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Meurtre à la récrée
20% des enfants de 3 ans vont devenir des criminels et la science peut savoir lesquels mais avons-nous envie de vivre dans ce monde-là ?
Publié le 09 janvier 2017
Un certain nombre de facteurs biologiques, couplés à des conditions affectives et éducatives défavorables, peuvent aggraver la potentialité qu'un enfant devienne un criminel.
Michel Bénézech est psychiatre, légiste et criminologue. Il est chargé du service médico-psychologique régional des prisons, à Bordeaux.Il a co-écrit avec Christiane de Beaurepaire et Christian Kottler, en 2007, Les dangerosités : De la criminologie à...
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Michel Bénézech est psychiatre, légiste et criminologue. Il est chargé du service médico-psychologique régional des prisons, à Bordeaux.Il a co-écrit avec Christiane de Beaurepaire et Christian Kottler, en 2007, Les dangerosités : De la criminologie à...
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Un certain nombre de facteurs biologiques, couplés à des conditions affectives et éducatives défavorables, peuvent aggraver la potentialité qu'un enfant devienne un criminel.

Atlantico : Une récente étude de neuroscientifiques de Caroline du Nord et de Nouvelle-Zélande a constaté que 20% des enfants de 3 ans ont 80% de chances de devenir des criminels d'après l'état de leur cerveau. Selon-vous, cette prédisposition à la criminalité est-elle le fruit d’un déterminisme génétique ?

D'une part, la criminalité, au sens large du terme, est extrêmement répandue dans la population, les statistiques officielles ne mettant en évidence que celle qui a été constatée et réprimée (les enquêtes sur les infractions auto reportées anonymement sont claires à cet égard). D'autre part, il n'est pas sans intérêt de différencier la criminalité non violente (astucieuse, financière, escroquerie, vol simple) de la criminalité violente, sexuelle et non sexuelle, qui fait intervenir davantage des caractéristiques neuropsychologiques comme la colère, l'agressivité, l'impulsivité, l'irritabilité, l'instabilité, l'indifférence froide à la souffrance d'autrui. D'autre part, probabilité d'un risque à trois ans ne veut pas dire certitude car de nombreux facteurs de protection du risque peuvent agir par la suite.

Enfin, on connaît depuis longtemps des facteurs de risque criminel de nature biologique, certains étant héréditaires comme la faible réactivité du système nerveux autonome : niveau cortical d'éveil plus bas (diminution de la fréquence cardiaque et de la réaction électrodermale), extraversion, impulsivité, névrosisme (anxiété, susceptibilité, irritabilité). Parmi les facteurs biologiques, on peut encore ajouter certaines maladies (infectieuses, addictives) de la femme enceinte, les accidents de grossesse et d'accouchement, la malnutrition du foetus et de l'enfant en bas âge, les maladies graves de ce même enfant (traumatisme cérébral, encéphalite, méningite). Bref, tout ce qui perturbe le développement et la maturation du système nerveux avec pour conséquence souvent des perturbations psychologiques comportementales (apparition d'un trouble des conduites, d'un trouble oppositionnel, d'un trouble déficit de l'attention/hyperactivité, d'une personnalité antisociale) et/ou une diminution possible du quotient intellectuel. Il peut donc y avoir chez le futur criminel un handicap neurologique de base sur lequel les facteurs psychosociologiques environnementaux vont interagir.

On peut observer des différences entre les cerveaux des enfants issus des milieux modestes, voire défavorisés, et ceux de milieux plus aisés. Pouvons nous penser que la criminalité provient d’un déterminisme social ? Comment cerveau et milieu social s'associent-ils ?  

L'on est sûr que des conditions affectives et éducatives précoces et défavorables favorisent largement la criminalité violente, en particulier : milieu familial dysfonctionnel, carencé; parents malades mentaux, toxicomanes, délinquants, absents, violents contre eux-mêmes et contre les enfants. Lorsque ces carences s'additionnent à une fragilité neurologique, le risque augmente considérablement, les normes sociales ne pouvant être intégrées par l'enfant.

