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Voter blanc tue (l'élection)
Publié le 29 février 2012
A l'approche de la présidentielle, le débat sur la comptabilisation du vote blanc resurgit. Si des personnalités telles que François Bayrou ont reconnu la nécessité de le prendre en compte lors des dépouillements, le constitutionnaliste Didier Maus adopte une position plus nuancée.
Didier Maus est professeur à l'université Paul Cézanne Aix-MarseilleIl est l'auteur de nombreux ouvrages de droit constitutionnel.
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A l'approche de la présidentielle, le débat sur la comptabilisation du vote blanc resurgit. Si des personnalités telles que François Bayrou ont reconnu la nécessité de le prendre en compte lors des dépouillements, le constitutionnaliste Didier Maus adopte une position plus nuancée.

Atlantico : La comptabilisation du vote blanc peut-elle être considérée comme une avancée démocratique ?

Didier Maus :Ma principale objection sur cette question est que le vote a l’avantage d’être conçu pour dire quelque chose de positif et pas pour faire apparaître un fait négatif. Quand c’est un vote pour élire un Député, un Maire, un Président de la République, pour choisir un homme et une équipe, ou alors pour un référendum, on est pour ou on est contre. Au contraire, le vote blanc est un vote de refus et non d’acceptation de soutien ou de choix.

 

Peut-on en déduire que c’est un acte anti-démocratique ?

Je ne minimise pas son message, c’est un vrai phénomène politique. Le nombre de suffrages blancs dans un résultat n’est pas neutre du point de vue de la signification, mais on ne peut pas aller jusqu’à le prendre en compte dans les suffrages exprimés car ce n’est pas une expression du suffrage. L’offre politique dans les élections est très largement suffisante, et comptabiliser le vote blanc inciterait les citoyens à ne pas choisir. D’autre part, les élus doivent bénéficier d’un vrai soutien. Ils doivent pouvoir compter sur une légitimité au niveau de l’électorat.

 

Que signifie-t-il alors concrètement dans le mécanisme électoral ?

Le vote blanc, s’il est réellement décompté, est une forme d’atténuation ou plus précisément de renoncement au mécanisme électoral. Les citoyens sont autorisés à se réfugier derrière leurs a-priori pour ne pas choisir leurs dirigeants. En effet, s'ils acceptent de participer à l’élection ils n'expriment que leur désintérêt par rapport à ce qui est proposé. Je ne vois pas de raison d’interdire le vote blanc car il n’exprime pas l’indifférence du citoyen comme c'est le cas pour l'abstention, mais il faut le laisser tel qu’il est, c’est-à-dire un suffrage qui est perdu du point de vue de la désignation des élus.

 

Lisez ici l'interview de Yann Wehrling sur le même sujet :

"Il faut reconnaître le vote blanc pour que les élus cessent de passer l'éponge après de forts taux d'abstention"

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (14)
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Atlante13
- 01/03/2012 - 09:22
Cause et effets
Encore un commentaire qui confond les causes et les effets.
Si on vote blanc, c'est pour signifier qu'on est démocrate, mais qu'on refuse le système mafieux qu'instaurent nos hommes politiques qui n'hésitent pas, eux, à détourner la démocratie à leur intérêt et nous mentir.
Voter blanc c'est dire on veut voter, mais nous n'avons que des candidats qui ne méritent pas notre vote.
Voter blanc c'est essayer de faire comprendre à nos apparatchiks qu'on ne veut pas d'un politicien qui se glorifie d'être élu avec une participation de 40% de la population.
Voter blanc c'est refuser de voter pour une liste qui n'est qu'un fromage que se distribuent les partis politiques.
etc...etc...
Et s'ils continuent à ne pas vouloir le comprendre, alors là oui, nous n'iront plus voter et ils auront tué la démocratie.
Harmaggedon
- 01/03/2012 - 06:52
un refus peut aussi être.. un vrai choix !
Quand certains manisfestent dans la rue, quand d'autres se mettent en grève, ne manifestent-ils pas CONTRE un projet de loi, une décision de la direction d'une entreprise ? Et dans ce cas n'est pas un vrai choix qu'ils font ?
Le vote blanc est lui aussi une forme de refus, le refus d'adhérer aux théories ou aux programmes proposés. C'est donc une forme d'affirmation.
En ne prenant pas en compte cette affirmation, on oblige les électeurs soit à un vote extrême, soit à un vote par dépit, confortant un peu plus, ceux qui profitent de ces bulletins, dans leur "erreur", au lieu de favoriser l'émergence d'idées nouvelles, de candidats nouveaux.
Quand un produit est devenu obsolète et que les consommateurs arrêtent de l'acheter, ils entrainent l'arrêt de la fabrication et de la commercialisation, de ce produit. Pourquoi, en politique, devrions-nous systématiquement "acheter" des "produits" dont nous ne voulons plus ?
remy c
- 29/02/2012 - 21:14
Interdire I'abstention ?
"Je ne vois pas de raison d’interdire le vote blanc car il n’exprime pas l’indifférence du citoyen comme c'est le cas pour l'abstention"

Pas forcément, on peut s'abstenir non par indifférence mais par dégoût, lassitude ou sentiment d'inutilité ...

Cela sous entend-t-il que ce professeur souhaiterait interdire l'abstention? Obliger les gens à voter (comme en Belgique), quel totalitarisme!