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Un Américain à Paris

Comment la France sert de contre-modèle à Trump

Publié le 02 février 2017
Le décret anti- terrorisme signé par Donald Trump a suscité une indignation mondiale. A tort ! Pas de quoi justifier une telle hystérie collective. Par contre, la nouvelle volonté américaine de se protéger de l’islamisme radical est clairement énoncée. Pour éviter que les Etats-Unis ne connaisse le même sort que… la France
Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
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Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
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Le décret anti- terrorisme signé par Donald Trump a suscité une indignation mondiale. A tort ! Pas de quoi justifier une telle hystérie collective. Par contre, la nouvelle volonté américaine de se protéger de l’islamisme radical est clairement énoncée. Pour éviter que les Etats-Unis ne connaisse le même sort que… la France

Qui sait que la France a servi de modèle à Donald Trump ? Ou plutôt de contre-modèle ? Bien peu en France. Les médias ne s’en vantent pas. C’est même le grand non-dit du remue-ménage anti-Trump provoqué par le décret sur l’interdiction temporaire d’entrée aux Etats-Unis signifiée aux ressortissants de sept pays abritant ou sponsorisant des terroristes islamiques. Car ce qui a inspiré cette mesure à Donald Trump et son administration, c’est l’exemple donné par la France. Il s’agit des attaques terroristes répétées, contre Charlie Hebdo, au Stade de France, au Bataclan ou encore à Nice, mais pas seulement. Il s’agit aussi de l’émergence durable de l’islamisme radical au cœur même de  la société française. Donald Trump et ses conseillers considèrent que cette islamisation insidieuse et générationnelle menace la survie du pays et c’est cela qu’ils veulent éviter aux Etats-Unis.

Pour le comprendre il faudra relire les déclarations des uns et des autres. Mais avant cela quelques précisions s’imposent sur le décret du 27 janvier. Pour calmer l’hystérie collective.  Il renvoie en effet à la question de la sécurité intérieure face au terrorisme islamique, mais aussi à celle du contrôle des frontières et à celle de l’avenir de la société américaine.

Rappel des faits et explications.

Le 27 janvier Donald Trump a signé un décret (« executive order ») instituant l’arrêt pour  trois mois de toute entrée sur le territoire américain de citoyens d’Iran, d'Irak, de Libye, de Syrie, de Somalie, du Soudan, et du Yémen (sauf quelques exceptions, et hormis les détenteurs de cartes vertes, c’est-à-dire les résidents permanents des Etats-Unis). En même temps le décret  a suspendu indéfiniment l’accueil des réfugiés syriens aux Etats-Unis, institué un moratorium de 120 jours sur l’accueil d’autres réfugiés, et limité à cinquante mille par an le nombre total de réfugiés pouvant être accueillis aux Etats-Unis.

La mesure a suscité une vive opposition aux Etats-Unis et une condamnation quasi unanime dans le monde. Elle a aussi provoqué une petite pagaille dans les aéroports du pays, envahis par les manifestants en solidarité avec les personnes visées par les mesures, mais absentes, puisque interdites de territoire...

Ce décret faisait suite à de nombreux autres signés par le président Trump depuis sa prise de fonction, et en particulier un décret du 25 janvier autorisant la construction d’un mur le long de la frontière avec le Mexique et renforçant les rangs des gardes-frontières (+ 5 000 postes)  et des services d’immigration (+ 10 000 postes) afin de juguler l’immigration clandestine.

Toutes ces mesures étaient attendues. Elles faisaient partie des promesses de campagne de Donald Trump. Elles apparaissent, noir sur blanc, dans son « Contrat avec les électeurs américains », un document mis en ligne durant la campagne présidentielle et détaillant les décisions qu’il prendrait lors de ses cent premiers jours. Elles ne constituent en rien une surprise, sinon celle de voir un homme politique… tenir ses promesses.

Elles sont aussi beaucoup moins, exceptionnelles, choquantes ou honteuses, que certains ont voulu le dire. Elles s’inscrivent même dans la continuité de mesures prises par les prédécesseurs de Trump, Barack Obama et George W. Bush.

Ainsi, le fameux mur à la frontière mexicaine est autorisé depuis 2006 ! Le décret Trump vient en application d’une loi votée sous l’administration de George W. Bush intitulée le  « Secure Fence Act » (loi sur une clôture de sécurité) et autorisant alors la construction d’une « barrière physique » sur près de sept cents kilomètres. D’autre part le poste  frontière de Tijuana, entre le Mexique et la Californie, est déjà prolongé par un mur, visant à décourager les passages clandestins extrêmement nombreux à cet endroit. A l’intérieur des terres, et à l’abord de nombreux villages frontaliers, un mur, voire deux, sont déjà en place le long de la Tijuana River. La proposition de Donald Trump ne fait qu’étendre la loi existante.  

