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Les professeurs femmes gâchent-elles les chances des élèves garçons ?

Publié le 18 février 2012
Selon une étude britannique, les enseignantes, largement majoritaires dans l'éducation, noteraient moins bien les garçons. Une occasion de questionner la place prédominante de celles-ci au sein des structures d'enseignement...
Roger Célestin est journaliste.Il écrit pour Atlantico sous pseudonyme.
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Roger Célestin
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Selon une étude britannique, les enseignantes, largement majoritaires dans l'éducation, noteraient moins bien les garçons. Une occasion de questionner la place prédominante de celles-ci au sein des structures d'enseignement...

Faudrait-il ajouter au catalogue des mesures pour l’école présentées par les candidats à l’élection présidentielle "la volonté d’établir la parité entre hommes et femmes parmi les enseignants des écoles, collèges et lycées" ?

La lecture d’une étude étonnante conduit à penser que, oui, il est urgent que les hommes soient beaucoup plus nombreux à devenir enseignants. Cette étude prouve en effet que les écoliers britanniques ont de moins bons résultats que les écolières (comme c’est le cas en France) si ils savent qu'ils seront notés par des institutrices, parce qu’ils intègrent le fait qu'alors, leurs résultats seront moins bons. S'ils ne savent si leur travail sera noté par un homme ou une femme, alors leurs résultats sont meilleurs. (Enquête du Centre for Economic Performance, London School of Economics). Il est probable qu'une telle étude conduite en France produirait des résultats comparables.

Le problème est d’autant plus important que l’échec scolaire des petits garçons français, supérieur à celui des filles (phénomène qui s’aggrave depuis 2000), génère les incivilités et violences qui gangrènent la vie quotidienne des établissements scolaires. Et logiquement, sur les 150 000 jeunes éjectés chaque année du système sans diplôme ni qualification, plus de 100 000 sont des garçons ! Le phénomène durant depuis des années, on peut parler d'une bombe sociale à retardement.

Donc, globalement les filles réussissent mieux, même dans l'enseignement supérieur. Mais là où la situation est particulièrement absurde, c'est lorsqu'on sait que, par ailleurs, la part des filles diminue dans les filières scientifiques et sélectives du supérieur, ce qui contribue ensuite aux inégalités de carrière et salariales. Comme dit le ministère de l’Education nationale, garçons et filles "anticipent des rôles adultes en fonction de représentations stéréotypées". Ainsi, les filles représentent moins de 43% des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles, mais 75 % dans les filières littéraires pour 30 % dans les filières scientifiques.

C’est donc dès l’école maternelle (et pourquoi pas aussi dans les crèches), qu’il faut renforcer la part des hommes. Ainsi, le think tank Terra Nova rappelle-t-il que "l'univers de la petite enfance continue à être fortement marqué par la prédominance de la mère, jusque dans l'organisation et l'appellation de ses structures".

Remplaçons donc "école maternelle" par "école élémentaire", et appelons l’actuelle "école élémentaire", "école primaire ». Le mot "maternelle" souligne trop que nous sommes dans "une période de la vie où le rôle du père est considéré comme secondaire" (Terra Nova, rapport de juin 2011).

Non seulement presque 90 % des enseignants sont des femmes issues de milieux sociaux favorisés, avec des conjoints cadres supérieurs ou de professions intermédiaires. Le choc des cultures est frontal avec les enfants, notamment les garçons, issus des milieux ouvriers, employés, connaissant des difficultés économiques souvent graves. Alors que, très souvent, rien dans leurs univers familial, quand il existe encore, ne les aide à réussir à l’école, tout ce que proposent les institutrices est, très souvent, rendu d’emblée plus difficile pour ces écoliers par le fossé culturel. L’historien Antoine Prost le remarquait en 1981, déjà: "Ces institutrices (...) sont souvent d’origine bourgeoise, or elles ont à enseigner aux enfants du peuple. Il leur est difficile d’imaginer ce qu’ils ressentent, quelles sont leurs difficultés, ou sur quels éléments de leur vie quotidienne et de leur culture pourraient s’appuyer une pédagogie de la motivation".

Les femmes choisissent aussi ce métier pour les horaires et les vacances, leur permettant de s’occuper de leurs propres enfants à partir de 16 heures à la maison pour veiller à ce qu’ils fassent bien leurs devoirs (autre scandale majeur du fonctionnement de notre système). On dira que si les femmes se tournent vers l’enseignement, c’est à cause du machisme de la société et parce que les hommes ne participent pas assez aux tâches domestiques. C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour justifier le statu quo et en accepter les conséquences. Outre les difficultés scolaires des garçons, il y a aussi le fait que les enfants d’enseignants sont beaucoup plus nombreux que les autres à très bien réussir leurs études

Cela fait des raisons supplémentaires de changer le statut du métier d’enseignant. Ce qui est souvent un revenu d’appoint dans un foyer favorisé doit devenir un vrai métier de cadre, aux horaires normaux (9 h – 18 h toute la semaine au sein de l’établissement), avec un revenu amélioré, surtout en début de carrière.

Donc, non seulement il faut recruter davantage d’hommes mais aussi il faut que davantage de fils et de filles d’ouvriers et d’employés deviennent enseignants.

Le problème va se renforcer avec la « masterisation » qui augmente le niveau de recrutement des enseignants (qui seront d’ailleurs plus diplômés que les chefs d’établissements...). Nous pouvons dores et déjà affirmer que les enseignants, qui ne sont plus formés, vont se sentir de plus en plus en difficulté face à des élèves toujours aussi socialement défavorisés (développement de la pauvreté et montée du chômage), mais de plus en plus branchés sur les écrans, et donc de plus en plus décalés avec le mode archaïque de l’enseignement.

Attention toutefois à ne pas limiter le retour des hommes dans l’enseignement au rétablissement du rapport maître – élève et au fait que l’école soit un lieu d’autorité. D’une part, il est important les petits garçons apprennent qu’une femme exerce aussi l’autorité, d’autre part l’autorité la plus exemplaire et la plus efficace est l’autorité collective d’un groupe d’adultes travaillant ensemble (ce que le faible temps de présence dans les établissements et leur organisation actuels rend impossible). Enfin, il est indispensable (pour les raisons de fossé culturel) de remplacer le modèle pédagogique "maître – élève" par un modèle coopératif, car dans le monde moderne, la performance et la réussite ne sont jamais seulement individuelles.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (8)
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DEL
- 19/02/2012 - 19:47
Ah, bon!
Et inversement?
asty
- 19/02/2012 - 09:40
les bas du plafonds
j'habite en région et dans nos écoles la proportion des garçons issus de l'immigration reste stable, et ce sont bien nos petits garçons , bien issus de "familles française de souche cathos et réacs"qui travaillent moins bien que nos petites filles. Alors nos racistes primaires cherchez les causes ailleurs. Peut être dans l'éducation des petits français " de souche" par leur papa " de souche" Dans beaucoup de familles française, le bébé garçon est toujours valorisé par rapport au bébé fille ( une mère s'occupe en général près de 20 min de plus d'un petit garço que d'une petite fille) le transformant dès son plus jeune âge en assisté chronique à qui tout est du! Et à l'école ça change forcemment, d'où le résultat constaté!
New
- 19/02/2012 - 04:11
Et en GB c'est pareil :
le problème vient de l'invasion des non européens, pakistanais et autres bronzés indiens. Problème culturel et problème intellectuel. Un naufrage.