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Coup d’Etat silencieux ? Pourquoi l’éviction de Mike Flynn de la Maison Blanche pourrait ressembler à la 1ere étape d’un projet réfléchi visant à neutraliser Donald Trump
Publié le 17 février 2017
L'éviction de Mike Flynn de la Maison Blanche, regrettée publiquement par Donald Trump lui-même, montre la guerre silencieuse qui fait rage entre le nouveau président et l'ancienne administration démocrate, qui semble ne pas vouloir lui faciliter son mandat.
Directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).Spécialiste du cyberterrorisme et de la sécurité aérienne. Après une carrière passée dans plusieurs grandes entreprises du transport aérien, il devient consultant et...
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L'éviction de Mike Flynn de la Maison Blanche, regrettée publiquement par Donald Trump lui-même, montre la guerre silencieuse qui fait rage entre le nouveau président et l'ancienne administration démocrate, qui semble ne pas vouloir lui faciliter son mandat.

Atlantico : Donald Trump a retweeté un article d'Eli Lake, de Bloomberg, déclarant que "la NSA et le FBI ne devaient pas interférer politiquement". Donald Trump n'est-il pas en réalité la véritable cible derrière le Général Flynn ? Qui pourrait avoir intérêt à une telle campagne de déstabilisation ? La Russie comme le dénonce la presse démocrate depuis des mois ? Ou l'administration comme l'exprime Donald Trump lui-même ?

Michel Nesterenko : C’est effectivement le President Trump qui est la cible politique des attaques contre le General Flynn. D’ailleurs il ne faut pas s’y tromper puisque les représentants Démocrates du Congrès essayent d’obtenir une Commission d’Enquête contre le Président. Il ne s’agit que de la politique des Démocrates qui ont perdu les élections et qui cherchent a reprendre la main en créant le chaos. Que reproche t’on au Général ? D’avoir eu des conversations à Washington avec l’Ambassadeur de Russie à Washington. C’est comme si on accusait de traitrise contre la France les assistants de Mr. Fillon ou Mr. Hamon car ils avaient parlé à l’ambassadeur russe à Paris. On croirait rêver avec ces accusations sans sens commun, si, au fond, ce n’était pas aussi grave... Car comment les organes de presse ont-ils été mis au courant ? C’est la NSA qui a enregistré les conversations du Général et et de l’équipe du Président élu. Clairement, la NSA fait de l’espionnage politique aujourd'hui et organise les fuites politiques vers la presse pour créer des dommages politiques. Plus encore c’est la NSA qui a enregistré les conversations officielles et confidentielles du Président dans le Bureau Ovale avec le Président australien, lui aussi dans son bureau officiel. Il ne s’agit pas d’un enregistrement accidentel, et la publication non autorisée ne peut être que volontaire et politique. Ce ne sont pas les Démocrates qui peuvent enregistrer des conversations gouvernementales officielles à partir de téléphone cryptés. 

La tactique électorale du camp Démocrate à été d’accuser le camp Républicain de toutes ses propres turpitudes. En effet il ne faut pas oublier qu’Hilary Clinton Ministre des Affaires Etrangères a délaissé volontairement, contre la Loi, tous les systèmes sécurisés de communication pour utiliser un téléphone du commerce et stocker tous les mails classés Secret Défense sur l’ordinateur non protégé d’un ado qui naviguait sur les réseaux sociaux. Ce sont ces mêmes Démocrates, qui pendant des mois, ont abreuvé la Presse d’affirmations non-fondées et invérifiables, qui prétendaient que le Président Poutine lui-même depuis son bureau du Kremlin manipulait tout ceux qui ne pensait pas comme le camp Démocrate pour favoriser le candidat Trump ; ces mêmes Démocrates prétendent aujourd’hui que le même Président Poutine depuis le Kremlin tire les ficelles pour détruire le Président Trump politiquement parlant. Et dans la phrase suivante les mêmes Démocrates attaquent eux aussi le Président Trump. Logiquement il y aurait donc collusion entre les Démocrates et l’affreux monstre ex-soviétique ? On est en plein délire politique avec des organes de Renseignement Américains qui mettent de l’huile sur le feu par la divulgation non autorisée d’informations classées secret défense tout en accusant le Président Trump de violer le secret-défense. 

Si comme Eli Lake l'affirme, la NSA et le FBI travaillent contre la Maison Blanche, quels intérêts Donald Trump met-il en danger pour susciter une telle réaction ?