De même les sept pays dont les citoyens ont été temporairement mis au ban des Etats-Unis, n’ont pas été choisis par Donald Trump, mais par Barack Obama. En décembre 2015, le président Obama avait appliqué sa signature à une loi restreignant l’accès des Etats-Unis aux personnes ayant transité par des pays du Moyen Orient connus pour leurs activités terroristes. Ces pays étaient l’Iran, l’Iraq, la Syrie et le Soudan. Puis, début 2016 ce même Barack Obama avait étendu la liste à la Libye, au Yémen et à la Somalie. Au nom de la sécurité intérieure face à la « sérieuse menace » représentée « par les combattants terroristes étrangers ». Les mesures restreignaient l’attribution des visas d’entrée aux Etats-Unis pour ces personnes. En cause la capacité des Etats-Unis à déceler à la source les individus suspectés d’activités terroristes ou de sympathies pour les mouvements djihadistes. L’administration Obama avait alors souligné que les pays en question présentaient de « sérieux risques ».

Ce que Donald Trump a décidé va au-delà de cette mesure. Il a demandé à ses services consulaires, au département de la Sécurité Intérieure (Homeland Security - en charge des questions d’immigration), et aux services de renseignement, de réexaminer les conditions d’attribution des visas d’entrée. En attendant, et par précaution, il a décidé de suspendre toutes les entrées des ressortissants de ces pays.  

Quant à la question de l’accueil des réfugiés elle s’inspire aussi d’une mesure prise par Barack Obama. En 2011 celui-ci avait suspendu pour six mois l’accès aux Etats-Unis à tous les réfugiés irakiens après que plusieurs dizaines de terroristes se soient introduits sur le sol américain parmi un contingent de réfugiés. Deux d’entre eux avaient été formellement identifiés par leurs empreintes digitales. Mais seulement après être entrés aux Etats-Unis. Pour se donner le temps de vérifier tous les dossiers, l’administration Obama avait alors stoppé net tout accueil, y compris pour les personnes ayant pu travailler au service de l’armée américaine pendant la guerre… On ne se souvient pas de personnes s’étant alors émue de cette mesure et s’étant précipitées dans les aéroports pancartes en mains et foulards sur la tête…

Au passage rappelons aussi que 2011 voit le déclenchement de la crise syrienne. Cette année- là, les Etats-Unis accueillirent  cinquante- cinq mille réfugiés, tout comme en 2012. Il n’y avait pratiquement pas de syriens parmi eux. En 2015 lors de l’afflux massif  - estimé à 2 millions de personnes - de réfugiés en provenance de Syrie vers la Turquie et l’Europe, les Etats-Unis accueillirent moins de deux mille réfugiés syriens. Puis quinze  mille en 2016. Une contribution bien faible en comparaison de ce que l’Europe – en particulier l’Allemagne – dut faire et qui, alors, ne suscita pas l’ire de madame Merkel, de monsieur Hollande, ou d’éditorialistes à la compassion contagieuse…

Sur les vingt-cinq dernières années le nombre moyen de réfugiés accueillis aux Etats-Unis se situe autour de cinquante mille personnes par an. Le plafond imposé par Donald Trump n’est donc pas anormalement bas, mais dans le prolongement de la politique menée par ses prédécesseurs. Cela ne fera pas taire ses détracteurs mais mérite d’être souligné.

Le vrai problème n’est pas là. Donald Trump et son administration suscitent une opposition quasi générale car leur décret va à l’encontre de deux dogmes contemporains ; le premier est la libre circulation des personnes, et le second est l’interdiction de tout amalgame entre « musulman » et « islamiste ».

La société de consommation tend à transformer le monde en un supermarché, où l’on peut aller et venir à tout va, se servir sur les étagères puis sortir après avoir payé  (pas toujours d’ailleurs) à la caisse. Trump veut simplement rappeler que les pays ne sont pas des supermarchés, qu’ils ont des frontières et que celles-ci les définissent et les protègent. Un pays passoire est un pays qui n’est pas respecté. Pour Trump, les Etats-Unis sont devenus ce pays passoire. Les clandestins y entrent par le sud, les terroristes y arrivent par les airs. Si certains s’en inquiètent, ou s’en indignent,   personne n’intervient. Lui si !  Trump entend que les Etats-Unis soient respectés. Que cela déplaise au reste du monde, et même à certains citoyens américains, ne lui importe pas.

Et c’est bien connu, on ne peut discréditer une communauté d’un milliard et demi de personnes,  pour quelques poignées de fanatiques hyper violents. Tous les musulmans ne sont pas terroristes ! Interdit donc de dire que les terroristes impliqués dans des actions djihadistes sont musulmans, même s’ils proclament agir au nom d’Allah, car « l’islam est une religion de paix »! Alors stigmatiser tout un pays pour ces quelques brebis galeuses est inacceptable. Plutôt ne rien faire et ne rien dire que commettre le péché d’amalgame. Pas Trump ! Il a suffisamment reproché à Barack Obama de ne pas oser prononcer les mots « islamisme radical »  pour ne pas manquer une occasion de dénoncer ce cancer moderne. C’est aussi l’objectif du décret du 27 janvier.  

