuis 30 ans.

Si vous deviez retenir une seule raison politique et idéologique justifiant votre choix, laquelle serait-ce?

Le débat de 2005 sur la souveraineté de la France est à nouveau au cœur du débat présidentiel. La vraie question est de savoir si le peuple français souhaite reprendre les manettes du pouvoir ou si nous laissons une oligarchie européenne décider de tout à notre place.

Le clivage est désormais entre les patriotes et les mondialistes.

La France ne peut pas se permettre cinq ans de plus de Hollande avec ce programme dément : hausse de la CSG, casse sociale, gouvernement de la zone euro, soumission aux puissances d’argent, etc… Elire Emmanuel Macron, c’est dire adieu à nos valeurs, à nos terroirs, à notre identité et à la culture française. Bref, c’est donner le dernier coup de poignard à la France que nous aimons.

Quelle est la Marine Le Pen que vous voyez et que ne verraient pas tous ceux qui considèrent qu'elle est un danger pour la République, pour la démocratie et/ou pour l'économie française avec un programme simpliste et radical ?

Le vrai danger aujourd’hui pour la France est Emmanuel Macron. Marine Le Pen a accepté un partenariat. Quand la gauche s'unit, tout le monde applaudit, quand la droite s'unit, on fait culpabiliser les Français. Je l’ai fait sans renoncer en rien à ce que j’ai dit, à ce que j’ai fait, à ce que je suis. Le programme que nous proposons aux Français est bien plus sérieux que celui de M. Macron pour redresser le pays. La question est simple : allons-nous continuer 5 ans de plus avec ceux qui, depuis 20 ans, ont enchainé notre pays ?

Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen, Florian Philippot sont des personnalités qui ont porté la dediabolisation du FN mais n'avez-vous aucune inquiétude à vous allier à un parti où le racisme, l'anti-sémitisme ou le négationnisme perdurent dans les rangs malgré la ligne "apaisée" officielle, comme on l'a vu avec Jean-François Jahlk ou les prises de position de militants sur les réseaux sociaux notamment ?

Marine Le Pen n’est pas d’extrême droite. C’est une femme qui aime profondément son pays et qui n’a aujourd’hui qu’un seul objectif : éviter à tout prix sa disparition. Nous sommes sur la même longueur d’onde. Nous avons hâte de composer le gouvernement et de patiemment, avec méthode, rigueur, courage, redresser le pays. Les cas que vous citez ne me concernent pas. Mon parti, Debout la France, est et reste 100% indépendant.

Qui ferait partie de votre gouvernement? Avez-vous obtenu des garanties de personnalités venues de l'extérieur du FN pour vous rejoindre après une victoire ?

Un gouvernement d’union nationale sera formé. Toutes les personnalités patriotes, sincères et compétentes, seront les bienvenues.  Nous voulons une majorité élargie au service du pays. 

Que ferez-vous dans l'hypothèse d'une défaite du Front national ? Les personnalités de la droite qui s'étaient alliées au FN après les régionales de 1998 ont vu leurs carrières s'enliser, n'êtes-vous pas en train de sauter dans le vide sans parachute ? Les manifestations spontanées qui se sont déclenchées à Yerres notamment ne vous promettent-elles pas un avenir de paria laissé à l'écart du système ?

Je ne fais pas cette alliance patriote et républicaine dans l’objectif de "faire carrière". Je prends mes responsabilités à un tournant de l’histoire de notre pays. L’histoire, elle seule, sera juge. En ce qui concerne les manifestations à Yerres, elles ont été en partie organisées par des élus socialistes des villes voisines. C’est une pure manipulation médiatique : même une élue d’opposition d’une commune voisine a parlé à la télévision en faisant croire qu’elle était une habitante déçue de ma ville !

Vous avez déclaré vouloir faire avec le FN la même chose que ce François Mitterrand avait fait avec le PC. N'est-ce pas un peu présumer des forces dont vous disposez ? Debout la France n'a pas les troupes qu'avait le PS.

Notre mouvement va jouer un rôle central dans la vie politique du pays. Au premier tour de l’élection présidentielle, les Français ont eu le choix entre deux patriotismes. Il faut préserver cette pluralité. La gauche, elle, l’a bien compris depuis longtemps en proposant aux Français plusieurs offres politiques.

Le FN et DLF seront d’ailleurs présents aux législatives : c’est la diversité de nos mouvements qui fait la force de notre alliance. C’est un partenariat pour sauver la France. 

Quel est le point que vous avez obtenu dans votre accord de gouvernement avec le FN sans lequel il vous aurait été impossible de le signer ? Quelles étaient les lignes rouges politiques pour vous ?

Avec Marine, nous sommes en accord sur l’essentiel. 

J’ai proposé d’enrichir son projet sur certains aspects : la garantie pour les écoliers étrangers d’être scolarisés, un passage en douceur d’une monnaie unique à la monnaie commune européenne, une revalorisation de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), la mise en place d’une grande loi éthique, et la reconnaissance du vote blanc.

Aider la France qui souffre en changeant nos grands choix politiques et économiques au niveau national et européen peut-il se faire au prix de la mise à l'index de Français d'origine étrangère ou d'immigrés ? Avez-vous obtenu des garanties de Marine Le Pen sur le front du racisme ?