Michel Nesterenko : Le Président Trump est un Président hors “etablishment” et qui n’est pas corrompu pas la caste politique à Washington. Il ne doit rien à personne. Il veut changer les choses. La NSA et la CIA ont un certain nombre de hauts cadres qui ont dépassé largement l’âge de la retraite. Certains pour la CIA ont même été condamnées par les Tribunaux à l’époque du Président Reagan et ramenés aux affaires par le Vice-Président Cheney suie à l’attentat des deux Tours. Derrière tout cela la vraie question est : qui contrôle les immenses comptes secrets des agences de renseignement ? Le FBI quant à lui est beaucoup moins en cause car il n’a pas joué le jeu du Président Obama et d’Hilary Clinton contre le camp Républicain. Il ne faut pas oublier que le Sénateur Républicain McCain avait appelé à voter pour Hilary Clinton contre le Républicain Trump.

Donald Trump est-il un isolationniste et pro-Russe contre une administration anti-russe et interventionniste ?

 

Jean-Sylvestre Mongrenier : La tradition isolationniste censée dominer la politique étrangère américaine, depuis la fondation des Etats-Unis jusqu’aux deux guerres mondiales, ne doit pas être comprise comme une forme d’isolement. Lorsque George Washington, dans son "adresse" au Congrès de 1796, recommande de rester à l’écart des grandes puissances de l’époque, à savoir l’Angleterre et la France, la jeune république des Etats-Unis est une puissance de second ordre. Il s’agit alors d’éviter la satellisation par l’une et par l’autre et de jouer le rôle de force d’appoint dans les guerres européennes. Cela n’empêche pas les Etats-Unis d’être présents et actifs dans le monde. Ainsi mènent-ils en Méditerranée la guerre contre la régence de Tripoli et la piraterie barbaresque (1805). Ils sont aussi très actifs dans l’océan Pacifique et contraignent le Japon à s’ouvrir au commerce international (1853). Les autres puissances occidentales s’engouffrent dans la brèche.

Dans notre monde plein et interconnecté, balayé par les satellites, l’isolationnisme n’est pas une option géopolitique tenable. Au vrai, il n’est pas sûr que Donald Trump cultive cette illusion. Il incarne plutôt un "américanisme" hostile au multilatéralisme, cette pratique qui atténue les rapports de force et privilégie la négociation. Dans le cas du "Partenariat transpacifique" (le TPP), le retrait annoncé ne signifie pas le refus de commercer avec l’Asie-Pacifique, mais le président américain entend négocier une série d’accords bilatéraux avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis. Trump est-il pro-russe ? Ce ne serait plus de l’isolationnisme ! Confondant la diplomatie avec la pratique des affaires, Trump paraît croire qu’une rencontre au sommet entre "hommes forts" permettrait de passer des "deals" satisfaisants. Ainsi devrait-il en aller avec Vladimir Poutine. Les membres de son Administration ont été nommés par ses soins et ils ne lui sont pas hostiles, mais certains d’entre eux ont le sens des réalités géopolitiques et des enjeux stratégiques.

 

Quelles conséquences ont les tensions entre Trump et une partie de son Administration (et les agences gouvernementales telles que la NSA, le FBI et la CIA qu'il n'a de cesse de condamner ces derniers jours) sur la Russie de Vladimir Poutine ? Le président russe en sort-il renforcé ?


Jean-Sylvestre Mongrenier : Les liens de l’équipe de campagne de Trump avec le renseignement russe et l’amateurisme évident du personnage ont provoqué un choc avec la "communauté du renseignement", aggravé par des twitts déplacés. Comment peut-on jeter à la vindicte publique les services sur lesquels il faudra s’appuyer pour prendre des décisions cruciales ? Dans le renseignement, bien des personnes sont persuadées qu’il est désormais risqué de partager l’information la plus sensible avec le bureau ovale et les "hommes du président" : trop de fuites et de gens au pedigree douteux. Il semblerait que les services américains aient même recommandé à leurs homologues occidentaux une certaine prudence dans le partage du renseignement avec les membres de cette Administration. La démission de Michael Flynn n’est peut-être que le commencement d’une grave crise politique (la "Russian connection"), avec des conséquences géopolitiques. En effet, une situation de ce type peut induire en tentation les puissances révisionnistes que sont la Russie, la Chine ou l’Iran : mettre à profit la crise et parier sur la paralysie politique de Washington.

