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Les élites françaises ont-elles vraiment trahi les valeurs qu'elles devaient défendre ?

Publié le 22 février 2012
Le président de la République se montre très critique à l'égard des élites dans ce début de campagne. Stratégie de communication ou manque de responsabilité des banquiers et des grands patrons ?
Anthony Mahé est sociologue à l'ObSoCo (Observatoire Société et Consommation). Il est spécialisé dans les domaines de l'imaginaire de la consommation et de la sociologie du quotidien. Il a réalisé une thèse de doctorat sur le recours à l’endettement...
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Anthony Mahé est sociologue à l'ObSoCo (Observatoire Société et Consommation). Il est spécialisé dans les domaines de l'imaginaire de la consommation et de la sociologie du quotidien. Il a réalisé une thèse de doctorat sur le recours à l’endettement...
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Le président de la République se montre très critique à l'égard des élites dans ce début de campagne. Stratégie de communication ou manque de responsabilité des banquiers et des grands patrons ?

"Je ne serai pas le candidat d'une petite élite contre le peuple". La phrase fut prononcée dimanche, lors de son discours à Marseille, par le président de la République. En visant ainsi banquiers et grands patrons, le président de la République s'inscrit dans une stratégie de communication. Il est en effet de bon ton ces temps-ci de condamner la financiarisation, cela plaît à l’opinion publique comme à l’opinion « publiée » (celle de l’intelligentsia), comme dirait le sociologue Michel Maffesoli

D’autant que le candidat sortant a besoin de se refaire une image et de rompre avec le bling-bling du Fouquet’s et du yacht de Bolloré. Après deux crises financières et économiques en cinq ans, il paraît en effet assez sage de casser l’image d’un « président des riches » avec qui tout devient possible pour ressouder des liens avec le peuple d’une France dite « forte ». Après, chacun jugera de la crédibilité d’un tel revirement. Certes, en 2007, il s’adressait déjà aux travailleurs. Il opposait ceux qui se lèvent tôt aux « assistés ». Aujourd’hui, il met en opposition davantage les victimes de la crise face aux « cruels » patrons qui continuent à s’enrichir. Un jeu de compassion qui donne le ton de sa campagne.

Pour ce faire, la sémantique du président-candidat est forte, il parle d’indécence, de trahison morale. On se rappelle au sortir de la première crise de 2008 lorsque Nicolas Sarkozy parlait de mettre de l’éthique dans le  capitalisme. Mais au fond de quoi parle-t-on ? N’est-on pas dans une économie libérale dont le principe est la recherche systématique des profits ? On a du mal à l’entendre mais l’éthique du capitalisme, pour paraphraser Max Weber, est, avant tout, l’éthique de la réussite. En matière de gestion d’entreprise, restructurer une entreprise, fût-ce en réduisant la masse salariale, est parfois considéré comme une réussite pour un PDG. Avec à la clé une augmentation de salaire et une augmentation des dividendes reversées aux actionnaires. Nous sommes dans ce monde-là.

Les valeurs pour la France évoquée par Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine étaient le travail, l’autorité et la responsabilité. Or le comportement des élites qu’il dénonce est en parfaite congruence avec ces valeurs. Travail rime avec méritocratie dans notre société. Peut-on réellement reprocher un manque de travail ou de responsabilité à un patron qui fait gagner de l’argent à ses actionnaires, soit ce qu’on lui demande, ni plus ni moins ? Bien sûr on peut déplorer l’injustice des licenciements alors qu’une entreprise fait des bénéfices et augmente les salaires des dirigeants. Mais en affirmant par ailleurs soutenir la valeur travail et en en faisant son fer de lance, Sarkozy se fait malgré lui, peut-être inconsciemment, le porte-parole de ces mêmes dirigeants qui appliquent à la lettre cette valeur. Au fond, c’est la valeur travail qui est galvaudée voire passéiste.

Notre société subit des mutations profondes que les politiques, pas seulement Nicolas Sarkozy,  peinent à cerner. C’est peut-être d’ailleurs pour cela que l’abstention est le candidat le plus crédible aujourd’hui. Peut-être peut-on imaginer d’autres voies, il ne s’agit pas d’être résigné. Mais ce n’est certainement pas en se raccrochant à des valeurs inhérentes au capitalisme et par là-même à la financiarisation du monde que l’on pourra réellement changer quoi que ce soit dans un tel système. Sauf à ce que, bien entendu, tout cela ne soit que stratégie de communication.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (3)
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brennec
- 23/02/2012 - 10:08
Aveuglement généralisé!
"N’est-on pas dans une économie libérale"? Eh bien non, quand l'état représente 56% du PIB on est très loin d'une économie libérale. Dans ces conditions les patrons ont beaucoup plus a gagner en faisant du lobbying pour obtenir lois et règlementation qu'en faisant leur métier de capitalistes (beaucoup de bras capitalistes se tendent vers le chocolat d'état!). Nous sommes dans un système qu'on pourrait qualifier de capitalisme d'état ou encore d'oligarchie. Bien entendu les petites entreprises ne sont pas partie prenantes de ce système, ce qui explique qu'elles ont du mal a naitre, et a survivre quand elles sont nées. Bilan: manque de 10 000 PME par rapport a l'allemagne.
cappucino
- 22/02/2012 - 20:26
OUI !!
pareil.
cloberval
- 22/02/2012 - 16:25
oui
sans commentaire
que chacun réfléchisse