Tous les pays qui réussissent dans la mondialisation protègent et défendent leurs intérêts.

Vous êtes dans la caricature, vous savez très bien que Marine le Pen n’est pas raciste. Notre projet est patriote et humaniste. Nous proposons un grand projet national qui permettra le rassemblement des français de toute origine et de toute religion autour du redressement du pays et de la défense de ses valeurs. 

On connaît la théorie de la grenouille : si on plonge une grenouille dans l'eau bouillante elle saute hors de la casserole, si on la plonge dans une eau qu'on fait chauffer peu à peu, elle se laisse ébouillanter. Si Marine Le Pen gagne l'élection présidentielle et que vous gouvernez ensemble, vous êtes-vous fixé des limites à ce que vous pourriez supporter en matière de dérive autoritaire ou démocratique, ou d'atteintes aux valeurs de la République afin de ne pas finir comme la grenouille ébouillantée sans s'en rendre compte ?

J’ai quitté l’UMP en 2007 quand ce parti, avec la complicité des socialistes, a trahi la parole du peuple français sur le référendum européen. Depuis, j’ai construit un mouvement gaulliste et humaniste qui a rassemblé près de 2 millions de voix au premier tour de l’élection présidentielle. Dans cette alliance patriote et républicaine, en tant que Premier ministre, je serai le garant de la mise en œuvre de notre grand projet de redressement national. Parler d’autoritarisme alors même que nous ne sommes pas au pouvoir est un procès d’intention que vous faites. Les Français ne seront pas dupes et n’en peuvent plus de ces médias donneurs de leçon.

Donald Trump fête ses 100 jours au pouvoir avec des taux d'insatisfaction record et en ayant renoncé à plusieurs engagements et orientations majeurs de sa campagne. Pourrait il en être autrement de Marine Le Pen au regard des nombreuses incohérences du FN que vous avez dénoncées pendant toute la campagne ?

Marine Le Pen n’est pas Donald Trump. Le projet économique que nous portons est sérieux, crédible, et part d’un constat simple : nous voulons débrider le moteur économique français en favorisant le produire en France tout en protégeant nos entreprises de la concurrence déloyale. 

En 2013, vous déclareriez : "Ma ligne est très simple : je suis patriote et gaulliste. Et les gaullistes ne peuvent pas s'allier à un parti dont Jean-Marie Le Pen est toujours président d'honneur. Ce n'est pas possible". En l'espace de 4 ans, considérez-vous que Marine Le Pen a réussi totalement son entreprise de dédiabolisation du FN ? 

Jean-Marie Le Pen a été exclu du FN par Marine Le Pen. Arrêtons de se voiler la face : le FN a changé.

Suite à l'annonce officielle ce samedi de votre alliance avec Marine Le Pen, certaines réactions, aussi bien de personnalités politiques - notamment à droite - que d'artistes, ont été pour le moins violentes. Que souhaiteriez-vous leur répondre sans tomber dans l'invective mais pour les convaincre même s'ils sont dans la colère ? 

Vous parlez de M. Valls, de Raffarin, de Juppé, de Cresson ? Ces Premiers ministres qui se sont succédés depuis 30 ans, ont échoué, et maintenant se rassemblent derrière Macron ? Je me fiche totalement des déclarations de cette caste politique qui a ruiné le pays. Je suis fier d’avoir dit non à leurs manipulations.

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Paulquiroulenamassepasmousse
- 03/05/2017 - 23:42
@thèaujasmin
Vous aurez beau vous rouler par terre, la mondialisation est là et vous n'y pourrez rien. De plus vos arguments ne tiennent pas, car grâce aux grandes surfaces le budjet alimentation des Français est passé de 50% de leurs revenus en 1950 à 12% aujourd'hui.
theodorum
- 03/05/2017 - 20:21
Correction : de très fortes marges !
Bien sûr ça n'a rien d'évident ! Mais on ne peut pas continuer ainsi, on va vers la faillite et l' Europe aussi !
theodorum
- 03/05/2017 - 20:18
Nous évitons les grandes surfaces qui exigent de fortes marges !
Quelle compétitivité propre, c'est le cas de le dire ! J'ai trouvé cette déclaration d'un des derniers maîtres-savonniers de France dans la revue "A l'écoute" page 40 du bi-mestriel Juin/Juillet 1995 des Apprentis Orphelins d' Auteuil ( OAA ).
Cette entreprise - Rampal-Patou existe toujours, ce qui ne serait pas le cas si elle avait accepté de livrer les grandes surfaces, celles-ci pssant de plus en plus de commandes jusqu'au moment où elles cessent leurs achats, obligeant ceux qui les ont suivi à fermer!
Les consommateurs plébiscitent les vrais parasites de la société, comme la CFDT au nom de leur pouvoir d'achat, sans comprendre que c'est avec des slaires bas qu'on fait des prix bas, dont profitent surtout les plus riches - qui n'en souffrent pas du tout- sans s'appercevoir qu'un jour ce sera leur tour !
C'est à l' ÉTAT par la fiscalité de régler la question et c'est très facile...quand on a "tout compris", c'est aussi le cas de le dire !