En Russie, le triomphalisme initial des cercles de pouvoir et d’une presse aux ordres (du fait de l’autoritarisme politique) laisse penser que Moscou a bien misé sur l’élection de Trump. Peut-être les dirigeants russes ont-ils exagéré la permissivité de la nouvelle Administration, mais ce sont les perceptions qui comptent. En retour, la démission de Flynn est à l’origine de commentaires amers. Poutine et les siens ont-ils vraiment cru à un "deal" du type : l’Ukraine contre la coopération en Syrie ou encore l’appui russe contre la Chine en échange d’une dissolution de l’OTAN ? Cela est simpliste, mais les hommes voient souvent le monde à leur image, non pas tel qu’il est : la nature du régime russe et ses pratiques retentissent sur les représentations géopolitiques, le monde étant censé fonctionner comme une gigantesque mafia. Si la perspective se dérobait, on ne voit pas en quoi cela renforcerait le président russe : "adieux veaux, vaches, cochons, couvée". Les déclarations de la Maison Blanche sur les sanctions internationales, l’Ukraine et la Géorgie sont bien des indicateurs d’une certaine continuité. En retour, cela ne rendra pas Poutine et les siens plus pacifiques ; ils pourraient vouloir forcer la situation.

Selon Leonid Bershidsky , de Bloomberg également, Vladimir Poutine aurait aujourdhui tout ce qu'il souhaite, c'est à dire un pouvoir américain isolationniste mais opposé à la Russie, ce qui est conforté par la revirement récent de Donald Trump vis à vis de la Crimée. Comment expliquer un tel revirement, autant par ses causes que par ses conséquences ? Quelles en sont les implications dans la crise actuelle ?
 
Michel Nesterenko : Le Président Poutine n’a absolument pas ce qu’il souhaite si ce n’est un Gouvernement Américain fort et qui ne cherche pas la guerre atomique sur les plaines de Pologne ou dans les villes allemandes. C’est le Président Obama qui dans les jours précédent son départ a essayé de positionner des divisions blindées sur le front des Pays de L’Est et des divisions de Marines, positionnées en Suede, prêtes à traverser la mer pour envahir la Russie. Tout cela en plus des Missiles nucléaires tactiques dans les pays de L’Est pointés sur Moscou. Toutes ces informations ont été rapporté par la Presse. Le nouveau Ministre des Affaires Etrangères américain Rex Tillerson connait personnellement le Président Putin et la Russie depuis des années pour avoir négocié de très gros contrats pétroliers en faveur d’Exxon. Le Ministre américain à même le numéro de téléphone de la ligne directe. Donc pas de déformation et pas de philtre dommageables dans les communications. Le problème de la Crimée est complexe et le Président Trump pour négocier en position de force doit rassembler quelques éléments d’échange possible. C’est une stratégie classique pour tous les grands patrons. 
 
C’est une erreur de penser que le Président Trump est isolationniste, tout au contraire. Le Président Trump a répété à satiété qu’il voulait rendre aux États Unis sa position de leader incontesté du Monde Libre. Pour cela il lui faut renforcer le tissu énergétique et industriel national qui a été affaibli par une externalization excessive fruit de la globalisation.
 

Florent Parmentier : Le premier objectif de Vladimir Poutine consistait à faire perdre Hillary Clinton à l'occasion de cette présidentielle, puisque celle-ci était considérée comme la candidate la plus anti-russe. Par contraste, on a pu trouver dans l'entourage de Donald Trump un certain nombre de conseillers œuvrant à un rapprochement russo-américain : son ancien directeur de campagne Paul Manafort (tombé pour avoir conseillé Ianoukovitch), un de ses conseillers en affaires internationales Carter Page, et enfin son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, qui a été contraint à la démission cette semaine pour avoir discuté avec l’Ambassadeur russe avant même sa nomination. 

En matière de politique étrangère, Donald Trump est apparu proche des thèses isolationnistes (l’OTAN coûte cher et les Européens doivent se prendre en main, les Etats-Unis avant tout, etc.), mais sans pour autant se départir d’un réalisme propre au décideur. Il a pris le contre-pied de son prédécesseur à propos des sanctions décidées par Barack Obama à la fin de décembre. Celles-ci n’ont pas eu de conséquences irrémédiable, dans la mesure où Vladimir Poutine a préféré jouer le coup d’après en ne faisant pas le jeu de l'escalade des tensions. Le grand espoir de Vladimir Poutine était donc certes de disposer d'un pouvoir à Washington beaucoup moins interventionniste que les précédentes d'administration, et sur ce programme c'est donc sans surprise que la grande majorité des néoconservateurs américains avait rejoint les rangs de la candidate démocrate, quand Trump se rapprochait du réaliste Kissinger.