Pour Trump, le terrorisme islamique découle d’une conception du monde violemment hostile à l’Amérique et à ses principes et que ses tenants sont décidés à abattre par tous les moyens.  Le terrorisme islamique n’est d’ailleurs que le bras armé du radicalisme islamique, source de déstabilisation plus insidieuse. C’est ce radicalisme qui doit être combattu. Faute de quoi il vaincra, sans passer nécessairement par le terrorisme. Pour comprendre cela Trump n’a pas eu a regarder bien loin. Il lui a suffi de se tourner vers la France. Il l’a dit lors de plusieurs interviews et son conseiller spécial Stephen Miller l’a répété encore tout récemment.  

En Février 2016 Donald Trump avait confié à André Bercoff pour Valeurs actuelles: « La France n’est plus ce qu’elle était… Paris non plus… il y a des quartiers… devenus hors la loi… de territoires perdus de la République… Des amis me disent qu’ils ont le sentiment de n’être plus chez eux. »  Pour ceux qui en doutent Trump parlait là de l’immigration musulmane. Il l’a redit après les attentats de Nice. « L’Allemagne et la France sont responsables de ce qui leur arrive, ils ont laissé rentrer des gens qu’ils n’auraient pas dû. »

Il ne s’agit pas que des réfugiés syriens acceptés en bloc par Angela Merkel et François Hollande. Mais surtout de l’immigration des trente dernières années, celle qui a changé le visage de la France. S’il ne le dit pas ouvertement  son conseiller spécial Stephen Miller s’en charge pour lui. Interrogé par Carson Tucker sur la chaîne Fox News au sujet du décret du 27 janvier voici ce que Miller avait à dire en conclusion: « la question fondamentale c’est comment éviter que les Etats-Unis ne tombe dans le piège où  sont tombés certains pays européens, comme l’Allemagne ou comme la France, où il existe désormais un problème intergénérationnel lié au radicalisme islamique… un problème qui s’est insinué dans la vie quotidienne jusqu’ à représenter une nouvelle norme… Si nous n’y prenons pas garde, si nous ne prenons pas des précautions extrêmes pour contrôler qui rentre dans notre pays, alors la même chose se produira inévitablement aussi aux Etats-Unis. »

Voilà ce qui se cache vraiment derrière  le décret du 27 janvier. Certes Donald Trump a agi pour protéger la sécurité des Etats-Unis, mais la vraie crainte de l’administration Trump ce n’est pas un attentat terroriste demain, c’est la déstabilisation durable de la société par l’intégration aveugle d’une population potentiellement dangereuse et non assimilable. Pour la première fois en 2016 les musulmans étaient les plus nombreux au sein des réfugiés admis dans le pays. Près de quarante mille.  Alors que les chrétiens de Syrie, la minorité la plus persécutée sur place, ne représentaient que 0,5% du total. Cela aussi choque Donald Trump et pourrait changer à l’avenir…

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Deudeuche
- 03/02/2017 - 21:30
@clint
Pour l'instant la presse est aux ordres de la gauche et il est souhaitable que cela change...et vite!
Olivier62
- 03/02/2017 - 10:21
Quoi, un dirigeant qui défend son pays et ses habitants !
Quel scandale. Ce n'est pas en France qu'on verrait ça, où entre qui veut venir, et obtenir logements, soins et allocations sociales à tout-va (les "de souche" sont là pour payer); où les joies du multiculturalisme sont exaltées (et tant pis pour la délinquance); et où on ne fait pas "d'amalgame" entre la sympathique religion musulmane (où seulement 400 versets appellent au meurtre des non-musulmans) et les vilains terroristes, d'ailleurs tout à fait excusables car ils étaient "discriminés" par les méchants français. On peut bien sacrifier quelques centaines de "de souche" à leur états d'âmes.
Leucate
- 02/02/2017 - 23:22
@clint - à propos de monnaie de singe
En 1971, les USA mettaient fin aux accords de Bretton Woods; ceux-ci consacraient le dollar comme monnaie d'échanges internationale mais en contrepartie le dollar pouvait être échangé contre sa valeur en or fixée à 30 dollars l'once - il en vaut 1295 aujourd'hui.
Les américains ont alors fait tourner la planche à billet pour payer leur guerre du Vietnam, la course à l'espace et aux armements et faire payer au monde leurs autres déficits.
Les monnaies depuis 1971 n'ont plus qu'une valeur fictive. Nous échangeons des sapèques contre des colliers de coquillage.