Des influences négatives transgénérationnelles, psychosociales, socio-économiques, psychopathologiques peuvent s'ajouter aux facteurs biologiques de risque criminel. L'interaction inné-acquis est inévitable et peut être socialement défavorable, favorable, ou les deux en même temps.

Pensez-vous qu’il est possible d’agir sur cette prédisposition à la criminalité ? De quelle manière ?

La prévention passe par la lutte médico-psychologique contre les éléments négatifs, et le développement des facteurs positifs visant à l'intégration harmonieuse du petit de l'homme dans son environnement. La surveillance de la grossesse, la pédiatrie et la pédopsychiatrie jouent ici un rôle essentiel, ne serait-ce qu'en éduquant les parents. J'ajouterai pour terminer que la très passionnante publication de Avshalom Caspi sur le site Nature.com (12 décembre 2016) mérite d'autres recherches comparables pour en vérifier la validité scientifique.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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ANXFRA
- 05/01/2017 - 12:26
de Car Ine
Quand je lis cet article, je me dis que je t'ai vraiment fait naître dans un monde abject;
Aujourd'hui tu es un potentiel criminel en plus de tout les autres troubles de ta maladie génétique.
Et pourtant quand je t'observe je ne vois que l'innocence derrière tes grands yeux bleus,
tu as plus de sensibilité et tu es plus attentionné à l'autre que n'importe lequel d'entre nous.
Mon seul réconfort aujourd'hui c'est que tu n'as que 10 ans, et que tu ne peux ni lire ni comprendre ce qu'il y a dans cet article.
Ce que tu ressent c'est la tristesse et la colère que j'essaye de te cacher face a ces affirmations inacceptable.
écoeurée...bléssée....
ANXFRA
- 04/01/2017 - 22:20
suite4
« C’est peut-être le point le plus important de cette étude (et de celles qui l’ont précédé) : malgré tous les efforts déployés, on ne détecte pas de gènes dont un allèle aurait un effet majeur et conférerait à son porteur un risque relatif élevé de violence ou de criminalité. Compte tenu de la sophistication des échantillons et des méthodes, cela signifie que de tels gènes n’existent pas.
Néanmoins, ce travail n’échappe pas au risque de surinterprétation, favorisé par des ambiguïtés dans sa présentation « 
….
Ainsi donc, Michel Bénézech, expert contributeur à Atlantico, et Atlantico appartiennent à la catégorie pour des pseudo experts et journalistes peu scrupuleux, et plus préoccupés de faire du sensationnalisme que de l’information, tels que mentionnés dans “Les peurs collectives” cité ci-dessus.
Il me parait que la moindre des choses que vous puissiez faire est de publier le rectificatif qui précède, ce que je vous demande instamment de faire.
Christian Fuchs
ANXFRA
- 04/01/2017 - 22:18
suite3
le faire sans état d’âme.
Jordan se demande donc comment une nouvelle de ce type a pu être publiée dans un journal de bonne réputation. Il remonte le chemin qui de « Courrier international » à un article de « La Stampa », de « La Stampa » au « Daily Mail », du « Daily Mail » à un texte paru dans le « Sunday Times » mène à un entretien téléphonique accordé par le professeur Howard Cuckle. Or ce dernier n’avait rien évoqué d’autre que le syndrome de l’X fragile sur lequel, en effet, un test à grande échelle allait être mis en œuvre et qui, pour un scientifique, n’a rien à voir avec l’idée d’un gène de la criminalité. L’information s’est déformée par incrémentation au point de s’identifier à un stéréotype spectaculaire de l’imaginaire de la biologie. « Courrier international » s’est bien fendu d’un rectificatif, mais on imagine aisément qu’il a eu beaucoup moins d’impact dans l’opinion publique.
….
Plus récemment, dans une analyse d’une étude finlandaise sur une éventuelle association entre 2 gènes (MAOA, HTR2B) et criminalité, Bertrand Jordan conclut :
http://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2015/01/medsci20153101p105/medsci20153101p105.html