Dans ce revirement sur la position vis-à-vis de la Crimée, il faut prendre en compte un autre élément de contexte : la question de la russophobie à Washington, qui fait presque écho à "la peur du rouge" ou au "péril jaune" qui ont marqué l’histoire politique américaine. La menace des cyberattaques russes donne un sentiment de vulnérabilité aux élites politiques de Washington, mais donne l’impression d’un déchaînement médiatique, précisément parce que certains voient dans le tropisme pro-russe de Trump un moyen de le faire tomber. Longtemps les observateurs et analyste ont mis l'accent sur l'antiaméricanisme du régime Poutine comme ressort fondamental des décisions prises en matière de relations internationales. Bien sûr, ce ressort a été plus ou moins puissant selon les périodes, puisqu'il faut se souvenir par exemple que Vladimir Poutine a été à la fois le dirigeant qui a pris le plus rapidement position en faveur des États-Unis après le 11 septembre, mais aussi celui qui a critiqué le plus durement l'hégémonie américaine lors de son discours de Munich de février 2007. 

Dans ce cadre, la Russie peut paraître dans un premier temps déçue des premiers résultats de l'administration Trump, dans la mesure où elle a été condamné de manière routinière à l'ONU au sujet du réchauffement du conflit à l’Est de l’Ukraine, elle n'a en outre pas obtenu d'avancées sur la question de la levée des sanctions ou encore elle ne semble pas se voir reconnaître l'annexion de la Crimée. Et Vladimir Poutine a su ne pas se montrer trop exigeant vis-à-vis de la nouvelle administration, faisant preuve de patience. Il faut d’ailleurs remarquer que les deux dirigeants ont des temporalités assez différentes : d'un côté Donald Trump joue le temps court des politiques, le temps des réseaux sociaux et de Twitter ; de l'autre, Vladimir Poutine joue sur le temps long et stratégique. 

La question est donc de savoir si Vladimir Poutine avait anticipé l'incapacité Donald Trump à changer rapidement le cours de la politique étrangère américaine. A priori, connaissant assez bien les arcanes politiques des États-Unis, il est probablement trop expérimenté pour avoir cru que les acteurs politiques et médiatiques aux États-Unis allaient accepter un changement si soudain de la position américaine à propos de la Russie. Si le Mexique et la Chine occupent une place particulière dans les discours de Donald Trump, cela ne signifie pas pour autant que la Russie soit passée du bon côté de l’histoire vu de Washington. Aussi, la présidence Trump a pour l'instant affaibli l'atlantisme régnant en Europe, tout en classant plus ou moins consciemment la Russie dans une situation d'arbitre en matière de politique internationale, sur les relations sino-américaines, le Moyen-Orient, etc. Le départ de Flynn n’est sans doute pas la seule surprise à laquelle nous allons assister cette année à Washington.

Jean-Sylvestre Mongrenier :

 

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vangog
- 17/02/2017 - 09:58
@Texas "you are unwatchable!"...
tweetait Donald aux medias colporteurs de fake-News, il y a quelques jours. Il sera obligé, tôt ou tard, d'introduire du pluralisme dans ces medias inféodés au mondialisme socialisant des grands groupes financiaro-mediatiques. Sinon, jusqu'à la fin de son mandat, il devra subir une meute aboyante telle que nous l'avons vue, tous les deux, lors de sa conférence de presse mouvementée. Cette hallali médiatique est intolérable, comparable à ce que nous connaissons en France, vis à vis du choix patriotique. Je pense que Donald réagira vite, en coupant le son et la lumière de ce terrorisme intellectuel gauchiste qui a fait tant de mal aux démocraties...
Texas
- 17/02/2017 - 09:50
@ vangog
Dans sa conférence de presse du 16 /02 , qui fût aussi une belle leçon d' éthique aux journalisme , Donald Trump a dit regretter le départ de Mike Flynn , motivé non par des faits répréhensibles , mais par la manière dont ses entretiens avaient été rapportés au Vice-Président Mike Pence . La Presse Démocrate s' offre entre-temps une diversion Russe aux dizaines de milliers de mails évanouis qu' elle oublie d' expliquer .
vangog
- 16/02/2017 - 23:52
Un mauvais point pour Donald!
Avoir cédé à la pression des medias et de l'establishment, en démissionnant Michael Flynn, est un gage d'obédience accordé au pouvoir mediatico-politique, surpuissant. Donald prouve ainsi à Poutine qu'il est aussi manipulable qu'Obama, et le joueur d'échec se servira de cette faille. Mais Donald possède deux avantages par rapport à Obama et Hillarious: il n'est pas un bien-pensant droidelhommisteborné, comme l'étaient ces deux-là, capables de faire la guerre à tout ce qui ne se conformait pas à leur schéma de pensée archaique. Et Donald est malléable, adaptable et pragmatique, ce qui constitue des atouts forts, afin de construire un partenariat américano-russe fondé sur le respect mutuel et sur l'assurance que personne ne veut l'escalade, ni la guerre. Reste à savoir si Poutine, habitué depuis le KGB à profiter des faiblesses de ses adversaires, considère Trump comme un adversaire, ou comme un partenaire potentiel?....